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Plusieurs
secteurs revendiquent l'initiative du tourisme dit de découverte
économique, dont les premières manifestations datent sûrement
de l'après-guerre. « Pour faire bonne figure, notamment
auprès des Américains, le patronat français a effectué
quelques opérations portes ouvertes, dans l'automobile par exemple »,
explique Bertrand Labès, auteur du Guide des sites industriels.
Seules quelques initiatives ont perduré et le tourisme industriel
n'a vraiment redémarré que dans les années 1980.
En 1985, le ministère du Tourisme crée l'association « Une
France à découvrir » pour faire venir les touristes
dans les entreprises. Ce type de démarche s'est peu à peu
développé dans tous les secteurs, de l'industrie lourde
à l'agroalimentaire en passant par les laboratoires et la recherche.
Pourquoi
publier un Guide des sites industriels ?
Il y a plusieurs raisons : à titre personnel, j'ai beaucoup
randonné en France lors de mes vacances. Tout au long des milliers
de kilomètres que j'ai parcourus, j'ai rencontré beaucoup
d'artisans, et plus d'une fois, j'ai poussé la porte d'une usine
pour découvrir les choses passionnantes qui s'y déroulaient.
Je suis curieux des savoir-faire, de la façon dont sont fabriqués
les objets les plus usuels et assez nostalgique des « leçons
de choses » que l'on dispensait autrefois à l'école.
Et puis je pense, et ce n'est pas nouveau, que beaucoup de gens ne veulent
plus « bronzer idiot ». Ce guide leur donne des
pistes pour pratiquer un tourisme différent.
Quelles
sont les entreprises que l'on peut visiter ?
Elles sont très nombreuses, et dans tous les secteurs de l'économie !
Des raffineries pétrolières et sucrières aux centrales
hydroélectriques ou nucléaires en passant par des manufactures
de couteaux ou de porcelaine, des caves coopératives de vin ou
de fromage, des centres de tri postaux ou des stations d'épuration.
Parfois des musées sont intégrés, qui présentent
un savoir-faire disparu en contrepoint des techniques actuelles.
Les
visites sont-elles payantes ?
Les visites d'entreprise sont payantes dans un tiers des cas environ,
et ce, pour deux raisons. D'abord parce que l'ouverture d'un site au public
impose des normes à respecter et que la mise aux normes a un coût
parfois non négligeable pour une petite entreprise, car elle peut
être amenée par exemple à acheter des équipements
spéciaux. Dans le secteur des industries lourdes, les contraintes
imposées par l'exigence de sécurité pour les visiteurs
ont aussi un prix. La seconde raison, c'est que des salariés de
l'entreprise sont détachés pour servir de guides, et que
cela crée un manque à gagner pour l'entreprise.
Dans
toutes les régions ?
Il y a encore d'assez grandes disparités. Le Nord, la Bretagne,
la Normandie ou Rhône-Alpes sont championnes pour montrer leurs
savoir-faire, alors que des départements comme la Sarthe, le territoire
de Belfort ou l'Eure-et-Loir ont moins d'expérience.

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