Un rêve de Rajasthan

par Gavin's Clemente Ruiz
13 février 2009

© Byelikova Oksana - Fotolia
Palais oubliés sur l’eau, cités fortifiées de pierres rouges et ocre, ruelles où errent les vaches sacrées – quand elles ne sont pas tout simplement allongées ! – et l’esprit des maharajas présent (sans oublier leurs maharanis) entre deux palais. Le Rajasthan, c’est un rêve, mais un rêve éveillé, l’art moghol dans toutes ses splendeurs, au nord-ouest de l’Inde. Les couleurs nous éblouissent, des turbans des hommes aux saris des femmes, du tréfonds des campagnes jusque dans les villes résonnant aux sons des klaxons hurlants, où les enfants jouent, rigolent et vous apostrophent avant de s’entasser dans les rickshaws pour rentrer chez eux. Les religions se confondent, se croisent et nous offrent quelques-uns de leurs plus beaux temples au détour des chemins. Un mélange, une richesse, perpétués jusque dans l’assiette, où les saveurs aussi bien sucrées que salées, épicées que douces, s’associent comme par magie. Nourritures spirituelles, nourritures terrestres, le Rajasthan s’offre à nous, comme dans un rêve !
Delhi, entre deux klaxons
Agra et le Taj Mahal, enfin !
Fatehpur Sikri, fusion des religions
Jaipur, à l’école des maharajas
Jodhpur, à l’ombre de Mehrangarh
Udaipur, lac et marionnettes
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Delhi, entre deux klaxons

Gavin's Clemente-Ruiz
La première chose que l’on sent à l’arrivée, c’est la poussière, à moins que ce ne soit un épais nuage de pollution. Impossible de faire la distinction. Nous voici, aux aurores, autour du tapis de bagages dans l’une des ailes de l’aéroport en pleins travaux. Au vu de ce bâtiment en pleine reconstruction, des grues et des hangars postés aux alentours, l’ensemble promet d’être pharaonique.
À la sortie de l’aéroport, une nuée de klaxons nous accueille. Un art maîtrisé à merveille sans qu’il n’y ait rien à y comprendre. À Delhi, on fonce et on klaxonne, c’est tout. Au guichet de la banque, pour 1 €, on obtient 64 roupies. Les billets présentent le visage mondialement célébré de Gandhi. Il est facile de retirer de l’argent au distributeur ou d’échanger des euros auprès des guichets. Où que l’on soit, quelqu’un est là pour nous aider, nous tendre du papier toilette, ouvrir le robinet, porter nos bagages, en échange de menue monnaie.
Dans un demi-sommeil, on se précipite au Fort rouge, majestueux, glorieux, construit par Shah Jahan en 1640. Ça y est ! Plus de doute, nous voici au cœur de l’Inde moghole. Des perruches vert fluo ont envahi les pierres rouge sang, formant un contraste saisissant avec les yeux maquillés au khôl des enfants. Au tombeau d’Humayun, construit par sa veuve en 1565, nous succombons aux délices de la pierre sculptée. Cet endroit est peut-être l’un des plus beaux que nous visiterons, l’une des plus belles preuves d’amour aussi. Il faut y consacrer du temps et se laisser bercer par cette réinterprétation du jardin d’Éden sur terre. L’eau des fontaines envahies par les écureuils glougloute à satiété, en toute sérénité. Au milieu du grès rouge et du marbre blanc, le cénotaphe ravive la mémoire de ceux qui reposent ici.
En route, la Porte de l’Inde nous a toisés quelques instants, et voici le Qutb Minar (XIIe siècle), en fin de journée, qui se dresse fier comme un I dans le soleil aveuglant. On distingue progressivement ses 72 mètres de hauteur, ses 14 mètres de large à la base. Un chef-d’œuvre de l’art hindo-musulman. Tout est dans les détails, des sourates sculptées aux ciselures fleuries. Dans la mosquée voisine, les colonnes représentent des personnages hindouistes et même des femmes nues sur des destriers. Étrange pour une mosquée…
À la sortie de l’aéroport, une nuée de klaxons nous accueille. Un art maîtrisé à merveille sans qu’il n’y ait rien à y comprendre. À Delhi, on fonce et on klaxonne, c’est tout. Au guichet de la banque, pour 1 €, on obtient 64 roupies. Les billets présentent le visage mondialement célébré de Gandhi. Il est facile de retirer de l’argent au distributeur ou d’échanger des euros auprès des guichets. Où que l’on soit, quelqu’un est là pour nous aider, nous tendre du papier toilette, ouvrir le robinet, porter nos bagages, en échange de menue monnaie.
Dans un demi-sommeil, on se précipite au Fort rouge, majestueux, glorieux, construit par Shah Jahan en 1640. Ça y est ! Plus de doute, nous voici au cœur de l’Inde moghole. Des perruches vert fluo ont envahi les pierres rouge sang, formant un contraste saisissant avec les yeux maquillés au khôl des enfants. Au tombeau d’Humayun, construit par sa veuve en 1565, nous succombons aux délices de la pierre sculptée. Cet endroit est peut-être l’un des plus beaux que nous visiterons, l’une des plus belles preuves d’amour aussi. Il faut y consacrer du temps et se laisser bercer par cette réinterprétation du jardin d’Éden sur terre. L’eau des fontaines envahies par les écureuils glougloute à satiété, en toute sérénité. Au milieu du grès rouge et du marbre blanc, le cénotaphe ravive la mémoire de ceux qui reposent ici.
En route, la Porte de l’Inde nous a toisés quelques instants, et voici le Qutb Minar (XIIe siècle), en fin de journée, qui se dresse fier comme un I dans le soleil aveuglant. On distingue progressivement ses 72 mètres de hauteur, ses 14 mètres de large à la base. Un chef-d’œuvre de l’art hindo-musulman. Tout est dans les détails, des sourates sculptées aux ciselures fleuries. Dans la mosquée voisine, les colonnes représentent des personnages hindouistes et même des femmes nues sur des destriers. Étrange pour une mosquée…
Agra et le Taj Mahal, enfin !

<a href='/membre/217544'>kizanoz</a>
On en rêvait secrètement. Voir Agra, son célébrissime Taj Mahal… Départ tôt le matin (6 h) avec le Bhopal Shatabdi Express. Deux heures de trajet et nous voici au cœur du tombeau construit par l’empereur Shah Jahan pour sa femme, Mumtaz Mahal.
Ce qui impressionne tout d’abord, c’est… le bruit ! Un boucan du diable. À quelques pas de là, dans les jardins, la majesté du Taj Mahal nous en impose. Par Ganesh, que c’est beau ! On marche doucement, comme dans un rêve, vers ce tombeau de marbre blanc, nimbé dans une ouate nuageuse. Sont-ce les mosquées en grès rouge de part et d’autre qui accentuent la magie ? On aurait presque peur de se réveiller. À Agra, nous découvrons aussi un autre Fort rouge. L’homme du Taj Mahal, Shah Jahan, qui fut enfermé là par son propre fils en 1658, pouvait voir de sa fenêtre la tombe de son épouse. En effet, au loin se dessine, depuis le diwan i-khas où il recevait ses ministres, la forme du Taj Mahal. À deux pas, visite du mausolée d’Itimad-ud-Daoulah, où s’ébattent des singes amoureux. Un peu de répit, et de calme, savamment savourés. L’homme ici enterré était le père de l’amoureuse de Jahangir, l’un des grands moghols, père de Shah Jahan.
Ce qui impressionne tout d’abord, c’est… le bruit ! Un boucan du diable. À quelques pas de là, dans les jardins, la majesté du Taj Mahal nous en impose. Par Ganesh, que c’est beau ! On marche doucement, comme dans un rêve, vers ce tombeau de marbre blanc, nimbé dans une ouate nuageuse. Sont-ce les mosquées en grès rouge de part et d’autre qui accentuent la magie ? On aurait presque peur de se réveiller. À Agra, nous découvrons aussi un autre Fort rouge. L’homme du Taj Mahal, Shah Jahan, qui fut enfermé là par son propre fils en 1658, pouvait voir de sa fenêtre la tombe de son épouse. En effet, au loin se dessine, depuis le diwan i-khas où il recevait ses ministres, la forme du Taj Mahal. À deux pas, visite du mausolée d’Itimad-ud-Daoulah, où s’ébattent des singes amoureux. Un peu de répit, et de calme, savamment savourés. L’homme ici enterré était le père de l’amoureuse de Jahangir, l’un des grands moghols, père de Shah Jahan.
Fatehpur Sikri, fusion des religions

<a href='/membre/3296'>Alexandre Duhaudt</a>
Après 37 kilomètres de bonnes routes goudronnées et après avoir dépassé des bornes milliaires de l’époque anglaise, on découvre Fatehpur Sikri, la ville de la victoire, où le moghol Akbar, père de Jahangir, aimait passer ses étés. On pénètre dans la mosquée. Les essaims d’abeilles s’agrippent à l’iwan, le porche d’entrée. Une chèvre se languit au soleil sur les marches. À l’intérieur, odeurs heureuses d’encens et de roses. Des hommes, des femmes, des enfants font leurs ablutions devant la tombe en marbre blanc sculpté de Sheikh Salim Chrishti, où les fenêtres ajourées laissent à peine pénétrer la lumière nacrée. Des femmes nouent des fils rouges aux fenêtres dans l’espoir d’avoir des enfants, un homme me bénit avec des plumes de paon, d’autres déposent des foulards colorés sur le cénotaphe.
Le palais d’à côté est payant (250 Rps). Les femmes de l’empereur y avaient chacune leur demeure. Le petit jeu consiste à deviner la nationalité de chacune par le style adopté. La maison de la femme hindoue est très indienne (fastoche), celle de la femme turque cache de jolis panneaux à fleurs ; quant aux appartements de la catholique, ils recèlent quelques traces de polychromie (il faut quand même un peu les deviner…). Beauté des jardins, notamment celui dédié aux femmes, et surprise : une écurie pour… chameaux ! Une « chamellerie » en quelque sorte…
Le Punch Mahal s’avance avec sa structure sur quatre niveaux, toute pyramidale, qui compte pas moins de 176 piliers sans un seul mur. Sublime ! Depuis les chambres d’Akbar (un peu à l’ombre), vue sur le bassin central, où un danseur s’exécutait. Échos du dernier ouvrage de Salman Rushdie, L’Enchanteresse de Florence (éd. Plon). On peut dormir au pied du site dans d’excellentes guesthouses. Y manger aussi, histoire d’apprécier le coucher du soleil. Au temple hindouiste situé à proximité, on nous invite à une cérémonie. Dans le silence des prières, le soleil disparaît.
Le palais d’à côté est payant (250 Rps). Les femmes de l’empereur y avaient chacune leur demeure. Le petit jeu consiste à deviner la nationalité de chacune par le style adopté. La maison de la femme hindoue est très indienne (fastoche), celle de la femme turque cache de jolis panneaux à fleurs ; quant aux appartements de la catholique, ils recèlent quelques traces de polychromie (il faut quand même un peu les deviner…). Beauté des jardins, notamment celui dédié aux femmes, et surprise : une écurie pour… chameaux ! Une « chamellerie » en quelque sorte…
Le Punch Mahal s’avance avec sa structure sur quatre niveaux, toute pyramidale, qui compte pas moins de 176 piliers sans un seul mur. Sublime ! Depuis les chambres d’Akbar (un peu à l’ombre), vue sur le bassin central, où un danseur s’exécutait. Échos du dernier ouvrage de Salman Rushdie, L’Enchanteresse de Florence (éd. Plon). On peut dormir au pied du site dans d’excellentes guesthouses. Y manger aussi, histoire d’apprécier le coucher du soleil. Au temple hindouiste situé à proximité, on nous invite à une cérémonie. Dans le silence des prières, le soleil disparaît.
Jaipur, à l’école des maharajas

<a href='/membre/1121'>Vittorio Carlucci</a>
Étonnement sur la route : les routes à quatre voies se multiplient, mais seules deux sont utilisées, à quoi bon ? De quoi occuper nos réflexions. On croise des ruches, des champs de moutarde aussi. Un panneau peint « Be indian, buy indian » nous étonne. Des camions remplis de soldats nous doublent. Au cul des camions, on lit l’inscription « Blow horn », « klaxonnez ». Décidément.
Étranges récoltes : des champs de briques poussent à tout va le long des chemins ! Des fours en pyramides crachent de la fumée au milieu d’un ciel laiteux. Ce genre d’industries a été déplacé d’Agra, tourisme et prestige obligent. Voici Jaipur.
Dormir dans une demeure de maharaja est tout à fait possible. Il faut compter environ 100 €. Disons-le : on touche du doigt une part du rêve râjasthâni… Des vieilles photos de famille, du mobilier d’époque… cette catégorie d’hébergement est très développée dans cette partie du pays. Un plaisir à goûter absolument. Jaipur offre de belles possibilités de surcroît ! On affronte le City Palace, où vit encore un maharaja (féminin : maharani). Et l’on découvre l’origine du mot pyjama, de pyjaamah, mot commun venu précisément d’Inde, tiré de ces pantalons courts, tenus sur le bas et plus larges à la taille, utilisés alors pour un usage quotidien. Musée d’armes fort bien fourni, avec char aina, pièce maîtresse de l’armure avec quatre miroirs qui reflètent le soleil et entourent le soldat au combat. Mais aussi des « gratte-armures »… C’est vrai, ça, comment ils faisaient pour se gratter une fois qu’ils étaient tout enserrés ?
Toujours au City Palace, petite halte devant le Palais de la Lune (poésie des noms, qui n’en finit pas de nous éblouir), où l’on s’arrête aussi bien sur le thème central, le paon, que sur les turbans rouges des gardiens. J’admire cette sagesse des plis, tissages, enroulements et autres mouvements virevoltants des tissus du Rajasthan. Amusant : dans le hall des audiences publiques, deux énormes jarres en argent de 345 kg, qui permirent au maharaja en goguette en Angleterre en 1902 de ne pas se départir des eaux du Gange pour ses ablutions.
On se laisse aller à bifurquer dans les allées et contre-allées du bazar Johari. Possibilité de se faire faire quelques vêtements sur mesure. Je craque pour la kulta, ample tunique portée par les hommes jusqu’au genou, sur un pantalon. En deux heures, me voici vêtu, pour 300 Rps, sourire compris. À la tombée de la nuit, très tôt – vers 17 h - 18 h –, petit détour par le palais des Vents, très fin, dans lequel le vent s’engouffrait pour rafraîchir ces dames du harem, qui pouvaient ainsi voir dans la rue sans être vues. Juste en face, une école, la Maharaj High School ! Y apprend-on à devenir un parfait maharaja ?
On peut également partir à l’assaut de l’Amber Palace, construit au XVIe siècle, une place forte accrochée à la colline. Certains y vont à dos d’éléphants (un peu tartignole), d’autres en jeep (plus simple, moins folklorique). Nous y voilà. Les coins et recoins du palais sont innombrables, on grimpe, on descend, on atterrit qui dans une chambre, qui dans une cuisine. Mais avouons-le, ce n’est pas notre palais préféré. Sur la route du retour (ou de l’aller, c’est selon), le Lake Palace, au milieu d’un… lac, semble nous toiser : ne suis-je pas tout aussi magique que mon prestigieux voisin l’Amber Palace ?
Étranges récoltes : des champs de briques poussent à tout va le long des chemins ! Des fours en pyramides crachent de la fumée au milieu d’un ciel laiteux. Ce genre d’industries a été déplacé d’Agra, tourisme et prestige obligent. Voici Jaipur.
Dormir dans une demeure de maharaja est tout à fait possible. Il faut compter environ 100 €. Disons-le : on touche du doigt une part du rêve râjasthâni… Des vieilles photos de famille, du mobilier d’époque… cette catégorie d’hébergement est très développée dans cette partie du pays. Un plaisir à goûter absolument. Jaipur offre de belles possibilités de surcroît ! On affronte le City Palace, où vit encore un maharaja (féminin : maharani). Et l’on découvre l’origine du mot pyjama, de pyjaamah, mot commun venu précisément d’Inde, tiré de ces pantalons courts, tenus sur le bas et plus larges à la taille, utilisés alors pour un usage quotidien. Musée d’armes fort bien fourni, avec char aina, pièce maîtresse de l’armure avec quatre miroirs qui reflètent le soleil et entourent le soldat au combat. Mais aussi des « gratte-armures »… C’est vrai, ça, comment ils faisaient pour se gratter une fois qu’ils étaient tout enserrés ?
Toujours au City Palace, petite halte devant le Palais de la Lune (poésie des noms, qui n’en finit pas de nous éblouir), où l’on s’arrête aussi bien sur le thème central, le paon, que sur les turbans rouges des gardiens. J’admire cette sagesse des plis, tissages, enroulements et autres mouvements virevoltants des tissus du Rajasthan. Amusant : dans le hall des audiences publiques, deux énormes jarres en argent de 345 kg, qui permirent au maharaja en goguette en Angleterre en 1902 de ne pas se départir des eaux du Gange pour ses ablutions.
On se laisse aller à bifurquer dans les allées et contre-allées du bazar Johari. Possibilité de se faire faire quelques vêtements sur mesure. Je craque pour la kulta, ample tunique portée par les hommes jusqu’au genou, sur un pantalon. En deux heures, me voici vêtu, pour 300 Rps, sourire compris. À la tombée de la nuit, très tôt – vers 17 h - 18 h –, petit détour par le palais des Vents, très fin, dans lequel le vent s’engouffrait pour rafraîchir ces dames du harem, qui pouvaient ainsi voir dans la rue sans être vues. Juste en face, une école, la Maharaj High School ! Y apprend-on à devenir un parfait maharaja ?
On peut également partir à l’assaut de l’Amber Palace, construit au XVIe siècle, une place forte accrochée à la colline. Certains y vont à dos d’éléphants (un peu tartignole), d’autres en jeep (plus simple, moins folklorique). Nous y voilà. Les coins et recoins du palais sont innombrables, on grimpe, on descend, on atterrit qui dans une chambre, qui dans une cuisine. Mais avouons-le, ce n’est pas notre palais préféré. Sur la route du retour (ou de l’aller, c’est selon), le Lake Palace, au milieu d’un… lac, semble nous toiser : ne suis-je pas tout aussi magique que mon prestigieux voisin l’Amber Palace ?
Jodhpur, à l’ombre de Mehrangarh

Gavin's Clemente-Ruiz
L’Inde ne saurait se résumer à ses monuments. Le Rajasthan encore moins. Si Jodhpur est mondialement connu pour son pantalon, qui était au départ le pantalon des joueurs de polo, signalons aussi ces drapés magiques portés par les femmes : les saris. Dans les échoppes du Sardar Bazar, on se déchausse, et on s’assoit sur de petits matelas où le marchand étale ses étoffes avec une fierté qui ravit. Rouge, jaune, vert, bleu, mauve, un vrai feu d’artifice de couleurs, éclatantes, qui explosent dans ces allées poussiéreuses. Et puis il y a ces écharpes, ces châles, ces pashminas qui s’échappent comme des effluves pigmentées. Les femmes s’arrêtent sur un pli, un revers, des passementeries. Les vaches, intouchables, au milieu des routes et des impasses, ont les cornes bleues, jaunes ou vertes ! Et puis il y a les maisons, bleues comme à Jodhpur. Cette couleur repousserait les moustiques, et serait aussi la couleur des brahmanes.
Depuis la forteresse de Mehrangarh, cette vision spectaculaire de ces cubes bleutés nous émeut. Combien de photos prises ? On ne compte plus. Mehrangarh, stop OBLIGATOIRE. De tous les forts et palais croisés, c’est notre préféré. Est-ce dû à l’état des lieux ? Peut-être. Reste qu’entre la Montagne aux Oiseaux et le Palais des Palanquins, on a l’impression de toucher au plus près la vie quotidienne des maharajas. Un garde nous initie au nouage des rubans, on s’incline face à Gangaur, la déesse des femmes, la magie continue… Sur le chemin du retour, Jaswant Thada, petit cénotaphe, une fois de plus très élégant.
Depuis la forteresse de Mehrangarh, cette vision spectaculaire de ces cubes bleutés nous émeut. Combien de photos prises ? On ne compte plus. Mehrangarh, stop OBLIGATOIRE. De tous les forts et palais croisés, c’est notre préféré. Est-ce dû à l’état des lieux ? Peut-être. Reste qu’entre la Montagne aux Oiseaux et le Palais des Palanquins, on a l’impression de toucher au plus près la vie quotidienne des maharajas. Un garde nous initie au nouage des rubans, on s’incline face à Gangaur, la déesse des femmes, la magie continue… Sur le chemin du retour, Jaswant Thada, petit cénotaphe, une fois de plus très élégant.
Udaipur, lac et marionnettes

Gavin's Clemente-Ruiz
Entre Jodhpur et Udaipur, il faut s’arrêter à Ranakpur pour découvrir l’une des multiples facettes de la religion en Inde, et plus particulièrement le jainisme, religion pacifiste qui rejette l’usage des armes et dont les fidèles ne mangent pas d’animaux. Le temple vaut pour ses sculptures riches et nombreuses (1444 piliers !). Et malgré la profusion de la décoration, aucune sensation d’étouffement. Au contraire, à travers les rais du soleil, on ressent une certaine légèreté. À deux pas, un temple dédié, selon le gardien, au Kama Sutra. C’est vrai que certaines sculptures ne laissent aucun doute…
Changement de paysages en route, avec des plantations de rizières et des norias activées par des bêtes de trait. Et même un arbre : d’étranges fruits noirs le couvrent tout entier. Après vérification, et sourires complices des Indiens, on le confirme : ce sont des milliers de chauve-souris ! Udaipur s’offre enfin, avec l’arrivée heureuse face à son lac. Une partie de la ville est dévolue au tourisme, avec ses marchands du temple. Il faut s’en écarter, partir à la découverte des petites échoppes d’artisans, vendant notamment des jouets pour enfants ou des bangles, ces bracelets en verre scintillants.
Petit tour par le City Palace, qu’on oublie bien vite, en comparaison des précédents. Et puis on grimpe dans les nombreux rooftop restaurants, pour apprécier la vie et la vue du lac, baigné par une lumière laiteuse reposante. Certains se paient même le luxe de partir à sa découverte sur des petits rafiots. D’autres, plus fortunés, ont même réservé au Lake Palace, hôtel de luxe perdu au milieu des eaux. So romantic, mais pas donné non plus.
Petite astuce pour se payer un dîner en tête-à-tête sans vraiment se ruiner : l’Ambrai Restaurant, face au City Palace, de l’autre côté du lac. Venir vers 17 h regarder le soleil se coucher, goûter une Kingfisher, bière blonde à consommer avec modération, en picorant un kashmiri pulao, riz aux fruits secs, un naan à l’ail, un petit poulet tandoori cuit dans un plat en terre, comme le veut la tradition, ou un dal, plat de lentilles, merveilleusement agrémenté d’épices. La cuisine indienne réserve des souvenirs de bouche insoupçonnés. On peut facilement rester plusieurs jours à Udaipur, rien que pour goûter au temps qui passe, dans les ruelles où des artisans proposent leurs compositions, leurs talents de tailleurs ou des petits jouets en bois. Et puis un soir, dernier émerveillement à la Bagore Ki Haveli : marionnettes et danseuses virevoltent rien que pour vous – ou presque – ; on a le droit de rêver encore un peu, non ?
Changement de paysages en route, avec des plantations de rizières et des norias activées par des bêtes de trait. Et même un arbre : d’étranges fruits noirs le couvrent tout entier. Après vérification, et sourires complices des Indiens, on le confirme : ce sont des milliers de chauve-souris ! Udaipur s’offre enfin, avec l’arrivée heureuse face à son lac. Une partie de la ville est dévolue au tourisme, avec ses marchands du temple. Il faut s’en écarter, partir à la découverte des petites échoppes d’artisans, vendant notamment des jouets pour enfants ou des bangles, ces bracelets en verre scintillants.
Petit tour par le City Palace, qu’on oublie bien vite, en comparaison des précédents. Et puis on grimpe dans les nombreux rooftop restaurants, pour apprécier la vie et la vue du lac, baigné par une lumière laiteuse reposante. Certains se paient même le luxe de partir à sa découverte sur des petits rafiots. D’autres, plus fortunés, ont même réservé au Lake Palace, hôtel de luxe perdu au milieu des eaux. So romantic, mais pas donné non plus.
Petite astuce pour se payer un dîner en tête-à-tête sans vraiment se ruiner : l’Ambrai Restaurant, face au City Palace, de l’autre côté du lac. Venir vers 17 h regarder le soleil se coucher, goûter une Kingfisher, bière blonde à consommer avec modération, en picorant un kashmiri pulao, riz aux fruits secs, un naan à l’ail, un petit poulet tandoori cuit dans un plat en terre, comme le veut la tradition, ou un dal, plat de lentilles, merveilleusement agrémenté d’épices. La cuisine indienne réserve des souvenirs de bouche insoupçonnés. On peut facilement rester plusieurs jours à Udaipur, rien que pour goûter au temps qui passe, dans les ruelles où des artisans proposent leurs compositions, leurs talents de tailleurs ou des petits jouets en bois. Et puis un soir, dernier émerveillement à la Bagore Ki Haveli : marionnettes et danseuses virevoltent rien que pour vous – ou presque – ; on a le droit de rêver encore un peu, non ?
Liens utiles
www.incredibleindia.org
L’office de tourisme de l’Inde, en anglais.
www.manilsuri.com L’occasion de découvrir en anglais le travail de ce mathématicien qui publie son nouveau roman en France, Mother India (éd. Albin Michel), ou le destin d’une jeune femme, Mira, au sortir de l’Indépendance indienne, face aux trois hommes de sa vie, son père, son mari, son fils. Une grande saga, sans le côté sirupeux, mais terriblement menée. Un excellent livre de route.
www.nytimes.com/2008/11/16/magazine/16food-t-001.html?_r=2 Ou la recette en anglais du coq au vin revisité par Manil Suri, salué par le New York Times. Rien que ça !
whc.unesco.org/fr/list/252 Le Taj Mahal, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.
www.jaipur.org.uk Jaipur, le site Internet en anglais de la ville rose.
www.mehrangarh.org Un de nos forts préférés (si ce n’est notre préféré !). En anglais.
www.udaipurtourism.com/monuments-havelies/bagore-haveli.html Quelques infos supplémentaires en anglais sur Udaipur et le spectacle de marionnettes de la Bagore Ki Haveli. http://fr.youtube.com/watch?v=_6ZJuBdS-fg Le spectacle de la Bagore Ki Haveli vu par un routarnaute.
www.manilsuri.com L’occasion de découvrir en anglais le travail de ce mathématicien qui publie son nouveau roman en France, Mother India (éd. Albin Michel), ou le destin d’une jeune femme, Mira, au sortir de l’Indépendance indienne, face aux trois hommes de sa vie, son père, son mari, son fils. Une grande saga, sans le côté sirupeux, mais terriblement menée. Un excellent livre de route.
www.nytimes.com/2008/11/16/magazine/16food-t-001.html?_r=2 Ou la recette en anglais du coq au vin revisité par Manil Suri, salué par le New York Times. Rien que ça !
whc.unesco.org/fr/list/252 Le Taj Mahal, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.
www.jaipur.org.uk Jaipur, le site Internet en anglais de la ville rose.
www.mehrangarh.org Un de nos forts préférés (si ce n’est notre préféré !). En anglais.
www.udaipurtourism.com/monuments-havelies/bagore-haveli.html Quelques infos supplémentaires en anglais sur Udaipur et le spectacle de marionnettes de la Bagore Ki Haveli. http://fr.youtube.com/watch?v=_6ZJuBdS-fg Le spectacle de la Bagore Ki Haveli vu par un routarnaute.
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