Il pleut sur Nantes… Il est difficile de ne pas songer à la chanson de Barbara alors que des trombes d'eau sont déversées sur la ville par je ne sais qui. C'est dommage parce que Nantes vaut mieux que cette course entre les rigoles d'eau, parmi une forêt de parapluies. Mais comme l'art de vivre se caractérise par la capacité à extraire de tout événement du positif, je me réfugie dans la médiathèque (24, quai de la Fosse, ouverte du lundi au vendredi de 12 h à 19 h et le samedi de 10 h à 18 h). Je découvre un lieu agréable avec un choix exceptionnel de revues (quand on ne connaît pas les forces vives et intellectuelles de la région, l'on peut combler ses lacunes). L'architecture du bâtiment est intéressante et harmonieuse ; on ne dira jamais assez combien les architectes contribuent de manière directe et quotidienne à notre qualité de vie et combien d'endroits sont gâchés par mépris ou simplement ignorance de cette réalité. Les architectes, comme les vignerons pour certains, sont des bienfaiteurs de l'humanité.
En début de soirée, j'avise un bar sympa et bondé Le Bar du Coin où l'ambiance est excellente. Les serveurs sont jeunes et ont la pêche. On joue du coude au bar comme dans un pub irlandais. Le D.J. prépare ses platines. Le public est plutôt étudiant. Cet endroit est situé rue de la Juiverie (sic).
Le lendemain, il fait soleil. Le ciel est lumineux, l'océan n'est pas loin, on devine sa présence par la seule qualité de la lumière. La promenade dans Nantes est un ravissement. La ville est belle. Un ami me guide. Il m'entraîne sur l'île Feydeau qui n'en est plus une. On peut admirer les maisons légèrement penchées des armateurs qui firent fortune avec le trafic d'esclaves. Nantes a un peu honte de ce passé m'explique mon ami et le quartier a perdu de son prestige. Les conditions dans lesquelles voyageaient les esclaves étaient immondes. Ils étaient enchaînés dans les cales par une chaleur qui dépassait parfois 40 °. Beaucoup mouraient en mer. Les armateurs, eux, firent fortune. Mon ami me dit : " La nuit, on entend encore, parfois, le bruit des chaînes… ".
Le château des ducs de Bretagne. Nantes est-elle bretonne ou pas ? Un argument en faveur du oui : c'est ici que naquit Anne de Bretagne et qu'elle épousa en 1498 le roi de France Louis XII. Et c'est à la suite de ce mariage que la Bretagne fut rattachée à la France.
Ce château où l'histoire vécut des moments importants et fondateurs est impressionnant. On y pénètre par un pont-levis et l'on peut visiter la cour et des expositions temporaires (vidéos sur la restauration du château lorsque j'y suis ; pour les renseignements, tél. : 02-40-41-56-56. La cour se visite tous les jours de 10 h à 18 h et en juillet et août de 10 h à 19 h).