Budapest, au carrefour de l’Orient et de l’Occident, a puisé sa diversité dans une histoire souvent douloureuse. Les envahisseurs ont inscrit là leur empreinte, formant un palimpseste d’influences. La capitale hongroise n’en finit pas de renaître de ses cendres. À peine avons-nous débarqué que son rythme cardiaque nous donne le tempo. Schizophrène, cosmopolite, érudite, la Perle du Danube nous offre l’idéale alchimie d’un week-end : une bonne dose de souvenirs, de l’architecture en veux-tu en voilà et le bercement d’un bain chaud. Budapest touche sans excès, mais en plein cœur.
Nostalgie, quand tu nous tiens…
Sans plus attendre, perdez-vous dans les ruelles médiévales du quartier du Château, littéralement habité par des maisons classées. Elles rivalisent de couleurs et de portes cochères très secrètes. Le souvenir des mariages et couronnements en grande pompe irradie de l’église Saint-Mathias. Le bastion des Pêcheurs et ses tourelles néo-romanes ravivent la mémoire de ceux qui avaient la charge de défendre ce tronçon des remparts. D’ici, plongez du regard sur un Pest couronné par l’emblématique Parlement. Perdez le sens de l’orientation dans le lacis de chemins du mont Gellért.
Au milieu de la ville coule le paisible Danube, trait d’union entre deux rives, entre des histoires qui s’appellent et se répondent. Sur l’autre rive, les chefs des tribus magyares donnent une leçon d’histoire grandeur nature sur la place des Héros. Dans le quartier juif planent les ombres des persécutés d’hier. Pest panse encore quelques impacts de balles. Elle tente aussi d’oublier des bâtiments aux relents totalitaires, érigés sous la domination soviétique. Ces façades délabrées témoignent d’un héritage de l’histoire décidément pas si facile à porter.
Une architecture archi-éclectique
Trêve de nostalgie ! Après votre cœur, ouvrez grand vos yeux. N’hésitez pas à déambuler le long des axes bordés de perles d’architecture. Ils déclinent des styles éclectiques : classique, baroque, style Sécession, Bauhaus, Art nouveau… Ces trésors cohabitent en un patchwork qui trouve son unité. Car Budapest a emprunté : elle a cherché son style et l’a bel et bien trouvé dans le mariage des genres.
Les églises s’inscrivent dans les courants baroque, néogothique ou Renaissance. Le Parlement est pris en flagrant délit de copie sur celui de Londres ; sur les grands boulevards, les stucs et les cariatides font des clins d’œil à l’Italie ; la basilique Saint-Étienne emprunte à Saint-Paul de Londres et aux Invalides ; Úri útca fait dans le baroque, et le château de Vajdahunyad, sans complexe, arbore tous les styles.
Et un jour, les sécessionnistes ont mis leur grain de sel dans cette anarchie de l’architecture. Un courant de l’Art nouveau a vu le jour, notamment inauguré par la Caisse d’épargne de la Poste. Carreaux de majolique, médaillons, dorures et gargouilles se disputent la place. Des mosaïques pétillantes de tuiles viennent couronner cette surenchère un tantinet tarabiscotée.
Pour un concentré de toutes ces influences, rendez-vous sur Andrássy útca. Elle présente des demeures dont les façades rivalisent de beauté. L’Unesco les a départagées et en a classé certaines.
Budapest se métamorphose encore et toujours. Depuis la chute du Mur, les immeubles réhabilités fleurissent, l’architecture prend les parures du design. Bref, c’est une véritable leçon d’architecture !
Un air d’eucalyptus et de vacances
Budapest fait rêver sans poudre aux yeux, communiquant une douceur de vie toujours chaleureuse. Des sources thermales atteignant jusqu’à 80 °C nourrissent la ville. Les Hongrois y cultivent un art de vivre comme une philosophie et un acte de socialisation. Car, dans les bains, on lit les dernières nouvelles ou on cause affaires tout en soignant ses rhumatismes… ou son stress.
Un camaïeu de bleus s’ouvre au curiste d’un jour ou de tous les jours. Quoi de plus chic que de nager dans une piscine Art nouveau ? Pour céder à ce caprice, rendez-vous aux bains Gellért. Les hammams enivrent de leurs odeurs d’eucalyptus et de camomille. Aux bains Széchenyi, immergez-vous dans les bouillonnantes eaux thermales, barbotez en jouant aux échecs dans les bassins à ciel ouvert, fumant par temps de neige. Les nuages de vapeur vous enveloppent avant un aller-retour express au bassin glacé pour un chaud-froid revigorant. De nouveau, cédez à l’enivrement des bains, et ainsi de suite jusqu’à plus soif…
Envie de chlorophylle ? Une fois rincés, sillonnez les vertes allées du Bois de Ville ou embarquez à bord d’un canoë sur son lac. Perdez-vous dans la roseraie de l’île Marguerite, et jouez à cache-cache dans ses épais sous-bois.
| Fiche
pratique |
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- Office du tourisme de Hongrie : 140, avenue Victor Hugo (1 er étage, escalier A), 75116 Paris.
Tél. : 01-53-70-67-17. Fax : 01-47-04-83-57. Internet : www.hongrietourisme.com.
M. : Rue-de-la-Pompe ou Victor-Hugo. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h.
Renseignements par téléphone du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.
Pour plus d’informations, consultez notre fiche pays : Budapest
Comment
y aller ?
En avion
- Air France propose un vol direct par jour depuis Paris CDG d’une durée de 2 h 10, à partir de 205 €.
Infos et réservations, tél. : 0820-820-820. Internet : www.airfrance.fr.
- Malév Hungarian Airlines assure plusieurs vols directs par jour au départ de Paris CDG d’une durée de 2 h 10, à partir de 278 €. Six vols par semaine au départ de Lyon; durée : 2 heures
3, rue Scribe, 75009 Paris. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 18 h. Tél. : 01-43-12-36-00. Internet : www.malev.fr.
- Également des vols directs avec la low cost Wizzair. Internet : wizzair.com
Où savourer une pâtisserie ?
- Gerbeaud : Vörösmarty tér 7. Tél. : 429-90-00. Ouvert tous les jours de 9 h à 21 h (22 h en été). Une institution de la ville depuis 1858. Ce monument soigne son décor d’époque : tables de marbre et chaises de velours. On sert toujours les délices sucrés qui ont fait la renommée de l’établissement. C’est aussi l’heure du thé : levez le petit doigt !
Où
manger ?
- Café Pierrot : Fortuna útca 14. Tél. : 375-69-71. Ouvert tous les jours de 11 h à 1 h. Plats de 3 750 à 6 250 Ft, soit de 15 à 25 €. Le midi, les hommes d’affaires se retrouvent dans un décor coquet et cosy ; le soir, ils laissent place aux jeunes gens branchés. Tous ouvrent une carte dans la plus pure tradition hongroise, cuisinée avec raffinement.
- Sir Lancelot : Podmaniczky útca 14. Tél. : 302-44-56 Ouvert tous les jours de 12 h à 1 h. Plats de 4 100 à 5 900 Ft, soit de 16 à 24 €. Une adresse fièrement moyenâgeuse. Surveillés par des armures, les convives frappent leurs godets autour de grandes tablées et se régalent de moult ripailles avec les mains. Attention : mieux vaut réserver, vous ne serez pas les seuls preux chevaliers à vouloir remonter le temps.
Où
dormir ?
- Kulturinnov : Szentháromság tér 6. Tél. : 224-81-00. www.mka.hu. Chambres doubles à partir de 16 000 à 19 000 Ft (64 à 76 €) selon la saison, petit déjeuner compris. Cet hôtel campe dans le quartier du Château. Néogothique jusque dans ses halls, ses escaliers et ses ogives, il a des airs du palais Xanadu dans Citizen Kane.
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Crédits
photos :
© Claude Hervé-Bazin
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