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L’Esala Perahera de Kandy


Du 22 juillet au 1er août, des milliers d’admirateurs venus de tout le Sri Lanka et d’ailleurs convergeront vers Kandy pour assister aux somptueuses processions religieuses de son Esala Perahera. Parmi les nombreuses peraheras qui rythment le mois d’Esala aux quatre coins de l’île, celle de Kandy est la plus célèbre, et pour cause : on y fête une relique vénérée par les bouddhistes du monde entier, celle de la dent sacrée de Bouddha. Pendant dix jours, ou plutôt dix nuits, hommes et éléphants animeront des parades spectaculaires dans une ambiance de carnaval.



Le petit « plus » de la perahera de Kandy : la dent de Bouddha


Les racines de la fête, ou comment la couronne a conservé la dent


Les prémices de la grande parade


Une fresque vivante du patrimoine cinghalais


P’tites adresses


Pour en savoir plus

:: Le petit « plus » de la perahera de Kandy : la dent de Bouddha

Au Sri Lanka, où cohabitent bouddhistes, hindouistes, musulmans et catholiques, parfois dans un surprenant syncrétisme religieux, les occasions de faire la fête ne manquent pas. Les peraheras en sont l’une des formes traditionnelles : il s’agit de parades hautes en couleurs, auxquelles prennent part éléphants luxueusement caparaçonnés, danseurs, joueurs de tambour et autres jongleurs. Elles sont nombreuses pendant le mois d’Esala (généralement entre juillet et août sur le calendrier occidental), dont la pleine lune marque l’anniversaire du premier sermon du Bouddha.
La perahera de Kandy possède un magnétisme particulier car elle est l’occasion d’exhiber, portée par un éléphant majestueux, une célèbre relique de la dent de Bouddha, ou plutôt le coffret doré qui la renferme (pour tout avouer, c’est en fait une réplique qui est présentée : l’original est trop précieux !). L’objet sacré est habituellement conservé à l’abri du temple de la Dent (le Dalada Maligawa) de Kandy, dans une salle devant laquelle les fidèles à la queue leu leu sont autorisés à défiler pour entrevoir le coffret qui le renferme... Les pèlerins sont nombreux et, si une telle ferveur pour n’apercevoir que de loin l’enveloppe de la relique peut surprendre, on comprend mieux que sa réplique soit aussi l’objet d’une cérémonie fastueuse.


:: Les racines de la fête, ou comment la couronne a conservé la dent

Si l’on en croit les écrits historiques comme le Mahavamsa, écrit à la fin du IVe siècle par un moine bouddhiste, les origines de la perahera de Kandy remontent à presque deux mille ans, lorsque la sainte relique est apportée au Sri Lanka sous le règne du roi Kirthisiri Meghawannna (IVe siècle). Le souverain initie une célébration annuelle au cours de laquelle la dent, qui est alors conservée à Anuradhapura, est portée en procession dans la cité royale. Au fil des années et des menaces d’invasions qui frappent le royaume, la relique est déplacée à plusieurs reprises avant d’atterrir à Kandy. Dans la nouvelle capitale cinghalaise, les processions de la perahera sont alors dédiées aux dieux hindous. C’est seulement à partir de 1775 que la cérémonie prend sa forme actuelle, lorsque le roi Kirthisiri Rajasinghe, qui s’est fait taper sur les doigts par une délégation de moines bouddhistes venue du royaume de Siam, décide de replacer la dent de Bouddha au cœur de la perahera. Mais aujourd’hui encore, les processions de Kandy rendent aussi bien hommage, selon un protocole temporel et spatial bien établi, à Bouddha qu’à des divinités hindoues dont on invoque les auspices.


:: Les prémices de la grande parade

Si les spectateurs peuvent assister, pendant dix nuits consécutives, à de grandes parades musicales et colorées à travers la ville, les cérémonies rituelles débutent cinq jours plus tôt, dans les temples de Kandy dédiés à quatre divinités hindoues : Natha, Vishnu, Kataragama et Pattini.
Le 17 juillet cette année, on abattra rituellement un jeune jaktree n’ayant pas encore donné de fruits, et dont la sève qui s’écoule est signe de prospérité. Il sera débité en quatre morceaux, chacun porté à l’intérieur des enceintes des quatre temples hindous. Pendant les cinq nuits qui suivront, les officiels des temples tourneront en procession autour de ces bouts d’arbre décorés de feuilles, de fleurs et de fruits. La sixième nuit, celle du 22 juillet, débutera alors le fabuleux spectacle des parades extérieures. Le public pourra les suivre ou les observer depuis les gradins installés pour l’occasion (les sièges sont payants), au milieu de nombreux étals regorgeant de sucreries ou d’objets artisanaux.


:: Une fresque vivante du patrimoine cinghalais

L’insigne honneur de porter la relique de la dent du Bouddha est réservé à un éléphant majestueux, le Maligawa Tusker (littéralement, « l’éléphant aux imposantes défenses de la parade du Dalada Maligawa »). Ceux qui viennent à Kandy en dehors de la perahera peuvent voir le vénérable sexagénaire, Raju de son petit nom, au Riverside Elephant Park situé à la périphérie de la ville. L’animal, caparaçonné d’un somptueux costume, est accompagné d’une centaine d’autres éléphants, mais aussi de danseurs traditionnels aux prestations sportives, de joueurs de tambour ou encore de jongleurs de feu qui illuminent les défilés nocturnes.
Le protocole de ces derniers peut être rapidement résumé : des processions partent de chacun des cinq temples cités plus haut. La perahera du Maligawa marche en tête avec, par ordre d’apparition, des porteurs de fouet censés dégager la voie, des porte-drapeaux brandissant les fanions de chacune des anciennes provinces du royaume de Kandy, un éléphant portant un drapeau bouddhiste, puis un autre sur lequel est posté un officiel. Suivent les joueurs de tambour du temple de la Dent, un nouvel éléphant chevauché d’un autre officiel et enfin la star de la fête, Raju. Derrière lui défilent un troupeau de danseurs et encore d’officiels, puis les peraheras de Natha, Vishnu, Kataragama et enfin Pattini.
Les processions gagnent en importance et en splendeur à mesure que les dix nuits s’enchaînent pour atteindre leur apogée à la pleine lune d’Esala. Le dernier jour, exceptionnellement (le 1er août cette année), les peraheras se déroulent pendant la journée, après un ultime rituel qui consiste, pour les gardiens de chaque temple, à remplir d’eau de la rivière Malaweli un pot qu’ils vident préalablement de son contenu prélevé l’année précédente. Chaque procession regagne alors son temple, rendant à Kandy son calme relatif.

Plus qu’une simple fête religieuse, l’Esala Perahera de Kandy est une véritable fresque historique qui replonge le public aux temps glorieux des royaumes cinghalais. Ce concentré de dévotion, de patriotisme et de culture traditionnelle fait de cet événement folklorique un spectacle prestigieux, considéré comme l’une des manifestations religieuses les plus impressionnantes d’Asie. À ce titre, il faut y assister au moins une fois, en tentant d’oublier la foule compacte...


:: P’tites adresses

On préfère vous prévenir : Kandy est une ville assaillie de touristes, et pendant la perahera, c’est le pompon. Réservation hautement conseillée avant de s’y aventurer ! À savoir aussi : à cette période, les prix grimpent considérablement.

Où dormir ?
- Shangri-la Tourist Guesthouse, 2, Mahamaya Mawatha. Tél. : (00-94) (0)81-2222-218. Bien agréable guesthouse, située dans un jardin, juste au-dessus du lac. Cuisine disponible pour ceux qui le désirent. Les charmants propriétaires parlent un français impeccable.
- Queen’s Hotel, Dalada Vidiya. Tél. : (00-94) (0)81-2223-229. Fax : (00-94) (0)81-2223-079. En plein centre-ville, face au temple de la Dent. Plus chic que le premier. Préférer les chambres qui donnent sur le petit jardin et sa piscine, moins bruyantes.

Où manger ?
-
Restaurant Avanhala, 70, Sangaraja Mawatha. Sur les bords du lac. Ouvert de 9 h à 21 h. Petit restaurant où l’on dévore des spécialités locales et chinoises.

Clémentine Bougrat
Photo : © Office du tourisme du Sri Lanka
Mise en ligne le 14 juillet 2004

Pour en savoir plus

- Office de tourisme du Sri Lanka : 19, rue du Quatre Septembre, 75002 Paris. Tél. : 01-4260-49-99. Fax : 01-42-86-04-99. E-mail : ctbparis@compuserve.com. Internet : www.srilankatourism.org. M. : Opéra ou Quatre-Septembre. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 18 h. L’office vous remet la documentation ou vous l’adresse sur demande.
- Le site internet de la ville de Kandy : www.kandycity.org.





 


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