Les plus anciens habitants de l'île étaient les Indiens arawaks. Les traces de leur passage sont à présent conservées au musée de Marigot... Ils ont complètement disparu, décimés par les maladies importées par les conquistadores. Au XXe siècle, Saint-Martin a connu - et elle connaît encore - une véritable explosion démographique.C'est le développement du tourisme qui est à l'origine de ce boom : jusqu'aux années 1960, beaucoup de Saint-Martinois s'exilaient dans les îles voisines (Saint-Domingue ou Aruba et Curaçao), voire aux États-Unis, pour trouver du travail. Métropolitains vivant du tourisme ou venus pour couler une retraite ensoleillée, Haïtiens fuyant la misère, Dominicains (de Saint-Domingue), Dominiquais (de la Dominique) à l'étroit sur leur île et à la recherche d'une vie plus facile, ils sont nombreux à avoir choisi Saint-Martin. L'île compterait au total entre 70 et 100 nationalités, et on y entend donc parler pas mal de langues différentes. De nombreux quartiers accueillant les nouvelles populations immigrées, par exemple dans la Middle Region, à Sandy Ground ou à Quartier d'Orléans, contrastent fortement par leur pauvreté avec les résidences défiscalisées qui, de plus en plus, colonisent les pentes des mornes... Début 2006, on a craint une menace d'affrontement racial lorsque, au cours d'un contrôle routier, un gendarme venu de la métropole est mort percuté par un motard. Une poignée de jeunes du coin (qui se « sentent » très peu français) aurait alors accompagné son agonie de propos à caractère raciste anti-Blancs. Si l'on a évoqué à ce sujet un climat tendu sur l'île, c'est avant tout la manifestation d'une misère sociale rampante au sein d'une population jeune dont les perspectives d'avenir restent désespérément bouchées (30 % de chômage chez les moins de 25 ans), à moins de se résoudre à un exil vers les autres îles caraïbes (dont ils partagent la langue) ou vers les banlieues des villes américaines (dont ils partagent la culture).