|

Les
itinéraires en France
Si
le maillage des chemins de Compostelle prend une amplitude européenne,
ces itinéraires sont fondés sur quatre chemins historiques
définis par notre petit moine, au XIIe siècle, pour franchir
les Pyrénées.
Les trois premiers se réunissent à Ostabat, village du pays
Basque :
- la via Turonensis (885 km), depuis le Nord, la tour
Saint-Jacques à Paris, les tours et les églises romanes
du Poitou-Charentes.
- la via Lemovicensis (800 km), depuis la basilique de
Vézelay, par Saint-Léonard-de-Noblat et Limoges.
- la via Podensis (730 km) depuis le Puy-en-Velay et
sa Vierge noire, par le trésor de Conques, le cloître de
Moissac et le pont Valentré à Cahors.
Ces trois chemins historiques se rejoignent alors pour franchir les Pyrénées
vers Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux.
Le quatrième chemin, ou via Tolosana (525 km, GR 653)
depuis Arles, le portail roman de Saint-Gilles-du-Gard et Toulouse, franchit
les Pyrénées au col du Somport où son parcours est
actuellement menacé par l'activité du nouveau tunnel routier.
Il rejoint les trois autres à Puente la Reina, en Navarre espagnole.
Ces quatre chemins deviennent alors le Camino Francés, unique
voie vers Santiago. C'est un peu compliqué, mais déjà
simplifié quand on sait que chaque pèlerin suivait le chemin
le plus facile selon les saisons et les rares ponts existants ou faisait
un détour par telle église renommée pour ses grâces…
C'est d'ailleurs pour cette raison que nombre d'acteurs du tourisme profitent
de la situation pour vanter leur site « sur le chemin de Compostelle »…
Mais après tout, quelle importance ?
Tout au long de ces trajets, les cathédrales et leurs trésors,
les églises et les monuments, les statues de Saint-Jacques, reconnaissable
à sa coquille sur son chapeau, et les calvaires marquent l'incroyable
ferveur des pèlerins de toujours. Attention ! Ne confondez
pas saint Jacques, devenu patron des chapeliers, avec saint Roch, également
habillé en pèlerin, mais qui présente son genou malade
à un chien…
Le
Camino Francés en Espagne
Les
quatre voies françaises de Compostelle se réunissent à
Puente la Reina, en Espagne. De là, un unique chemin, le « Camino
real Francés » (735 km), se dirige alors vers
Santiago où la coquille de saint Jacques récompense le randonneur
qui aura évité de la mettre autour du cou, dès le
départ.
En
Navarre, Aragon et Rioja
Les quelque 70 km entre Roncevaux et Puente la Reina, via Pampelune,
permettent de retrouver notre GR 653 à Puente la Reina. À
quelques mètres de la N 111, le Camino est parfaitement balisé
d'une coquille stylisée jaune. Il est particulièrement riche
en monuments. Cathédrales somptueuses, monastères royaux,
chapelles romanes de toute beauté, chaque village mérite
un arrêt. Parfois un concert de musique médiévale
ou une fête populaire apportent la joie dans ces sierras du soleil.
Nous nous contenterons de citer quelques « coups de cœur »,
parmi beaucoup d'autres, sur le Camino :
- Côté navarrais : le monastère de Roncevaux
et la cathédrale de Pampelune ; la fontaine de vin qui coule
à volonté pour les pèlerins à Irache, mais
attention à la piquette ! Les églises romanes d'Estella,
surnommée la « Tolède du Nord ».
- Côté aragonais : les portails romans des églises
de Jaca et de Sangüesa ; la chapelle des jacobites à
Eunate, avec coupole mozarabe et lanterne des morts, perdue en pleins
champs ; Puente la Reina et son fameux pont sur un ancien gué.
- La Rioja : le panthéon royal de Santa Maria à
Nájera ; les remparts médiévaux de Clavijo qui
virent apparaître saint Jacques sur son cheval blanc ; la poule
et le coq qui chantent dans la cathédrale de Santo Domingo de la
Calzada, évoquant une légende bien connue du chemin.
En Castille,
León et Galice
Chaud
et froid pour ces étapes entre les plateaux de la Meseta et les
montagnes souvent rudes du León. Des musées sur le Camino
se trouvent à Pontevedra (Galice) et à Astorga (Castille-León) :
on y voit des bijoux en jais noir que l'on vendait autrefois aux pèlerins…
Les monuments se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres :
- Burgos (Castille-León) : la ville du Cid et ses nombreux
monuments.
- Castrojeriz (Castille-León) : village fait de superbes
églises, surnommé lors des guerres napoléoniennes
« Quatre souris ».
- Fromista (Castille-León) et ses églises romanes.
- Sahagun (Castille-León) : le Cluny espagnol.
- León et sa cathédrale.
- Les villages de la Maragateria au-delà d'Astorga (Castille-León)
et de la croix de fer de Foncebadon. Tout pèlerin se doit de rajouter
une pierre sur son cairn avant d'entreprendre la traversée des
monts du León, autrefois redoutés pour leurs loups.
- Le château templier de Ponferrada (Castille-León).
- Le village de Cebreiro (1 300 m d'altitude) et le calice
miraculeux de son église (Galice).
- La cité des pèlerins à Monte do Gozo et
l'arrivée à Santiago. Vous voilà enfin arrivés…
- L'entrée à Santiago de Compostela, après
tant de kilomètres, ne laisse pas d'émouvoir, même
si la ville, ses 46 églises, ses 114 clochers et ses arcades tiennent
un peu de Lourdes. Face au splendide portique de la Gloire (XIIe siècle),
on pénètre dans la basilique. Ne vous étonnez pas
devant certaines coutumes comme celles qui consistent à se frapper
le front sur les colonnes du portique, à toucher l'épaule
du buste en argent de saint Jacques ou à poser la main sur le chambranle
de la petite porte de la Via Sacra. Cette dernière n'est ouverte
que les années de Jubilé, lorsque la Saint-Jacques (25 juillet)
tombe un dimanche. Une messe pour les pèlerins a lieu tous les
jours à midi. Le Botafumeiro, encensoir géant de 85 kg,
est balancé à travers la cathédrale par huit hommes
habillés de rouge, les Tiraboleiros, lors des années jubilaires.
- Les plus courageux feront encore 20 kilomètres jusqu'au cap Finisterre
où un littoral magnifique les récompensera. Mais il n'y
a plus de coquilles sur la plage d'El Padrón…

|