Charlevoix, le Québec entre mer et montagne

24 juin 2011
Niché au centre d’un cratère, Charlevoix se situe à moins de 100 kilomètres de la ville de Québec. La singularité de son territoire et de ses montagnes ondulées n’est pas étrangère à l’impact causé par la chute d’un météorite, il y a plus de 350 millions d’années.
Désignée Réserve mondiale de la Biosphère en 1989, Charlevoix mise sur la protection de ses paysages et sur la richesse de sa culture. Le tout, sur 6 000 kilomètres carrés avec moins de 30 000 habitants. De l’espace, dites-vous ?



La route du littoral

On poursuit sa route vers Baie-Saint-Paul, capitale culturelle de Charlevoix. Avec ses nombreuses galeries d’art, ses petits cafés et restaurants huppés, la pittoresque rue Saint-Jean-Baptiste est un passage obligé.
Plus à l’est, c’est au pied du mont des Éboulements que se trouve Saint-Joseph-de-la-Rive. Un musée maritime évoque le passé des fabricants de goélettes et la papeterie Saint-Gilles, transformée en économusée, fabrique des papiers fins aux empreintes du florilège charlevoisien. Un traversier fait tous les jours la navette vers son insulaire voisine, l’Isle-aux-Coudres où une visite de la cidrerie artisanale Pedneault s’impose.
Plus à l’est encore, à Saint-Irénée-les-Bains, une plage accueille sur plus de deux kilomètres, baigneurs et amateurs de kayak de mer ou d’équitation. En poursuivant vers l’est, on traverse des villages de charme tels Cap-à-L’Aigle et Port-au-Persil, en route vers Baie-Sainte-Catherine, dernier village côtier de Charlevoix. C’est là que la route se termine et que le traversier attend ses passagers pour transiter vers Tadoussac, le paradis des baleines, de l’autre côté d’un fjord aux airs de Norvège.
L'écho des montagnes

On grimpe encore pour atteindre Notre-Dame-des-Monts avec un panorama à 360 degrés à couper le souffle sur les montagnes qui l’encerclent. Amusez-vous à observer le mont de la Noyée ! Vous y apercevrez peu à peu le corps d’une femme à demi submergé, avec son ventre gonflé et sa chevelure flottant sur l’eau.
Le village agro-forestier de Saint-Urbain sert de porte d’entrée au Parc national des Grands Jardins. On sera surpris par les stigmates d’un incendie de forêt survenu il y a plus de vingt ans et qui a transformé le paysage en une sorte de carte postale surréaliste.
Au Parc national des Hautes-Gorges de la rivière Malbaie (photo), situé plus à l’est, se dressent de hautes parois rocheuses entre lesquelles coule la rivière Malbaie. Séjournez-y, en chalet rustique ou en tente Hutopia. Le paradis a bel et bien installé ses pénates au Québec.
Terre d'aventures

Le parc national des Grands Jardins, paradis des caribous, présente de surprenants paysages de taïga et de tapis de lichens ainsi qu’un écosystème nordique d’une grande richesse. Les 120 lacs du parc, la plupart d’origine glaciaire, regorgent de truites indigènes qu’on peut pêcher à la journée, moyennant un droit d’accès minime. Le parc offre d’ailleurs des cours d’initiation à la pêche à la mouche.
Le sommet du mont du Lac des Cygnes est l’un des joyaux de la région. Après une montée de plus d’une heure à pied - à 980 mètres d’altitude - à travers sentiers rocheux, escaliers et plateformes de bois protégeant l’écosystème, on profite au sommet d’une vue spectaculaire sur le cratère météoritique. Des guides-interprètes effectuent d’ailleurs la montée tous les jours pour renseigner les randonneurs.
L’autre parc national, les Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, contient des corridors enclavés comprenant une trentaine de kilomètres de sentiers pédestres et plus d’une centaine de kilomètres de pistes cyclables. La rivière Malbaie parcourt le territoire sur plus de 35 kilomètres, avec accès en bateau-mouche, en canot ou kayak de rivière. Un séjour en canot-camping est encore la meilleure façon de découvrir ce parc aux falaises les plus hautes à l’est des Rocheuses canadiennes. Il faudra être en forme toutefois pour s’aventurer sur le sentier de l’Acropole des Draveurs : neuf kilomètres de marche bien sentie, sur une paroi au dénivelé de 200 mètres.
Un peu plus loin, le parc d’escalade Les Palissades (Saint-Siméon) offre aux plus téméraires ses parois abruptes : une via ferrata - suspendue à 200 mètres au-dessus de la vallée - et pour finir, une tyrolienne avec 250 mètres d’envolée. On peut aussi choisir de survoler Charlevoix en hélico ou de l’explorer en VTT. Mais rien n’égale l’observation des baleines en kayak de mer, en zodiac ou en bateau-croisière. Une expérience hors du commun !
Inspiration grandeur nature

La musique est aussi au rendez-vous au Domaine Forget de Saint-Irénée avec une programmation pop, classique et jazz et des workshops attirant des musiciens du monde entier. Le site vaut à lui seul le détour avec ses jardins luxuriants et ses points de vue bucoliques sur le fleuve. À ne pas manquer aussi, le Festival de la chanson de Tadoussac, en juin.
Joailliers, sculpteurs, forgerons et potiers sont légion. Nombreux sont ceux qui ouvrent leurs ateliers au public durant la haute saison (juillet-août). Une halte à l’atelier du peintre Humberto Pinochet (Les Éboulements) ne laisse pas indifférent. Il ne faut surtout pas manquer la Poterie de Port-au-Persil (où on vous apprendra aussi à tourner), une visite à la Forge-menuiserie Cauchon (La Malbaie) ou encore à la Galerie Iris de Baie-Saint-Paul où on aura un bel aperçu du talent des artistes de la région avec des Guy Paquet, Jean-François Racine et Jimmy Perron plein les murs.
La maison du peintre René Richard, transformée en musée, vaut le détour. Allez vous promener dans les environs, le long de la rivière du Gouffre et prenez un espresso au Café des Artistes, juste à côté.
La route des saveurs

En route vers Saint-Urbain, on s’arrêtera à l’Économusée du fromage. C’est encore la meilleure façon de découvrir l’étendue de la production régionale allant du foie gras de canard de la Ferme Basque (Saint-Urbain) au saumon fumé à l’amérindienne du Fumoir Saint-Antoine en passant par les saucissons secs des Viandes Biologiques de Charlevoix (Saint-Urbain), chef de file parmi les producteurs de poulet et de porc bio.
Un passage à Saint-Urbain ne serait pas complet sans un arrêt au Centre de L’Émeu, une bête aux grands airs d’autruche dont les produits se mangent autant qu’ils nourrissent la peau.
Aux Éboulements, la Ferme Éboulmontaise est le principal producteur d’agneau de Charlevoix. Une promenade sur les sentiers de la bergerie est un must. Des parcours de randonnée ont été aménagés, côté montagne ou côté fleuve, pour randonner ou pique-niquer dans un décor bucolique.
Toujours aux Éboulements, des abeilles bien élevées produisent un miel de grande qualité. On en profitera pour faire un safari aux abeilles en compagnie de l’éleveur. Un détour par le rang Éboulement-Centre via Les Jardins du Centre permet de profiter de récoltes de fruits et légumes frais dont la célèbre gourgane, spécialité de l’endroit. On y va aussi pour le panorama.
Mais pour apprécier les produits locaux, il n’est pas nécessaire de parcourir en tout sens la Route des Saveurs. Les producteurs ont établi des liens très étroits avec les chefs de la région. Il suffit de s’attabler dans l’un des restaurants gastronomiques de Charlevoix -et ils sont nombreux - pour goûter les saveurs du terroir sans trop avoir à se déplacer. Écologique, en plus !
Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Québec.
Office du tourisme du Québec
Tourisme Charlevoix
Route des saveurs de Charlevoix
Comment s’y rendre ?
- Vols directs depuis Paris et des villes de province vers Québec et Montréal avec Air Transat.
- En automobile : une heure de trajet à partir de Québec, via la route 138 Est.
- En train : au départ de la gare du Palais (Québec). Quatre heures de trajet entre fleuve et montagne jusqu’à La Malbaie. Un voyage impressionniste le long du littoral et une expérience gastronomique, à l’aller et au retour. www.lemassifdecharlevoix.com
Où dormir ?
Les auberges de charme pullulent et les prix restent raisonnables (75-90 €). De juillet à septembre, réservations obligatoires.
- Aubergistes de la forêt : Auberge du Ravage et Pourvoirie du Lac Moreau (Saint-Urbain)
- Hôtels de luxe : Fairmont Le Manoir Richelieu (Pointe-au-Pic), La Pinsonnière (Cap-à-L’Aigle)
- Auberge de jeunesse : Le Balcon Vert (Baie-Saint-Paul), Tadoussac.
- En refuge : La Traversée de Charlevoix (100 km à travers l’arrière-pays) ou Le Sentier des Caps (48 km sur la corniche surplombant le fleuve).
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Où manger ?
- Le Mouton Noir (Baie-Saint-Paul) : ce resto gastronomique à nul autre pareil - où le chef breton Thierry Ferré fait des merveilles - a longtemps été le refuge des artistes de la bohème. On y va d’abord pour la bouffe. Mais la terrasse surplombant la rivière du Gouffre vaut aussi le détour.
- La Maison du Bootlegger (Sainte-Agnès) : cette maison centenaire typiquement québécoise servait de bar clandestin au temps de la prohibition. Les soirées-spectacles sont inoubliables dans cette maison-labyrinthe transformée en restaurant de grillades.
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