Un proverbe mongol nous rappelle que les quatre saisons tiennent en un seul jour de printemps. Le blizzard inconnu qui frappe aux fenêtres depuis tôt ce matin à Tariat est surprenant pour celui qui a oublié la vigueur intacte de la personnalité mongole. Bref, je suis bloqué par cette dépression neigeuse, venteuse, glacée. Il fait 0°. Imaginez la même chose par -40° : la mort. La ville continue donc de dormir, sûrement pour tout le jour. Pas la peine d'insister, c'est chaotique. Il fait bon dans la baraque de béton (ça existe aussi, dans les villes " importantes "). Une soupe de farine avec du riz a réveillé en moi les pulsions du Français expatrié depuis huit mois. Notre vie, à nous Français, est pas mal centrée sur l'estomac. C'est vache, et l'on s'en rend compte en voyageant. Aujourd'hui, nous sommes partis chercher de l'eau à la rivière, où un vaste trou béant permet de tirer l'eau glacée. Parcours en side-car sous la tempête de grêle, avec les deux énormes pots à eau. Une bribe du quotidien hivernal.