Depuis plus de six mois, je veille à la logistique de cette expédition, qui n'est pas exceptionnelle en soi, si ce n'est dans son programme particulièrement riche à effectuer en quinze jours. Mais surtout l'été saharien est là - et bien là - rendant tous les déplacements excessivement difficiles.
Un guide touareg, Mahman, un ami de dix ans venu d'Agadèz, s'occupe de la logistique sur place. Deux chauffeurs toubous - l'un du Tibesti, l'autre de l'Ennedi - se chargeront des Toyota et surtout des formalités presque insolubles parfois avec les autorités locales de gendarmerie et de préfecture, surtout si les composantes ethniques ne sont pas respectées. Quant au cuisinier, il est arabe noir du sud du Tchad. Restent les clients et mécènes de l'expédition : Jidé, un Black américain qui vient de faire fortune à moins de trente ans dans les banques d'affaire de la côte est… et Fabrice, un jeune golden boy français de la City de Londres, du même âge. Le premier déjeune avec Clinton ou Al Jarreau, le second brasse tout autant de milliards. Mais tous deux n'arriveront que dans quelques jours : quand la logistique sera prête…
Il faut donc tout faire : boucler les formalités de la capitale, faire les pleins des véhicules avec des centaines de litres de gasoil, arrimer les réserves de nourriture, veiller aux pièces de rechange… et finalement démarrer le convoi, afin qu'il soit prêt à nous accueillir à Faya, chef-lieu désertique du nord du Tchad. Pour toutes ces opérations, il y faut bien les sept jours nécessaires prévus à N'Djamena…
Et enfin, nos hôtes arrivent…