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Culture Slovénie

La langue slovène

L'identité slovène est basée en grande partie sur la langue. Le plus ancien document en slovène date du XIe siècle. Le premier livre, un catéchisme, fut imprimé en 1550, et la version slovène de la Bible fut traduite dès 1584.
Le plus petit État du monde slave, la Slovénie, a été incorporée successivement dans différents empires et les Slovènes ne purent utiliser librement leur langue dans l'administration qu’avec la conquête de leur pays (alors sous domination autrichienne) par Napoléon. Celui-ci fit de Ljubljana la capitale des Provinces illyriennes qu'il établit sur les territoires de l'actuelle Slovénie et de la Croatie (jusqu’à Dubrovnik) de 1809 à 1813. C'est également pendant ces années qu'apparurent les premiers signes d'un mouvement national slovène. La statue de Napoléon se dresse d'ailleurs sur la Place de la Révolution française à Ljubljana, avec des inscriptions en français, pour remercier l’empereur !
Indépendants depuis 1991 pour la première fois de leur histoire, les Slovènes sont particulièrement fiers d'avoir su préserver leur langue au cours des siècles de domination étrangère.
Une des principales particularités de cette langue est le « duel », cas unique dans les langues européennes modernes. Il s'utilise pour désigner deux personnes, deux objets ou animaux. Le pluriel commence à partir de trois.

Littérature

Les Slovènes sont très fiers de leur poète France Prešeren (1800-1849), dont la statue se trouve sur la place centrale de Ljubljana. L'hymne national est d'ailleurs la septième strophe de son poème Zdravljica (Le Toast). L'autre grande figure de la littérature slovène est Ivan Cankar (1876-1918) surtout connu pour ses nouvelles, mais qui fut aussi poète, dramaturge et homme politique !
L'édition slovène est une des plus dynamiques d'Europe (en nombre de livres édités par habitant), et de nombreuses traductions de livres étrangers sont disponibles.

Parmi les livres traduits en français, on peut citer :

- La Mémoire dangereuse, de Joze Javoršek ;
- Alamut, de Vladimir Bartol ;
- La Langue intime, de France Bevk (sur l'interdiction de la langue slovène pendant l'occupation italienne entre les deux guerres mondiales) ;
- Plusieurs livres de Boris Pahor (portant sur la Deuxième Guerre mondiale) : La Villa sur le lac, La Porte dorée, Le Labyrinthe (en cours de traduction), Pèlerin parmi les ombres, Arrêt sur le Ponte-Vecchio, Printemps difficile, Jours obscurs ;
- La Ballade de la trompette et du nuage, de Ciril Kosmac ;
- Brina Svit, une jeune auteur des plus prometteuses, réside maintenant en France et a écrit son dernier roman directement en français. Ses premiers romans ont également fait l'objet d'une traduction : Con brio, Mort d'une prima donna slovène, Moreno (en français donc !).

Par ailleurs, on peut lire avec profit :

- La Slovénie, G.Castellan et A.Bernard, collection Que Sais-je ?, n° 3 123, PUF ;
- Petite Histoire de la Slovénie, Antonia Bernard, Institut d'études slaves, Cultures et sociétés de l'Est, 1996
- Au fil des siècles et dans un contexte régional : Histoire des Peuples de l'Europe Centrale et Histoire des Balkans, tous deux de G.Castellan ;
- Au sein de la Yougoslavie, avant l'explosion de 1990-91 : Vie et mort de la Yougoslavie, de Paul Garde, et Yougoslavie, Origines d'un conflit, de Bernard Feron, collection Le Monde Poche, 1993.

Cinéma

L'industrie cinématographique slovène est particulièrement dynamique depuis quelques années :

- No Man's land, tourné en Slovénie par le Bosniaque Denis Tanovic, est une co-production entre la Slovénie, l'Italie, la Belgique, la France et le Royaume-Uni. Il aborde, avec un humour typiquement balkanique, les guerres fratricides qui ont déchiré la Yougoslavie dans les années 1990. Ce film, salué par la critique, a reçu la Palme du meilleur scénario à Cannes en 2001 et l'Oscar du meilleur film étranger en 2002.
- Kruh in Mleko (Pain et lait), de Jan Cvitkovic, aborde le problème de l'alcoolisme. Il a reçu le Lion d'Or du meilleur premier film à Venise en 2001.
- Rezervni deli (Pièces de rechange), de Damjan Kozole, met en lumière le phénomène de l'immigration illégale à travers la Slovénie. Il faisait partie de la sélection officielle pour le Festival de Berlin en 2003.

Dans toutes les grandes villes, on trouve des salles de cinéma, et, comme partout ailleurs en Europe, l'époque est à la construction d'énormes multiplex. Les films sont présentés en version originale, sous-titrée en slovène et, plusieurs fois par an, il est donc possible de voir des films en français.

Architecture

Jože Plečnik (1872-1957) est LE grand urbaniste de Ljubljana. Son travail, éclectique et unique, mélange des éléments architecturaux grecs, romains, byzantins, musulmans, égyptiens et des motifs du folklore local à des façades baroques. La liste de ses œuvres est très longue : librairies nationale et universitaire, colonnes du Marché central, cimetière de Žale... Ses travaux de planification urbaine ont permis de réorganiser les bords de la rivière Ljubljanica (y compris les Trois Ponts) et le parc Tivoli. À l'étranger, son œuvre la plus fameuse reste l'église du Sacré-Cœur à Prague.

Musique

La musique classique slovène a donné naissance à plusieurs œuvres de qualité (comme celles de Jakob Gallus), et a permis, au XIXe siècle, d'exprimer le sentiment national d'un peuple opprimé par l'empire autrichien.
Actuellement, le groupe de rock Siddharta est une valeur sûre de l'industrie musicale slovène, aux côtés du chanteur de charme Jan Plestenjak (le Patrick Bruel local).
La sélection des dragqueens Sestre (Les sœurs) comme représentantes à l'Eurovision 2002 a provoqué une certaine homophobie et le Parlement européen a même émis sa crainte de voir le droit des minorités sexuelles bafoué en Slovénie. Finalement, la performance remarquée du groupe lors du concours et le succès national de leur chanson Samo ljubezen (Seulement de l'amour) a permis de lever un tabou et de lancer un débat public sur les discriminations et l'intolérance en général.

Médias

Les médias se sont multipliés depuis 1991 et on compte plus de 700 journaux, 70 stations de radio et 40 chaînes de télévision. La puissance publique veille au respect du droit à l'information des minorités hongroise et italienne en Slovénie et des Slovènes d'Italie, d'Autriche et de Hongrie.

Presse écrite

Il existe cinq quotidiens : Delo (LA référence, sans orientation marquée), Vecer (quotidien de Maribor, sans tendance définie), Dnevnik (plutôt à gauche et centré sur Ljubljana), Slovenske Novice (plutôt “people”) et Ekipa (quotidien sportif).
La revue Mladina, fondée en 1943, fut la première revue contestataire et, par son ton provocateur, a contribué à la démocratisation du pays en détruisant les tabous du régime socialiste. Elle s'adresse surtout aux jeunes et aux personnes qui s'intéressent à la politique sous un angle critique.
Deux magazines sont publiés en anglais. Le trimestriel Ljubljana Life, rédigé par une équipe d'expatriés, propose une liste commentée des principaux restaurants et bars de la capitale, ainsi que des articles sur les événements culturels et artistiques s'y déroulant. L'hebdo Slovenian weekly présente des articles clairs et concis sur les événements politiques, sociaux et économiques. On peut trouver ces périodiques à l'office de tourisme à côté des Trois Ponts, à la librairie Novak près de la place Preseren où on trouve aussi des revues françaises, anglaises, allemandes, italiennes ou au bureau de la compagnie aérienne Adria, près du Café Europa, dans les grands hôtels ou à l'aéroport !

Radio

À côté d'une multitude de radios commerciales, il existe une dizaine de radios publiques. Parmi elles, les trois antennes du groupe Radiotelevizija Slovenije sont les plus écoutées.
Par ailleurs, à toutes les heures, sur Radio Slovenia International, les informations sont données en anglais et en allemand.

Télévision

Le groupe Radiotelevizija Slovenije propose trois chaînes publiques, dont deux nationales. La troisième chaîne émet au niveau régional des programmes bilingues pour les Slovènes d’Italie et les Italiens de Slovénie.
Les deux grandes chaînes privées sont Kanal A et POP TV. Il existe également de nombreuses chaînes locales.
Tous les films sont en version originale, sous-titrés en slovène, et plusieurs films français sont diffusés chaque semaine.

Fêtes et festivals

- Le festival international du cinéma (LIFFe), qui se déroule au mois de novembre, permet de voir des films, populaires ou plus intimistes, de tous les pays du monde. Chaque année, un pays ou un réalisateur est à l’honneur.
- Festivals de musique : pendant toute l’année, de nombreux festivals de musique se déroulent à travers toute la Slovénie, comme le festival de musique médiévale de Kamnik, ou de théâtre de rue de Ljubljana. Le plus grand est celui de Ljubljana, en juillet et août. Pendant deux mois, les grands noms du jazz, de l’opéra et du rock international se succèdent au théâtre de plein air de Križanke.
- En février, ne pas manquer le carnaval Kurentovanje de Ptuj qui met en scène le Kurent. Ce personnage est vêtu d’une peau de mouton retournée et d’une toque surmontée de cornes, ses yeux sont cerclés de rouge et il a un long nez blanc, une langue pendante, et des dents apparentes. Il porte de nombreuses clochettes à sa ceinture. Pendant plusieurs jours, les Kurenti passent de maison en maison pour chasser les démons de l’hiver et aborder l’abondance.
- Les plus sportifs pourront assister à la compétition de slalom et de slalom géant comptant pour la Coupe du Monde féminine (à Pohorje) ou à une des épreuves de la coupe du monde de saut à skis à Planica.





 




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