LE CHOLÉRA EST ÉPIDÉMIQUE AU SÉNÉGAL DEPUIS DÉBUT 2005. C'est une maladie grave lorsque l'on est loin
de tout centre médical de bonne qualité. À l'inverse, il se soigne très
bien dans une structure hospitalière adéquate.
Il convient d'être vigilant à propos de toute diarrhée qui serait constituée d'émissions liquides abondantes, sans fièvre.
En cas de symptômes évocateurs (« diarrhée » aqueuse abondante et incolore, qui dure depuis plus de 48 h, sans fièvre) :
- se faire rapatrier d'urgence en évitant de prononcer le mot « choléra » avant d'avoir quitté le pays ;
- dans l'attente, se réhydrater au maximum.
- en dehors de la compagnie d'assistance, n'hésitez pas aussi à faire
appel aux médecins des ambassades et aux médecins européens occupant
des postes de coopération.
Cette maladie n'est contractée que de manière exceptionnelle par les touristes.
Diminuer le nombre de piqûres de moustiques. En particulier DÈS QUE LE SOLEIL COMMENCE À BAISSER !
- Ne dormir que sous moustiquaire imprégnée d'insecticide.
- Utiliser abondamment des répulsifs antimoustiques cutanés, des serpentins antimoustiques.
-
Porter (à l'extérieur), dès la tombée du jour (surtout dans un milieu
humide), des vêtements recouvrant au maximum le corps, serrés aux
extrémités.
Tant que le soleil est bien haut, on peut relâcher sa vigilance, du moins en ce qui concerne le paludisme.
- La
consultation avant le départ est indispensable. De toute façon, les
médicaments que l'on utilise actuellement ne sont délivrés que sur
ordonnance.
- Sauf raison impérieuse, un enfant en bas âge ou une femme enceinte ne devraient pas voyager en zone impaludée.
Les diarrhées peuvent être grave :
- S'il y a de la fièvre.
- Si elle s'accompagne d'émissions de glaires et/ou pus et/ou sang.
-
Eau abondante : les émissions ne contiennent plus de matières fécales,
mais sont constituées d'une « eau de riz », d'un liquide incolore.
Dans tous ces cas, consulter rapidement un médecin.
Une diarrhée n'est donc pas grave :
- Si elle ne s'accompagne pas de fièvre.
- Et si elle est simplement constituée de selles anormalement molles.
C'est heureusement le cas de loin le plus fréquent.
Dans tous les cas, bien noter les recommandations suivantes :
- Cessez de consommer les aliments qui contiennent des fibres
alimentaires (légumes, fruits), au profit de ceux qui n'en contiennent
pas (riz en particulier).
- Assurez une bonne hydratation.
- Les crudités peuvent
poser un réel problème, surtout en brousse, pouvant être souillées par
ce que nous appellerons pudiquement l'« engrais humain ».
- Les viandes
ne posent pas trop de problèmes. Il suffit de s'assurer qu'elles ne
sont pas trop faisandées et surtout qu'elles sont bien cuites. Sur le
plan sanitaire, c'est le mouton qui pose le moins de problèmes, et le
porc (rare au Sénégal) qui en pose le plus.
- Les poissons d'eau douce et les poissons de mer ne posent pas de problème en Afrique de l'Ouest, lorsqu'ils sont frais, bien entendu.
- Les produits laitiers
peuvent comporter un risque. On trouve du lait pasteurisé dans les
supérettes des villes importantes. Mêmes remarques pour les glaces, sauf
si l'on est sûr qu'elles proviennent d'une industrie bien contrôlée.
- SE LAVER LES MAINS au savon de Marseille, ongles coupés court.
-
Demander aux Européens vivant dans chacune des localités si l'on peut
boire l'eau du robinet (c'est rarement le cas). Parfois, elle est d'une
hygiène parfaite, mais celle-ci est souvent obtenue au prix d'une
javellisation extrême.
- Essayer de consommer des boissons «
industrielles » : eaux dites de source, limonades, boissons aux fruits
ou au cola. Veillez à ce que ces eaux vous arrivent non décapsulées.
- Thé et café : pas de problème.
-
Ne pas hésiter à faire des orgies de fruits frais, pressés devant vous :
c'est une boisson stérile, réhydratante, bourrée de vitamines et de
sels minéraux.
- Enfin, si vous êtes coincé en brousse, prenez l'eau
que vous trouvez, mais vous attendrez 2h avant de la boire, le temps
que votre comprimé antiseptique fasse effet (Micropur® DCCNa). Vous
pouvez aussi la porter à ébullition ou la filtrer vous-même avec les
filtres microbiens portables adéquats (type Katadyn®)) : les filtres
bactériens ont fait de grands progrès en fiabilité et en réduction de
taille.
Pensez à ne pas prendre de glaçons, qui ne sont sûrement pas faits avec une eau stérilisée.
Il
faut boire plusieurs litres par jour. S'il fait vraiment très chaud et
très sec, il faut apporter de l'eau (beaucoup) et du sel : sursaler son
alimentation ou, au besoin, avaler régulièrement quelques pilules de
sel.
- Pas de baignade en eau douce stagnante : risque de bilharziose et autres parasitoses.
- Si l'on se vautre sur une plage également fréquentée par des
chiens, on peut attraper un de leurs parasites : c'est ce que l'on
appelle la larva migrans. Une petite larve viendra se balader sous votre
peau : c'est impressionnant, ça gratte, mais ce n'est pas bien grave.
Il faut emporter avec soi des préservatifs, car ils ne sont pas partout disponibles, et leur qualité n'est pas aussi bien contrôlée qu'en Europe.
Force est de constater que nombre d'arnaques, voire d'agressions, subsistent, principalement dans l'agglomération dakaroise, et concernent également les locaux. Certains lecteurs nous reprochent d'être trop alarmistes, car ils n'ont connu aucun accroc pendant leur voyage. Tant mieux pour eux ! Mais les chiffres de la criminalité parlent d'eux-mêmes, et les journaux relatent des actes de violence qui choquent les Sénégalais « provinciaux ».
Pour le contrer, une vieille pratique a ressurgi : dans les quartiers périphériques de Dakar, les habitants ont pris les choses en main, assurant des rondes à tour de rôle par pâtés de maisons : si un malfrat est pris, il est tabassé copieusement et livré à la police quel que soit son état...
Pour diminuer les tentations, évitez les signes extérieurs de richesse, prenez juste le nécessaire pour votre sortie. Gardez vos distances avec les gens qui vous abordent à Dakar. N'acceptez pas les gris-gris qu'on vous offre prétendument sans contrepartie, parce que vous êtes « particulièrement sympathique ».
Une grande partie du littoral est longée par une barre qu'il vaut mieux ne pas franchir sous peine d'y rester. Par endroits, les courants sont assez forts, notamment vers M'Boro, sur la Grande Côte (au nord de Dakar), et du côté de Yène, Toubab Dialaw, Popenguine, au sud de Dakar. Les lames de fond y sont fréquentes et peuvent vous emporter en moins de deux, alors ne laissez pas les enfants sans surveillance. Évitez les bains de rivière, surtout lorsque le courant est faible, à moins de vouloir courir le risque d'attraper la bilharziose.
Dans certains endroits, on peut en voir circuler beaucoup. Du haschich à l'ecstasy, on vous proposera peut-être jusque sur la plage d'atteindre les paradis artificiels. Peut-être même essaiera-t-on de vous en fourguer à votre insu !
Attention, les lois sont très strictes vis-à-vis de la drogue. Méfiance donc, les petits dealers (parfois de mèche avec les forces de l'ordre !) n'attendent qu'une chose : un pigeon qu'ils pourront immédiatement dénoncer !
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