Peinture
La Toscane : berceau de la Renaissance ?
La révolution artistique, apparue en Toscane entre la fin du XIIe siècle et le XVIe siècle, tient presque du miracle. La situation politique, géographique, démographique, économique, religieuse et intellectuelle a permis un véritable bouleversement artistique (peintres, sculpteurs, architectes…) avec, en tout premier lieu, une montée en puissance de l’humanisme.
C’est à Assise, à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, au sein de la basilique franciscaine, que le célèbre peintre florentin Cimabue et son élève Giotto vont révolutionner la peinture occidentale sous l’impulsion d’une foi sincère, faite d’humilité et de proximité, sentiments parfaitement incarnés par le naturalisme « giottesque ». Les personnages semblent être des portraits d’époque, développés au sein d’un cadre architectural et d’une nature environnante bien plus proches de la réalité qu’auparavant. Cependant, le XIVe siècle n’est pas le triomphe de la peinture « giottesque », mais de l’art siennois très ornemental et gothique.
C’est seulement au début du XVe siècle que l’assistant de Masolino, le Florentin Masaccio, va reprendre à son compte l’ancienne leçon de Giotto (soit près d’un siècle après !), tout comme les peintres toscans de la première moitié du Quattrocento (Fra Angelico, Filippo Lippi, Andrea del Castagno, Piero della Francesca, Paolo Uccello, Donatello, Ghiberti, Brunelleschi...). À cette époque, le nombre d’artistes majeurs se formant ou travaillant à Florence est impressionnant. Viendront ensuite Ghirlandaio, Verrocchio, Botticelli… Bref, le Quattrocento florentin constitue une véritable explosion picturale, architecturale et sculpturale.
La bande des trois de la Renaissance
L’année 1504 voit séjourner ensemble à Florence et pour quelques mois les trois figures artistiques centrales de ce siècle : Léonard de Vinci (le plus vieux), Michel-Ange (le seul Florentin) et Raphaël (originaire d’Urbino, dans les Marches). La conscience de la Renaissance était accompagnée chez chacun d’eux d’une vocation universaliste. Tous trois apportèrent la preuve de l’accession de l’artiste à une dignité nouvelle.
Leonardo mit fin aux rapports d’humilité en traitant d’égal à égal avec les « grands » de ce monde. Michel-Ange rompt en sculpture avec la tradition du retour aux sources romaines et n’hésite pas à bouleverser les proportions classiques du corps humain au nom de l’idée. Michel-Ange privilégie le dessin, au détriment de la couleur, apportant un sens tragique aux destinées humaines, ouvrant ainsi la voie au baroque. Raphaël est certainement celui qui incarne le mieux l’idéal de la Renaissance. Son œuvre est le triomphe du beau à la fois idéalisé et réaliste.
Le XVIe siècle et le maniérisme
La génération suivante évolue en s’affranchissant du réel : l’anatomie et les mouvements deviennent subjectifs, au service d’une émotion qui prime. Les maniéristes sont très proches de notre modernité artistique ! Là encore, Florence prédomine avec Pontormo et Rosso Fiorentino (qui acceptera l’invitation de François Ier à Fontainebleau, où il sera à l’origine du maniérisme français, dit « bellifontain »), les élèves d’Andrea del Sarto, immense artiste lui aussi. Parmi les maniéristes, citons Beccafumi, le Parmesan...
Mais c’est au tour de Venise de prendre une place fondamentale dans l’histoire de l’art avec le trio Tintoret, Véronèse et, bien sûr, Titien. La prééminence florentine sur l’art italien prend définitivement fin au XVIIe siècle au profit de Rome, avec l’entrée dans l’âge baroque.
Musées et sites
Petits conseils
– Chiuso est un petit mot italien signifiant « fermé » et qui décore parfois la porte d’un musée qui devrait être ouvert.
– En principe donc, les musées sont ouverts l’été de 9 h-10 h à 18 h-19 h (souvent un peu plus tôt le vendredi) et fermés le lundi (parfois le mardi ou le mercredi).
– De nombreux sites à ciel ouvert sont accessibles de 9 h à l’heure précédant le coucher du soleil.
– Tarifs : les prix des sites et musées demeurent élevés. Les étudiants en histoire de l’art ou en architecture peuvent entrer gratuitement dans les musées. Le mieux est de demander un laissez-passer à l’office de tourisme. Quant aux jeunes de moins de 18 ans (et parfois de moins de 25 ans) et aux personnes de plus de 65 ans faisant partie de l’Union européenne, ils bénéficient de réductions ou de gratuité dans bon nombre de musées et sites nationaux.
– Vous avez également la possibilité de réserver vos places. Pour la Galleria degli Uffizi ou Galleria dell’Accademia à Florence, c’est très pratique et cela vous évite d’attendre deux heures minimum. Il est également conseillé de réserver si vous souhaitez visiter la tour de Pise, mais cela vous coûtera encore un peu plus cher.
– Petit conseil : des audioguides sont disponibles la plupart du temps à l’accueil des musées (en général autour de 4 A). Si vous le pouvez, prenez-en, car ils s’avèrent bien utiles pour comprendre toute la complexité de l’art italien.
Les sites incontournables en Toscane
– Florence : la Galerie des Offices, la Galerie de l’Académie, le Palais Pitti avec la Galerie Palatine et le jardin de Boboli, le Duomo et son baptistère, le ponte Vecchio, le musée du Bargello, le Palazzo Vecchio
– Sienne : la pinacothèque nationale, le musée de la Ville, le Duomo et l’incontournable piazza del Campo.
– Pise : la célèbre tour, le Duomo et le baptistère.
– San Gimignano : le musée de la Ville.
– Volterra : le musée étrusque Garnacci et le site archéologique étrusque.
– Lucca : le centre-ville.
Littérature
Le lien entre la Toscane et la littérature est essentiellement florentin. Dante, grand poète devant l’Éternel, est né à Florence en 1265. Il a écrit la plus belle partie de son œuvre pour une certaine Béatrice, croisée trois fois en tout et pour tout et à qui il n’a jamais adressé la parole. On doit à cette femme mystérieuse l’existence de La Vita nuova et son ombre flotte sur La Divine Comédie.
Son œuvre sera commentée par Boccace, qui a écrit de 1349 à 1353 Le Décaméron, œuvre magistrale dans laquelle dix personnages se réfugient à la campagne pour fuir l’épidémie de peste de 1348 qui sévit à Florence.
De son côté, son ami Pétrarque, originaire d’Arezzo, aime d’un amour platonique Laure de Noves, rencontrée en Avignon. Elle lui inspire plus de 300 poèmes, essentiellement des sonnets (317), regroupés dans le Canzoniere. Le recueil célèbre cet amour impossible et a donné forme au « pétrarquisme ».
Quant à Machiavel, homme politique par tradition familiale, excellent négociateur et philosophe, il est écarté du pouvoir lorsque Florence se soumet aux Médicis (1512). Il dédie tout de même Le Prince à Laurent de Médicis, qui ne lit même pas l’ouvrage (il aurait pu en prendre de la graine !). Selon lui, le pouvoir n’est pas compatible avec la morale et mieux vaut être craint qu’aimé.
Cinéma
La Toscane offre un cadre privilégié pour le cinéma en raison de l’exceptionnelle beauté de ses paysages. Roberto Benigni, originaire de la région d’Arezzo, a tourné les premières scènes de La Vie est belle dans son village natal, Castiglione Fiorentino. Autre figure cinématographique de la région : Franco Zeffirelli, né à Florence, qui a réalisé de nombreux films, dont Jésus de Nazareth, la Traviata et Un thé avec Mussolini qui a pour cadre sa Toscane natale. Paolo et Vittorio Taviani, eux, sont nés dans le village de San Miniato, dans la province de Pise. Ils y ont tourné leur magnifique La Nuit de San Lorenzo. La plupart de leurs films se déroulent dans la région : à Florence et Pise (Les Affinités électives, Good morning Babilonia, Fiorile) et à San Gimignano (Le Pré)...
Auteur de nombreux films, essentiellement comiques, sur le ton de la critique sociale, Mario Monicelli a tourné à Florence Mes chers amis, avec Philippe Noiret et Ugo Tognazzi, et Pourvu que ce soit une fille dans la campagne siennoise. Et Bernardo Bertolucci a magnifié les splendeurs toscanes dans Beauté volée avec Liv Tyler, l’histoire d’une jeune Américaine qui va émoustiller les sens quelque peu endormis d’un groupe d’artistes locaux.
Des réalisateurs du monde entier sont venus tourner ici dont James Ivory (Chambre avec vue), Ridley Scott (Hannibal), Brian de Palma (Obsession), Kenneth Branagh qui a tourné Beaucoup de bruit pour rien, Jane Campion dont le Portrait de femme (avec Nicole Kidman) se situe à Lucca ou encore Anthony Minghella qui a fait de nombreuses prises à Pienza pour Le Patient anglais.
Marbre
La Toscane est le plus gros producteur du monde de marbre. Les gisements sont situés au nord-ouest du pays, dans les Alpes Apuanes. Près de 500 000 t sont extraites chaque année sur environ 300 carrières. On en comptait près de 1 000 il y a plusieurs siècles. La région de Carrare est la plus réputée : elle donne un marbre blanc, de renommée mondiale. Curieusement, il ne fut pas utilisé par les Étrusques ; les Romains seront les premiers à en couvrir les sols et les murs de leurs palais. La Renaissance fut également une grande utilisatrice de marbre.
En dehors du marbre blanc, le plus beau et le plus prisé, surtout pour la sculpture, il existe plusieurs variétés : le bardiglio chiaro ou cupo, le marbre gris, ou, proche du turquoise, la breccia violetta, la breccia medica et l’arabescarto.
Médias
Télévision
Il y a trois chaînes de télé publique : RAI 1, 2 et 3. Difficile de parler de la télévision italienne sans évoquer le groupe Fininvest de « Monsieur Télévision », Silvio Berlusconi. Le monopole d’État ayant été levé en 1975, les chaînes privées ont envahi le petit écran. C’est en 1970 que Silvio Berlusconi a pris le contrôle de Canale 5, puis, au début des années 1980, il s’est porté acquéreur de Italia 1 et de Rete-Quattro, regroupé sous Mediaset. Pour l’info, depuis la loi Maccanico de 1997, Rete 4 ne devrait plus émettre sur les ondes hertziennes nationales. En effet, cette loi stipule qu’une entreprise privée ne peut détenir plus de deux chaînes nationales.
Radio
La RAI, radio d’État (Radio Audizione Italia), est toute puissante, mais on compte aussi des dizaines de radios libres. De plus, sur les grandes ondes, selon l’endroit où l’on se trouve, on peut parfois capter certains postes français tels que Radio Monte-Carlo, Europe 1, France Inter, etc. Radio Vaticana diffuse des informations en français.
Presse écrite
Deux grands quotidiens nationaux se partagent le gâteau : Il Corriere della Sera et La Repubblica. Mais il existe une myriade de journaux locaux, parfois pour toute une région (La Stampa dans le Nord, par exemple) mais aussi simplement pour une ville.
La presse spécialisée talonne de près ces journaux généralistes, puisque La Gazetta dello Sport arrive en troisième position des ventes (sur près de 90 titres pour un lectorat qui oscille entre 5 et 6 millions) avec plus de 450 000 exemplaires. De même, le quotidien économique Il Sole 24 Ore diffuse à près de 400 000 exemplaires.
Dans les kiosques, les librairies françaises, les centres culturels, vous trouverez une sélection des quotidiens et hebdomadaires français. Certaines librairies, dans les grands centres, ont un rayon d’ouvrages en français avec un choix de livres de poche. On trouve dans les grandes villes des librairies françaises, ainsi que des centres culturels proposant des expositions, des conférences, des projections de films et des bibliothèques de prêt.