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" Je
sais, d'expérience, que courir le monde ne sert qu'à tuer le temps.
On revient aussi insatisfait qu'on est parti.
Il faut faire quelque chose de plus. "
La Voie
cruelle
" Paris
n'est rien, ni la France, ni l'Europe, ni les Blancs… une seule chose
compte, envers et contre tous les particularismes, c'est l'engrenage magnifique
qui s'appelle le monde. "
Oasis
interdites
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Ella
Maillart devant sa tente,
Tsaidam, Chine, 1935.
© Musée de l'Elysée, Lausanne
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" Qu'est-ce
qu'on fout ici ? " Quelques mots de Blaise Cendrars qu'Ella
Maillart reprit à son compte, comme un adage, et comme une invitation
perpétuelle à un nouveau départ, à l'errance, au nomadisme. Née à Genève
dans un milieu bourgeois, la jeune femme délaisse rapidement les études
au profit de la pratique de la voile sur le lac Léman, à côté duquel ses
parents se sont installés. À ses heures perdues, elle se plonge dans les
atlas et dans les livres de Joseph Conrad ou de Jack London et s'échappe…
À vingt ans, après une première expérience de navigation avec son amie
Miette, elle part pour l'Angleterre avec dans l'idée d'y devenir capitaine.
Dès qu'elle le peut, elle fuit le collège où elle est enseignante et s'engage
comme matelot. C'est le point de départ d'une échappée belle qui ne s'arrêtera
quasiment qu'avec ses derniers soupirs.
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