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Le paludimeLe Paludisme

Prévention et traitement

La prévention

La gravité du paludisme justifie des mesures de prévention. Avant tout départ dans un pays contaminé, vous devez vous renseigner sur le risque paludéen et employer un traitement adapté.
La plupart du temps, il doit démarrer avant le départ. Aucun moyen préventif n'assure à lui seul une protection totale. Il est impératif d'associer traitement chimioprophylaxique et protection contre les piqûres de moustiques !

Attention !
Sauf raison impérieuse, un enfant en bas âge ou une femme enceinte ne devraient pas voyager en zone impaludée. Le paludisme chez une femme enceinte est dramatique pour le fœtus et beaucoup de médicaments anti-paludéens sont interdits pendant la grossesse.

Il est impératif de limiter les possibilités de se faire piquer par les moustiques :

  1. Porter, dès la tombée de la nuit, des vêtements qui protègent tout le corps, y compris les bras et les jambes. Les vêtements doivent être enduits d'insecticides.
  2. Utiliser des répulsifs pour la peau et les vêtements (que vous trouverez en pharmacie) entre le coucher du soleil et l’aube.
  3. Utiliser une moustiquaire imprégnée de répulsif.

Les traitements

Prise d’une chimioprophylaxie (traitement préventif):

La chimioprophylaxie est un traitement préventif basé sur la prise d'un médicament à faible dose qui est variable en fonction :

  • Du pays visité (et même de la région dans le pays).
  • De la saison à laquelle s'effectue le voyage.
  • De la durée et des circonstances du séjour.
  • De l'intensité de la transmission ainsi que de l'âge et du poids du voyageur.
  • Des antécédents médicaux personnels.
  • Du respect des contre-indications médicales.

Le traitement ne peut être prescrit que par un médecin. Il commence la veille du départ en zone infestée,se prend durant toute la durée du séjour et doit impérativement être poursuivi une semaine après le retour.

Le traitement préventif a pour but de prévenir les crises. Il n’empêche pas l’impaludation, car, depuis plusieurs années, le parasite développe de plus en plus de résistance. Si vous voyagez loin d'infrastructures sanitaires adaptées, il est prudent de partir avec un médicament curatif contre la crise paludique, en cas d'accès fébrile.

Voici le schéma thérapeutique préventif (chimioprophylaxie) recommandé pour les séjours dans les pays impaludés :

Pays du groupe I : zone sans chloroquinorésistance :
Chloroquine (Nivaquine®), un comprimé chaque jour (il est possible aussi de prendre Nivaquine® 300 : un comprimé deux fois par semaine) pour une personne pesant au moins 50 kilogrammes. Le traitement est à débuter le jour de l'arrivée dans le pays à risque et doit être poursuivi pendant 4 semaines après le retour.

Pays du groupe II : zone de chloroquinorésistance :
Chloroquine (Nivaquine®100), un comprimé chaque jour et proguanil (Paludrine®100), deux comprimés chaque jour, en une seule prise au cours d'un repas ou l'association chloroquine-proguanil (Savarine®), un comprimé par jour, pour une personne pesant au moins 50 kilogrammes. Le traitement est à débuter le jour de l'arrivée dans le pays à risque et doit être poursuivi pendant 4 semaines après le retour.
L'association atovaquone-proguanil (Malarone®) peut être conseillée en alternative à l'association chloroquine-proguanil. Posologie : un comprimé (atovaquone 250 mg + proguanil 100 mg) par jour, chez les personnes pesant au moins 40 kg. Le traitement est à débuter le jour de l'arrivée dans le pays à risque et doit être poursuivi une semaine après le retour. Le retour : la durée d'administration continue de l'atovaquone-proguanil dans cette indication devra être limitée à trois mois, faute de disposer à ce jour d'un recul suffisant en traitement prolongé.

Pays du groupe III : zone de prévalence élevée de chloroquinorésistance ou de multirésistance

Méfloquine (Lariam®250) : un comprimé une fois par semaine pour une personne pesant au moins 50 kg. Le traitement devra être commencé au moins 10 jours avant le départ et poursuivi pendant trois semaines après le retour. L'association atovaquone-proguanil (Malarone®) peut être conseillé en alternative à la méfloquine. Posologie : un comprimé (atovaquone 250 mg + proguanil 100 mg) par jour. Le traitement peut être commencé la veille ou le jour du départ et doit être poursuivi une semaine après le retour. Le retour : la durée d'administration continue de l'atovaquone-proguanil dans cette indication devra être limitée à trois mois, faute de disposer à ce jour d'un recul suffisant en traitement prolongé.
La doxycyline (Doxypalu®) peut être conseillée en alternative ou en cas d'intolérance ou de contre-indication à la méfloquine. Posologie : 100mg/jour, en débutant le jour de l'arrivée et en poursuivant quatre semaines après la sortie de la zone à risque. Attention : la doxycyline peut entraîner une photosensibilité cutanée. Elle est contre-indiquée en cas de grossesse et pour les enfants de moins de 8 ans. Le traitement peut être commencé la veille ou le jour du départ, et poursuivi pendant quatre semaines après le retour.

Traitement présomptif

Il existe enfin un autre médicament, l’Halfan, qui s’utilise différemment. On le garde avec soi et on ne le prend que pour traiter en urgence un accès palustre certain ou supposé (fièvre) : 2 comprimés, puis 2 autres 6-8 h plus tard, puis 2 autres 6-8 h après, une dernière fois.
Ce traitement dit " présomptif " peut être proposé. Il doit demeurer exceptionnel et doit être l'application de la prescription d'un médecin consulté avant l'exposition. L'Halfan peut être prescrit sous les réserves expresses suivantes :

-Avant de le prescrire, le médecin doit s’assurer par l’interrogatoire et par un électrocardiogramme que le voyageur est indemne de certains troubles cardiaques très précis ;

- L’Halfan est interdit si on a pris du Lariam au cours du dernier mois ;

- L’autotraitement ne doit être effectué que lorsqu’il s’avère impossible de consulter rapidement un médecin (sous 12 h) ;

- En aucun cas, l’autotraitement ne sera effectué pendant la première semaine passée en zone palustre car, avant 7 jours, il ne peut pas s’agir d’un paludisme
.

L'utilisation d'antipaludiques achetés hors de France n'est pas conseillée, car potentiellement à risque en raison d'un grand nombre de contrefaçons circulant dans les pays en développement.

Les contre-indications :
Sachez que les traitements anti-paludéens présentent des contre-indications, et peuvent provoquer des effets secondaires indésirables. Le Lariam, par exemple, pourra avoir tendance à vous déprimer. De nombreuses personnes se plaignent également de troubles intestinaux. Les médecins reconnaissent que tous les médicaments prescrits, à base de quinine, ont des effets secondaires lourds.

La guérison du paludisme

Malgré le problème de la résistance aux médicaments, le paludisme est une maladie guérissable et n'est pas un fléau inévitable. Lorsque les traitements sont effectués de manière appropriée et lorsque la maladie est prise en charge rapidement, la guérison est possible.

Le droit à une prise en charge est un droit fondamental des populations touchées, et des services devraient être disponibles partout où le paludisme existe. Les enfants et les femmes enceintes pour lesquels le paludisme a les effets les plus graves, doivent faire l'objet de mesures particulières.


La problématique d’un vaccin antipaludéen

Une des difficultés majeures dans la mise au point d'un vaccin contre ce parasite est, qu'au cours de sa vie, il passe successivement par plusieurs stades avec des phases d'intense multiplication asexuée chez l'homme (dans le foie, puis dans le sang) et une phase de reproduction sexuée suivie de multiplication, chez l'insecte. Chaque stade se termine par la libération d'un parasite d'une forme différente. Pour plus d'informations, consultez le site de l'Institut Pasteur.

En matière de recherche d'un vaccin antipaludique, des progrès considérables ont été faits au cours de la dernière décennie. Un vaccin efficace contre cette maladie serait une arme bienvenue dans la lutte contre le paludisme. Plus de douze prototypes de vaccin sont actuellement à l'étude ; certains en sont à la phase d'essai clinique. L'OMS espère qu'un vaccin efficace pourra être disponible d'ici sept à quinze ans.



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