Drôles de droms![]() La démarche mi-nonchalante, mi-dédaigneuse, cadencée comme par un métronome fantôme, nos dromadaires avancent d’un élan quasi lascif. Quelle étrangeté que ces drôles de bêtes, si peu harmonieuses, pourtant si parfaitement adaptées à leur espace vital, capables de rester quelques semaines sans boire et encore plus sans manger. De leur museau velu et grimaçant s’échappe parfois, dans un vacarme bizarre, une bulle difforme, rose et visqueuse comme celle d’un malabar. Attention, mâle en rut. Mais les « droms », comme nos chameliers les appellent, sont singulièrement androgynes. D’un côté, de langoureux yeux de biche comme ourlés de faux cils. De l’autre, des plaques calleuses sur les membres et sous le ventre. Leur queue fouette l’air de mécontentement, accompagnée d’un grondement sourd émis par une bouche impudiquement béante.
Photo : Cerise Maréchaud |
PARTIR en ALGÉRIE |