Artisanat
C’est LE pays du petit commerce : si vous demandez à un Turc son métier, il y a de grandes chances pour qu'il vous réponde : « commerçant ».
- Les tapis : Il existe quatre différents types de tissage,
tous faits à la main : le kilim, le cicim (djidjim), le sumak (soumak)
et le hali (tapis au point noué).
- Le narghilé (nargile) : si vous voulez rapporter
un narghilé pour décorer, prenez n'importe lequel. Si vous en voulez un pour
fumer, refusez les tuyaux en plastique qui risquent de se percer et prenez-en
un dont le vase d'eau est transparent : on voit mieux où se trouve la fumée
et c'est plus facile au début.
- Les pipes en écume de mer : Comme son nom ne l'indique pas, cette écume de mer se trouve dans le sous-sol d'Asie Mineure. Les pipes sont faites à Eskisehir, à 240 km d'Ankara. On peut voir les artisans au travail en cherchant bien... mais la ville, en elle-même, n'est pas très intéressante.
- L'onyx : les vraies fabriques d'objets en onyx (qui, d'ailleurs, ne vendent pas au détail) sont à Ankara et à Kirsehir et Hacibektas en Cappadoce.
- Les épices : les acheter au Bazar Égyptien à Istanbul : Aci
biber, piment rouge très fort, en poudre ; Tatli biber, piment rouge
doux en poudre ; Yaprak biber, piment rouge concassé ; Sumak,
épice violette en poudre plus ou moins fine, provenant d’une racine ; Kimyon
: c'est le cumin bien connu. Le vrai safran est constitué par le
seul stigmate prélevé sur la fleur d'une variété de crocus.
- Les cuivres : partout en Turquie, vous découvrirez de beaux
objets en cuivre travaillés, comme autrefois à la main. Originaires de Malatya,
dans l'est du pays, vous en verrez beaucoup aussi du côté d’Urfa, de Diyarbakir
et de Gaziantep, ou bien les vieux quartiers de la haute ville d'Ankara, au-dessus
du musée des Civilisations anatoliennes (Anadolu Medeniyetleri Müzesi).
- Les antiquités : leur commerce et leur exportation sont rigoureusement interdits en Turquie. Peine de prison pour l'acheteur, mais aussi pour le vendeur.
- Les poteries et les céramiques : il y a deux centres de poterie
en Turquie, Avanos en Cappadoce et Kütahya près d'Istanbul, où les artisans
produisent des céramiques intéressantes, utilisant des motifs anciens datant
de l'époque ottomane. Les céramiques sont vendues dans toute la Turquie.
- Les instruments de musique : c'est surtout pour les instruments orientaux qu'on s'y intéressera. L'ud (luth oriental), le saz (luth long), le darbuka (tam-tam) et le ney (flûte oblique en roseau utilisée par les derviches). Les cymbales sont également faites à la main et trois marques sont connues mondialement : Istanbul, Bosphorus et Zildjian).
- Les bijoux : les deux principaux centres de fabrication sont Istanbul et la région de Mardin dans l'est du pays. Par tradition, ce sont les Assyriens, les Arméniens et les Juifs qui tiennent toute la chaîne (!), de la fabrication à la distribution.
L'or est de bonne qualité et souvent façonné à la main, ce qui n'existe quasiment plus dans le reste de l'Europe. Il est vendu au poids et tous les jours le cours est dans le journal. Les bijoux en argent ne sont pas aussi répandus.
- Les vêtements : choix considérable de vêtements de toutes sortes à des prix défiant toute concurrence ; principalement en ce qui concerne les vêtements d'été.
Derviches tourneurs (Mevlevi)
Les derviches tourneurs sont des religieux musulmans. Leur nom a pour origine
le mot persan darwich qui signifie “pauvre”. Fondé par le poète mystique
Djaläl al-Dïn al-Rümï (surnommé Mevlana, " notre maître ") au XIIIe
siècle, l'ordre soufi de Mevlevi, appelé communément derviches tourneurs, n'est
présent aujourd'hui que dans deux villes : Konya et Istanbul.
Fêtes, jours fériés
Les fêtes les plus importantes sont celles du Sucre et du Mouton.
- Tous les ans, la fin du ramadan se fête dignement par une fête du Sucre
qui dure 3 jours (Seker Bayrami). La coutume veut qu'on s'habille
de neuf.
- 70 jours après a lieu la fête la plus importante pour les musulmans :
la fête du Sacrifice (Kurban Bayrami) ou fête du
Mouton. Elle commémore le sacrifice d'Abraham qui, s'apprêtant
à offrir son fils à Dieu, vit s'approcher de lui à l'ultime minute un bélier
“envoyé du ciel”, ce qui lui permit d'épargner son fils.
Très nombreuses sont aussi les fêtes traditionnelles ou laïques qui ponctuent la vie du pays et deviennent des jours fériés :
- 1er janvier : Atatürk ayant adopté le calendrier romain.
- 23 avril : fête de la Souveraineté nationale et des Enfants pour commémorer la constitution du gouvernement d'Ankara en 1920.
- 5 et 6 mai : naissance du Printemps. La plus importante
des fêtes traditionnelles. Cet événement se déroule dans les campagnes. À cette
occasion les femmes formulent des vœux, tressent des couronnes et préparent
des offrandes.
- 19 mai : fête de la Jeunesse et du Sport, ainsi que commémoration de l'Appel à la défense de l'unité nationale, par Atatürk à Samsun, le 19 mai 1919. Nombreuses parades.
- 30 août : fête de la Victoire. Celle des Turcs sur les Grecs en 1922.
- 29 octobre : fête de la République proclamée en 1923.
Hammam
On l'appelait autrefois le bain turc. Pas étonnant donc qu'on en trouve
dans presque toutes les villes de Turquie. Le hammam (hamam en turc)
est divisé en deux parties : l’une pour les femmes, l’autre
pour les hommes ; sinon, des horaires différents sont pratiqués
pour les femmes et les hommes dans le même hammam.
Harem
Une institution islamique et un fantasme occidental. Mais la réalité n'était pas toujours aussi fantastique qu'il y paraît. Une véritable discipline militaire régnait au harem d'Istanbul, sous la houlette de la reine-mère, la valide, et du chef des eunuques, l'agha. Même le sultan, ombre de Dieu sur la terre, ne faisait pas tout ce qu'il voulait en son harem.
En arabe, harem signifie interdit, réservé. Cette partie du palais était
strictement interdite aux hommes, à l'exception du sultan. L'institution n'a
pris fin qu'en 1909 quand le sultan Abdulhamit II a été déposé.
Les religions
La Turquie moderne est beaucoup moins cosmopolite que l'Empire ottoman ne l'était.
Elle est aussi beaucoup plus petite. Aujourd'hui, environ 90 % de la population
est musulmane, avec 70% de sunnites. On estime à près de 20 % les alevi
et autres branches hétérodoxes. Les chrétiens, les juifs et autres groupuscules
représentent à peu près 10 %.
- L'islam : doctrine prêchée par Mahomet, l'islam c'est la résignation à la volonté de Dieu. Elle est consignée dans le Coran. Bien que très largement musulman, le pays reste avant tout un État laïc. Le vendredi n'est pas un jour férié, les restaurants sont ouverts pendant le Ramadan, le port du voile est interdit à l'école publique.
- Les Alevi : religion relativement secrète aujourd'hui, il est
difficile d'évaluer le nombre des alevi. C'est en tous les cas une fraction
considérable de la population turque, estimée à 15 millions de personnes. Cette
minorité religieuse, considérée comme hérétique par la majorité orthodoxe (sunnite),
a eu souvent à subir l’ostracisme des traditionalistes. Les alevi ne
reconnaissent pas la succession de Mahomet et se rattachent à l'obédience du
sixième imam, Cafar. Il n'y a pas de vérité révélée pour un alevi, le
Coran est considéré comme parole d'homme (de Mahomet). Il peut donc s'interpréter.
Autre particularité marquante : une trinité (Allah, Mahomet, Ali), en complète
opposition au dogme sunnite. Les alevi ne se rendent pas à la mosquée,
considèrent la femme égale de l'homme, peuvent boire de l'alcool. Ils sont souvent
désignés comme "protestants de l'islam", mais en fait, ils constituent une communauté
religieuse à part entière et non une branche de l'islam.
- Le soufisme : les confréries soufies furent interdites par Atatürk
en 1925, mais depuis les années 1950, on assiste à une certaine tolérance. Les
derviches tourneurs, les derviches hurleurs et les bektasi, sont les
plus connus.
- Les chrétiens : il est très difficile de faire une estimation
précise du nombre de chrétiens vivant en Turquie, d'autant plus qu'ils sont
divisés en plusieurs dizaines de groupes, dont les rites, voire le dogme, sont
fort différents.
- Les juifs : leur nombre est estimé à 35 000, dont la plupart vivent à Istanbul. Les séfarades chassés d'Espagne au XIVe siècle, parlent encore le ladino et forment les 90 % de la communauté. Le reste est divisé entre les ashkénazes, marranes et caraïtes.
Savoir-vivre et coutumes
- Bonnes manières ! : l'époque n'est plus aux courbettes obséquieuses
des grands vizirs. L'étiquette fut immuable de 1300 à 1923... Mais les Turcs
ont gardé un grand sens de la hiérarchie et du respect.
- Les porte-bonheur (nazar boncugu) : si vous avez l'intention d'adresser un compliment, n'oubliez pas de rajouter “masallah” (que Dieu protège) car les Turcs sont superstitieux et croient dur comme fer que vous allez attirer le “mauvais œil”, même involontairement.
- Les toilettes “ à la turque” : depuis la sédentarisation des Turcs, les toilettes se présentent sous la forme d’une simple dalle percée en son milieu. Application à la ville des toilettes de campagne. À la suite de l’influence occidentale au XIXème siècle et lors de l’adoption des toilettes à l’européenne, il a fallu les adapter aux coutumes locales, en y ajoutant un tuyau fermé par un robinet au niveau de la cuvette.
- Alaturka, Alafranga : Alaturka désigne le mode de vie traditionnel turc, Alafranga (= à la française), tout ce qui a été copié sur l'Europe depuis l'Empire ottoman.
Caravansérails
Jusqu'au VIIe siècle de notre ère, seule la Chine possédait le secret de la fabrication de la soie. L'importation vers l'Occident se fit donc par l'intermédiaire de ces fameuses routes de la soie traversant la Turquie, la Perse, l'Himalaya puis la Chine jusqu'à Xi'an. À Istanbul, il reste de nos jours 180 caravansérails, transformés pour la plupart en ateliers.
Gecekondu
La physionomie des villes turques se caractérise par un phénomène qui n'a cessé
de prendre de l'ampleur au cours des 50 dernières années : les gecekondu.
Ces maisons élevées à la va-vite et sans permis de construire - gecekondu
signifie “construit en une nuit” - poussent comme des champignons sur les
domaines publics en périphérie des métropoles.
Hospitalité turque
Elle est à juste titre célèbre. Toute situation sera prétexte pour vous rendre service ou vous prouver son amitié. Cette hospitalité vous conduira souvent jusqu'à la maison, domaine exclusif de la famille et régie par la toute puissante maîtresse de maison. Cela est surtout valable dans les campagnes. Sachez que :
- Vous devez vous déchausser avant d'entrer.
- Si vous êtes de sexe masculin et célibataire, il est fort probable que vous ne voyiez pas la maîtresse de maison. En revanche votre compagne de voyage sera reçue par elle.
- Il est d'une incroyable grossièreté de se moucher à table.
- Il est impoli de rester plus de deux jours, même si l'on vous supplie.
- Il est impoli aussi de manquer un repas ou de ne pas goûter d'un plat (ne jamais en reprendre deux fois).
- Vous devez rendre la politesse en France, ou au moins envoyer un cadeau ou des photos.