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Avant que l'avion ne se démocratise, dans les années 1960, prendre le bateau pour se rendre d'un continent à l'autre n'était pas inhabituel. Dans Bourlinguer (1948), l'écrivain et globe-trotter Blaise Cendrars avait donné à ce moyen de transport ses lettres de noblesse. Avec les vols long-courriers, rapides, ponctuels et efficaces, le voyage maritime a peu à peu perdu de son intérêt, hormis pour d'irréductibles phobiques de l'avion. Puis, parallèlement au succès de l'industrie florissante des croisières, les voyages en cargo ont retrouvé de leur attrait.

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Mais à la différence des croisiéristes, ce que recherchent les voyageurs en cargo, c'est souvent une part d'imprévu. Il arrive que l'itinéraire choisi au départ change en cours de route, ce qui peut réserver de bonnes surprises, comme une escale qui se prolonge dans un pays.
En fait, on n'emprunte pas un cargo pour se rendre sur sa destination de vacances, le cargo est une destination en soi. Au milieu de la mer, ce transport se révèle un " voyage intérieur " à la " dimension initiatique ", comme le raconte Hugo Verlomme, auteur d'un guide de référence en la matière.
C'est pour l'authenticité et le cachet des cargos que Sybille a choisi de traverser l'Atlantique par la voie maritime, de Port-Saint-Louis-du-Rhône à New York (via Valence et Gibraltar). Autre atout : la lenteur permet de voir la terre et la mer autrement. Vous pouvez suivre son périple dans son carnet de voyage. Elle y décrit une fascinante micro-société, tout à fait singulière, où l'on peut prendre le temps d'écouter les incroyables histoires des marins, ces routards des mers.
À un Américain qui avait décidé de relier en cargo Tokyo à Long Beach, en Californie, on demandait régulièrement avant de partir : " Pourquoi prendre dix jours pour traverser le Pacifique alors que cela prend dix heures en avion " ? Ce quoi à quoi il répondait : " Parce que je n'ai pas trouvé de navire qui le ferait en vingt jours ".
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