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Un peu d’histoire Toulouse

Les origines romaines

La région fut tout d’abord habitée par une peuplade celte, les Volques Tectosages, qui s’établirent dès 300 av. J.-C. sur le lieu de la future Toulouse. Les Romains ne tardèrent pas à coloniser toute cette région fertile et fondèrent au Ier  et IIem siècles avant J.-C., Tolosa. Deux siècles plus tard, la ville romaine prospère et devient l'une des plus vastes colonies de la Gaule avec son territoire de 90 hectares. Les pierres étaient très rares dans la région, et les Romains surent vite exploiter le sol argileux pour mouler des briques. Les Romains imposèrent la Pax Romana sur la région, empêchant toutes les contestations, notamment chrétiennes : l'évêque Saturnin, le premier de Toulouse, en fit l'amère expérience puisqu’il fut exécuté et devint martyr vers 250. Seuls subsistent de cette époque romaine quelques éléments du mur d'enceinte et des grands monuments publics.

La ville médiévale

Au IXe siècle, avec les comtes de Toulouse, le développement s’accélère. Au cours du Moyen Âge, la sépulture de l'évêque martyr devint le noyau de développement d'une nouvelle partie de la ville, le bourg Saint-Sernin, qui se juxtaposa à la ville romaine. Aux XIe et XIIe siècles, Toulouse se développa et prospéra, notamment grâce aux pèlerins en route vers l'Espagne et Saint-Jacques-de-Compostelle. C'est à cette époque que s'acheva la construction de l'imposante basilique Saint-Sernin, destinée à abriter le Trésor de reliques et à accueillir pour la prière ces « marcheurs de Dieu ». Le pape Urbain II vint la consacrer et surtout chercher à Toulouse la participation de Raymond IV à la première croisade pour délivrer le Saint-Sépulcre.

Les Capitouls

À la fin du XIIe siècle, le comte Raymond V accorda l'autonomie municipale à la ville. Les bourgeois qui se réunissaient pour prendre les grandes décisions concernant la ville prirent le nom de seigneurs du chapitre, ce qui donne en langue d'oc los senhors del capitol. Ce qui explique pourquoi l’Hôtel de ville continue à être appelé Capitole même aujourd’hui. Aux premiers représentants succédèrent des élus, ce qui valut à Toulouse l'appellation de République. Même si l'exercice du pouvoir était court, la charge était fort recherchée car elle permettait d'acquérir la noblesse héréditaire, de se doter d'un blason, de faire faire son portrait et d'échapper à la question. Souvent menacée par les autres pouvoirs, la charge capitulaire fut néanmoins confirmée à toutes les périodes. Les « Capitouls » régnèrent ainsi sur Toulouse jusqu'à la Révolution française.

L'époque cathare

Au cours du Moyen Âge, la crise cathare entraîna des réactions variables. Raymond V se montra intransigeant en condamnant le marchand Pierre Maurand à partir en Terre sainte et, dans l'attente de ce départ, à se fustiger torse nu en faisant le tour des églises. Raymond VI dut, quant à lui, faire face à Simon de Montfort, chargé d'écraser l'hérésie et instigateur de trois sièges devant Toulouse. La mort du chef de la Croisade, en 1218, donna un tournant décisif à l'épisode cathare. Désormais, ce furent directement les rois de France qui tâchèrent d'écraser l'indépendance d'esprit des Occitans. Cette démarche concerna particulièrement le comte Raymond VII qui finit par accepter les clauses du Traité de Paris dont la principale conséquence fut de rattacher définitivement le Languedoc à la France en 1271.

La reconquête catholique

Suite à l’époque cathare, l'Église catholique tenta de reconquérir le peuple. Elle utilisa la répression (plus particulièrement l'Inquisition, créée en 1231), la prédication (saint Dominique fonde l'ordre des frères prêcheurs à Toulouse en 1215), l'édification de vastes et superbes églises gothiques méridionales, et l'éducation (l'université de Toulouse est fondée en 1229). La paix rétablie, les bourgeois s'enrichirent, et la ville connaît une relative prospérité, freinée parfois par les épidémies de peste et la guerre de Cent Ans. En 1444, elle se dota du deuxième parlement de France. Cette institution imposa à la ville un nouveau partage du pouvoir : le prestige des parlementaires dépassait celui des autres fonctions et notamment celui des Capitouls. Un coup dur mit en péril la ville en plein développement : le grand incendie de 1463 dans la ville médiévale où dominaient les constructions à pans de bois. Il détruisit 7 000 maisons, soit plus de la moitié de Toulouse.

La fortune du pastel

De 1463 à 1560, Toulouse connut son « siècle d'or » grâce au commerce du pastel. Cette plante prolifique dans les terres du Lauragais donnait une superbe teinture bleue. Les feuilles de pastel broyées et mises en boules, appelées « coques », valurent à la région de Toulouse le surnom de « pays de cocagne ». Le pastel acquit un immense succès dans toutes les cours d’Europe. Des fortunes colossales s'établirent en quelques années, et Toulouse doit aux marchands pasteliers, notamment les familles Boisson, Delfau, Lancefoc, Cheverry, Bernuy ou Assézat, certains des plus beaux hôtels Renaissance de la ville, construit entre la fin du XVe siècle et la première moitié du XVIe siècle. Mais les ambitions personnelles de ces marchands, les pratiques douteuses, les guerres de Religion et surtout l'arrivée de l'indigo des colonies cassèrent net ce marché lucratif.

Les hôtels particuliers

Dès la fin du Moyen Âge, la prospérité économique et la nécessité de reconstruire au lendemain du grand incendie parsèment le paysage urbain de nombreux hôtels particuliers. Aux anciennes demeures marchandes succèdent de nobles demeures aux façades imposantes. Les négociants de l'âge d'or de la Renaissance, souvent promus à la fonction de Capitouls, construisent en brique et pierre des demeures au décor raffiné avec de magnifiques cours d'honneur marquées par le décor « à l'antique ». Stimulés par la « concurrence », les parlementaires se dotent à leur tour d'habitations prestigieuses, avec de belles cours d'honneur et de curieuses tours d'escalier en pierre (plus rare que la brique à Toulouse, donc plus chère). Les XVIIe et XVIIIe siècles ajoutent à la ville de belles demeures à l'ordonnance classique organisées en U autour d'une cour régulière, à découvrir particulièrement dans le quartier Saint-Étienne. En tout, Toulouse peut s'enorgueillir de présenter une centaine d'hôtels particuliers.

La montée des « ultras »

La fin du XVIe siècle vit Toulouse s'affirmer comme une ville ultracatholique, entourée de centres protestants actifs comme Montauban ou Castres. Pour les contrer, les Catholiques se rassemblèrent en confréries de pénitents, organisant de spectaculaires processions de repentance et édifiant des chapelles de style baroque, comme l'église Saint-Jérôme. La montée de l'absolutisme royal et l'installation de l'Intendant royal à Montpellier confirment Toulouse dans son rôle de capitale juridique. Les conseillers et les présidents du parlement s'affirment dans la multiplication de demeures somptueuses, principalement dans le quartier sud de la ville. Stimulés par cette « concurrence », les conseillers municipaux érigent la façade du Capitole en 1750. La ville connut à nouveau une certaine période faste avec la production extensive du blé qu'elle commercialisait. La région devint le grenier du Languedoc. Au siècle des Lumières, les projets d'embellissement et de développement du commerce portés par les États du Languedoc ont métamorphosé la ville. Les jardins, les quais de la Garonne, le canal de Brienne, la place Saint-Cyprien et la porte du Languedoc sont l'expression des mutations du XVIIIe siècle.

Vers la croissance

La Révolution française fut bien accueillie à Toulouse qui s'affirmait jacobine. Mais lors de la création des départements, la ville perdit son statut de capitale régionale et ne devint que le chef-lieu d'un département. Elle ne sera longtemps qu'« un grand village » car la bourgeoisie toulousaine ne se préoccupait guère de la révolution industrielle. Il fallut l'arrivée du chemin de fer, en 1856, pour secouer un peu la léthargie de la ville. Cité la plus importante de la région, Toulouse se dota alors de succursales des banques parisiennes, de grands magasins, etc. On effectua deux trouées typiquement haussmanniennes, la rue d'Alsace-Lorraine et la rue de Metz. Résistant à l'investissement industriel, la ville ne connaît alors que deux grands établissements : la Poudrerie et la Manufacture des tabacs.

Une métropole industrielle

Ce fut la guerre de 1914-1918 qui lança sérieusement l'activité industrielle de Toulouse. En effet, le champ de bataille occupant le Nord et l'Est de la France, force fut de se replier vers le Sud. La ville, bien desservie par les transports, bien alimentée en main-d'œuvre et en énergie (charbon de Carmaux, houille blanche des Pyrénées), développe l'industrie poudrière qui prend une importance considérable. En 1917, elle voit s'installer l'usine Latécoère qui s'oriente rapidement vers la fabrication d'avions. Cette dernière production sera déterminante pour Toulouse. Création de la fameuse Aéropostale, puis d'autres constructeurs, dans les années d'avant-guerre, s'installèrent à Toulouse, notamment Dassault en 1967. Certaines compagnies nationalisées sous le Front populaire donnèrent naissance à Sud-Aviation, puis, par extension, à partir de 1970, à l'Aérospatiale. Aujourd'hui, avec Airbus et l'électronique notamment, on s'aperçoit que Toulouse a largement rattrapé son retard industriel historique. Et ce n'est pas terminé : au nord-ouest de la ville, une nouvelle agglomération, que les Toulousains appellent déjà « Airbusville », sort de terre. En février 2003 a été hissé le toit (qui pèse cinq fois plus que la tour Eiffel !) sur le hangar monumental où a été assemblé le géant des airs, l'A-380. Et deux nouvelles villes sont également prévues à proximité.

21 septembre 2001 : le choc

Ce jour-là, à 10h17 précisément, une immense explosion retentit à Toulouse. En un éclair de seconde, l’usine AZF, où étaient stockées entre 200 et 300 tonnes de nitrate d'ammonium, est réduite en poussière, ne laissant qu’un immense cratère béant. Des milliers de logements sont sérieusement endommagés et les vitres volent en éclats dans un rayon de 3 km. Le bilan est très lourd : 30 morts, près de 2 500 blessés. La ville est assommée, d’autant qu’un inquiétant nuage orangé monte comme un champignon et provoque la panique, avec des appels de la préfecture pour inciter les habitants à se calfeutrer. Comment en est-on arrivé là ? Le danger était connu et l’usine, comme deux autres tout à côté, était classée au titre des directives « Seveso », censées prémunir la population des risques industriels. Il y avait déjà eu des alertes, mais rien n’avait été fait pour protéger plus efficacement les 18 000 personnes vivant à proximité immédiate de ce pôle chimique. Les rapports d'enquêtes sont accablants pour l'usine AZF : négligences dans les conditions de stockage et erreur de manipulation sont les deux causes avancées par plusieurs rapports d'enquêtes pour expliquer l'explosion. Aujourd'hui, l'usine AZF n'existe plus, la direction de Total-Fina-Elf ayant décidé de sa fermeture, avec des licenciements à la clef.





 



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