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Sicile

Culture

Le théâtre de marionnettes

Le théâtre des marionnettes géantes à fils ou teatro dei pupi prit naissance en Italie et en Sicile au XVIe siècle puis se développa aux XVIIIe et XIXe siècles pour devenir un spectacle populaire qui s'est largement maintenu en Sicile jusqu'aux années 50. Le plus extraordinaire était cependant la grandeur et le harnachement de ces poupées de bois. Elles mesuraient environ 80 cm à Palerme et 1,20 m à Catane et Aci, et étaient recouvertes de superbes habits aux couleurs chatoyantes et d'armes damasquinées. On peut encore voir quelques spectacles dans différentes villes de Sicile.

La Sicile et le cinéma

Le plus connu des metteurs en scène siciliens est Giuseppe Tornatore, né à Palerme en 1956. On lui doit le merveilleux Cinéma Paradiso (1989), plein de nostalgie et d'émotion, Ils vont tous bien avec Mastroianni à la recherche des siens, et Marchand de rêves dont l'action se déroule sur l'île aux trois caps.
La Sicile a également inspiré, sinon servi de toile de fond à de très beaux films : Divorce à l'italienne de Pietro Germi (1961) ; Salvatore Giuliano (1961) de F. Rossi, qui retrace l'épopée du célèbre bandit sicilien ; puis l'admirable Guépard de Luchino Visconti (1963) ; Kaos, contes siciliens des frères Taviani (1984), tiré des nouvelles de Pirandello ; Oublier Palerme de F. Rosi (1990), tiré du roman d'Edmonde Charles-Roux. Le Parrain, nos 1 et 2 (1972) et no 3 (1990) ; Le Grand Bleu de Luc Besson, dont une partie se passe à Taormina ; et enfin Le Facteur (1994) de Michael Radford tourné à Salina avec Philippe Noiret, souvent présent dans les films italiens.

Médias

Journaux et livres

Les deux grands quotidiens nationaux sont La Repubblica (centre gauche) et Il Corriere della Sera (centre droit). Il existe aussi de nombreux journaux locaux comme La Gazzetta del Sud à Messine ou Il Giornale di Sicilia à Palerme. La Gazzetta dello Sport est très populaire en Italie avec 450 000 exemplaires quotidiens, tout comme le journal économique Il Sole 24 Ore. Parmi les newsmagazines hebdomadaires, citons L'espresso et Panorama.
À Palerme et dans les principales villes, vous trouverez une sélection des quotidiens et hebdomadaires français avec 24 h de retard. Certaines librairies, dans les grands centres, ont un rayon d'ouvrages en français avec un choix de livres de poche.

Radio

La radio d'État, la RAI, est toute puissante mais on compte aussi des dizaines de radios libres. De plus, sur les grandes ondes, selon l'endroit où l'on se trouve, on peut parfois capter certains postes français tels que Radio Monte-Carlo, Europe 1, France Inter, etc. Radio Vaticana diffuse des informations en français, presque toutes les heures.

Télévision

La RAI est la télévision publique italienne, avec trois chaînes. Difficile de parler de la télévision italienne sans évoquer le groupe Fininvest de " Monsieur Télévision ", Silvio Berlusconi. Le monopole d'État ayant été levé en 1975, les chaînes privées envahirent le petit écran. Mais en 1970 il prend le contrôle de Canale 5, puis dans le début des années 80 il acquiert Italia 1, puis Rete-Quattro. Spectacle et show-business à l'américaine servent l'image de la droite italienne.
À noter également, quelques télé-évangélistes ou cartomanciennes qui cherchent à tout prix à vanter leurs dons de médium pour faire gagner au Loto, récupérer l'amour de son mari, avoir la barakka, etc. Il est possible de capter France 2 et TV5 sur presque tout le territoire.

Musées, sites et monuments

Horaires

Question horaires, nous l'avons dit, c'est l'anarchie la plus totale. En principe, les musées sont ouverts tous les jours de 9 h à 14 h et de 15 h à 18-19 h ; le dimanche, de 9 h à 13 h ; fermés le lundi. Variable, bien vérifier avant de tenter l'aventure !

Tarifs

La plupart des tarifs demeurent élevés. Cependant, certains sont tout à fait abordables. Les étudiants en histoire de l'art ou en architecture peuvent entrer gratuitement dans certains musées. Les jeunes de moins de 18 ans ainsi que les personnes âgées de plus de 65 ans faisant partie de l'Union européenne bénéficient de réduction ou de gratuité dans bon nombre de musées et sites nationaux.

La musique

La musique en Sicile est une affaire de cœur, peu ou pas d'école : la tradition populaire fut assez forte pour influencer les mélomanes en herbe.
- Alessandro Scarlatti (1660-1725) : né à Palerme, il est l'auteur de près de 115 opéras sans compter 600 cantates. Son œuvre la plus connue est Il Trionfo dell'Onore.
- Domenico Scarlatti (1685-1757) : fils du précédent, né à Naples. Il eut une vie aussi prolixe que celle de son père. Il est surtout connu pour ses sonates pour clavecin ; il en a écrit plus de 500.
- Puis c'est au tour de Bellini Vincenzo (1801-1835) : né à Catane, il consacra sa courte vie à l'Opéra. Nous lui devons la Norma et les Puritains.
- La Sicile influença par ailleurs Verdi et ses Vêpres siciliennes.

Philosophes

- Platon, originaire de Grèce né en 427 av. J.-C., s'installa à Syracuse en 388 av. J.-C. à la demande de Dion, frère du Tyran Denys 1er. Il voit dans la Sicile le lieu idéal pour installer l'État utopique décrit dans La République.
- Archimède, né à Syracuse en 287 av. J.-C. : son œuvre scientifique fut considérable. Ce savant génial nous laissa son célèbre traité des corps flottants et son non moins célèbre théorème, fruit d'une cogitation lors de son bain quotidien.

Le baroque

Le baroque, omniprésent en Sicile, est l'aboutissement de l'œuvre des jésuites du Basque Ignace de Loyola. Conséquence de la Réforme, l'Église catholique a vu ses lieux de culte désertés par une masse de plus en plus nombreuse de pratiquants. Une politique globale genre campagne de marketing a été organisée par la Compagnie de Jésus (1540) du précité Ignace. De l'architecture à la peinture en passant par la musique et la sculpture, tout a dû être revu et réinventé pour attirer à nouveau les fidèles et les déserteurs de l'Église. Suprême et incroyable coup de pouce du destin, ou de Dieu : le séisme de 1669 et surtout celui de 1693 ont obligé les autorités à repenser entièrement l'urbanisme des villes détruites ; à l'est : de Noto à Raguse en passant par Avola, Sicli, Modica, Victoria, etc., et à l'ouest : de Palerme à Bagheria et Trapani.

Architectes, urbanistes, sculpteurs et peintres ne pouvaient que renforcer le développement de ce nouveau style dans l'île.
Les plus grands d'entre eux furent G. B. Vaccarini, originaire de Palerme (1702-1769), puis G. Amato, originaire également de Palerme, R. Gagliardi, originaire de Syracuse (1680-1726), celle de Raguse et celle de Modica.

La sculpture est représentée par G. Serpotta (1652-1732) et la peinture par M. Merisi (1573-1610), dit le Caravage, qui fit un séjour en Sicile, dont l'œuvre la plus connue est L'Enterrement de sainte Lucie.

Le mouvement et la contorsion semblent être les éléments communs à tous ces artistes ; fini le beau statique, hiératique, l'équilibre des formes ; il faut plaire, attirer, étonner et non reposer l'esprit ; les pilastres deviennent colonnes et vont jusqu'à se torsader ; les vides se remplissent de statues de marbre en extase et de toiles qui font l'éloge de saints et de martyrs ; les façades ne connaissent plus la ligne droite ; tout devient jeux de perspective, présentation théâtrale ; le foisonnement du décor va jusqu'à l'extrême : angelots, têtes de sarrasins, grotesques, lions et sirènes se multiplient à tous les encorbellements et sur tous les encadrements ; les balcons s'enflent tels des jabots d'oies, les grilles des fenêtres deviennent ventrues. Toute surface devient objet de sculptures.





 



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