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1.
Pourquoi trekker (alors qu'on pourrait tranquillement rester chez soi)
?
Si
vous êtes accro à la vitesse, inséparable de votre Palm Pilot ou maniaque
de la propreté jusqu'à prendre deux bains par jour, autant le savoir ,
vous ne faites sans doute pas partie de ceux qui s'éclatent en trek. Car,
quand on trekke, on ne raisonne plus en kilomètres parcourus, mais en
heures de marche ou en mètres de dénivelée. C'est un monde de lenteur,
dans lequel l'expression " perdre son temps " n'a plus de sens. Rien ne
s'y obtient sans effort, ni le paysage de vos rêves, ni le repas du soir.
Sans être non plus complètement maso, il faut donc renoncer à la facilité
et à l'immédiateté, en sachant que la récompense prend une saveur décuplée
! Le trek est le monde des valeurs retrouvées.
Évidemment,
il faut aimer la nature et sa préservation. Certaines agences comme Atalante
ont développé une véritable charte éthique, selon laquelle les trekkeurs
" ont une responsabilité vis-à-vis de l'environnement ". Plus question
de considérer la nature comme son jardin ou son terrain de sport personnel,
au contraire : le trekkeur n'est plus qu'un invité qui a intérêt à se
faire tout petit. Ne nous plaignons pas de cette prise de conscience,
qui permettra peut-être un jour de ne plus trouver de bouteilles de pinard
au détour des sentiers !
Foncez sur le site
de la Fédération française de Randonnée pédestre et pour un
topo détaillé de l'éthique du trekkeur (seulement pour les anglophones)
visitez l'excellent www.tourismconcern.org.uk
2.
Qui peut trekker ?
" Moi, faire
du trekking ? J'ai pas le niveau ! " Combien de fois avons-nous entendu
ça ! Nous rappelons bien haut : il n'est pas nécessaire de s'appeler Rambo
pour s'aventurer sur les chemins du trek. Il suffit juste de jouir d'une
bonne condition physique générale. Ce qui ne signifie pas non plus qu'on
doive se lancer du jour au lendemain dans trois semaines de trek sur le
GR 20 corse ! Marcher est une chose, marcher pendant plusieurs jours avec
une charge sur le dos en est une autre. Le trekking, c'est comme le reste,
il faut y aller progressivement.
Mais le physique est presque accessoire. L'essentiel se joue… dans la
tête ! Une montagne de muscles ne parviendra pas forcément au bout du
chemin, mais celui qui fait preuve d'endurance et de patience y arrivera
toujours. La ténacité, la volonté, voilà les vraies armes pour affronter
les difficultés du trek.
3.
Où trekker ?
-
La montagne : dans le petit monde
des trekkeurs, il est d'usage de dire que l'Atlas marocain et l'Himalaya
népalais sont des " musts ". Pour des raisons bien compréhensibles : l'Atlas
marocain offre des possibilités quasi infinies en basse, moyenne et haute
montagne, avec un point culminant à 4 165 m, le mont Toubkal. L'Himalaya,
quant à lui, réunit les montagnes les plus hautes du monde, et permet
cependant des treks relativement faciles (comme le magnifique tour des
Annapurnas). À noter que la popularité des Andes péruviennes grimpe en
flèche, et que Huaráz, au pied de la Cordillère blanche, est en train
de devenir la Katmandou de l'Amérique latine. Va-t-on passer pour des
chauvins si on mentionne nos bonnes vieilles Alpes ? À trois heures de
Paris en TGV, rien ne vaut le tour du massif du Queyras !
- Les
déserts chauds : tout près de chez nous, il y a aussi le roi
des déserts, le Sahara. Malheureusement, les événements politiques de
ces dernières années ont rendu peu accessible sa partie la plus belle,
le Sud algérien. Consolons-nous en empruntant les accès tunisiens et marocains,
moins variés, mais plus sûrs. Ceux qui ont davantage de temps peuvent
pousser jusqu'au désert du Ténéré, au Niger, et, encore plus au sud, jusqu'à
celui de Namibie, dont les dunes de sable rouge sont les plus hautes du
monde.
- Les
jungles : la reine des forêts équatoriales reste l'Amazonie.
Si vous estimez que son versant brésilien est aujourd'hui " has been ",
n'hésitez pas à l'aborder par l'Équateur, la Bolivie ou le Pérou. Moins
connue mais tout aussi belle, la forêt indonésienne est immense et plus
préservée.
- Les
terres polaires : on pourrait vous envoyer vers l'Antarctique
ou la Sibérie, mais notre but n'est pas de nous débarrasser à jamais de
nos lecteurs. Même si quelques agences commencent à s'y aventurer (à des
prix prohibitifs), ces espaces restent sauvages au-delà de toute limite,
et finalement, c'est tant mieux. Le Grand Nord canadien est bien plus
accessible : voici un pays dont on dirait qu'il a été conçu pour le trekking
! Cartes, refuges gardés, parcs nationaux, mentalités, tout y est !
Et le mieux
pour se donner envie de partir, c'est encore de lire les récits de ceux
qui nous ont précédés sur www.trekmag.com
: un très bon site pour consulter des carnets de voyage, voire pour publier
le sien en ligne.
4.
Quand trekker ?
Quelques
conseils de bon sens : évitez la mousson en jungle, le plein été dans
les déserts, l'hiver polaire dans les terres boréales. En montagne, préférez
les saisons intermédiaires pour l'observation de la faune et de la flore.
Attention aux saisons qui s'inversent dans l'hémisphère Sud. Et si on
ajoute à ça les perturbations engendrées par le phénomène météorologique
El Niño, on n'y comprend plus rien ! Le mieux est de bien se renseigner
avant le départ auprès des offices de tourisme, services météo, maisons
des guides, etc.
À lire absolument
avant de partir (où que ce soit) : Saisons et climats 2003, Éditions
Hachette Tourisme : plus de 50 000 données climatiques dans le monde entier.
Infos
utiles
- Office de tourisme marocain : 161, ave. Saint-Honoré, 75001 Paris, tél.
: 01-42-60-63-50.
- Commission canadienne du tourisme : 35, ave. Montaigne, 75008 Paris,
tél. : 01-44-43-25-07.
- Ambassade du Pérou : 50, ave. Kléber, 75116 Paris, tél. : 01-53-70-42-00.
- Ambassade du Népal : 45 bis, rue des Acacias, 75017 Paris, tél. : 01-46-22-48-67.
- Ambassade du Brésil : 34, cours Albert Ier, 75008 Paris, tél. : 01-45-61-63-00.
5.
Avec qui trekker ?
- Seul
: le trek, c'est comme la plongée sous-marine, on ne part jamais seul.
Mais si certains s'obstinent, sachez que marcher seul en pleine nature
nécessite de savoir s'orienter (lire correctement une carte, utiliser
une boussole ou un GPS n'est pas donné à tout le monde) ou de très bien
connaître la zone de trek afin de ne pas se perdre, de repérer les points
d'eau et de ravitaillement.
- Avec
une agence : parmi les principales " généralistes " : Terres
d'Aventure, Allibert, Atalante, Club Aventure, La Balaguère, Zig Zag,
etc. Certaines sont spécialisées sur des zones particulières : 66° Nord
pour les terres polaires, Tamera pour les déserts, Voyages d'Aventure
pour les jungles.
- Le
mieux est encore de prendre un guide
local sur place. C'est moins cher qu'une agence, c'est plus
" éthique " (aucun intermédiaire dans le paiement), c'est plus sécurisant
qu'un trek en solitaire (un touareg saura toujours mieux qu'un GPS où
se trouve le prochain point d'eau), cela vous permet de faire une rencontre
et de côtoyer les coutumes locales, et enfin, personne ne déchiffrera
la nature mieux qu'un guide. Unique inconvénient de cette solution : faire
confiance à un inconnu…
7.
Avec quoi trekker ?
-
Que faut-il emporter ?
Le trekking est l'art de l'équilibre impossible entre porter le moins
de choses possible sur le dos et avoir le plus de choses possible à portée
de main ! Ah, les transpirations à grosses gouttes et les crises d'angoisse
au moment de faire son sac ! Même si les fabricants construisent de plus
en plus léger, un sac devient vite lourd. Globalement, il y a les incontournables
(duvet, chaussures rigides à semelles anti-dérapantes, laine polaire,
veste imperméable et respirante de type Gore-tex, gourde métallique et
pastilles de désinfection de l'eau, trousse à pharmacie, couteau, boussole)
; et il y a les accessoires (bâtons télescopiques, gourde avec tuyau type
platypus, pantalon zippable, lampe frontale…). Les campeurs et les photographes
doivent évidemment prévoir tout un matériel spécifique.
Pour ceux qui veulent faire leur marché on the web, consultez l'adresse
abm.fr/pratique/equip.html,
et squattez les sites des grandes marques de trek :
www.eider-world.net
www.lafuma.fr
www.lowealpine.fr
www.au-vieux-campeur.fr
www.millet.fr
www.patagonia.com
www.columbia.com
- Comment
l'emporter ?
Il
ne suffit pas d'empiler vos affaires les unes sur les autres dans votre
sac. Répartir le poids est aussi important que de le limiter. Tout ce
qui est lourd va au fond du sac ; plus le poids est en bas, moins il vous
entraîne en arrière et plus il repose au niveau de la ceinture. Naturellement,
ce principe entre en contradiction avec la nécessité d'avoir sous la main
la gourde, la Gore-tex, la tablette de chocolat, le pull… On n'a jamais
dit que le trekking était simple !
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