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Culture Venezuela

Carrefour culturel

L’histoire a fait du Venezuela un véritable carrefour humain. Environ 2 % des Vénézuéliens sont autochtones. Ils habitent les plateaux de la Guyane et dans les forêts tropicales, ainsi qu’à l’ouest du lac Maracaibo. Les descendants des esclaves africains représentent environ 9 % de la population et vivent surtout le long des côtes et dans les villes portuaires. On s’accorde à penser que la plupart des esclaves qui furent amenés de force dans les plantations de cacao étaient d’origine bantu, yoruba et mandingo. Les Blancs, descendants des colons ou immigrés plus ou moins récents (Amérique latine et centrale, Français, Italiens, Allemands), habitent pour la plupart les grands centres urbains.
Le boom économique du Venezuela dans les années 1970 attira beaucoup de monde, notamment de Colombie. En fait, on évalue qu’un Vénézuélien sur six serait né à l’étranger ! Les métis, aux origines diverses représentent 70 % de la population.
Au-delà des différences ethniques, le Vénézuélien des villes n’a pas grand-chose en commun avec le Llanero, cow-boy solitaire des Llanos, pas plus qu’avec l’Amérindien d’Amazonie, ou encore le pêcheur des côtes caribéennes. Cette grande diversité culturelle enrichit bien évidemment les arts et le mode de vie.

Architecture

Étant donné que les colons ne pensaient pas pouvoir tirer de grandes richesses du Venezuela, on ne trouve pas ici d’édifices grandioses comme en Colombie ou au Pérou.
Les églises furent construites de manière plutôt sobre et les maisons dans un style rappelant l’Andalousie. Ce n’est que dans les dernières années de l’époque coloniale que de grandes villas furent érigées pour refléter la richesse de leurs propriétaires. On en trouve quelques exemples ici et là.
La ville de Coro notamment, dans l’État du Falcón, a été inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en raison des nombreuses maisons coloniales qui parent ses rues. Dans les années 1870, Guzman Blanco lance le premier plan de modernisation de Caracas. Apparaissent dans la capitale les édifices monumentaux guzmancistas tels que le Panteón Nacional, le Capitolio et le théâtre municipal.
À la grande époque de l’or noir, de nombreux quartiers historiques ont été détruits sans remords pour être remplacés par des constructions modernes. Caracas possède toutefois encore un centre historique digne de ce nom. Voir notamment la maison de Simón Bolívar, dite la Casa natale.
Le centre historique de Maracaibo vaut également le détour, ainsi que quelques-uns de ses petits quartiers populaires très colorés et son immense pont General Rafael Urdaneta (8,6 km), qui traverse le lac et relie la ville au reste du pays. On notera également son bel édifice Art déco, le Centro de arte de Maracaibo (1928).
Le routard accoutumé aux splendeurs architecturales d’autres pays d’Amérique latine sera peut-être quelque peu déçu, mais la nature compensera !

Arts plastiques

Deux peintres notables vécurent du temps des colons : Juan Perdo Lopez et Vicente Rodríguez. À l’époque de l’indépendance, la peinture académique est à son apogée. On retiendra les œuvres néoclassiques et préromantiques de Juan Lovera (1778-1841). Le XXe siècle sera celui d’Armando Reveron et de Jésus Rafael Soto. Armando Reveron (1889-1954) est le premier peintre vénézuélien à développer sa propre méthode, recherchant des matériaux différents pour peindre paysages et modèles en explorant les tonalités de bleu, blanc et sépia.
Jésus Rafael Soto (1923-2005), un des plus importants exposants de l’art cinétique (qui produisent une illusion optique), a, entre autres, décoré la Ciudad universitaria de Caracas. Mondialement reconnu, il s’est éteint à Paris.
Du côté de la sculpture, on citera Eva Lote et Esteban Toth, ainsi que les sculpteurs de l’abstraction : Grego et Floris.

Littérature

La littérature vénézuélienne a connu un essor plutôt tardif. La première œuvre notable s’intitule Historia de la conquista y población de la provincia de Venezuela (Histoire de la conquête et du peuplement de la province du Venezuela), écrite par José Oviedo y Baños (1671-1738).
Simón Bolívar (1783-1830) a légué à la postérité une œuvre conséquente de lettres, de discours et de dissertation, ainsi que quelques travaux plus romanesques tels que Delirio sobre el chimborazo. Il était fortement influencé par son ami Andrès Bellos, le premier poète notable de l’histoire du Venezuela (1781-1865).
Andrés Eloy Blanco (1896-1955) est considéré comme le meilleur poète que le Venezuela ait connu, tandis que Rómulo Gallegos (1884-1969) est probablement l’écrivain le plus réputé mondialement (Doña Barbara, publié en Espagne en 1929, fut traduit en douze langues).
Arturo Uslar Pietri (1906-2001), romancier, essayiste et poète de talent, est considéré comme l’un des grands intellectuels du continent latino-américain. Il participa activement à la vie politique de son pays. Il a créé ce qu’on appelle la pensée uslarienne. Pourtant, peu de ses œuvres ont été traduites. À lire tout de même, Les Lances rouges et le recueil de poésie L’Homme que je deviens.

Musique, danse et fêtes

Colons espagnols

Les colons espagnols étaient originaires d’Andalousie pour la plupart. La musique qui émigra avec eux fut donc empreinte d’influences arabes. Dans leurs bagages, ils amenèrent un certain nombre d’instruments, dont la guitare, le tiple (petite guitare à 12 cordes, surtout le long de la frontière colombienne) le violon, le cuarto (petite guitare), la harpe et la bandola (instrument dérivé du luth et proche de la mandoline).

Culture amérindienne

La culture amérindienne est représentée dans la plupart des genres musicaux vénézuéliens, au travers de divers instruments, dont le cameo (tambour), le batuto (sorte de trompette) et les maracas. Les maracas sont de taille plus petite et génèrent un son plus doux que celles de Cuba ou de Puerto Rico. Tandis que les Amérindiens n’utilisent traditionnellement qu’une seule maracas pour accompagner leurs chants, la musique populaire en utilise plutôt deux, de tonalités différentes.

Rythmes africains

Les rythmes africains ont énormément influencé la musique locale. Parmi les diverses percussions, on notera l’énorme tambour en bois appelé mina, tambor grande, cumaco ou burro. Le principal joueur de mina chevauche l’instrument, tandis que trois acolytes accroupis frappent les flancs du tambour à l’aide de bâtons. On le trouve surtout autour de Barlovento (Vargas), sur le littoral à l’est de Caracas. La région est habitée par d’importantes communautés noires (surtout à Curiepe, Birongo, Chuspa, Chirimena, Caruao, La Sabana et Naiguatá). Les minas sont exhibés lors de la chatoyante Fiesta de San Juan (fin juin). La population laisse résonner les tambours, se lance dans une série de danses sensuelles et enfiévrées, le tout bien arrosé.
Même la statue du saint est aspergée de rhum, ce qui lui vaut le surnom de San Juan Borrachero (ivrogne). Ne pas manquer non plus la danse du Diable pendant la fête de Corpus Christi à Naiguata (fin mai, début juin) et l’Entierro de la Sardina, le mercredi des Cendres à la fin du carnaval (nombreux déguisements).
Ces fêtes rappellent assez les traditions vaudoues, candomble et santería, mais sont liées au catholicisme et non aux déités africaines comme c’est le cas en Haïti, au Brésil et à Cuba. On trouve des célébrations similaires autour du lac Maracaibo et dans l’État du Lara.

Joropo

On associe surtout le joropo aux plaines des Llanos, mais il existe dans quasiment tout le pays et varie d’une région à l’autre. Ses origines remontent à l’introduction et à l’assimilation des harpes, cuartos et bandolas espagnols, tandis que les maracas amérindiennes se sont imposées comme instruments d’accompagnement. Le terme « joropo » désigne autant la musique, que les fêtes durant lesquelles il est interprété et la danse qui y est associée.
Autrefois, les joropo étaient d’ailleurs des fêtes populaires où l’on dansait et chantait au son d’instruments à cordes. Ce genre musical peut être considéré comme le plus représentatif de l’identité culturelle vénézuélienne. Il n’est pas rare de tomber sur un groupe de joropo dans la rue. Vous noterez que les spectateurs sont particulièrement attentifs aux paroles et aux prouesses du chanteur (il y a une part d’improvisation polyrythmique et parolière, surtout le long du littoral central) et manifestent leur contentement lorsque celui-ci excelle. On trouve diverses variantes de ce genre : corrido, galerón, golpe, pasaje, etc.
Cheo Hurtado
, originaire des Llanos et virtuose du cuarto, rendit le joropoGurrufio Ensemble célèbre et rejoindra également le group pop célèbre avec son groupe Un Solo Pueblo, combinant joropo et rythmes africains.

Merengue, calypso et salsa

Le merengue, le calypso et la salsa sont pourtant les genres les plus populaires pour faire danser les foules. Le merengue provient de la République Dominicaine (ses origines remontent au XIXe siècle) et le calypso des îles de Trinidad et Tobago. L’affection des Vénézuéliens pour le merengue et le calypso révèle leur lien et leur proximité avec la culture caribéenne.

Reggaeton

Apprécié par les jeunes Vénézuéliens, le reggaeton même ragga, hip-hop, musiques latines et caraïbéennes.





 

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