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Un peu d'histoire Toulouse

Les origines

Tout d'abord, la région fut habitée par une peuplade celte répondant au doux de nom de Volques Tectosages, qu'inévitablement les Romains vinrent déranger. Aux Ier et IIe siècles de notre ère, Tolosa fut d'ailleurs une ville romaine prospère et l’une des plus vastes colonies de la Gaule avec son territoire de 90 ha. Il reste peu de vestiges de ce passé lointain. Les pierres étaient très rares dans la région et les Romains surent vite exploiter le sol argileux pour mouler des briques.
Cependant, ces hommes hautement civilisés avaient une fâcheuse tendance à massacrer tous ceux qui se réclamaient du christianisme : l’évêque Saturnin en fit l’amère expérience. Les Wisis et autres Goths, Francs, Vandales, Sarrasins laissèrent également peu de traces notables. La région fut un lieu de passage.
C'est à partir du IXe siècle, avec les comtes de Toulouse, que l'histoire put enfin s'écrire. Au cours du Moyen Âge, la sépulture de l’évêque martyr devint le noyau de développement d’une nouvelle partie de la ville (le bourg Saint-Sernin) qui se juxtaposa à la ville romaine. Aux XIe et XIIe siècles, Toulouse se développa et prospéra, notamment grâce aux pèlerins en route vers l’Espagne, plus précisément vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Les capitouls

À la fin du XIIe siècle, le comte Raymond V accorda l’autonomie municipale à la ville. Ils prirent le nom de « seigneurs du chapitre », ce qui donne en langue d’oc los senhors del capitol (et perdurera dans l’appellation du bâtiment municipal : ici, pas de mairie ni d’hôtel de ville, c’est le Capitole !).
Aux premiers représentants succédèrent des élus, ce qui valut à Toulouse l’appellation excessive de république. Il ne s’agissait pas véritablement de suffrage universel, mais d’un principe de cooptation sensiblement éloigné de l’idée de démocratie !
Souvent menacée par les autres pouvoirs, la charge capitulaire fut néanmoins confirmée à toutes les périodes. Les capitouls régnèrent ainsi sur Toulouse jusqu’à la Révolution française.

L'époque cathare

Au cours du Moyen Âge, la crise cathare opposant les catholiques à l’église dualiste (qui postule que Dieu n’est pas le seul créateur du Monde, que c’est le démon qui a créé le Mal) et la croisade contre les Albigeois qui en résulta entraînèrent les comtes de Toulouse dans des réactions variables.
Il y eut l’intransigeance de Raymond V. Puis, dans une ville à la population partagée, la difficile résistance de Raymond VI qui dut faire face à Simon de Montfort, chargé d’écraser l’hérésie et instigateur de trois sièges devant Toulouse. Lors de la dernière tentative, en 1218, ce dernier fut tué. La mort du chef de la croisade donna un tournant décisif à l’épisode cathare.
Désormais, ce furent directement les rois de France qui tâchèrent d’écraser l’indépendance d’esprit des Occitans. Le comte Raymond VII finit par accepter sur le parvis de Notre-Dame inachevée les clauses du traité de Paris, dont la principale était le rattachement définitif du Languedoc à la France en 1271.
Pour reconquérir et séduire son public, l’Église catholique associa la répression (l’Inquisition), la prédication (saint Dominique fonda l’ordre des frères prêcheurs à Toulouse en 1215), l’édification des fidèles (frénésie de construction des vastes églises) et l’éducation (l’université de Toulouse fut fondée en 1229 pour asseoir le dogme catholique).
La paix rétablie, les bourgeois s’enrichirent, et la ville connut une relative prospérité freinée par les épidémies de peste et la guerre de Cent Ans. En 1444, elle se dota du deuxième parlement de France (après Paris). Cette institution imposa à la ville un nouveau partage du pouvoir : le prestige des parlementaires dépassait celui des capitouls.
Un coup dur mit en péril la ville en plein développement : le grand incendie de 1463 dans la ville médiévale où dominaient les constructions à pans de bois. Il détruisit plus de la moitié de Toulouse.

La fortune du pastel

De 1463 à 1560, Toulouse connut son « siècle d'or » grâce au commerce du pastel.
Les feuilles de pastel étaient broyées et mises en boules, appelées ici « coques ». Ces coques, à l'origine de tant de richesses, valurent ainsi à la région de Toulouse le fameux surnom de « pays de cocagne ». Le pastel avait acquis un immense succès en Europe.
Des fortunes colossales s’établirent en quelques années, et Toulouse leur doit parmi ses plus beaux hôtels Renaissance. Les marchands pasteliers étaient des financiers. Aussi, les grands négociants furent peu nombreux, mais leur richesse leur a permis d’édifier dans la ville des demeures de prestige.
Mais les ambitions personnelles de ces marchands parfois plus soucieux de titres honorifiques que d’efficacité économique (ils sont tous devenus capitouls), les pratiques douteuses (comme celle qui consistait à mélanger du sable à la teinture), les guerres de Religion et l’arrivée de l’indigo des colonies cassèrent net ce marché lucratif.
Le pastel connaît un nouvel essor, dans le textile bien sûr, mais aussi dans les cosmétiques.

Les hôtels particuliers

Dès la fin du Moyen Âge, la prospérité économique et la nécessité de reconstruire au lendemain du grand incendie parsèment le paysage urbain de nombreux hôtels particuliers. Aux anciennes demeures marchandes, étroites en façade, succèdent de nobles demeures aux façades imposantes.
Les négociants de l’âge d’or de la Renaissance, souvent promus à la fonction de capitouls, construisent en brique et pierre des demeures au décor raffiné.
Stimulés par la « concurrence », les parlementaires se dotent à leur tour d’habitations prestigieuses. Aucune de ces personnes de qualité ne rate le moyen de faire connaître à tous l’importance de sa condition sociale. Celle-ci s’exprime dans l’architecture et l’organisation de leurs demeures.
Les XVIIe et XVIIIe s ajoutent à la ville de belles demeures à l’ordonnance classique organisées en U autour d’une cour régulière, à découvrir particulièrement dans le quartier Saint-Étienne.

La montée des « ultras »

La fin du XVIe siècle vit Toulouse s’affirmer comme une ville ultra-catholique, entourée de centres protestants actifs comme Montauban ou Castres. Pour les contrer, les catholiques se rassemblèrent en confréries de pénitents qui organisaient de spectaculaires processions de repentance et édifièrent des chapelles où s’exprime le style baroque.
La montée de l’absolutisme royal et l’installation de l’intendant royal à Montpellier confirment Toulouse dans son rôle de capitale judiciaire. Les conseillers et les présidents du parlement s’affirment dans la multiplication de demeures somptueuses, principalement dans le quartier sud de la ville. Stimulés par cette « concurrence », les conseillers municipaux érigent la façade du Capitole en 1750.
La ville connut à nouveau une certaine période faste avec la production extensive du blé qu’elle commercialisait. La région devint le grenier du Languedoc. Au Siècle des lumières, les projets d’embellissement et de développement du commerce portés par les états du Languedoc ont métamorphosé la ville.
La Révolution française fut bien accueillie à Toulouse, qui s’affirmait jacobine. Mais lors de la création des départements, la ville perdit son statut de capitale régionale et ne devint que le chef-lieu d’un département.

Du XIXe siècle à nos jours

Dans la première partie du XIXe siècle, n'ayant investi que dans les demeures de prestige et dans la terre, la bourgeoisie toulousaine ne se préoccupait guère de la révolution industrielle en marche. Il fallut l'arrivée du chemin de fer, en 1856, pour secouer un peu la léthargie de la ville et de ses élites. Cité la plus importante de la région, Toulouse se dota alors de succursales des banques parisiennes, de grands magasins, etc. Et comme le plan médiéval de la ville constituait une entrave au commerce, on effectua, comme à Paris, des trouées typiquement haussmanniennes. Heureusement, elles se limitaient à deux rues se croisant.
Ce fut la guerre de 1914-1918 qui lança sérieusement l'activité industrielle de Toulouse. En effet, le champ de bataille occupant le Nord et l'Est de la France, on se replia vers le sud. La ville, bien desservie par les transports, bien alimentée en main-d'œuvre et en énergie, développe l'industrie poudrière. Certaines compagnies nationalisées sous le Front populaire donnèrent naissance à Sud-Aviation, puis, par extension, à partir de 1970, à l'Aérospatiale.
Aujourd’hui, avec Airbus et l’électronique notamment, on s’aperçoit que Toulouse a largement rattrapé son retard industriel historique... Et ce n’est pas terminé : avec la construction des Airbus dans les établissements de Colomiers, Saint-Martin-du-Touch et Blagnac pour l’A380, toute une zone d’activité, Aérosconstellation, a vu le jour autour de l’assemblage du gros-porteur.


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