Fondation et prospérité
D’emblée, les Romains découvrent au site des qualités
stratégiques. Ils construisent un camp, Argentoratum, qui gagne
rapidement en importance. En 451, une nouvelle ville, Strateburgum
(« ville forte des routes »), voit le jour. Rapidement, elle
s’affirme comme le carrefour des civilisations rhénanes.
En 842, elle est le lieu des célèbres serments de Strasbourg, serment de fidélité visant à régler les problèmes de partage de l’empire de
Charlemagne ; c’est le premier écrit en langue romane et germanique qui soit
connu.
Strasbourg fut ensuite l’une des premières villes à se débarrasser
de la tutelle des évêques, la bourgeoisie commerçante s’affirmant comme le vrai
pouvoir. En adhérant à la Réforme, elle y gagnera, de plus, en rayonnement
culturel et intellectuel.
L'âge d'or et le passage sous tutelle française
Les XVe et XVIe siècles
connaissent un âge d’or. Gutenberg, fuyant Mayence pour raisons politiques, se
réfugie à Strasbourg et met au point sa géniale invention. En 1648, au
traité de Westphalie, l’Alsace devient française, sauf Strasbourg, qui la rejoindra
en 1681.
Si la cathédrale revient au culte catholique, Strasbourg conserve
sa religion, son université, ses institutions, ses droits, etc. Vauban se hâte
de doter la ville d’ouvrages défensifs.
Strasbourg devient un modèle de coproduction franco-allemande au
niveau culturel. Le XVIIIe siècle symbolise ce syncrétisme
intellectuel.
La Révolution française
À la Révolution, Strasbourg devient républicaine. En 1792,
Rouget de Lisle compose en une nuit le chant de guerre pour l’armée du Rhin qui
deviendra, par la grâce d’un bataillon de Marseillais, La Marseillaise.
L’épisode se déroula chez de Dietrich, le maire de Strasbourg. Il avait mis au
défi Rouget de Lisle de composer une chanson pour les soldats de l’An II.
Piqué au vif, ce dernier y travailla toute la nuit et la présenta à 7 h.
En 1792, la Révolution se radicalisait. La langue allemande
est attaquée et la cathédrale détériorée.
Le XIXe siècle : opulence et propérité
Avec Napoléon, Strasbourg retrouve opulence et prospérité grâce au
blocus continental et à sa position centrale dans la stratégie de conquête
européenne de l’empereur.
Mais en 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse pour
stopper son extension. Finalement, la Prusse y gagne... l’Alsace et un pan de
la Lorraine. Strasbourg assiégée subit de violents bombardements.
Lors de l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne, beaucoup de
Strasbourgeois se réfugient en France. En 1886, Strasbourg retrouve un
conseil municipal qui engage de grands travaux. Alsaciens de souche et
Allemands importés vivent dans une harmonie relative. La ville connaît une
réelle expansion économique.
La guerre de 1914-1918 ne touche pas Strasbourg.
D'une guerre à l'autre
Une révolte ouvrière éclate en 1918. Rapidement, les
gouvernements français vont commettre bourde sur bourde : réimposition de
la langue française à marche forcée, application dogmatique de toutes les lois
de la République. Ces maladresses favorisent la montée des idées autonomistes, avec même un début de guerre scolaire.
En 1939-1940, Strasbourg est évacuée. Après l’arrivée des
nazis, au contraire de 1871, Strasbourg connaît une germanisation
forcenée.
En août et septembre 1944, la ville subit de violents
bombardements... américains. La vieille ville n’est pas touchée dans sa
structure.
Strasbourg, capitale des institutions européennes
En 1949, du fait de sa situation géographique et de son
histoire, symbole de la réconciliation, Strasbourg est choisie comme siège du
Conseil de l’Europe par les 10 États fondateurs.
Un an plus tard, Strasbourg accueille la Cour européenne des
droits de l’homme puis, en 1952, la Communauté européenne du charbon et de
l’acier ; en 1969, l’Institut des droits de l’homme ;
en 1972, le Centre européen de la jeunesse. En 1979, le Parlement
européen est élu pour la première fois au suffrage universel.