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Un peu d’histoire Rome

Au début

En réalité, à partir du IIe millénaire av. J.-C., deux vagues successives d'envahisseurs indo-européens vinrent se mêler aux éléments méditerranéens indigènes pour donner naissance à des peuples très diversifiés. La tradition admet la fusion des deux peuples et l'existence de successeurs latino-sabins à Romulus.
Les premiers à tenter l'unification politique et culturelle de la péninsule italienne furent les Étrusques, les véritables fondateurs de Rome.
Les remparts remontent au IVe siècle av. J.-C.
Rome était déjà la plus puissante cité du Latium quand la monarchie étrusque fut renversée par l'aristocratie romaine en 509 av. J.-C., mettant en place un système républicain.

La République romaine

Premiers aspects

Le gouvernement républicain reposait sur l'équilibre des pouvoirs.
À l'extérieur, la République romaine étendit petit à petit son pouvoir.
Une des plus importantes guerres de cette époque fut celle qui l'opposa à Carthage (non loin de l'actuelle Tunis), la seule cité qui pouvait réellement menacer l'hégémonie de Rome sur cette partie du monde.

Un colosse aux pieds d'argile

La nouvelle dimension de la République romaine changea aussi la société, et ce dès le IIe siècle av. J.-C. L'hellénisation des arts, de la langue, de la culture, ainsi que l'enrichissement des élites romaines, la montée des grandes familles plébéiennes creusèrent le fossé avec le peuple, ruiné par des guerres incessantes.
Spartacus fut à la tête de la plus importante des grandes révoltes d'esclaves.
Onze ans après cette révolte, le grand Jules était prêt à entrer en scène. En 60 av. J.-C., trois consuls (Crassus, Pompée et César) formèrent le premier triumvirat ; pour César, la route vers le pouvoir était désormais ouverte.

Les derniers soubresauts de la République

Le triumvirat fut dissous après la nouvelle de la mort de Crassus, et Pompée, personnage ambitieux, se fit nommer par le Sénat Premier consul extraordinaire, avec les pleins pouvoirs. Il exigea le rappel de César et le licenciement de ses troupes. Furieux, celui-ci franchit le Rubicon en grommelant « Alea jacta est » (« Le sort en est jeté »). Il marcha sur Rome avec ses légions, et fut nommé dictateur la même année. Vaincu, Pompée s'enfuit.

L'Empire romain

Règlements de comptes

Après la mort de César, le monde romain connut un moment de flottement avant qu'Octave, neveu de César, ne puisse s'imposer. Son principal rival fut Marc Antoine.
Une fois vaincu à Modène, Marc Antoine se rapprocha d'Octave et, avec Lépide, l'ancien maître de cavalerie de César, forma le deuxième triumvirat en 43 av. J.-C. Les triumvirs éliminèrent le parti républicain en faisant assassiner Cicéron, et écrasèrent les conjurés Brutus et Cassius à Philippes. Puis ils se partagèrent le monde romain. Octave prit l'Occident, Lépide l'Afrique (il fut déposé très vite, en 36 av. J.-C.). Quant à Marc Antoine, il épousa la sœur d'Octave et obtint l'Orient. Cléopâtre inspira à Marc Antoine, comme à César, le rêve d'un nouvel ordre mondial. Elle était la dernière descendante des généraux d'Alexandre et, depuis sa mort, l'Asie était constellée de cités hellénistiques qui attendaient le retour de ses successeurs. César, Marc Antoine et Cléopâtre avaient l'ambition d'additionner les conquêtes d'Alexandre et celles de Rome dans un monde unifié et éternel.
Marc Antoine s'attira ainsi la haine de l'Occident romain, fier de ses valeurs et qui vit en lui un traître à abattre. Vaincu en mer à Actium le 2 septembre 31 av. J.-C. par Octave (son beau-frère, donc) dont les troupes assiégeaient aussi Alexandrie, il se donna la mort sur une fausse annonce du suicide de Cléopâtre. Désormais, Octave régnait seul.

Le premier Empire

Pour la première fois, toutes les terres bordant la Méditerranée appartenaient à un même ensemble politique. Octave allait tenter d'en faire un État unifié. Il commença par garantir les frontières et réorganiser l'administration des provinces. La longueur de son règne lui permit d'édifier lentement mais sûrement la nouvelle civilisation impériale.
Le « siècle d'Auguste » vit le triomphe de la littérature latine classique : Virgile, Tibulle, Properce, Ovide et Tite-Live. C'est aussi à cette époque que se définit l'art romain.

L'ère chrétienne et Néron

Selon la tradition, saint Pierre arriva à Rome après maintes tribulations et en devint le premier évêque avant d'être martyrisé sous Néron en l'an 64, dit la légende. En fait en 67, et peut-être pas si martyr que ça. Il serait enseveli sur le mont Vatican, au lieu même où s'élève la basilique qui porte son nom.
Cinquante ans après la mort de Néron, la légende prend corps. Fou et cruel, il le fut assurément, mais ni plus ni moins que ses prédécesseurs ou que ses successeurs. Son bilan est même largement positif : il préserve la paix et consolide l'Empire par la diplomatie.

L'âge d'or de l'Empire romain

L'apogée de l'Empire romain se situe autour du règne des empereurs de la dynastie des Antonins, Nerva, Trajan, Hadrien, Antonin et Marc Aurèle, période qui va de l'an 96 à l'an 192.
Ce IIe siècle vit s'installer des régimes stables, modérés.
Marc Aurèle, prince philosophe, instaura une monarchie impériale éclairée et humaniste, mais mena des guerres permanentes.

L'Empire est débordé

En 180, le fils de Marc Aurèle, Commode, se tourna vers un régime absolutiste et théocratique. On assassina beaucoup dans l'Empire romain à cette époque Il fut trucidé dans son bain le 31 décembre 192. Entre-temps, les Barbares s'agitaient aux limites de l'Empire.
C'est ainsi que Septime Sévère, un Africain, fut porté au pouvoir par ses soldats et sortit vainqueur de péripéties certes sanglantes mais pourtant contenues.
En l'an 212, Caracalla donna à tous les hommes libres de l'Empire romain la citoyenneté romaine.
À partir des années 230, l'Empire subit un assaut généralisé de la part des Barbares.
Entre 235 et 268, ce sont les Trente Tyrans. La grande crise du IIIe siècle, les légions ne cessent de se révolter et les généraux se succèdent au pouvoir, l'Empire se disloque.

La fin de la puissance de Rome

L'essor du christianisme

Le 25 juillet de l'an 306, Constantin Ier fut proclamé premier empereur par ses légions de Germanie. Au même moment à Rome, Maxence, porté par sa garde prétorienne, devenait lui aussi empereur ! Le choc final se produisit le 28 octobre 312, à la bataille du Pont-Milvius. C'est après cette bataille, dont il sortit vainqueur, que Constantin favorisa ouvertement la religion chrétienne par l'édit de Milan (313).

Où l'Église prend goût au pouvoir

Débuts et expansion de l'Église romaine

Dès le IIe siècle, l'évêque de Rome possédait une certaine prééminence, le « primat de Pierre » étant un fondement de l'autorité pontificale. Quand l'Église se développa dans le cadre de l'Empire romain grâce à Constantin Ier, elle reçut une position officielle qui marqua une étape fondamentale dans son histoire.

Rome perd sa toute-puissance

Sous le règne d'Honorius, le 24 août 410, les Wisigoths, le roi Alaric à leur tête, pénétrèrent dans Rome.
Puis ce fut au tour des Vandales, cousins germains des Wisigoths.

L'Église : un État dans l'État

Le 14 avril 754 à Quierzy, au nord-ouest de Paris, le pape Étienne II rencontra Pépin le Bref, roi des Francs, pour signer un traité qui allait donner à l'Église un État placé sous la souveraineté des papes (il ne sera véritablement fondé qu'après une intervention militaire de Pépin en Italie contre le roi des Lombards).
En échange, le pape reconnaissait la légitimité royale de la dynastie des Carolingiens. Cette alliance permit d'une part à l'Église de se dégager définitivement de la tutelle politique de Byzance (Constantinople), d'autre part de renforcer les liens entre le royaume franc et la papauté, ce qui constituera l'un des facteurs politiques primordiaux de l'Occident. En effet, la défense de l'Église romaine sera l'un des devoirs de tous les souverains... mais aussi source de nombreux conflits.

Charlemagne et son grand Empire

L'an 771 voit l'avènement de Charlemagne, qui finit par écraser les Lombards et conquérir toute la moitié nord de l'Italie (774). Le 25 décembre de l'an 800, il est sacré empereur d'Occident, à Rome, dans la basilique Saint-Pierre, par le pape Léon III.
L'Empire carolingien s'étend désormais de la mer du Nord à l'Italie et de l'Atlantique aux Carpates. À la mort de Charlemagne, son fils Louis le Pieux hérite de l'Empire. Miné par les querelles intestines et une incapacité à lutter contre les raids vikings, l'ensemble constitué par Charlemagne est divisé en 843 entre ses trois petits-fils.
Une fois le royaume de Lothaire Ier disparu (Lotharingie), ce partage est à l'origine de deux pôles majeurs de l'Europe médiévale : le royaume de France et le Saint Empire.
Par ailleurs, plusieurs cités s'organisent en minirépubliques indépendantes. C'est dans cet état d'esprit de compétitivité que s'épanouit la Renaissance.

De l'âge d'or à l'obscurantisme

L'Europe chrétienne, à travers Rome, ne suivit pas la voie tracée par les savants de l'Antiquité (Aristote, Ptolémée...). Les géographes chrétiens durent consacrer toute leur énergie à donner du monde une vision conforme aux dogmes de l'Église : la géographie ne figurait pas parmi les « sept arts libéraux » du Moyen Âge.

La Renaissance

L'élection en 1447 du pape Thomas de Sarzana le début d'une période harmonieuse et épanouie dans l'histoire de l'Église, qui allait aboutir à la reconnaissance de la souveraineté des papes. Ayant pris le nom de Nicolas V, « le » pape de la Renaissance travailla de son côté à rebâtir et à fortifier Rome.
Dès 1492 s'ouvrit un nouvel âge. Le pays allait devenir la proie de l'Europe : la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb ruina la suprématie commerciale de Venise, et les papes furent de timides despotes. Charles VIII, roi de France, envahit l'Italie et se fit couronner roi de Naples, exposant ainsi au grand jour la faiblesse militaire et la désunion politique de l'Italie. Les Français et les Espagnols s'attaquèrent aux provinces italiennes.

Le pillage de Rome

Le 6 mai 1527, des troupes espagnoles et des lansquenets entrent dans Rome et commencent l'énorme pillage de la Ville éternelle. Le pillage de Rome mit fin à la splendeur artistique de la ville pendant la première moitié du XVIe siècle.

L'unification de l'Italie

Du rêve à la réalité

Quand Napoléon se lança dans sa campagne d'Italie le 11 avril 1796, il ne pouvait se douter qu'il serait à l'origine d'un sentiment nationaliste. Cette nouvelle occupation française dura jusqu'en 1814.
Le traité de Paris, en 1814, redonna l'Italie aux Autrichiens, mais le mouvement nationaliste devint de plus en plus actif, et dès 1821 eurent lieu les premières insurrections.

Les premiers pas de l'Italie naissante

Victor-Emmanuel II fut proclamé roi d'Italie en mars 1861. Son royaume comprenait - outre le Piémont et la Lombardie - la Romagne, Parme, Modène, la Toscane, le royaume des Deux-Siciles, les Marches et l'Ombrie. Il restait le problème de la Vénétie et de Rome.
Le 16 juillet 1870, Napoléon III eut la malencontreuse idée de déclarer la guerre aux Prussiens, et le 4 septembre, la nouvelle de la chute de l'Empire français parvint en Italie.
Les troupes pontificales baissèrent les armes devant les Italiens et Rome rejoignit la jeune nation. Le gouvernement italien proposa un acte connu sous le nom de loi des Garanties papales, où l'Italie reconnaissait l'idée d'une Église libre dans un État libre. Il put aussi entretenir une petite force pontificale : les gardes suisses.

De 1870 à nos jours

L'entrée dans le XXe siècle

Tout d'abord, un régime parlementaire fut institué ainsi qu'un système d'élections. À peine 10 ans après la fin des luttes pour l'unité, la droite se retrouva en minorité et la gauche arriva au pouvoir. L'Italie connaissait alors de grosses difficultés : le fossé économique et culturel entre le Nord et le Sud ne cessait de se creuser.
Avec l'unification, la croissance démographique connut son taux le plus haut. C'est aussi à ce moment que l'émigration fut la plus forte : entre 1876 et 1910, environ 11 millions de personnes émigrèrent, surtout vers les Amériques dont l'Argentine, enrichissant les pays d'accueil des particularismes italiens.

La montée du fascisme

Au terme de la Grande Guerre, la paix rendit à l'Italie Trieste, le Trentin, le Haut-Adige et l'Istrie, mais l'après-guerre fut accompagnée de grèves et connut une succession de gouvernements ; cela créa un terrain favorable à la montée du fascisme.
Mussolini et ses Chemises noires donnèrent un temps l'illusion d'une prospérité, qui profita surtout à la petite bourgeoisie.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'Italie était dans une situation dramatique.

L'après-guerre

Devenue République par référendum en juin 1946, après l'abdication de Victor-Emmanuel III et la mise à l'écart de son fils Umberto II, l'Italie a connu une vie politique particulièrement agité.
La première République italienne (1946-1992) a rencontré toutes sortes de difficultés. L'Italie semblait ingouvernable.
Tout a semblé prendre une nouvelle tournure dans les années 1990 avec, enfin, des signes forts de l'État, apparemment décidé à se faire entendre : rigueur économique, opération « Mains propres » conduisant à un grand nettoyage de la vie politique.
Le Parti démocrate est fondé en 2007, autour de la personnalité de Romano Prodi, afin d'unir les forces de gauche, mais la coalition est divisée. La droite de Silvio Berlusconi reprend les rênes du pouvoir en 2008.

L'Italie de Berlusconi

En 2001, il est de nouveau président du Conseil. Au programme : une politique ultralibérale (notamment dans le domaine de la fiscalité), des privatisations et des grands travaux.

La parenthèse Prodi

Après un coude à coude difficile, c'est finalement Romano Prodi, le leader de l'Unione (coalition de gauche), qui gagne les élections législatives de 2006.

Énième crise politique

Le ciment Prodi n'aura pas tenu longtemps. Son deuxième gouvernement finit par tomber en janvier 2008.

Berlusconi : l'éternel retour

Après la chute de Prodi, le président Napolitano refuse puis accepte finalement d'organiser des élections anticipées pour le mois d'avril 2008. À la grande satisfaction de Berlusconi qui les avait réclamées, pour ne pas dire exigées, et qui s'annonce de nouveau grand favori...
Malgré une participation en baisse, Berlusconi gagne largement les élections.

Les années 2009 à 2011

L'année 2009 a été marquée par les frasques multiples de Berlusconi, tant dans sa vie privée que dans sa vie publique.
Les élections régionales de mars 2010 ont encore renforcé la présence et la puissance de la ligue du Nord dans la vie politique italienne.
Le décret Romani enflamme la toile italienne. Avec cette loi, « toute image animée accompagnée ou non de son » devra être soumise à l'approbation du ministère des Communications. Certains y voient une censure à la solde du gouvernement.
L'année 2011 a commencé très fort pour Berlusconi avec le scandale du Rubygate et autres soirées privées.
Parallèlement, l'Italie est confrontée à des vagues d'immigrants qui débarquent sur les côtes et sur l'île de Lampedusa, au large de la Sicile, pour fuir les violences et les crises politico-sociales en Tunisie et en Lybie. Il y a aussi des intérêts économiques en jeu.