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Un peu d’histoire San Francisco

En 1579, le corsaire anglais Francis Drake aborde la côte californienne, à quelques jets d'ancre de ce qui ne s'appelle pas encore la baie de San Francisco, et prend possession du territoire au nom de la reine d'Angleterre.
La Californie avait été « découverte » peu de temps auparavant par Cortés, mais les Espagnols n'en avaient pas encore exploré le Nord.
Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que la baie elle-même est découverte, par des missionnaires espagnols : cachée par le brouillard, elle avait échappé aux investigations précédentes ! Saint François d'Assise étant le patron de ces missionnaires, la ville prend le nom de San Francisco. On construit alors une première église qui lui est dédiée, et des colons espagnols venus du Mexique commencent à s'y installer...

Les chercheurs d'or

En 1848, San Francisco n'est qu'un tout petit village de pêcheurs, quand, un jour, à quelque 220 km de là, John Marshall apporte à son patron, le Suisse John Sutter, la première pépite d'or.
C'est le début du mythe de San Francisco. En à peine 2 ans, toute la région est envahie d'aventuriers, de mineurs, de chômeurs, de filles de joie, de commerçants et de scélérats venus du monde entier. S.F. pousse comme un champignon. De là vient le nom de la Golden Gate : la porte de l'Or, parce qu'en la franchissant, on pénétrait au pays de l'or...
Une dizaine d'années plus tard, le filon est tari. Mais après l'or, l'argent fait son apparition dans les montagnes des environs. La ville sort peu à peu de son ambiance Far West pour prendre des allures de métropole plus sérieuse, avec ses banques, ses commerces et ses bureaux.
Aujourd'hui, le nouvel eldorado n'est plus l'or, l'argent ou encore le pétrole, mais l'informatique et la viticulture. Les Silicon et autres Napa Valleys ont éclipsé la Sierra Nevada.

San Francisco, berceau de Jack London et des Beatniks

Jack London est né dans la ville des chercheurs d'or. C'est son talent de conteur, d'abord dans la presse, puis à travers des romans devenus classiques, qui fera de lui l'un des premiers millionnaires de l'histoire de l'édition.
L'un de ses fils spirituels est un autre Jack : Kerouac. Comme London, Jack Kerouac (né dans le Massachusetts) prit la route très tôt et fit tous les métiers avant de devenir célèbre en écrivant des romans. Kerouac ira encore plus loin dans la révolte et la quête artistique. Sa bande de copains poètes l'a probablement encouragé dans cette voie. S.F. fut le creuset du mouvement beat. Un mot qui viendrait, selon son « pape » Kerouac, de « béatitude ». En argot, beat signifie également « pulsation », « au bout du rouleau » et « vagabond ».
Tout a commencé en 1955... Allen Ginsberg venait de terminer Howl, et ce poème fut le point de départ d'un mouvement de rupture et de ralliement qui avait pour objectif de dénoncer les existences animées par l'ambition.
Aussi important qu'Allen Ginsberg (disparu en 1997) et Kerouac, leur grand ami William S. Burroughs est une autre figure essentielle de la littérature américaine moderne.
S.F. est sans doute la ville la plus « littéraire » des États-Unis. En 1988, douze rues changèrent de nom pour honorer des écrivains et artistes nés ou ayant travaillé à San Francisco.

Génération hippie

S.F. fut la ville symbole de la libération hippie. C'est en effet dans la Bay Area que tout démarra : à l'université de Berkeley et dans le quartier de Haight-Ashbury.
En 1963, lors des marches de contestation du Free Speech Movement, Joan Baez prend le micro sur le campus de Berkeley pour appeler à lutter contre la censure et pour la liberté de parole. Un an après, Timothy Leary, accompagné des représentants de la Beat Generation Allen Ginsberg, Jack Kerouac et William Burroughs, annonce officiellement l'avènement de la « révolution psychédélique », relais entre le mouvement beatnik et la génération hip.
À partir de 1965, depuis la mémorable Halloween Acid Party, la musique propage ces discours révolutionnaires grâce à l'émergence d'une scène locale incroyablement active - que l'on retrouvera par la suite au grand complet au festival de Woodstock (sur la côte est).
En 1966, le mouvement prend un nom : dans la revue Rolling Stone, éditée à San Francisco, l'écrivain Hunter Thomson est l'un des premiers à employer le terme de « hippies », qui semble vouloir dire « ceux qui ont pigé » en argot noir. Ils se sont trouvé un quartier : Haight-Ashbury, aussitôt rebaptisé « Hashbury » (jeu de mots) avant de devenir pour le monde entier « Hippyland ».
De gigantesques festivals gratuits se tiennent au Golden Gate Park, les Human Be-In. En 1967, l'« été de l'amour » attire plus de 500 000 personnes à San Francisco. Ces runaways arrivent de partout pour goûter à ce courant de liberté.
Les abus et désillusions auront raison du mouvement dès 1969, après le festival de Woodstock et la mort de Janis Joplin et de Jimi Hendrix. Quelques purs et durs garderont le flambeau peace and love.

Les tremblements de terre

San Francisco, comme toute la Californie, est située sur la grande faille de l'océan Pacifique, appelée faille de San Andreas. C'est donc une région tectonique instable. En 1906 eut lieu un terrible tremblement de terre.
Jusqu'ici on ne parlait que de la faille de San Andreas, qui provoque une ou deux secousses de magnitude 3 chaque jour, mais depuis quelques années les scientifiques s'intéressent à la faille de Hayward qui traverse, plus à l'intérieur, Oakland, Fremont, et qui est assez proche de Berkeley et de San Jose. Cette faille est pour le moment paresseuse, mais elle inquiète néanmoins.
Quant au « Big One », il fait l'objet d'une sollicitude de tous les instants, au travers d'enregistrements permanents des vibrations du sol. Il devrait toucher, selon les experts, la région proche de San Bernardino, entre San Francisco et Los Angeles, région heureusement peu habitée et dont la plupart des constructions sont aux normes prévues.