Voyager avec son animal, ça ne s'improvise pas et ça ne nécessite pas que de l'amour. Dès que l'on choisit de mettre les pattes de nos amis hors de nos frontières, les difficultés s'accumulent. La plupart des pays cherchent à se prémunir contre les maladies véhiculées par les animaux, ce qui se comprend.
De manière générale, ne comptez pas partir avec votre animal sur un coup de tête : il faudra préalablement vous renseigner auprès de l'ambassade du pays de destination plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l'avance. Demandez quels sont les papiers à présenter à la douane, les vaccinations obligatoires et les certificats de santé nécessaires, tout en sachant que certaines inoculations sont exigées jusqu'à 6 mois à l'avance !
On vous déconseille d'essayer de tricher, les douaniers manquent d'humour et n'hésiteront pas, au mieux à confisquer votre compagnon, au pire à l'euthanasier. Tout est question d'organisation…
Si vous voyagez à travers plusieurs pays, pensez à vous renseigner sur les formalités d'entrée dans chacun d'entre eux. Il vous faudra parfois faire pratiquer des vaccinations ou des examens supplémentaires pendant l'une de vos étapes.
Restrictions de circulation
Première question à se poser : votre python royal a-t-il le droit d'entrer dans le pays où vous vous rendez ? Pour entrer en Polynésie française par exemple, les animaux doivent (entre autres choses) avoir résidé au moins 6 mois sans discontinuer en France (attestation vétérinaire nécessaire), et doivent subir sur place une quarantaine d'un mois. Autant dire que ça ne vaut pas forcément le coup de partir avec son compagnon à pattes… En Islande, l'importation par des touristes de toutes les espèces d'animaux est carrément interdite, sauf dérogation ; inutile de dire que celle-ci est quasiment impossible à obtenir.
La plupart des pays sont moins radicaux, mais ils peuvent tout de même refuser l'entrée de certaines espèces sur leur territoire. Ainsi, les restrictions sont nombreuses en matière de circulation des races de chiens jugées dangereuses. Les pitbulls, les dogues argentins et tosas japonais sont refusés au Royaume-Uni. Le Danemark refuse aussi les pitbulls et chiens de combat, la Thaïlande les pitbulls… Le Canada interdit l'importation des rongeurs d'Afrique et des écureuils, et exige un permis d’importation pour les oiseaux et les lapins.
De manière générale, l'Union européenne exige la présentation d’un passeport européen pour l’animal (délivré uniquement par un vétérinaire), ce document devant porter un certificat de vaccination contre la rage. Depuis le 1er janvier 2009, le passeport européen est le seul document pouvant certifier la vaccination antirabique. L’Union exige aussi une identification par micropuce (le tatouage étant aussi reconnu jusqu’à début juillet 2011).
Rappelons que la vaccination antirabique est obligatoire pour :
- les chiens et chats voyageant en dehors du territoire français ;
- les chiens et chats entrant sur le territoire français ;
- les chiens et chats vivant en Guyane ;
- les chiens considérés comme dangereux par la loi du 6 janvier 1999.
L'importation de jeunes animaux n'est pas toujours autorisée, car on ne les vaccine pas contre la rage avant l'âge de 3 mois. La majorité des pays nécessitant le vaccin contre la rage, ils refusent donc l’entrée sur leur territoire national d’animaux âgés de moins de 3 mois. Pour voyager aux Émirats Arabes Unis, votre animal devra attendre d’avoir 4 mois ; pour la Nouvelle-Zélande, il devra avoir 9 mois. Attention également, le nombre d'animaux admis sur un territoire est quelquefois limité : pas plus de 2 par voyageur à l’entrée en Autriche. Par ailleurs, la vaccination contre la rage doit, pour tous les pays, avoir été effectuée entre 21 jours minimum et 1 an maximum avant la date du départ.
Une question délicate, enfin : celle des nouveaux animaux de compagnie (les « NAC » pour les initiés), charmantes araignées, serpents et autres scorpions « domestiques ». Ces espèces exotiques sont souvent protégées par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages en danger), fruit d'accords internationaux visant à réglementer le commerce d'espèces menacées d'extinction. Si votre animal est inscrit sur la liste des espèces protégées par la Convention, il vous faudra demander avant de partir un permis.
Pour la France, contactez le ministère de l'Écologie et du développement durable, direction de la nature et des paysages, bureau des échanges internationaux d'espèces menacées : Grande Arche, Tour Pascale A et B, 92055 La Défense Cedex. Tél. : 01-40-81-21-22.
Pour savoir si votre animal est inscrit sur la liste de la CITES, contactez cette même adresse, ou bien rendez-vous sur le site de la Convention. Si ce n'est pas le cas, renseignez-vous tout de même auprès de l'ambassade pour savoir s'il est accepté dans le pays. Il faudra parfois faire une demande préalable de permis d'importation. Comme on l’a vu plus haut, c'est notamment le cas des lapins et des oiseaux au Canada.
Identification
En France, depuis le décret du 28 août 1991, l'identification est obligatoire pour :
- les chiens, chats et furets (dits les « carnivores domestiques ») ;
- tous les chiens de plus de 4 mois nés après le 6 janvier 1999 ;
- les chiens et chats qui changent de propriétaire à la suite d’un don ou d’une vente.
L’identification doit être réalisée chez un vétérinaire à l'aide d'une micropuce de la taille d’un grain de riz, implantée sous la peau, au niveau du cou de l’animal. Elle ne démange pas. Attention, le tatouage d'un numéro ne sera plus reconnu par les autorités après le 2 juillet 2011. Votre animal de compagnie est alors référencé dans un fichier national, géré par la Société centrale canine (SCC) ou le Syndicat national des vétérinaires en exercice libéral (SNVEL), et vous obtenez une jolie carte d'identification à son intention. Elle peut être utile en cas de perte de l'animal.
Comme il y a toujours un monde entre la théorie et la pratique, nombreux sont encore les chiens et chats qui échappent à cette règle. Vous devrez cependant impérativement vous y plier si vous partez à l'étranger, mais également en France, car certains hôtels ou campings exigent une carte d'identification.
Vaccinations et traitements antiparasitaires
Renseignez-vous auprès des ambassades sur les vaccins exigés selon les pays. Celui contre la rage est incontournable, car malgré le bon Pasteur, ce virus transmissible à l'homme n'est pas éradiqué partout. Le vaccin antirabique doit quant à lui être inoculé par un vétérinaire agréé lorsque l'animal est âgé d'au minimum 3 mois. Il doit être suivi d'un examen de contrôle sérologique, au moins un mois après, destiné à évaluer le taux de protection contre la maladie.
Le Programme de voyage des animaux de compagnie (PVAC) ou Pet Travel Scheme, mis en place en 2000, s’applique aux chats et aux chiens allant au Royaume-Uni. Les animaux doivent être âgés d’au moins 3 mois, être identifiés par une puce électronique, être vaccinés contre la rage, avoir subi un titrage d’anticorps antirabiques et un traitement antiparasitaire.
Selon les pays et les espèces, on exigera des vaccins supplémentaires :
- contre la leptospirose et la maladie de Carré pour la Norvège ;
- contre l’hépatite de Rubarth, la maladie de Carré et la parvovirose pour l’Australie ;
- contre la leptospirose, la maladie de Carré, la parvovirose, l’hépatite de Rubarth, le typhus, la calicivirose et la rhinotrachéite pour la Nouvelle-Calédonie.
Pour le Royaume-Uni, l’Irlande, la Suède et Malte, les animaux doivent avoir subi un traitement antirabique au moins égal à 0,5 ul/ml, un traitement contre les tiques et l’échinococcose.
Faites attention aux délais, car certains pays peuvent exiger un traitement antiparasitaire effectué entre 24 et 48 h avant le départ ; c’est notamment le cas des pays ci-dessus. La Norvège exige quant à elle que les vaccins contre la leptospirose et la maladie de Carré soient effectués au minimum 30 jours avant l’entrée sur le territoire, tandis que le Japon exige un délai d’attente de 180 jours entre la vaccination contre la rage et l’entrée sur le territoire.
Voici les sésames qui vous ouvriront les frontières : les certificats, qu'ils soient de vaccination ou de bonne santé, rédigés par un vétérinaire agréé (par la Direction des services vétérinaires de votre région). Le certificat de bonne santé, à défaut d'une kyrielle de vaccins, est très souvent demandé : chiens, chats, lapins, canaris, tortues, lézards… tout le monde y a droit !
Note importante : il est à noter que pour entrer dans de nombreux pays (Argentine, États-Unis, Inde, Japon, Jordanie, Maroc, Mexique, Suisse, Tunisie, Vietnam…), le certificat de vaccination antirabique et le certificat sanitaire international doivent être validés par la Direction départementale des Services vétérinaires, et que ces mêmes documents doivent être légalisés par le ministère des Affaires étrangères ou par une cour d’Appel.
Prévoir le retour en France
Depuis 2001, la France est déclarée indemne de rage. C’est une bonne nouvelle lorsqu'il s'agit d'emmener son animal à l'étranger, car on vous y fait moins de difficultés, quoique le Japon classifie la France parmi les pays non indemnes de rage.
En revanche, le retour implique des exigences supplémentaires envers votre chien, votre chat ou votre furet (là encore, votre « carnivore domestique »). On vous réclamera un certificat sanitaire rédigé dans les 10 jours précédant le retour, par un vétérinaire agréé du pays de provenance. S'il est rédigé dans un pays non francophone, il doit être bilingue.
Un modèle de certificat sanitaire est disponible sur le site du ministère des Affaires étrangères.
Comme la vaccination antirabique est nécessaire, l'animal doit donc être âgé de plus de 3 mois pour pouvoir entrer sur le territoire français.
De manière générale, il faudra se conformer à la réglementation européenne.
Quelques pays particulièrement stricts
Le Royaume-Uni, l'Irlande, la Suède et Malte
Le Royaume-Uni n'impose plus la rebutante quarantaine de 6 mois, qu'il a remplacée par une réglementation assouplie. Le Programme de voyage des animaux de compagnie (PVAC) ou Pet Travel Scheme reste cependant très strict.
Pour pouvoir entrer au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède et à Malte, attention à bien remplir les conditions suivantes :
- l'animal doit être titulaire d’un passeport ;
- il doit être identifié par micropuce électronique (facultatif pour la Suède) ;
- il doit être vacciné contre la rage (donc avoir plus de 3 mois).
Il faut en outre présenter aux autorités britanniques les documents suivants :
- un certificat de vaccination antirabique ;
- un titrage des anticorps antirabiques au moins égal à 0,5 ul/ml ;
- un certificat de traitement antiparasitaire (contre les tiques et l’échinococcose) signé par le vétérinaire ;
- pour le Royaume-Uni, un certificat « Pet Travel Scheme » signé par un vétérinaire agréé ;
- pour le Royaume-Uni, une « déclaration de résidence » attestant que l'animal n'est pas entré dans un pays ne participant pas au PVAC dans les 6 mois précédant le déplacement au Royaume-Uni.
Pour plus de précisions, consulter le site de site de l'ambassade de Grande-Bretagne en France.
Les pays pratiquant la quarantaine
Certains pays n'ont pas renoncé à la quarantaine : c'est le cas notamment du Japon (de 12 h à 14 jours), de l'Australie (de 30 à 120 jours), de la Nouvelle-Zélande (de 30 à 180 jours). La Nouvelle-Calédonie, bien qu’elle soit une collectivité territoriale rattachée à la France, impose elle aussi une quarantaine de 1 à 6 mois.
Le Mexique impose quant à lui une quarantaine à domicile pendant 40 jours, ce qui peut être contraignant pour votre chien. À l’arrivée au Mexique, un vétérinaire assure un suivi de quarantaine.
Inutile donc d’emmener votre animal en Australie ou en Nouvelle-Zélande pour 15 jours de vacances ! Sachez par ailleurs que les frais de quarantaine sont à votre charge.
Le passeport européen pour les animaux de compagnie
Le Parlement et le Conseil de l'Union européenne ont adopté une nouvelle réglementation en 2004. Dans le cadre d’une harmonisation de la réglementation des mouvements des animaux de compagnie au sein de l'Union, ceux-ci doivent présenter leur passeport européen ! Ce document remplace tous les documents utilisés jusqu’à présent. Il mentionne l’identification et la description de l’animal, toutes les mentions sanitaires requises, le nom et l’adresse du propriétaire.
Selon cette réglementation, tout chien, chat ou furet (« carnivore domestique », une fois encore) voyageant dans l’Union européenne doit être âgé de plus de 3 mois, identifié par micropuce, vacciné contre la rage et titulaire d’un passeport européen rempli par un vétérinaire agréé. On le répète, l’identification par tatouage sera admise jusqu’au 2 juillet 2011 inclus ; à partir du 3 juillet 2011, seule l’identification par micropuce électronique sera valable.
Ces conditions sont valables dans l’Union européenne à l’exception du Royaume-Uni, de l’Irlande, de la Suède et de Malte qui, comme on l’a vu plus haut, conservent une réglementation spécifique (titrage antirabique précis, traitement contre les tiques et l’echinococcose).
Enfin, votre lézard, votre grenouille, votre canari ou votre cochon d'Inde n'auront probablement besoin que d'un certificat de bonne santé. Vive l'ouverture des frontières !
Les assurances
Ne jouons pas les oiseaux de mauvais augure, mais on n'est jamais à l'abri d'un pépin, et loin de chez soi, les choses deviennent vite plus compliquées.
Mistigri s'est fait les griffes sur la banquette arrière du taxi ?
Pensez à prévenir votre assureur habituel que vous emmenez votre compagnon en voyage. S’il venait à causer des dégâts matériels, les frais pourraient alors être couverts par une assurance multirisques.
Brutus s'est enfoncé une épine d'oursin dans le coussinet ?
Les animaux aussi ont leur sécurité sociale ! Il existe des assurances qui prennent en charge les frais vétérinaires de votre animal, qu'il s'agisse des soins pour une maladie ou d’actes chirurgicaux. Certaines proposent également un forfait pour la prise en charge du coût des vaccinations. Par ailleurs, certaines assurances peuvent financer un rapatriement en cas de problème grave.
Les lieux de séjour
Hébergement pour tous les animaux
Avant de partir, assurez-vous que votre animal sera bien accepté sur votre lieu de villégiature. Le mieux est de demander directement à l'hôtel, au camping ou au propriétaire s'ils autorisent sa présence, et si oui, sous quelles conditions. Il se peut que seuls les petits animaux soient acceptés : votre saint-bernard risque d'être plus difficile à loger qu'un caniche… Vous pouvez également appeler les offices du tourisme, qui recensent souvent les établissements accueillant les animaux.
Hébergement pour les chiens d’assistance
Si d'après la loi française, ils sont autorisés dans tous les hôtels, centres de vacances et restaurants, ce n'est pas toujours le cas à l'étranger. N'hésitez pas à appeler l'ambassade ou l'office du tourisme du pays où vous comptez vous rendre : ils vous indiqueront les établissements qui acceptent les animaux.
L’accès aux plages
Si vous partez au bord de la mer, n'oubliez pas que de nombreuses plages sont interdites aux animaux, que leur accès est souvent réglementé ou limité (accès toléré dans une zone donnée ou soumis à des horaires). Dans tous les cas, votre chien devra toujours être tenu en laisse et la baignade lui sera souvent interdite. En cas d’infraction, vous risquez une amende de 11 € environ, parfois plus dans certaines communes. Celles-ci fixent le montant de l’amende par arrêté municipal. Renseignez-vous donc auprès des mairies.
On en profite pour conseiller de rincer votre animal à l’eau douce au retour de la plage, le sable pouvant irriter son pelage.
Pour vous aider à y voir plus clair, la SPA et Maison facile ont mis en ligne des listes non exhaustives de plages acceptant les baigneurs à quatre pattes. Le site Internet de 30 Millions d’amis répertorie aussi, sur une carte interactive, les hôtels et campings pouvant accueillir votre animal et les plages auxquelles il peut accéder (avec les éventuels horaires d’accès).
Dans les bagages
Un voyage peut être stressant, voire angoissant pour votre compagnon. De même que les animaux à deux pattes que nous sommes, il peut également avoir le mal des transports. Vous pourrez l'apaiser en lui administrant des médicaments homéopathiques avant le départ.
Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire sur les médicaments à administrer pendant les jours précédant le départ et le jour J contre l'excitation et l’anxiété, et pour prévenir les vomissements.
Si les médecines douces ne vous séduisent pas, surtout n'administrez pas de médicaments allopathiques à votre animal comme vous le feriez pour vous-même ! Il risquerait de très mal le supporter. Seul votre vétérinaire est habilité à vous prescrire le calmant ou l'anti-nauséeux qui conviendra le mieux à votre compagnon.
L'arrivée dans un lieu inconnu ne devrait pas être pour votre animal un traumatisme insurmontable. Au contraire, c'est un nouveau territoire à explorer ! Cependant, vous pouvez l'aider à trouver ses repères plus rapidement en emportant avec vous ses objets familiers : panier, couverture, écuelle, jouets, etc.
Pour les plus prudents, et parce que tout peut arriver à l’autre bout du monde comme à la maison, une trousse de secours peut contenir :
- un produit antiseptique ;
- des compresses ;
- un insecticide en cas d’attaque de parasites ;
- des antidiarrhéiques ou laxatifs ;
- un thermomètre ;
- des ciseaux à bouts ronds pour couper les poils salis ou abîmés ;
- si vous voyagez dans une région habitée par les serpents, un sérum antivenimeux à administrer par voie sous-cutanée ; seul problème, et il est de taille : ce produit se conserve au frais.
Le voyage des animaux d'assistance
Certains pays assouplissent les restrictions à l'entrée sur leur territoire dans le cas des animaux d'assistance. Il s’agit des chiens guides des personnes atteintes d'un handicap sensoriel (cécité ou surdité partielle ou complète), des chiens dits d'assistance ou d'accompagnement pour les personnes handicapées-moteur.
Il s'agit généralement de chiens très dociles : labrador, golden retriever ou berger allemand. Ils sont homologués et dressés dans des centres spécialisés (ANECAH, FFAC…).
Le Canada exempte ainsi les chiens guides des formalités imposées à leurs congénères, à condition qu'ils entrent sur le territoire en même temps que leur maître.
Mais n'oubliez pas cependant que votre chien d’assistance est avant tout un chien ! Pour faciliter son acceptation à l'étranger et pour sa sécurité, veillez à le faire identifier et vacciner avant le départ.