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Un peu d’histoire Rome

La fondation

Selon la légende, Rome fut fondée en 753 avant J.-C par Romulus. Lui et Remus étaient deux frères descendants des Troyens, abandonnés et élevés par une louve. Romulus aurait fondé Rome en traçant les limites de la ville avec une charrue. Son frère Remus s’étant moqué de lui en sautant par-dessus le fossé, Romulus l’aurait tué en prononçant ces mots : « Ainsi périsse quiconque, à l'avenir, franchira ces murailles ». En réalité, ce sont les Etrusques, un peuple encore méconnu, qui ont unifié les indigènes du Latium et érigé le premier mur d'enceinte vers le VIIIe siècle av. J.-C. Ils ont ensuite réparti les habitants en quatre quartiers, organisé l'armée et construit les premiers grands monuments comme le temple de Jupiter capitolin, le temple de Vesta sur le forum et le Grand Cirque. Rome est déjà la plus puissante cité du Latium quand la monarchie étrusque est renversée par l'aristocratie romaine en 509 av. J.-C., mettant en place un système républicain.

La République romaine

Premiers aspects

Le gouvernement républicain reposait sur l'équilibre des pouvoirs, obtenu par le contrôle mutuel des différentes classes politiques : sénateurs, magistrats et peuple. La République romaine étendit petit à petit son pouvoir à l’Italie centrale puis entama la conquête du Bassin méditerranéen. En moins de 40 ans, Rome acquit la Sicile, la Macédoine, l'Asie Mineure, l'Afrique du Nord et l'Espagne. Pour contrer cette expansion, la puissante cité de Carthage (non loin de l'actuelle Tunis) déclencha la seconde guerre punique. Hannibal, un général carthaginois reconnu comme un des plus grands chefs de guerre de l'Antiquité, traversa l'Espagne, les Pyrénées, le sud de la Gaule, et franchit les Alpes à la tête d'une armée formidable avec des éléphants en guise de cavalerie. Il accumula une impressionnante sériAe de victoires contre les Romains, mais au lieu de pénétrer facilement dans Rome, il commit l'erreur de s’attarder à Capoue, entre Rome et Naples, et dont les « délices » s’avérèrent fatales à l'ardeur martiale de ses soldats. Rome réorganisa ses défenses, dépêcha son armée en Afrique avec Scipion l’Africain à sa tête, et Hannibal fut battu à Zama en 202 av. J.-C. Rome était désormais maître de tout le Bassin méditerranéen. Sous l’impulsion du sénateur Caton, Carthage, jugée trop dangereuse, fut même rasée en 146 avant J.-C.

Un colosse aux pieds d'argile

Dès le IIe siècle av. J.-C., la nouvelle dimension de la République romaine changea la société. Le divorce fut autorisé, la femme disposa de ses biens, la famille perdit de son autorité. L'aristocratie limita même les naissances. On vit alors apparaître un Romain plus fin, cultivé et intéressé à la vie publique. Mais une grave crise sociale causa la chute de la République. La classe rurale s'étant énormément appauvrie, de graves révoltes éclatèrent. Spartacus fut ainsi à la tête de la plus importante révolte d'esclaves, laquelle finit en un bain de sang en 71 avant J.-C. Pour reconsolider la République, trois consuls, Crassus, Pompée et César, formèrent le premier triumvirat.

Les derniers soubresauts de la République

César soumit la Gaule, la Bretagne et les Germains, écrasant le chef gaulois Vercingétorix à Alésia. Pendant ce temps, l'anarchie menaçait Rome. Le triumvirat fut dissous après la nouvelle de la mort de Crassus, et Pompée se fit nommer Premier consul extraordinaire, avec les pleins pouvoirs. Il exigea le rappel de César et le licenciement de ses troupes. Furieux, celui-ci marcha sur Rome avec ses légions, se rendit rapidement maître de tout le pays, et fut nommé dictateur en 49 avant J.-C. Vaincu, Pompée s'enfuit en Grèce, et César l'écrasa à Pharsale. Il se réfugia alors en Égypte Aoù il fut assassiné par le roi Ptolémée XIII qui crut ainsi s'attirer les faveurs de Rome. César s'intéressa alors d'un peu plus près à ce pays et fit remplacer Ptolémée par sa sœur Cléopâtre. De retour à Rome, il entreprit une série de réformes tendant à rétablir un peu d'ordre et de justice en faveur du petit peuple et des paysans. Nommé dictateur à vie en 44 avant J.-C., il est assassiné la même année par une conjuration dont faisait partie son propre fils adoptif, Brutus.

L'Empire romain

Règlements de comptes

Après la mort de César, c’est son neveu Octave qui parvint à s'imposer. Avec Marc Antoine, l’ancien lieutenant de César, et Lépide, l'ancien maître de cavalerie, ils formèrent le deuxième triumvirat en 43 avant J.-C. Ils éliminèrent le parti républicain en faisant assassiner Cicéron, écrasèrent les conjurés Brutus et Cassius, puis se partagèrent le monde romain : Octave prit l'Occident, Lépide l'Afrique et Marc Antoine l'Orient. Mais ce dernier tomba éperdument amoureux de Cléopâtre, livra à l'Égypte toutes ses possessions, et nourrit l'ambition de créer un nouvel empire cosmopolite, à la fois hellénique et oriental. L'Occident romain, si fier de ses valeurs, vit alors en lui un traître à abattre. Vaincu en mer à Actium en 31 avant J.-C. par Octave, Marc Antoine se donna la mort sur une fausse annonce du suicide de Cléopâtre. Lépide ayant été déposé en 36, Octave régna désormais seul.

Le premier Empire

Pour la première fois, toutes les terres bordant la Méditerranée appartinrent à un même ensemble politique. Octave, à qui le Sénat décerna le titre d'Augustus en 27 avant J.-C. tenta d'en faire un État unifié et d'y instaurer un ordre nouveau. Il commença par garantir les frontières et réorganiser l'administration des provinces. Pendant ses 47 ans de règne, il édifia une civilisation impériale conciliant la satisfacAtion des besoins nouveaux et le respect de l'ancien patrimoine culturel romain. Le « siècle d'Auguste » vit ainsi le triomphe de la littérature latine classique : Virgile, Tibulle, Properce, Ovide et Tite-Live. C'est aussi à cette époque que se définit l'art romain. La concentration urbaine entraîna la construction d'édifices gigantesques (amphithéâtres, thermes, aqueducs...) et les jardins, les fontaines et les villas « de plaisance » se multiplièrent.

L'ère chrétienne et Néron

Les premiers pas de la chrétienté sont extrêmement flous historiquement et ne reposent que sur les dogmes de l'Église catholique. Selon la tradition, Saint Pierre arriva à Rome après maintes tribulations et en devint le premier évêque, avant d'être martyrisé sous Néron en l'an 64. Il serait enseveli sur le mont Vatican, au lieu même où s'élève la basilique qui porte son nom. Néron, un arrière-petit-fils d'Auguste ayant eu pour précepteur le philosophe Sénèque, se révéla être un despote sanguinaire, extravagant et déséquilibré. Doté à la fois d'une étrange sensibilité et d’une peur constante, il fit tour à tour exécuter toutes les personnes qu’il avait aimées dans son entourage, à commencer par sa propre mère. Accusé d'être à l'origine du grand incendie de Rome en 64, il en détourna habilement la responsabilité sur les chrétiens qu'il fit alors persécuter. Petit à petit, le mécontentement grandit jusqu'à devenir une opposition ouverte. Galba fut proclamé empereur et Néron, déclaré ennemi public, fut chassé de Rome puis littéralement poussé au suicide.

L'âge d'or de l'Empire romain

L'apogée de l'Empire romain se situe autour du règne des empereurs Nerva, Trajan, Hadrien, Antonin et Marc Aurèle, période allant de l'an 96 à l'an 192. Ce deuxième siècle vit s'installer des régimes stables, modérés, à un moment où le monde romain atteignait sa plus grande extension et consolidait ses nouAvelles frontières. La civilisation urbaine est à son apogée, la vie intellectuelle est brillante, d'autant plus qu'elle se trouve enrichie par le brassage des cultures entre l'Italie et les provinces. C'est d'ailleurs pendant cette période que Rome est la plus cosmopolite et la plus polyglotte, à l'image du Sénat dans lequel siégent à égalité des élus venus de tous les coins de l'Empire.

L'Empire est débordé

À partir du règne de Marc Aurèle, les Barbares commencent à s'agiter aux limites de l'Empire (Orient et Germanie). Septime Sévère, un Africain, fut porté au pouvoir par ses soldats et sortit vainqueur d'une sanglante guerre civile. La dynastie des Sévères changea la nature du régime : l'armée fut favorisée et intervint désormais dans la vie politique, la bureaucratie fut renforcée et le poids de l'État s'accrut. En l'an 212, Caracalla donna à tous les hommes libres de l'Empire romain la citoyenneté romaine : l'unité romaine devint une réalité. À partir des années 230, l'Empire subit un assaut généralisé de la part des barbares. À plusieurs reprises, Alamans, Francs, Goths et Perses ravagèrent les provinces. Parallèlement, l’empire s’affaiblit à cause de problèmes de succession, de troubles sociaux, de révoltes paysannes et de problèmes économiques et religieux, la persécution des chrétiens devenant pour la première fois systématique et universelle.

L’essor du christianisme

En 306, Constantin Ier fut proclamé premier empereur chrétien par ses légions de Germanie. Au même moment à Rome, Maxence, porté par sa garde prétorienne, devenait lui aussi empereur. Le choc final se produisit en 312, à la bataille du Pont-Milvius. Le vainqueur, Constantin, favorisa ouvertement la religion chrétienne par l'édit de Milan en 313. Peu de temps après avoir été baptisé, Constantin mourut et sa dépouille fut ensevelie dans l'église des Saints-Apôtres de CoAnstantinople. À sa mort, Rome, qui n'était plus résidence impériale depuis 285, vit s'élever les premières basiliques chrétiennes grâce aux donations de l'empereur. Elles s'installèrent à la périphérie de la ville, sur les emplacements des cimetières chrétiens devenus lieux de pèlerinage. La toute première fut établie sur une propriété impériale à côté du palais Latran, lequel sera la résidence des papes et le siège des services pontificaux de 313 à 1304, date à laquelle le pape Nicolas V les transférera au Vatican. Nicolas V fit aussi démolir la première basilique Saint-Pierre (élevée, selon la tradition, sur la tombe même de ce dernier par Constantin) pour en reconstruire une plus proche des goûts architecturaux de l'époque.

L'Église au pouvoir

Débuts et expansion de l'Église romaine

De Jérusalem, le christianisme se répandit dans la diaspora juive et le monde gréco-romain Dès le IIe siècle, l'évêque de Rome possédait une certaine prééminence, le « primat de Pierre » étant un fondement de l'autorité pontificale. Quand l'Église se développa dans le cadre de l'Empire romain grâce à Constantin Ier, elle reçut une position officielle qui marqua une étape fondamentale dans son histoire. Théodose le Grand (379-395) fut le dernier empereur à régner sur l'ensemble du territoire de l'Empire. Il le partagea entre ses deux fils : Honorius pour l'Occident et Arcadius pour l'Orient. C'est sous son règne que le christianisme devint religion d'État. Ainsi, pour la première fois, Rome se soumit à la puissance de l'Église.

Rome perd sa toute-puissance

Sous le règne d'Honorius, en 410, les Wisigoths du roi Alaric pénétrèrent dans Rome. Depuis Ravenne, Honorius refusa d'accorder à Alaric l'or et les dignités qu'il convoitait, et, en représailles, les Wisigoths pillèrent Rome. La chute de la ville, inviolée depuis plus de huit siAècles, provoqua un énorme retentissement. Par la suite, les Vandales pillèrent Rome en 455, sans toutefois massacrer la population ni incendier la ville selon un accord passé avec le pape Léon Ier. Vinrent ensuite les Ostrogoths du puissant roi Théodoric qui, eux, occupèrent toute l'Italie, la France méridionale jusqu'à Arles, et la Yougoslavie actuelle. Théodoric maintint une séparation très stricte entre les Romains et les Goths. La carrière militaire était réservée aux Goths et la carrière des fonctions civiles aux Romains. Quand il se rendit à Rome en l'an 500, il fut accueilli comme un empereur romain par le Sénat, le peuple et le 51e pape, Symmaque.

L'Église : un État dans l'État

Le 14 avril 754, à Quierzy, au nord-ouest de Paris, le pape Étienne II rencontra Pépin le Bref, roi des Francs, pour signer un traité qui donna à l'Église un État placé sous la souveraineté des papes. En échange, le pape reconnut la légitimité royale de la dynastie des Carolingiens. Cette alliance permit à l'Église de se dégager de la tutelle politique de Byzance et de renforcer les liens entre le royaume franc et la papauté. L'Europe chrétienne à travers Rome ne suivit pas la voie tracée par les savants de l'Antiquité (Aristote, Ératosthène, Ptolémée...). Ce sont des siècles d’obscurantisme, et les géographes chrétiens durent consacrer toute leur énergie à donner du monde une vision théologiquement conforme aux dogmes de l'Église. Après de nombreuses péripéties politiques qui menèrent le siège de l’église catholique jusqu’en Avignon, Urbain VI fut le premier pape élu de nouveau à Rome en 1378. En 1427, Rome redevint le centre de la chrétienté après le Grand Schisme. Mais parallèlement à cet apaisement des tensions religieuses, Rome allait vivre un mouvement de contestation qui trouva son mode d’expression dans l’art.

La Renaissance

La religion perd son pouvoir sur l'art

Le terme de « renaissance » fut utilisé pour la première fois par le peintre Giorgio Vasari. Il désigne le vaste mouvement littéraire et artistique qui se développa en Italie - puis de là dans toute l'Europe - aux XVe et XVIe siècles. Bien sûr, la rupture avec le Moyen Âge ne fut pas totale, tout comme l'humanisme de la Renaissance ne se limita pas à redécouvrir les connaissances de l'Antiquité. Et si les valeurs religieuses n'occupèrent plus la première place qui leur permettait d'exercer le contrôle absolu sur toutes les autres disciplines, elles conservèrent malgré tout leurs droits et leur poids, comme le prouvent les exactions de l'Inquisition. L'élection en 1447 du pape Thomas de Sarzana, un humaniste respecté, marqua une période harmonieuse et épanouie dans l'histoire de l'Église, qui allait aboutir à la reconnaissance de la souveraineté des papes à Rome. Ayant pris le nom de Nicolas V, « le » pape de la Renaissance travailla de son côté à rebâtir et à fortifier Rome, et à lui rendre sa splendeur de l'époque antique. La ville devint une véritable capitale artistique et de nombreux monuments et palais fleurirent.

L'Italie déchirée

Si la Renaissance marque une période prospère à Rome pour l’art et les lettres, il en va tout autrement du point de vue économique et politique. Charles VIII, roi de France, envahit l'Italie, exposant ainsi au grand jour la faiblesse militaire et la désunion politique de la péninsule. Français, Espagnols et Autrichiens profitèrent de la faiblesse de Rome et de son manque de réactivité vis-à-vis des autres villes pour perpétrer plusieurs occupations.

Rome rêve de liberté

Les années Bonaparte

La tranquillité des Romains est bouleversée par la Révolution française. Rome se retrouve occupée, un régime républicain installé et Pie VI emAmené en captivité en France. L’émotion est vive partout dans le pays, et l’action de Napoléon, avec sa campagne d'Italie en 1796, va définitivement créer un sentiment nationaliste à Rome et dans toute la péninsule. Sous l’Empire napoléonien, l’autorité millénaire des papes est bafouée, la ville est pillée, occupée, annexée puis déclarée deuxième ville de l’Empire. Désormais, les Italiens se révolteront à l’unisson, et le destin de Rome sera indissociable du reste de l’Italie.

Vers l’unité de la péninsule

Le traité de Paris, en 1814, donna l'Italie aux Autrichiens. Mais le mouvement nationaliste devint de plus en plus actif, et des insurrections éclatèrent dans le pays pour réclamer une république. En 1848, toutes les villes italiennes connurent une certaine agitation et le roi de Piémont-Sardaigne, Charles-Albert Ier, déclara la guerre à l'Autriche. La cause italienne fut néanmoins rapidement écrasée. Cavour, ministre auprès du roi Charles-Albert et de son successeur Victor-Emmanuel II, devint le véritable maître de la politique piémontaise. Avec Garibaldi, il fut le maître d’œuvre de l’unité italienne. Le 14 janvier 1858, Orsini tente d’assassiner Napoléon III. Avant d'être exécuté, Orsini écrivit à Napoléon III pour le supplier d'intervenir en faveur de l'unité italienne. Impressionné par la teneur de la lettre, l'empereur conclut un accord avec Cavour : la France fournirait 200 000 hommes pour aider à la libération, mais en échange le Piémont céderait la Savoie et le comté de Nice. Un peu réticent au début, Cavour réalisa plus tard la nécessité de ce sacrifice. En 1859, Garibaldi leva une armée de 5 000 chasseurs et vainquit les Autrichiens à Varese et à Brescia. L'année suivante, il s'empara de la Sicile et de Naples.

Rome italienne

Victor-Emmanuel II fut proclamé roi d'Italie en mars 1861. Son royaume comprenait le Piémont, la Lombardie, la Romagne, Parme, Modène, la Toscane, le royaume des Deux-Siciles, les Marches et l'Ombrie. Après le rattachement de Venise, il ne restait plus que le problème de Rome, que ni les Français ni le pape n'avaient l'intention d'abandonner. Le 18 juillet 1870, le XXIe concile œcuménique proclama l'infaillibilité du pape. Bien que les forces armées françaises se fussent retirées du territoire dès le mois de décembre 1861, les forces pontificales se composaient largement de Français. Le 4 septembre 1870, la nouvelle de la chute de l'Empire français parvint en Italie. Les troupes pontificales baissèrent immédiatement les armes devant les Italiens et Rome rejoignit la jeune nation.

Le vingtième siècle

Le Vatican

Quand Rome devint capitale de la nouvelle Italie, le pape se considéra comme prisonnier, tout comme ses successeurs. Le problème ne fut résolu qu’en 1929, sous l’impulsion de Benito Mussolini, lors des accords du Latran. Le gouvernement italien proposa un acte connu sous le nom de Loi des Garanties Papales, où l'Italie reconnaissait l'idée d'une Église libre dans un État libre, la personne du pape étant considérée comme sacrée. Il lui fut accordé annuellement une somme de 3 225 000 lires, les propriétés du Vatican à l’intérieur même de Rome et du palais du Latran, ainsi que la villa de Castel Gandolfo. Il put aussi entretenir une petite force pontificale : les fameux gardes suisses.

Le fascisme

Rome, tout comme le reste de l'Italie, connut de grosses difficultés à la fois économiques et politiques. Mussolini et ses Chemises noires donnèrent un temps l'illusion d'une prospérité qui profita surtout à la petite bourgeoisie. Rejeté par les démocraties occidentales, Mussolini trouva en Hitler une âme sœur. Littéralement occupée par les Allemands, l'Italie fut la première des forces de l'Axe à subir l'assaut des Anglais et desA Américains. Rome en fut durement touchée.

L'après-guerre

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Italie était dans une situation dramatique. Devenue république par référendum en juin 1946, l'Italie a connu une vie politique particulièrement agitée. La mainmise de la mafia sur l’économie n’y est pas étrangère, d’autant que ses réseaux ont même infiltrés les couloirs des chambres parlementaires. Entre 1947 et 2001, 58 gouvernements différents se sont succédés. Tout a semblé prendre une nouvelle tournure dans les années 1990, avec des signes forts de l'État et une opération « mains propres » conduisant à un grand nettoyage de la vie politique (1 500 personnes mises en examen dont 251 parlementaires).
Mais si l’on donne un grand coup de pied dans la fourmilière, ce qui permet à l’Italie de se débarrasser de politiciens corrompus (comme Bettino Craxi ou encore Giulio Andreotti), de nouveaux visages voient le jour. C’est ainsi qu’Umberto Bossi apparaît, et cherche peu à peu à fanatiser les Italiens du Nord pour leur vendre son concept de Padanie, « pays » aux frontières incertaines. De nouvelles têtes donc…mais l’expérience ne dure pas et la gauche revient au pouvoir en 1996. L’Italie semble alors reprendre sa route vers l’Europe dans une relative sérénité, le gouvernement essayant de travailler dans la durée. Mais « l’Olivier » (nom de la coalition de gauche) est miné par les divisions internes, affaibli par le long exercice du pouvoir ainsi que l’accomplissement de la marche forcée vers l’Europe.

L’Italie de Berlusconi

Silvio Berlusconi, 23e fortune planétaire, n’a pas fait ses premières armes en politiques. Ancien chanteur sur des bateaux de croisières, il commence dans les années 1970 une carrière dans l’immobilier, qui se poursuit avec la construction de l’empire médiatique qu’on lui connaît. Il se dirige vers la politique en 1993, en créant son parti « Forza Italia ». Aidé en grande partie par ses chaînes de télévision, il gagne les élections présidentielles et crée son premier gouvernement qui ne tiendra que 8 mois. Passé dans l’opposition, Berlusconi resserre petit à petit le contrôle des médias, écrase le débat politique qu’il remplace par des reality-show. Face à l’émiettement des forces politiques (174 partis et mouvements enregistrés en 2001 !), les Italiens sont tentés par la solution de l’homme providentiel. On apprécie la success story de cet homme, parti de rien et aujourd’hui à la tête d’un empire financier, la Fininvest – qui a la mainmise à la fois dans le secteur de l’immobilier, mais aussi dans celui de l’édition, du cinéma, de la télévision, d’Internet et du sport (avec le Milan AC).
C’est ainsi qu’en 2001, il devient président du Conseil. Au programme : une politique ultra-libérale (notamment dans le domaine de la fiscalité), des privatisations et des grands travaux. En fait, il excelle essentiellement dans l’art d’élaborer des lois qui l’avantagent lui et ses proches. Malgré l’échec de sa politique (économie de crise, discrédit sur le plan international, société fragmentée), les nombreuses controverses et dérapages verbaux, il reste à la tête du Conseil des ministres jusqu’aux élections législatives d’avril 2006, qui mettent fin à 5 années de pouvoir.

Changement de cap

Après un coude à coude difficile à démêler, c’est finalement Romano Prodi, le leader de l’Unione (coalition de gauche) qui est sorti vainqueur des dernières élections. Victoire amère pour la gauche, car même si Berlusconi n’a pas été réélu, les Italiens sont loin de l’avoir rejeté. Malgré sa défaite, au demeurant très courte, son parti est toujours le premier parti politique du pays par son poids électoral. De quoi peser sur la majorité – plutôt précaire- de Prodi, à qui il ne reste qu’une marge de manœuvre étroite. D’autant plus que cette coalition hétéroclite, qui place des catholiques progressistes au côté de l’extrême gauche, doit désormais trouver une ligne d’action commune, vu que leur objectif premier, qui était de chasser Berlusconi, a été atteint. Affaire à suivre…





 

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