Littérature
Le lien entre la Toscane et la littérature est essentiellement florentin. Dante, grand poète, est né à Florence en 1265. On doit à cette femme mystérieuse l'existence de La Vita nuova et son ombre flotte sur La Divine Comédie.
Son œuvre sera commentée par Boccace, qui aura, lui, pour égérie, la fille illégitime du roi de Naples, Maria de Conti d'Aquino, la Fiammetta de son récit. De 1349 à 1353, il écrit Le Décaméron, œuvre magistrale, dans laquelle dix personnages se réfugient à la campagne pour fuir l'épidémie de peste de 1348 qui sévit à Florence.
De son côté, son ami Pétrarque, originaire d'Arezzo, aime d'un amour platonique Laure de Noves. Elle lui inspire plus de 300 poèmes, essentiellement des sonnets (317), regroupés dans le Canzoniere. Le recueil célèbre cet amour impossible et a donné forme au « pétrarquisme ».
Quant à Machiavel, homme politique par tradition familiale, négociateur et philosophe, il est écarté du pouvoir lorsque Florence se soumet aux Médicis (1512). Il dédie tout de même Le Prince à Laurent de Médicis, qui ne lit même pas l'ouvrage. Selon lui, le pouvoir n'est pas compatible avec la morale et mieux vaut être craint qu'être aimé.
Les siècles suivants sont plutôt calmes côté littérature toscane.
Cependant, dans la vague du roman noir italien de ces dernières années, Nino Filasto, fn connaisseur des milieux de l'art florentin (Cauchemar de dame) et de la politique - il est avocat de formation -, propose des livres sombres à la frontière du fantastique (L'Éclipse du crabe).
Marbre
La Toscane est le plus gros producteur au monde de marbre. Les gisements sont situés au nord-ouest du pays, dans les Alpes apuanes. La région de Carrare est la plus réputée : elle donne un marbre blanc, de renommée mondiale.
En dehors du marbre blanc, le plus beau et le plus prisé, surtout pour la sculpture, il existe plusieurs variétés : le bardiglio chiaro ou cupo, le marbre gris, ou, proche du turquoise, la breccia violetta, la breccia medica et l'arabescarto.
Patrimone culturel : quelques conseils
- Chiuso est un petit mot italien signifiant « fermé » et qui décore parfois la porte d’un musée qui devrait être ouvert.
- En principe donc, les musées sont ouverts l’été de 9h-10 h à 18h-19 h (souvent un peu plus tôt le vendredi) et fermés le lundi
(parfois le mardi ou le mercredi). Les horaires changent fréquemment, selon la saison et l'année. Parfois, viennent s'ajouter des travaux de rénovation dans l'un ou l'autre musée, qui ferme alors temporairement.
- De nombreux sites à ciel ouvert sont accessibles de 9h à l’heure précédant le coucher du soleil.
- Tarifs : les prix des sites et musées demeurent
élevés. Les jeunes de 18 à 25 ans, les enseignants et personnes de plus de 65 ans faisant partie de l'Union européenne bénéficient de réductions dans bon nombre de musées et sites nationaux.
- Vous avez également la possibilité de réserver vos places. Pour la Galleria degli Uffizi, l'Accademia ou le Palazzo Pitti
à Florence, cela vous évite d’attendre 2h
minimum ! Il est également conseillé de réserver si vous souhaitez
visiter la tour de Pise (compter environ 3 € de plus).
- Avertissement : méfiez-vous des sites internet fantaisistes proposant des réservations à prix exorbitants avec des marges énormes.
Peinture toscane
La Toscane, berceau de la Renaissance ?
La révolution artistique apparue en Toscane entre la fin du XIIe siècle et le XVIe siècle tient presque du miracle. La situation politique, géographique, démographique, économique, religieuse et intellectuelle a permis un véritable bouleversement artistique avec une montée en puissance de l’humanisme.
En ce qui concerne Florence, la cité des Médicis apparaît aujourd'hui à la fois initiatrice et dépositaire de la Renaissance italienne dans l'imaginaire occidental. Si une telle affirmation est en partie vraie, elle mérite toutefois quelques nuances.
Au cours des Xe, XIe et XIIe siècles, la culture gothique francilienne s'est largement répandue dans l'Europe entière. C'est à la fin du XIIe siècle que la sculpture italienne s'émancipe, redécouvrant un certain naturalisme issu de l'Antiquité romaine. Peu à peu, les peintres suivront les sculpteurs, s'affranchissant de la rigidité et du formalisme byzantin.
C’est à Assise, à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, que le célèbre peintre florentin Cimabue et son élève Giotto vont révolutionner la peinture occidentale. Les personnages semblent être des portraits d’époque, développés au sein d’un cadre architectural et d’une nature environnante bien plus proches de la réalité qu’auparavant.
Cependant, le XIVe siècle n’est pas le triomphe de la peinture « giottesque ». Le courant artistique dominant est l’art siennois, très ornemental, gothique.
C’est au début du XVe siècle que l’assistant de Masolino, le Florentin Masaccio, va reprendre à son compte l’ancienne leçon de Giotto. De là découle la première génération florentine (plus toscane que florentine, en fait) de la première moitié du Quattrocento (Fra Angelico, Filippo Lippi, Andrea del Castagno, Piero della Francesca, Paolo Uccello, Donatello, Ghiberti, Brunelleschi...), pleine d'harmonie, de majesté et de puissance. À cette époque, le nombre d’artistes majeurs se formant ou travaillant à Florence est impressionnant. Viendront ensuite Ghirlandaio, Verrocchio, Botticelli… Le Quattrocento florentin constitue une véritable explosion picturale, architecturale et sculpturale.
Cette situation hors normes ne doit pas faire oublier l'influence majeure, à cette même époque, des peintres flamands.
Peintres : la bande des trois de la Renaissance
L’année 1504 voit séjourner ensemble à Florence et pour quelques mois les trois figures artistiques centrales de ce siècle : Léonard de Vinci (le plus vieux), Michel-Ange (le seul Florentin) et Raphaël (originaire d’Urbino, dans les Marches). La conscience de la Renaissance était accompagnée chez chacun d’eux d’une vocation universaliste.
Leonardo mit fin aux rapports d’humilité en traitant d’égal à égal avec les « grands » de ce monde.
Michel-Ange n'hésite pas à faire une grosse main pour qu'en comparaison un buste ait l'air élancé. Chaque fois qu'il veut nous donner l'idée d'une qualité physique, il l'impose en proportionnant une partie du corps par rapport à une autre.
Raphaël est certainement celui qui incarne le mieux l’idéal de la Renaissance. Son œuvre est le triomphe du beau à la fois idéalisé et réaliste.
Le XVIe siècle et le maniérisme
Derrière ces trois monstres, la génération suivante se devait d'innover. On savait représenter la réalité. D'où un retour aux sentiments, à l'émotion, le cadre architectural devenant secondaire et anecdotique : on utilise des couleurs froides, auparavant jamais associées. Comme lui également, on s'affranchit du réel, l'anatomie et les mouvements deviennent subjectifs, au service d'une émotion qui prime. Finalement, ces maniéristes sont très proches de notre modernité artistique !
Là encore, Florence prédomine avec Pontormo et Rosso Fiorentino, les élèves d'Andrea del Sarto. Parmi les maniéristes, citons Beccafumi, le Parmesan...
Venise prend à son tour une place fondamentale dans l'histoire de l'art avec le trio Tintoret, Véronèse et Titien. L'école vénitienne privilégie les couleurs chaudes et les sujets intimistes, la lumière est dorée et scintillante. Son maniérisme est plus décoratif et classique que le maniérisme florentin.
Le caravagisme et le baroque au XVIIe siècle
Cette période consacre la fin de la prééminence florentine sur l'art italien au profit de Rome, où travaille un OVNI de la peinture, à l'origine d'une révolution réaliste : Le Caravage.
Les frères Carrache (bolonais) inventent la peinture baroque, financée par l'Église toute puissante du concile de Trente, désireuse de concurrencer le protestantisme. Le baroque en peinture est un mélange de classicisme dans les couleurs, de réalisme et d'explosion des repères picturaux (la peinture déborde du cadre, les stucs sont foisonnants).