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Le grand bazar des étiquettes éthiques

En l’absence d’une définition officielle et consensuelle du voyage «responsable», on voit fleurir une profusion de termes pour décrire diverses formes de tourisme alternatif et engagé. Voilà qui ne contribue pas à clarifier le concept, ni à le rendre plus accessible aux voyageurs avides de repères. Le tourisme «équitable» est-il plus respectable que le tourisme «éthique»? Si elles comportent de subtiles nuances, ces différentes appellations s’inscrivent toutefois dans une démarche similaire: faire du voyage un échange, sans laisser une empreinte trop nuisible de son passage. Elles ne sont d’ailleurs pas cloisonnées et se rejoignent sur bien des points. Voici les principales formules» du voyage responsable.

Le tourisme durable, responsable, ou éthique

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© Zhi Bin | Dreamstime.com

Ces termes désignent le concept dans son acception la plus globale. Ils adaptent au tourisme les principes du développement durable, qui consiste à assurer un équilibre entre développement économique, bien-être social et préservation des ressources naturelles.

Dans sa définition du tourisme durable, l’OMT précise ainsi qu’il faut parvenir au bon équilibre entre les aspects environnemental, économique et socioculturel du développement du tourisme. Cela concerne toutes les formes de tourisme et n’exclut donc pas celui de masse. L’OMT ajoute que «le développement durable du tourisme requiert la participation, en connaissance de cause, de tous les acteurs concernés» et qu’il doit aussi «satisfaire, au plus haut niveau possible, les touristes» (!).

Sur le terrain
La chaîne hôtelière scandinave Scandic possède de nombreux hôtels en ville, de 200 chambres en moyenne. Depuis 1995, elle a introduit le concept de chambre écologique : matières synthétiques, métal et plastique y sont remplacés par le bois, la laine et le coton. De cette façon, 97 % de la chambre peuvent être recyclés ! De bonnes pratiques de gestion environnementale (économies d’énergie, diminution de la consommation d’eau, etc.) ont également été introduites dans tous les services de la chaîne hôtelière, et les employés sensibilisés à ce sujet. Son succès commercial doit beaucoup à cette orientation stratégique.
www.scandic-hotels.com

Le tourisme équitable, ou solidaire

C’est le pendant touristique du commerce équitable (voir notre dossier tourisme et commerce equitables). Il implique l’investissement des populations locales, le plus souvent des pays du Sud, dans l’élaboration et la gestion d’un projet d’accueil touristique.Il s’agit presque exclusivement de gestion communautaire:

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© Dmitry Pichugin | Dreamstime.com

il n’y a pas de propriétaire privé car le projet (campements villageois, maisons d’hôtes, etc.) appartient au village tout entier. De même, c’est la population locale qui tire les bénéfices de l’activité. Ils sont utilisés pour financer des projets de développement utiles à l’ensemble de la communauté, par exemple un puits ou un dispensaire.
Dans le tourisme solidaire, les populations locales ne sont pas forcément les instigatrices ou les gérantes du projet, mais une partie des bénéfices du voyagiste ou une participation financière par voyageur leur est reversée pour le développement de projets utiles.

Sur le terrain
L’association Tourisme et Développement solidaires a développé au Burkina Faso un réseau d’hébergements traditionnels en plein centre de villages africains. Les touristes passent quelques jours au sein du village, pour partager la vie quotidienne des habitants. Tous les bénéfices de l’activité servent à financer des projets d’intérêt collectif, comme le salaire d’un professeur d’école ou la construction d’un dispensaire.
www.tourisme-dev-solidaires.org

L’écotourisme

Selon la définition donnée par la Société internationale de l’écotourisme en 1990, c’est «une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales». Il se distingue donc du tourisme «vert», qui se déroule aussi dans la nature, par sa dimension engagée: éducation et participation à la préservation de l’environnement, contribution à l’économie locale. Il se pratique généralement en petits groupes, au sein de petites structures.

Sur le terrain
En France, le voyagiste Saïga Voyage nature propose de partir à la rencontre des phoques de la baie de Somme. L’approche se fait en douceur, en présence d’un guide naturaliste qui explique le comportement de l’animal. Ces voyages participent à la sensibilisation des clients et à la préservation du patrimoine naturel français.
www.saiga-voyage-nature.fr

L’écovolontariat

Il s’agit de missions de bénévolat dont le but est de soutenir des actions de recherche et de protection de l’environnement, directement sur le terrain, en compagnie de professionnels (botanistes, océanologues, etc.). Il faut savoir en effet que bon nombre de programmes de recherche manquent de financements et ne pourraient pas exister sans l’aide des écovolontaires. La dimension pédagogique est indéniable.
De plus, les écovolontaires ont souvent accès à des zones interdites aux touristes, où ils peuvent entrer en contact très étroit avec une espèce et vivre ainsi une expérience privilégiée. La plupart du temps, il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances spécifiques. En revanche, les programmes de volontariat sont rarement gratuits.

Sur le terrain
L’association Cybelle Planète propose des séjours d’écovolontariat en mer Méditerranée afin d’aider les scientifiques à observer et compter les dauphins. Les participants sont partie prenante d’une véritable expédition scientifique.
www.cybelle-planete.org

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