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![]() Un peu d’histoire San FranciscoFondation En 1579, le grand corsaire anglais Francis Drake jette l’ancre non loin de
la baie de San Francisco et prend possession du territoire au nom de la reine
d'Angleterre. La Californie avait été « découverte » peu de temps
auparavant par Cortés, mais les Espagnols n'en avaient pas encore exploré le
nord. La ruée vers l’or En janvier 1848, San Francisco n'est encore qu'un tout petit village de pêcheurs
quand la découverte d’une première pépite d’or, à 220 km de là, change son destin.
C'est le début de la ruée vers l’or et du mythe de San Francisco. En à peine
2 ans, toute la région est envahie d'aventuriers, de mineurs, de chômeurs, de
filles de joie, de commerçants et de scélérats de tout poil, venus du monde
entier. L’ère du blue jean En 1847, Levi Strauss, un immigré juif de Bavière, arrive à San Francisco avec pour toute fortune un lot de bâches bleues. Ne pouvant les vendre, il commence à les tailler pour en faire des pantalons. Leur solidité est accueillie avec succès par les chercheurs d'or. Le tissu, importé de Nîmes, explique son nom en anglais : denim. Le mot jean vient quant à lui de Gênes, port italien d'où le tissu est expédié vers les États-Unis. Le pantalon de Levi Strauss, baptisé blue jean, connaît immédiatement un succès fulgurant et devient le symbole de la réussite californienne, avant de devenir un symbole américain à part entière. Expansion En 1850, quand la Californie devient un État américain, San Francisco est déjà une ville importante et en forte croissance. La ville s’organise selon un tracé à la mode américaine, avec des blocs carrés et des rues perpendiculaires. En 1860, une première liaison télégraphique est inaugurée vers l’Est. Dix ans plus tard, le chemin de fer reliant New York et San Francisco, via Chicago, est achevé, notamment grâce à l’effort de nombreux ouvriers chinois. Attirés par la ville californienne, ces derniers s’y installent et fondent Chinatown. La cité s’enrichit de plus en plus. Afin d’améliorer son réseau en surmontant le handicap des collines, les célèbres cable-cars son créés. L’expansion atteint son apogée à l’aube du XXe siècle. Rayonnement littéraire Le rayonnement culturel de San Francisco entre 1850 et 1950 doit énormément
à trois écrivains emblématiques de la ville. Le premier est Jack London, auteur
des célèbres romans Croc-Blanc et L'Appel de la forêt, qui a le
premier dénoncé l’imposture du « rêve américain » avant de devenir
l'un des premiers millionnaires de l'histoire de l'édition. Les tremblements de terre San Francisco, comme toute la Californie, est situé sur la grande faille de l'océan Pacifique, appelée faille de San Andreas. C'est donc une région tectonique instable. En 1906 a lieu un terrible tremblement de terre, le premier véritablement important de son histoire. 28 000 maisons (les 4/5e de la ville) furent détruites par l’incendie qui s’ensuivit et qui embrasa la ville pendant 3 jours. Les puritains de l'époque ne manquèrent pas d’affirmer que la catastrophe représentait la punition divine méritée pour une ville décadente et dévoyée. Le séisme d'octobre 1989 (7,1 sur l'échelle de Richter) fut dramatique
et provoqua l’effondrement du Bay Bridge, l’autre grand pont de la ville avec
le Golden Gate. En dehors des victimes piégées sur ce pont, il n'y eut heureusement
que très peu de morts en ville. Les normes antisismiques rigoureuses appliquées
aux immeubles se révélèrent d'une totale efficacité. Seules certaines maisons
en bois du quartier de Marina s'écroulèrent à la suite de glissements de terrain.
Le berceau des beatniks Le mouvement « beatnik » n'est pas une mode, ni un comportement nouveau. C'est avant tout une nouvelle forme de poésie et d'écrits, qui s'inspire en partie des expériences de Rimbaud et des surréalistes, des romans de Joseph Conrad et bien sûr du jazz (le rock n’étant pas encore né). San Francisco apparaît donc comme la ville la plus « littéraire » des États-Unis. En 1988 eut lieu un événement considérable : 12 rues changèrent de nom pour honorer des écrivains et artistes nés ou ayant travaillé à San Francisco. Parmi eux, Jack London et Jack Kerouac, bien sûr, mais aussi Bob Kaufman, Samuel Beckett, Dashiell Hammett, Mark Twain, Isadora Duncan, etc. La libération hippie Pour toute une génération, San Francisco fut la ville symbole de la libération
hippie. En 1963, lors des marches de contestation du Free Speech Movement, la
chanteuse Joan Baez prend le micro sur le campus de l’université de Berkeley
pour appeler à lutter contre la censure et pour la liberté de parole. Un an
après, l'agitateur d'idées et « grand gourou » du LSD, Timothy
Leary, accompagné des représentants de la beat generation Allen Ginsberg,
Jack Kerouac et William Burroughs, annonce officiellement l'avènement de la
« révolution psychédélique », relais entre le mouvement beatnik et
la génération « hip ». Les étudiants de Berkeley rebaptisent leur
université « Trip City ». Des années hippies aux années gays Les « hips » lisent Zap Comics, la revue rigolote vendue à
la criée dans les rues. Le soir, la scène franciscaine se retrouve aux grands
concerts du Fillmore Auditorium organisés par Bill Graham, gourou du « San
Francisco sound ». De gigantesques festivals gratuits ont lieu au Golden
Gate Park, les Human Be-In. En 1967, l'« été de l'Amour » attire
à San Francisco plus de 500 000 personnes qui viennent pour la musique,
pour l'amour, mais aussi pour les hallucinogènes, notamment le LSD. Les abus
en tout genre et les désillusions auront raison du mouvement dès 1969,
aussitôt après le festival de Woodstock et la mort de Janis Joplin et de Jimi
Hendrix la même année. Quelques purs et durs garderont le flambeau peace and love,
comme Santana et Grateful Dead. La question des sans-abris Si elle n'est que la 13e ville du pays par la taille, San Francisco
est la 3e par le nombre de sans-abris dans ses rues. Ils sont estimés
à environ 16 000, dont un tiers serait toxicomane et un autre tiers
schizophrène. Cette situation très particulière s'explique par la volonté d'un
certain gouverneur, Ronald Reagan, à la fin des années 1970, de faire des
économies dans le budget de l'État. On ferma donc bon nombre d'institutions
s'occupant de malades mentaux légers parmi lesquels d'anciens du Vietnam traumatisés
par la guerre. |
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