Pérou, terre métisse

Claude Hervé-Bazin

Qu’y a-t-il de commun entre l’hyperactive Lima, Arequipa la coloniale et Cuzco l’inca ? D’une région à l’autre, d’une altitude à l’autre, le Pérou dévoile des facettes très diverses, composantes d’une même identité, issue du métissage plus ou moins consommé entre empreinte espagnole et matrice inca.

Quelques grands traits unissent ces deux sphères culturelles qui pourraient sembler antinomiques : une religiosité à fleur de peau, un mysticisme affirmé et un goût marqué pour le grandiose. Leurs meilleurs témoins ? L’architecture. Les fêtes si nombreuses, occasions d’exprimer piété et joie de vivre. Les paysages survolés par le condor, émanation éternelle des apus (les dieux des montagnes).

Démonstration avec un carnet de voyage en terre métisse, de Lima au Titicaca en passant par le canyon de Colca et le pays inca.

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Sous la garúa de Lima

Patrick de Franqueville

Temps maussade de rigueur à Lima, en cette fin d’été. Une bruine sans fin, louvoyant en nuages bas et ternes, formés au contact de l’océan froid et des terres chaudes, s’épuise à tenter d’humidifier cette ville sèche comme un coup de trique.

On a tout dit de Lima : qu’elle est moche (c’est globalement vrai), qu’elle est brouillonne (c’est incontestable), qu’elle ne mérite guère une escale (c’est faux). Même le lieu le plus laid de la terre vaut le détour, ne serait-ce que pour renifler son âme. Et, n’exagérons rien : on a vu pire que Lima.

Les visiteurs s’installent généralement à Miraflores (photo), amarrant ses barres d’immeubles sur une barre de falaises dominant l’océan Pacifique. L’équilibre est précaire. De l’exquise terrasse du Mango’s, plantée sans autre forme de procès sur une avancée de terre sèche, au-dessus du vide, la vue est spectaculaire. Mais la terre ferme est un bon 50 mètres plus bas… Seuls les parapentes glissant dans les airs ne risquent rien en cas de séisme.

Le quartier de Miraflores, mi-résidentiel mi-commercial, est un pis-aller. QG des surfeurs qui ne craignent ni la température glaciale du courant de Humboldt, né en Antarctique, ni la saleté relative des eaux. Résidence des familles de la classe moyenne supérieure installées dans des condos ou des maisons d’inspiration coloniale. Centre vibrionnant du shopping et de la vie nocturne autour du centre commercial Larcomar — siège de l’équilibriste Mango’s.

En bas, des palmiers et des restos chics s’alignent le long de la côte, mais elle reste à aménager. Pour l’heure, le lieu est surtout dévolu à la costanera, la route littorale, embouteillée la majeure partie de la journée. Les taxis y jouent à saute-mouton.

Señor de los Milagros, priez pour nous

Claude Hervé-Bazin
Un sol et demi (0,40 €) suffit pour rejoindre en bus le centre historique et son quadrillage bien ordonné de rues en damier. C’est à peu près tout ce qui y est ordonné, d’ailleurs… Au premier abord, on jurerait n’importe quelle autre capitale latina. Guatemala City, Lima, même combat.

Tout tourne, ici aussi, autour d’une plaza centrale presque assez grande pour servir d’aérodrome avec, pour tour de contrôle, une cathédrale massive et plutôt austère. L’esplanade offre une certaine unité, avec le palais présidentiel au nord et l’Hôtel de Ville à l’ouest, mais tout cela n’a guère de patine : la ville a été rasée par de nombreux tremblements de terre au cours de son histoire — le plus important en 1746. Dans le cas de la plaza Mayor (photo), le lifting ne remonte même qu’à l’entre-deux-guerres. Dans les rues voisines, par contre, quelques façades de palais et de splendides balcons de bois sculpté, façon moucharabiehs, ont valu au quartier d’être classé par l’Unesco.

Ce dimanche matin, le traditionnel défilé des gardes du palais laisse place à une procession en hommage au Señor de los Milagros. La cathédrale dégorge un flot de fillettes en mantille, encensoirs ou livret de prière à la main, ahanant les cantiques mille fois répétés au catéchisme. Les jeunes garçons sont cravatés de violet, corde blanche au cou. Ils sont encadrés par les adultes de la confrérie et des musiciens aux livrées bien galonnées, débitant gentiment leurs flonflons. Sur le goudron, les pieds foulent les tapis de fleurs figurant Christ et anges.

La religiosité est palpable, la fierté inscrite sur les visages des parents, appareil photo en main. En octobre, la plus grande procession de l’année réunit plus de 150 000 personnes. Le président de la République sort alors sur son balcon pour saluer le cortège et lancer quelques Ave María

À l’ombre du Misti

Claude Hervé-Bazin
Il faut treize heures de route — pas une de moins, mais parfois beaucoup plus… — pour rejoindre Arequipa en bus, en longeant interminablement la côte desséchée. La plus grande ville du sud du pays (900 000 habitants) offre une bonne alternative pour s’acclimater à l’altitude. Ancrée à « seulement » 2 325 mètres, elle permet d’échapper au choc rude que la plupart ressentent en débarquant directement à Cuzco, perchée à 3 400 mètres…

Deux choses sautent immédiatement aux yeux en arrivant à Arequipa : la couronne de volcans qui la cerne, avec le cône parfait du Misti (5 825 mètres) aux avant-postes, et le soleil radieux qui irradie le blanc crème de la pierre de sillar (volcanique) de ses palais. C’est derrière leurs murs que Mario Vargas Llosa, le tout nouveau Prix Nobel de Littérature péruvien, a puisé la matière de ses meilleurs romans. Un matériau pétri de conservatisme et de bondieuserie, de fierté inaltérable et de grandiloquente décadence.

Jadis, les filles cadettes des bonnes familles se retrouvaient cloîtrées dans l’un des monastères de la ville pour la gloire du Tout-Puissant et la paix de la conscience des leurs. Le faste ne s’arrêtait toutefois pas aux lourdes portes cloutées des couvents. À Santa Catalina, par exemple, les plus riches des sœurs bénéficiaient de leur cellule particulière, avec leur chambre, leur salle d’ablutions, leur propre cuisine et, bien souvent, une pièce supplémentaire pour loger… leur(s) servante(s) ! Les plus chanceuses cohabitaient avec le sublime cloître des Orangers, peint de ce bleu intense que l’on a nommé Majorelle.

Autre témoin magnifique de la foi chevillée au corps des Arequipeños, l’église jésuite de La Compañía abrite une exubérante sacristie à la coupole entièrement couverte de fresques représentant des thèmes amazoniens — perroquets et flore exotique rappelant les missions de l’ordre dans les terres basses et insalubres du pays.

En montant vers l’Altiplano

Claude Hervé-Bazin
À peine quitté la ville, la route commence son ascension. Yura à 3 000 mètres. La pampa de Arrieros, puis celle de Cañahuas, à 4 000 mètres. Le ruban de goudron traverse des étendues quasi désertes d’altiplano, semées de maigres touffes d’ichu (graminées). C’est ici le cœur de la réserve nationale de Salinas (photo) — Aguada Blanca, domaine de la vigogne. Rare presque partout, cette délicate cousine du lama au pelage beige, réputée pour la douceur et la cherté de sa laine, est ici assez commune et relativement peu craintive. À tel titre que les camions surchargés, qui peinent à grimper, doivent parfois écraser le klaxon pour qu’elles daignent leur laisser le champ libre…

Un péage, en plein milieu de nulle part, précède une bifurcation. L’ascension continue jusqu’au col de Patapampa, à 4 800 mètres. Constellant le sol, les apachetas, des petits cairns instables, en appellent à la protection des apu, les dieux de la montagne. Au loin se dessine le cône du volcan Ampato, où fut retrouvée en 1995 la momie de Juanita, une jeune fille de 13 ou 14 ans sacrifiée par les Incas aux colères divines — on peut la voir, préservée dans la glace, au Museo Santuarios Andinos, à Arequipa.

Au-delà, la courbe s’inverse. On redescend. La succession d’épingles à cheveux se termine à Chivay (3 640 mètres), porte d’accès au fantastique canyon de Colca — le deuxième plus profond au monde, dit-on, après celui de Cotahuasi (également péruvien). Le soir, le souffle est court, les tempes bourdonnent, la tête résonne, l’estomac gargouille, la fatigue s’installe… Impossible ici d’échapper au soroche, le mal de l’altitude. Le froid est intense aussi : à la nuit tombée, le thermomètre a chuté en dessous de 5 °C.

Cruz del Condor

Claude Hervé-Bazin
L’étape est inscrite dans tous les guides de voyage. Le matin, à l’heure où les thermiques se forment le long des interminables parois verticales du canyon de Colca, les condors planent sans effort en quête de leur repas du jour. Tous les bus et minibus de touristes font halte ici et les bus réguliers y déposent aussi volontiers leurs passagers. Résultat : quelques centaines de personnes se retrouvent au même moment au point de vue, scrutant impatiemment les cieux à la recherche des oiseaux sacrés. Il faut parfois de la patience.

Les amateurs de solitude se font plutôt déposer quatre kilomètres plus loin, au mirador de Tapay. Pas un chat ici, mais autant de condors ce matin, qui apparaissent au moment même où nous arrivons. Décrivant de larges volutes, ils prennent de l’altitude sans effort, s’approchant peu à peu du discret mirador. Leurs ailes déployées, dessinant une envergure de 3,20 mètres (!), valent toutes les voiles du monde. Et bientôt les voilà qui fusent sous notre nez, puis au-dessus de nos têtes, poursuivant encore leur irrésistible ascension.

De là, un chemin rejoint Cabanaconde, évitant le parcours poussiéreux le long de la piste. Il se penche par endroit vers le précipice, découvrant les profondeurs du canyon, où l’invisible rivière Colca continue de tracer son sillon. Une heure plus tard, le village se présente, endormi sous le soleil. Cabanaconde est la meilleure base pour les randonneurs désireux de pénétrer dans le Colca.

Les plus beaux sentiers partent d’ici, à commencer par celui, classique, descendant vers l’oasis (plutôt sale) de Sangalle. Mieux vaut remonter vers les villages semés sur la rive opposée. Plus on va loin, plus ils sont authentiques et accueillants. Parmi les plus accueillants : Llahuar. Au programme, le soir, baignade dans les eaux chaudes d’une source thermale, la tête dans les étoiles.

Titicaca : le plus grand lac d’altitude du monde

Claude Hervé-Bazin
Puno est moche et sent mauvais. Nappée d’odeurs d’essence résultant de la combustion imparfaite des carburants à cette altitude (3 810 mètres), la ville, posée sur la rive ouest du lac Titicaca, n’offre à voir qu’une cathédrale ornée d’une splendide façade semée de symboles précolombiens. Le reste de ses charmes est plus intangible.

Le dimanche, les grandes noubas populaires, organisées en marge du centre, ont quelque chose d’attachant. Les villageoises de la région y débarquent sur leur 31 : longues nattes, lourde jupe plissée et blouses colorées, sandales en cuir de lama (ou en pneu) et chapeau melon — adopté, dit-on, après le passage dans la région de deux constructeurs de train anglais… On danse et on écluse force bière pour oublier l’âpreté des six autres jours de la semaine.

Dans la catégorie « charmant », il y a aussi les pédalos-pélicans qui attendent sagement au port de rares clients aux mollets suffisamment costauds pour les faire avancer… Les colectivos (bateaux publics) desservant les îles du Titicaca partent juste à côté. Celui des Uros vaut trois fois rien — ou, plus précisément, deux fois pas grand chose (5 soles le trajet). Certes, il lui arrive de tomber en panne en chemin obligeant à terminer le parcours à la perche. Mais ce n’est que pour mieux apprécier la sérénité du plan d’eau…

Que dire des Uros (photo) ? Tout le monde a entendu parler de ces incroyables îles flottantes en totora. L’omniprésent roseau y sert aussi de matériau de construction pour les cases, les barques et fait même partie du régime alimentaire ! Marcher sur ce tapis épais et mouvant a quelque chose d’émouvant. Mais, ces dernières années, les îles se sont multipliées…

Forts du succès de leur communauté auprès des visiteurs, les insulaires se sont mis à construire à tour de bras. Qui un drakkar en totora. Qui une tour d’observation. Qui un resto de fortune. L’accueil reste gentil, mais tout a l’air neuf, tout a l’air mis en scène — même si ce n’est pas forcément le cas. Reste à reconnaître aux Uros d’avoir conservé leur régime communautaire : chaque île reçoit à tour de rôle, pour que tout le monde puisse bénéficier de la manne. Et pour l’hébergement, c’est pareil : chacun son tour.

Splendeur de Cuzco

Claude Hervé-Bazin
Les friqués prennent le train (exclusivité Orient-Express), les autres le bus, comme d’hab — huit belles heures à travers l’altiplano. But du jour : Cuzco. À l’arrivée, l’émerveillement est total. Débouler sur la plaza de Armas (photo) à la nuit tombante, c’est un peu (et même mieux !) comme écarquiller les yeux devant un marché de Noël : tout est beau, tout est magique. Rien ne ressemble à Cuzco. Là, au centre, les murs des palais affirment tous un double héritage : en bas, pierres énormes et parfaitement agencées des anciennes structures incas ; au-dessus, murs de pisé et cours coloniales ornées de colonnades et de balcons des conquérants espagnols. Le mélange n’est pas seulement harmonieux, il est fantastique !

Calle Loreto, calle Hatun Rumiyoc, on se sent tout petit au pied des murs incas. On titube sur les pavés à la recherche de la fameuse pierre aux 12 angles, encastrée dans les bases du palais de l’Inca Roca — devenu archevêché, puis Museo de Arte Religioso. Quelle étonnante complexité ! Un instant, on se demande pourquoi les Incas se sont à ce point compliqué la tâche…

Puis on visite le Qoricancha, l’ancien temple du Soleil, devenu monastère. Et on comprend tout : quoi de mieux, pour résister aux séismes, que de solidifier les murs en multipliant les tailles et les formes des pierres, parfaitement taillées et positionnées ? Certaines, extraordinaires, forment un angle à 90°, pour épouser les coins des pièces ! Les conquistadores n’ont rien compris, en détruisant l’essentiel sans réfléchir, pour mieux arracher l’or qui recouvrait les murs de ce sanctuaire hautement révéré.

Leur art, les Espagnols l’ont surtout consacré à l’ornementation des églises. La première de toutes, la Iglesia del Triunfo, bâtie dès 1536, conserve encore la « croix de la Conquête » qu’y plaça Francisco Pizarro. La cathédrale a grandi à ses côtés, en multipliant les preuves de richesse — confondues, sans doute, avec des preuves de grandeur. Maître-autel en argent massif pesant plus d’une tonne, chaire et stalles baroques tarabiscotées, toiles dorées de l’école de Cuzco par centaines… Cela ne suffisait pas, sans doute.

Lorsque les Jésuites, au XVIIe siècle, revêtirent leur Iglesia de la Compañía (en vis-à-vis) de l’une des plus fastueuses façades baroques du pays, l’archevêque demanda au pape d’ordonner sa destruction… Il ne fut pas écouté, mais les Jésuites durent se contenter d’un sanctuaire à une nef au lieu de trois, histoire de leur inspirer un peu plus de modestie !

Voyage dans l’empire inca

Claude Hervé-Bazin
Le nom de Vallée Sacrée en appelle à une certaine magie, mais la réalité est un peu décevante. Passé Sacsayhuáman et ses remparts cyclopéens en zigzags, les autres sites incas manquent d’originalité. Quant au marché de Písac, il est envahi de touristes et les souvenirs y sont désormais bien plus nombreux que les légumes…

Reste une escale saisissante, à ne surtout pas manquer : les salines de Maras (photo). En pleine montagne, près de 4 000 bassins ouatés, en terrasses, se perchent sur le flanc d’un ravin. Le lieu était déjà exploité par les Incas. Les méthodes sont restées très simples : l’eau est amenée par un réseau de rigoles et le sel est récolté à l’aide de deux planches en bois.

C’est d’Ollantaytambo, tout au bout de la Vallée Sacrée, que commence le plus souvent le mythique trajet en train vers le Machu Picchu. La voie sinue au plus près du río Urubamba, qui la dévore parfois lors des inondations (comme en janvier 2010)… Surprise : on ne monte pas, mais on descend ! Rapidement, la montagne pelée cède la place à une forêt de plus en plus humide, sur laquelle prolifèrent les plantes épiphytes. Terminus : Aguas Calientes. La ville, humide, rouillée, bruyante et dégingandée, s’agrippe au rebord du río, le long de la voie de chemin de fer — rebaptisée ici Avenida del Imperio de los Incas !

On se lève à l’aube, le lendemain, pour grimper au site. Certains mettent le réveil à 4 h pour sauter dans les premiers bus et décrocher le sésame autorisant l’ascension du Wayna Picchu (400 personnes maximum par jour). Une sacrée grimpette, mais quitte à suer, on préfère la version pile : l’Inti Punku, à une heure trente de montée sur le versant opposé, d’où l’on découvre l’ensemble de la cité perdue, baignée par la douce lumière du matin, en même temps que ceux qui arrivent du chemin de l’Inca. Un rêve enfin concrétisé.

Fiche pratique

Claude Hervé-Bazin

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Pérou

Office de tourisme du Pérou

Comment y aller ?

Les options sont nombreuses pour rejoindre Lima : via Madrid avec LAN, Iberia ou Air Europa (cette dernière est peu confortable), ou via les États-Unis avec une compagnie américaine. La popularité grandissante du Pérou a fait grimper les prix ces dernières années. Impossible de s’en tirer à moins de 850-900 € en basse saison. En été, les tarifs explosent, dépassant souvent 1 500 € l’aller-retour !

Se déplacer

Sur place, on se déplace principalement en bus. Il existe un très grand nombre de compagnies, souvent attachées à une (ou des) région(s) spécifique(s). La plus sûre est sans conteste Cruz del Sur, mais elle ne va pas partout et propose rarement plus de deux ou trois rotations par jour sur ses différents itinéraires. Cial n’est pas mal non plus. Globalement, les moins bonnes compagnies sont les moins chères.
Sur les longs trajets, on choisit entre différentes classes. On vous conseille au moins le semi-cama ou, mieux encore, le cama, où l’on peut s’allonger presque complètement. Parfois, un en-cas ou un repas est servi.
Pour les trajets en avion, la low cost Peruvian Airlines propose les meilleurs tarifs.
La location de voiture est une option, même si la conduite au Pérou n’est pas pour les âmes sensibles ! Pour un petit 4x4, compter environ 500 US$ la semaine, hors assurances. On peut éventuellement s’en passer si l’on ne s’éloigne pas des grands itinéraires touristiques. Les petites voitures débutent à 200 US$ la semaine (hors assurances).

Climat

L’hiver austral (mai à mi-septembre) est la meilleure période pour visiter le pays : sur l’Altiplano, il fait froid la nuit, mais le ciel est bleu jour après jour. À cette période, par contre, Lima baigne dans la garúa, une bruine très fine qui noie la capitale dans une grisaille morose.
Ces réalités s’inversent ensuite : belle saison à Lima de décembre à mars, crachin désagréable en altitude d’octobre à mars. Dans les régions amazoniennes, il pleut toute l’année (un jour sur deux en moyenne), avec une légère accalmie en été.

Dormir

Malgré une constante augmentation des prix, le Pérou reste une destination relativement bon marché.
Ceux qui ne sont pas regardants trouveront presque partout des chambres doubles à moins de 20 € et un lit en dortoir pour 5-10 € dans les innombrables hospedajes et hostales familiaux. À ce prix, vous aurez une chambre sans grand charme, probablement un peu bruyante mais raisonnablement propre, avec néon blafard et ventilo dans les bons cas. La différence de tarif n’est jamais énorme entre salle de bains privée ou partagée.
Privilégiez les adresses qui disposent d’eau chaude au gaz : c’est nettement plus chaud et plus sûr que les douches « électriques » alimentées par des fils directement branchés sur le pommeau ! La catégorie moyenne est la moins bien représentée.
Pour ceux qui ont davantage les moyens, le meilleur rapport charme-prix se trouve dans la catégorie « prix moyens » à « plus chic » — comptez alors 25-50 € la double. En dehors des adresses les moins chères, le petit déj est généralement compris. Ne vous attendez pas à des miracles (pain souvent sec), sauf dans les meilleurs hôtels avec buffet.

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Se restaurer

Première note positive : on mange bien au Pérou. Vous ne le savez sans doute pas, mais Lima a été élue « capitale gastronomique des Amériques » en 2006 !
La cuisine locale offre une variété rare dans la région. Traditions espagnole, créole, andine et chinoise puisent parmi une sacré palette de produits locaux : poissons et fruits de mer à la base des excellents ceviche et tiraditos, poulet grillé à gogo, viande d’alpaga, truites des montagnes, pommes de terre de toutes sortes, quinoa et légumineuses, riz frits à la chinoise des chifas, sans oublier le cuy, le cochon d’Inde, plat de riche traditionnellement servi le dimanche. Si vous voulez notre avis, il ne vaut pas son prix…
Autre note positive : les plats sont presque partout très copieux et parfois même pantagruéliques ! Troisième bonne nouvelle : les tarifs sont très abordables. On se nourrit aisément pour moins de 5 € et on peut même trouver des menus à moins de 2 € dans les restos les plus populaires.

Sécurité

Le Sentier Lumineux est rangé au rayon des souvenirs et la quasi totalité du Pérou est aujourd’hui libre des méfaits des bandes armées — sauf quelques régions bien définies à éviter, où des anciens guérilleros se sont alliés aux trafiquants de drogue. Pas de souci de cet ordre, en tous cas, dans les zones les plus touristiques.
Par contre, il convient d’être partout sur ses gardes. Le Pérou est un pays encore assez pauvre et les vols ne sont, en conséquence, pas rares (surtout dans les bus et les gares routières). Attention aussi aux attaques la nuit dans les zones sombres des villes et aux taxis. Appelez en un par téléphone, ne le hélez pas au hasard dans la rue : il arrive qu’il s’agisse de « faux taxis » en maraude, qui ne cherchent qu’à dépouiller leurs passagers (et pas seulement les étrangers).
Notez aussi que la police est généralement peu coopérative en cas de problème : elle intimide même souvent les victimes pour éviter qu’elles ne portent plainte…

Grèves

Elles ne sont pas rares et peuvent parfois tout bloquer pendant plusieurs jours. Dès que le conflit s’envenime un peu, des barrages montent à l’assaut des routes. Inutile d’espérer passer, même en parlementant : il peut y en avoir des dizaines ! De toute façon, à ces périodes, les bus ne circulent pas et les taxis ont peur pour leur carrosserie…

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