Fondations
À ce site carrefour déjà occupé à l'âge du bronze ancien, les Romains découvrent au site des qualités
stratégiques. Ils construisent un camp, Argentoratum, qui gagne
en importance.
À partir de 496, les Franc font ressurgir une nouvelle ville, Strateburgum
(« ville forte des routes »). Elle
s’affirme sous le règle des Carolingiens comme le carrefour des civilisations rhénanes.
En 842, elle recueille les serments de Strasbourg, serments de fidélité entre Charles et Louis, fils de Louis le Pieux, visant à régler les problèmes de partage de l’empire de
Charlemagne. C’est le premier écrit en langue romane et germanique qui soit
connu.
Strasbourg fut ensuite l’une des premières villes à se débarrasser
de la tutelle des évêques, la bourgeoisie commerçante s’affirmant comme le vrai
pouvoir. La construction de la cathédrale ira de pair avec une prospérité grandissante. Le dynamisme économique de la ville se double d'un bouillonnement intellectuel et culturel.
L'âge d'or et l'âge de raison
Les XVe et XVIe siècles
connaissent un âge d’or d'une ville qui s'enthousiasme dès 1519 pour la Réforme. En 1648, par le
traité de Westphalie, l’Alsace devient française, à l'exception de Strasbourg. Isolée, la ville ne tardera pas à entrer dans le giron français
en 1681.
Si la cathédrale revient au culte catholique, Strasbourg conserve
sa religion, son université, ses institutions, ses droits, etc. Vauban se hâte
de doter la ville d’ouvrages défensifs.
Strasbourg devient un modèle de coproduction franco-allemande au
niveau culturel. Le XVIIIe siècle symbolise ce syncrétisme
intellectuel.
La Révolution française
À la Révolution, Strasbourg devient très vite républicaine. Cela se gâte en 1792 avec la déclaration de guerre à l'Autriche.
Cette déclaration de guerre va surtout radicaliser la Révolution à Strasbourg. La Terreur fait des siennes. La plupart des institutions séculaires de la ville disparaissent, à l'exception de l'Œuvre Notre-Dame.
Le XIXe siècle et la question identitaire
Avec Napoléon, Strasbourg retrouve opulence et prospérité grâce au
blocus continental et à sa position centrale dans la stratégie de conquête
européenne de l’empereur.
Mais l'unification de l'Allemagne progresse. En 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse pour
stopper son extension. Finalement, la Prusse y gagne... l’Alsace et un pan de
la Lorraine. Strasbourg assiégée subit de violents bombardements.
Lors de l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne, beaucoup de
Strasbourgeois se réfugient en France. En 1886, Strasbourg retrouve le conseil municipal et le maire, Otto Back, qui dirigeaient auparavant la cité. Ce dernier lance de grands travaux d'urbanisme.
Alsaciens de souche et
Allemands importés vivent dans une harmonie relative. La ville connaît une
réelle expansion économique.
La guerre de 1914-18 ne touche pas Strasbourg.
L'entre-deux-guerres
Une révolte éclate en 1918, à la fin des combats. Le 22 novembre 1918, les troupes françaises s'offrent une entrée triomphale dans Strasbourg. Pourtant, rapidement, les gouvernements français vont commettre bourde sur bourde : réimposition de la langue française à marche forcée, tentative de suppression des lois concordataires, hypercentralisation administrative, application dogmatique de toutes les lois de la République. Ces maladresses favorisent la montée des idées autonomistes.
En 1939-1940, Strasbourg est évacuée, et beaucoup de ses habitants sont envoyés dans le Périgord. Cependant, la ville n'a quasiment pas été bombardée lors de l'offensive de juin 1940. Après l'arrivée des nazis, au contraire de 1871, Strasbourg connaît une germanisation forcenée.
En août et septembre 1944, la ville subit de violents bombardements... américains. La vieille ville n'est pas touchée dans sa structure.
Le 23 novembre 1944, les chars de la deuxième division blindée, fonçant depuis Saverne, entrent dans Strasbourg. Quelques jours d'émotion quand même lorsque, en janvier 1945, la Wehrmacht menace à nouveau la ville.
Strasbourg, capitale des institutions européennes
En 1949, du fait de sa situation géographique et de son histoire, symbole de la réconciliation, Strasbourg est choisie comme siège du Conseil de l'Europe par les 10 États fondateurs.
Un an plus tard, Strasbourg accueille la Cour des Droits de l'homme. Puis, en 1952, la Communauté européenne du charbon et de l'acier ; en 1969, l'Institut des Droits de l'homme ; en 1972, le Centre européen de la jeunesse. En 1979, le Parlement européen est élu pour la première fois au suffrage universel.
De nouveaux quartiers transforment ainsi la ville.