Religions
La Turquie moderne est beaucoup moins cosmopolite que ne l'était l'Empire ottoman.
Elle est aussi beaucoup plus petite.
Aujourd'hui, la population
est musulmane à environ 90 %, avec 70% de sunnites. On estime à près de 20 % les alevi
et autres branches hétérodoxes. Les chrétiens, les juifs et autres groupuscules
représentent à peu près 10 %.
- L'islam : doctrine prêchée par Mahomet, l'islam est la résignation à la volonté de Dieu. Elle est consignée dans le Coran. La Turquie restant avant tout un État laïque, le vendredi n'est pas un jour férié. Les restaurants sont ouverts pendant le ramadan, le port de la tenue islamique est interdit pour les hommes, ainsi que pour les femmes dans les administrations et à l'école publique.
- Les alevi : c'est une fraction
considérable de la population turque, estimée à 15 millions de personnes. Cette
minorité religieuse, considérée comme hérétique par la majorité orthodoxe (sunnite), a souvent eu à subir l'ostracisme des traditionalistes.
Les alevi ne reconnaissent pas la succession de Mahomet et se rattachent à l'obédience du sixième imam, Cafar. Il n'y a pas de vérité révélée pour un alevi, le Coran étant considéré comme parole d'homme (de Mahomet). Il peut donc s'interpréter.
Autre particularité marquante : une trinité (Allah, Mahomet, Ali), en complète opposition au dogme sunnite. Les alevi ne se rendent pas à la mosquée, considèrent la femme égale de l'homme et peuvent boire de l'alcool. Ils sont souvent désignés comme « protestants de l'islam », mais, en fait, ils constituent une communauté religieuse à part entière et non une branche de l'islam.
- Le soufisme : les confréries soufies furent interdites par Atatürk
en 1925, mais depuis les années 1950, on assiste à une certaine tolérance. Les
derviches tourneurs, les derviches hurleurs et les bektasi sont les
plus connus.
- Les chrétiens : il est très difficile de faire une estimation
précise du nombre de chrétiens vivant en Turquie, d'autant plus qu'ils sont
divisés en plusieurs dizaines de groupes, dont les rites, voire le dogme, sont
fort différents. Citons les Arméniens, quelques Grecs orthodoxes, les catholiques romains, des Syriens jacobites ou Assyriens.
- Les juifs : leur nombre est estimé à 35 000, dont la plupart vivent à Istanbul. Les séfarades chassés d'Espagne au XIVe siècle, parlent encore le ladino et forment les 90 % de la communauté. Le reste est divisé entre les ashkénazes, marranes et caraïtes.
Savoir-vivre et coutumes
Bonnes manières
L'époque n'est plus aux courbettes obséquieuses des grands vizirs. Mais les Turcs ont gardé un grand sens de la hiérarchie et du respect. Ainsi ne s'adresse-t-on pas à quelqu'un par son nom mais par son prénom, auquel on accole un qualificatif poli ou affectueux. On dit Ayşe Hanım (Mme Ayşe) ou Turgut Bey (M. Turgut). On dit aussi par exemple « sœur » vendeuse (abla) ou « grand frère » boucher (ağabey).
Si, lorsque vous partez, on jette un peu d'eau derrière votre voiture, c'est une manière de vous dire : « On espère que Dieu vous protégera et que vous reviendrez très vite. »
Ne photographiez pas les personnes qui ne le souhaitent pas.
Ne vous étonnez pas de voir des hommes se tenir enlacés dans la rue. Ce n'est pas un signe d'homosexualité, mais une simple manifestation de camaraderie et d'amitié.
Les porte-bonheur (nazar boncuğu)
Si vous avez l'intention d'adresser un compliment, n'oubliez pas d'ajouter maşallah (« que Dieu protège »), car les Turcs sont superstitieux. Cette tradition préislamique date de la nuit des temps. C'est afin de se protéger du mauvais sort que les Turcs se servent de la représentation d'un œil bleu, le boncuk. Vous le remarquerez partout. Ces boncuk, de toutes les tailles, sont fabriqués en grande partie par des gitans de la région d'Izmir à partir de bouteilles de rakı vides.
Il n'est pas rare qu'on porte dans sa poche un morceau d'alun, un mini-Coran ou encore un morceau de branche de jujubier, tous considérés comme protecteurs.
Alaturka, alafranga
Alaturka désigne le mode de vie traditionnel turc, alafranga (= à la française) tout ce qui a été copié sur l'Europe depuis l'Empire ottoman.
À partir du XVIIIe siècle, les étrangers affluent à la cour des sultans. L'Empire déclinant, l'Europe devient à la mode. L'élite se met à parler le français et le Siècle des lumières devient la coqueluche des intellectuels d'Istanbul. Le grand chic est d'être alafranga, tandis que les rétrogrades restent alaturka.
Aujourd'hui, on peut être alaturka en matière de gastronomie et alafranga pour ce qui concerne l'éducation des enfants.
Hospitalité turque
Elle est à juste titre célèbre. Toute situation sera prétexte pour vous rendre service ou vous prouver son amitié. Si vous êtes égaré, rapidement une petite troupe de gens vous aidera. Un commerçant vous offrira un fruit, un autre vous conviera à partager le thé. Cette hospitalité vous conduira souvent jusqu'à la maison, régie par la toute-puissante maîtresse de maison. Cela n'est valable, bien sûr, que dans les campagnes.
- Vous devez vous déchausser avant d'entrer.
- Si vous êtes de sexe masculin et célibataire, il est fort probable, dans les campagnes, que vous ne voyiez pas la maîtresse de maison ; en revanche, votre compagne de voyage sera reçue par elle.
- Il est d'une incroyable grossièreté de se moucher à table.
- Il est impoli de rester plus de 2 jours, même si l'on vous supplie.
- Il est impoli aussi de manquer un repas ou de ne pas goûter d'un plat (ne jamais en reprendre plus de deux fois).
- Vous devrez rendre la politesse en France, ou au moins envoyer un cadeau ou des photos.