Argent, banques, change
Monnaie
La monnaie est la livre syrienne (S£, Syrian Pound), divisée en 100 piastres (qu'on ne voit plus guère). Les pièces les plus courantes sont celles de 5, 10 et 25 livres. Côté billets, il en existe de 50, 100, 200, 500 et 1 000 livres. Veillez à ce que les billets ne soient pas en trop mauvais état.
Change
Début 2009, au cours officiel, 1 € valait environ 58 S£ ; 1 S£ valait donc environ 0,017 €.
La banque nationale est la Syrian Commercial Bank, établissement public qui possède des branches dans toutes les villes. Attention, elles n'ouvrent que le matin (en principe, de 8 h 30 à 12 h ou 13 h) et sont fermées le vendredi. Dans les grandes villes, également des guichets, ouverts de 8 h à 20 h en général, mais qui ne changent que du liquide.
Signe de libéralisation économique : il y a maintenant une dizaine de banques privées étrangères et des bureaux de change privés ; ils ouvrent leurs portes, en principe, de 10 h à 20 h sauf le vendredi.
Le taux de change varie assez peu entre les banques et les bureaux de change. Gardez quand même sur vous une certaine somme en euros ou en dollars pour les hôtels plus chic ou pour négocier un achat (la perspective d'être payé avec une monnaie forte mettra parfois le commerçant dans de meilleures dispositions !).
- On déconseille le marché noir pour : on n'y gagne presque rien, et la peine encourue est carrément dissuasive.
- Ceux qui poursuivent vers la Jordanie ou la Turquie n'auront pas de problème pour changer leurs dernières livres syriennes à la frontière.
Chèques de voyage (travellers)
Leur utilisation est très, très difficile. La grande majorité des banques et des bureaux de change les refusent. Celles ou ceux qui les acceptent vous demanderont la preuve d'achat. À déconseiller donc, d'autant que les euros sont acceptés partout.
Cartes de paiement
Les distributeurs automatiques se développent peu à peu en Syrie. Pour l'instant, on n'en trouve qu'à Damas, Alep et Lattaquié. Pour les distributeurs acceptant les cartes Visa et MasterCard, s'assurer qu'ils portent l'icône sur l'écran. Quand c'est possible, préférez utiliser les distributeurs d'une banque pendant les horaires d'ouverture de celle-ci.
La carte de paiement peut servir à régler la note dans les grands hôtels de la catégorie « Plus chic » et dans certains magasins de souvenirs et d'artisanat. Elle est moins bien acceptée par les restos. Attention toutefois à la commission, de l'ordre de 5 à 10 % (à négocier éventuellement).
Budget
La Syrie est un pays relativement bon marché et les prix restent très raisonnables. Si l'on ne fait que des choix économiques, on s'en sortira plutôt bien.
Les innombrables sites archéologiques sont un poste budgétaire non négligeable. En revanche, les transports sont très bon marché.
Hébergement
Dans les petits hôtels et ceux de catégorie moyenne, on réglera sa note en livres syriennes, tandis que les établissements chic préfèrent les euros ou les dollars.
En basse saison, les hôtels « De prix moyens à chic » pratiquent rarement le plein tarif.
Les fourchettes de prix suivants s'entendent pour une chambre double.
- Bon marché : de 500 à 1 000 S£ (de 8,50 à 17 €).
- Prix moyens : de 1 000 à 1 500 S£ (de 17 à 25,50 €).
- Chic : de 30 à 60 $ (de 24 à 48 €).
- Très chic : de 60 à 120 $ (de 48 à 96 €).
- Chic et charme (bâtisses centenaires de Damas et Alep) : plus de 120 $ (96 €).
Restauration
Il y a, en gros, 2 catégories de restaurants en Syrie : les restos ordinaires, où l'on sert invariablement la même nourriture (viandes grillées, kebabs et mezze), et les restos plus chic, qui proposent une cuisine orientale classique mais aussi, en général, toute une série de plats « continentaux ».
On se base sur un repas par personne, sans les boissons. Les vins sont assez chers, à l'exception du ksara, un bon vin libanais.
Une taxe de 10 % est appliquée pour les plats et les boissons, mais on ne sait jamais si elle est comprise dans le tarif du menu annoncé. Se le faire préciser systématiquement.
- Très bon marché : moins de 100 S£ (1,70 €) pour manger sur le pouce.
- Bon marché : de 100 à 250 S£ (de 1,70 à 4,30 €).
- Prix moyens : de 250 à 500 S£ (de 4,30 à 8,50 €).
- Chic : de 500 à 800 S£ (de 8,50 à 13,60 €).
- Très chic : plus de 800 S£ (13,60 €).
Musées et sites archéologiques
Le ministère du Tourisme a procédé en 2002 à une division par 2 du prix des sites pour faire face à la crise touristique post-11 Septembre.
Depuis, c'est le statu quo. L'entrée aux sites et aux musées est de 150 S£ (2,60 €) pour les sites de première catégorie et de 75 S£ (1,30 €) pour les autres. Les entrées sont gratuites pour les enfants et parfois pour les enseignants, et une très grosse réduction qui s'approche de la gratuité est accordée aux étudiants sur présentation de leur carte ISIC.
Transports
Les trajets en bus sont vraiment très bon marché, et encore davantage s'il s'agit de bus ordinaires (les « hop-hop »). À titre indicatif, un aller direct en bus revient à environ 150 S£ (2,60 €) entre Damas et Alep et à 200 S£ (3,40 €) entre Damas et Deir-ez-Zor, trajet le plus cher. En revanche, vous pourrez avoir besoin d'un taxi pour aller explorer un site un peu éloigné. Dans ce cas, groupez-vous à 4 ou 5.
Le bakchich
À l'origine du mot, qui se perd un peu dans la
nuit des temps, le bakchich était le cadeau de bienvenue, en signe
d'hospitalité et d'amitié ; c'était la façon la plus simple et la plus
commode de prouver à son invité que l'on n'était pas insensible à sa
venue.
Aujourd'hui, le terme « bakchich » est employé à tort et à
travers. C'est un pourboire, une rétribution en échange d'un service
rendu, mais en aucun cas une aumône. Il ne s'agit pas non plus de
distribuer n'importe quoi à n'importe qui.
Il est d'usage de laisser un pourboire au restaurant, au chauffeur de taxi.
Munissez-vous
de menue monnaie et n'oubliez pas que vous représentez l'étranger, avec
ce que la richesse peut avoir de provocant. Lorsque vous refusez,
faites-le avec le sourire.
Pourboires pour les guides et chauffeurs
Le pourboire est d'usage lorsque l'on voyage par le biais d'une agence locale. Il est remis dans deux enveloppes séparées.
En Syrie, compter, pour chacun d'entre eux, environ 3 $ (2,30 €) par journée de voyage et par personne.
Achats
L'artisanat syrien est productif, mais rien de renversant... Dans les souks de Damas et d'Alep, le plastique et le synthétique règnent en maîtres incontestés. Les Syriens s'avèrent particulièrement coriaces à la négociation, et pas toujours si ouverts que ça à la discussion.
- Les tapis : ils ne sont pas syriens mais la plupart du temps iraniens, kurdes ou caucasiens. On trouve de beaux kilims-sumaks, en laine et soie, couverts de motifs animaliers, ainsi que de grands tapis noués superbes. Et puis des kilims tout simples, sans motifs, pas trop cher. Également des housses de coussins de laine bédouins et des sacoches en laine de chameau.
- Les objets en bois ou marqueterie : parmi les objets les plus réussis, signalons les boîtes de jeux, notamment de backgammon, grande spécialité locale.
- Tissus damassés : dans les souks de Damas.
- Antiquités : on en trouve partout autour des sites touristiques. Tout est faux. Nos aïeux, jusqu'au début du XXe siècle, ont déjà largement pillé.
- Fruits secs et gâteries : grande variété et d'une qualité extra dans le souk de Damas. Par ailleurs, Damas est aussi connu pour son excellent chocolat. Pour la pâte d'amande et les confiseries à base de pâte d'amande, c'est à Alep qu'on trouve les meilleures.
- Le savon d'Alep : il possède une réputation mondiale. Fabriqué de façon artisanale, avec de l'huile d'olive et de l'essence de laurier, et parfois aussi un peu d'huile de pin, ce savon biologique et écolo est en quelque sorte l'ancêtre du savon de Marseille, en plus oriental.
- Le verre soufflé : on en trouve à tous les coins de rue, et pourtant il y a de jolies choses. Ce sera aussi l'occasion de voir les souffleurs à l'œuvre.
- Si vous ne savez pas quoi mettre dans vos bagages, rapportez donc un keffieh (style Arafat), ou une galabieh (djellaba pour les femmes).
- Pour les narguilé, il faut se rendre chez les spécialistes, dans les souks ou leurs abords. Objets solides, mais pas si bon marché. En revanche, les narguilés vendus déjà montés, dans les magasins de souvenirs, sont vraiment peu chers mais de mauvaise qualité. En tout cas, faites provision de tabac et de charbon.