« Ils étaient comme éternels »![]() Je regarde le cheval brouter paisiblement. Une petite rivière coule avec grand bruit. Je me préparais à attendre des jours et des lustres, mais un camion rouge vrombit, gravissant péniblement la pente, à la sortie d'Olgii, et la route a défilé, à vingt à l'heure dans une vallée prospère où la rivière se divisait en de maintes alluvions isolant des lambeaux de terre fertile. Nous avons sillonné entre les montagnes sèches, puis vinrent les plats relatifs des hauts plateaux, avec toujours au loin les mêmes sommets enrobés de sucre glace. Après des heures et des heures, on ne les avait pas perdus de vue, ils étaient comme éternels. Il y avait sur le plateau ces intrigants pitons rocheux d'un vert mat et acidulé, dont les schistes s'érigeaient à la verticale par strates serrées, comme un feuilleté d'émeraude. Pitons suivis un peu plus loin d'autres pitons, mais tout rouges, sanguins comme la latérite. Un berger se tient à présent à côté de moi, c'est son canasson qui paît devant ma tente. Apparaît au Sud un grand lac aux reflets blancs. C'est l'Atchit Nuur, rond et vaste. Photo : David Giason |
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