L’hospitalité mongoleL'ours pousse ses grognements du matin. Une somme de petits cataclysmes las, gutturaux, profonds. Une symphonie caverneuse de chef de famille. Mon hôte est un énorme gars, bien débonnaire, au crâne rasé, qui doit taper dans les 150 kg, pas moins. Il me faisait signe, de l'autre côté du canyon, pour que je vienne m'abriter chez lui. Il habite une baraque de bois flanquée de deux yourtes. La baraque principale fait office d'étape pour les gens de passage, avec sa vaste banquette unique recouverte d'un crasseux tissu vert, qui peut coucher quinze ou vingt personnes, et sert aussi de resto, bar, épicerie. Pour moi c'était le grand accueil, je suis l'invité, et l'hospitalité en Mongolie, c'est sacré. Quand la vie est rude, hospitalité peut rimer avec survie. Les postillons du feu crépitent dans le vieux poêle. Maintenant, par ce temps énigmatique, à la fois lourd par le soleil et frisquet par le vent, je me prépare à fendre la steppe vers l'Ouest, sans savoir exactement vers où ni comment. Ça n'est pas ce qui compte. |
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