Oman : les couleurs du désert

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Oman : les couleurs du désert

Paris, la veille de Noël. Sur la table du salon, de chaque côté du PC, onze boîtiers de diapositives non triées font face au même nombre de cartouches remplies de sable et de cailloux. Deux petites armées de terre et d'images qui voudraient se livrer bataille sur les touches de mon ordinateur. Des murailles en argentique et une batterie de canons transparents qu'il suffirait de dégorger pour qu'elles débobinent les 2 500 km de pistes et de paysages encadrés et enfermés dans du plastique semi-rigide. Mais le temps est aux retrouvailles et à la réconciliation : une trêve virtuelle s'impose donc entre les pellicules, les trésors géologiques et moi. Yahya, le guide omanais, me souffla l'idée en me voyant charger l'appareil : " ne jetez pas les emballages, vous en aurez besoin ". Ça, c'était le premier jour, à mon arrivée à Mascate, juste avant notre départ sur les routes et les sentiers caillouteux qui relient la capitale au port de Sour. " Vous verrez, à la fin du séjour, vous aurez des échantillons du sol omanais, cela vous fera un beau souvenir ". Dans ce cadre naturel unique, j'étais pris d'une obsession à la nippone ; tout photographier, tout répertorier. Ces clichés sont le résultat d'une semaine de off-road sur les chemins de montagne et les pistes côtières. 2003. J'attends l'arrivée du nouvel an pour commencer à rédiger ce carnet. Le temps de constater qu'une fine couche de poussière est venue se déposer sur les boîtiers. Les éléments, purs et primaires, se trouvent à droite. À gauche du clavier, les photos, le prisme déformant de la culture. Je m'improvise marabout pour libérer l'âme de ces pierres millénaires, pour lire une fable minérale en Technicolor. Je puise ensuite dans la première rangée à gauche : au hasard, une image de la corniche du port de Matrah, deux men in white se fondent dans la blancheur des anciennes maisons indiennes des Lawatiya. Couleur ou absence de couleur ? Ces hommes en vêtements officiels, la vitrine de toute une nation, surgissent comme une page vide aux portes de chaque village, au détour de chaque rue. Je convoque enfin mes Pandores omanaises avec ses malles pleines d'étoffes, une superposition détonante de motifs indiens et africains. Le kaléidoscope commence alors à tourner.





Intro
Blanc dishdasha : le dress code omanais
Ton sur ton : dromadaires, jeeps et forteresses
Rouge et miel : les dunes de Wahiba
Fer et cuivre : le djebel Akhdar
Vert oasis : wadi et falaj
Oman pratique

Texte : Claudio Tombari. Photo : Claudio Tombari
Mise en ligne le 18 février 2003



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