|

|
|
|
Bouddha
assis, Ayutthaya, Thaïlande
© Claude Hervé-Bazin
|
Shakyamuni
(le sage du clan Shakya), Bhagavat (le bienheureux) ou Tathagata
(celui qui sait) : les petits noms ne manquent pas pour qualifier
un homme dont la pensée devait modifier à jamais le paysage moral et religieux
de l'Asie. Historiquement, pourtant, on ne sait pas grand-chose de l'homme.
Entre faits avérés et affabulations mythiques, les spécialistes eux-mêmes
y perdent leur sanscrit…
Siddhârta
serait né au VIe siècle avant notre ère à Lumbini, village perdu du Teraï
(à la frontière indo-népalaise). Prince héritier d'un petit royaume, orphelin
de mère, il coule des jours paisibles en son palais… jusqu'au jour où
une série de rencontres - un vieillard, un malade, un cadavre -
lui font prendre conscience de la souffrance et de la précarité de la
condition humaine. Il décide de quitter sa femme et son fils, renonçant
ainsi à sa vie de pacha pour mener l'existence précaire d'un religieux
errant, cherchant une réponse à la question : comment vivre et à
quoi bon, quand tout est douleur ?
Pendant
six ans, en ascète, il suit les enseignements de multiples maîtres, sans
y trouver le salut. Il décide de méditer seul sur le sujet, assis sous
un arbre à Bodhgaya. Là, il comprend tout sur la souffrance, l'origine
de la souffrance, l'extinction de la souffrance et les moyens d'y parvenir.
L'Éveillé aurait pu se reposer, s'arrêter là, mais il entreprend
de porter la bonne parole. Premier sermon à Sarnath, près de Bénarès,
qui marque les fondements de sa doctrine. Puis il part pour quarante ans
de prêche sur les routes de l'Inde. Il s'éteint à quatre-vingts ans à
Kushinagara (vers l'actuel Gorakhpur), direction le Grand Nirvâna. Son
corps est incinéré, ses cendres réparties entre différents lieux de culte.
Ses troupes s'organisent, fixent ses enseignements par écrit et poursuivent
le prosélytisme d'abord en Inde et aux alentours sous l'impulsion de l'empereur
Asoka (IIe siècle av. J.-C.), puis dans toute l'Asie, jusqu'en Extrême-Orient.

|