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Prise
d’une chimioprophylaxie (traitement préventif):
La
chimioprophylaxie est un traitement préventif basé sur la
prise d'un médicament à faible dose qui est variable en
fonction :
- Du
pays visité (et même de la région dans le pays).
- De
la saison à laquelle s'effectue le voyage.
- De
la durée et des circonstances du séjour.
- Des
antécédents médicaux personnel.
- Du
respect des contre-indications médicales.
Le
traitement ne peut être prescrit que par un médecin.
Il se prend durant toute la durée du séjour et doit impérativement
être poursuivi 4 semaines après le retour.
Le
traitement préventif a pour but de prévenir les crises.
Il n’empêche pas l’impaludation, car, depuis plusieurs années,
le parasite développe de plus en plus de résistance. Si
vous voyagez loin d'infrastructures sanitaires adaptées, il est
prudent de partir avec un médicament curatif contre la crise paludique,
en cas d'accès fébrile.
Voici le
schéma thérapeutique préventif (chimioprophylaxie)
recommandé pour les séjours dans les pays impaludés
:
Pays du groupe I : zone sans chloroquinorésistance
:
Chloroquine (Nivaquine®), un comprimé chaque jour
(il est possible aussi de prendre Nivaquine® 300 : un comprimé
deux fois par semaine) pour une personne pesant au moins 50 kilogrammes.
Le traitement peut être commencé la veille ou le jour du
départ et doit être poursuivi pendant 4 semaines après
le retour.
Pays du groupe II : zone de chloroquinorésistance
:
Chloroquine (Nivaquine®100), un comprimé chaque jour
et proguanil (Paludrine®100), deux comprimés chaque
jour, en une seule prise au cours d'un repas ou l'association chloroquine-proguanil
(Savarine®), un comprimé par jour, pour une personne pesant
au moins 50 kilogrammes. Le traitement peut être commencé
la veille ou le jour du départ et doit être poursuivi pendant
4 semaines après le retour.
L'association atovaquone-proguanil (Malarone®) peut être
conseillée en alternative à l'association chloroquine-proguanil.
Posologie : un comprimé (atovaquone 250 mg + proguanil
100 mg) par jour, chez les personnes pesant au moins 40 kg. Le traitement
peut être commencé la veille ou le jour du départ
et doit être poursuivi une semaine après le retour. Le
retour : la durée d'administration continue de l'atovaquone-proguanil
dans cette indication devra être limitée à trois
mois, faute de disposer à ce jour d'un recul suffisant en traitement
prolongé.
Pays du groupe III : zone de prévalence
élevée de chloroquinorésistance ou de multirésistance
Méfloquine
(Lariam®250) : un comprimé une fois par semaine pour une
personne pesant au moins 50 kg. Le traitement devra être commencé
de préférence 10 jours avant le départ et poursuivi
pendant trois semaines après le retour. L'association atovaquone-proguanil
(Malarone®) peut être conseillé en alternative à
la méfloquine. Posologie : un comprimé (atovaquone
250 mg + proguanil 100 mg) par jour. Le traitement peut être commencé
la veille ou le jour du départ et doit être poursuivi une
semaine après le retour. Le retour : la durée d'administration
continue de l'atovaquone-proguanil dans cette indication devra être
limitée à trois mois, faute de disposer à ce jour
d'un recul suffisant en traitement prolongé.
La doxycyline (Doxypalu®) peut être conseillée
en alternative ou en cas d'intolérance ou de contre-indication
à la méfloquine. Posologie : 100mg/jour, en débutant
la veille du départ et en poursuivant quatre semaines après
la sortie de la zone à risque. Attention : la doxycyline peut
entraîner une photosensibilité cutanée. Elle est
contre-indiquée en cas de grossesse et pour les enfants de moins
de 8 ans. Le traitement peut être commencé la veille ou
le jour du départ, et poursuivi pendant quatre semaines après
le retour.
Il existe
enfin un autre médicament, l’Halfan, qui s’utilise différemment.
On le garde avec soi et on ne le prend que pour traiter en urgence un
accès palustre certain ou supposé (fièvre) :
2 comprimés, puis 2 autres 6-8 h plus tard, puis
2 autres 6-8 h après, une dernière fois. Ce
traitement dit " présomptif " peut être
proposé, mais sous les réserves expresses suivantes :
Avant de le prescrire, le médecin doit s’assurer par l’interrogatoire
et par un électrocardiogramme que le voyageur est indemne de
certains troubles cardiaques très précis ;
L’Halfan est interdit si on a pris du Lariam au cours du dernier mois ;
L’autotraitement ne doit être effectué que lorsqu’il s’avère
impossible de consulter rapidement un médecin (sous 24 h) ;
En aucun cas, l’autotraitement ne sera effectué pendant la première
semaine passée en zone palustre car, avant 7 jours, il ne
peut pas s’agir d’un paludisme.
Les
contre-indications :
Sachez
que les traitements anti-paludéens présentent des contre-indications,
et peuvent provoquer des effets secondaires indésirables. Le Lariam, par
exemple, pourra avoir tendance à vous déprimer. De nombreuses personnes
se plaignent également de troubles intestinaux. Les médecins reconnaissent
que tous les médicaments prescrits, à base de quinine, ont des effets
secondaires lourds.
Le
dernier-né des antipaludéens : le dihydro-artemisinine
Le dihydro-artemisinine est extrait de l' Artemisia annua, une
plante médicinale chinoise qui existe aussi en Tanzanie. Réputé
pour avoir le plus fort taux de guérison du paludisme, ce médicament
va être fabriqué et produit à des fins commerciales
par la Tanzanie, avec le soutien de l'Organisation mondiale de la santé
(OMS). Outre son coût modeste, l'artemisinine, lorsqu'elle est associée
à d'autres médicaments anti-paludéens efficaces,
est prise sur trois jours contrairement aux autres traitements qui se
font sur une semaine. Par ailleurs, le dihydro-artemisinine est le seul
médicament anti-paludéen connu pour lequel le Plasmodium
falciparum, le parasite mortel du paludisme, n'a pas encore développé
de résistance.
La
guérison du paludisme
Malgré
le problème de la résistance aux médicaments, le
paludisme est une maladie guérissable et n'est pas un fléau
inévitable. Lorsque les traitements sont effectués de manière
appropriée et lorsque la maladie est prise en charge rapidement,
la guérison est possible.
Le
droit à une prise en charge est un droit fondamental des populations
touchées, et des services devraient être disponibles partout
où le paludisme existe. Les enfants et les femmes enceintes pour
lesquels le paludisme a les effets les plus graves, doivent faire l'objet
de mesures particulières.
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