Argent, banques, change
La monnaie tchèque
L'unité monétaire tchèque est la koruna (couronne) tchèque (Kc), divisée en 100 hellers. Depuis quelques années, la couronne a connu une nette appréciation vis-à-vis des autres monnaies, dont l'euro. Les prix en euros ont donc pas mal augmenté.
Fin 2008, on observait un taux de change de 3,85 € pour 100 Kc, soit 26 Kc pour 1 €. Ce taux varie en fait de 24 à 26 Kc pour 1 € ; nous compterons donc une valeur moyenne de 25 Kc pour 1 €. Pour nos lecteurs suisses et canadiens, la conversion de la couronne vers le franc et le dollar tournait autour de 16,50 Kc pour 1 Fs et 15,60 Kc pour 1 $Ca.
La couronne tchèque est convertible, mais attention, les banques qui pratiquent le change en France prennent une forte commission. Mieux vaut, par conséquent, écouler sa monnaie avant de quitter la République tchèque. Le passage à l'euro n'est pour le moment envisagé que vers 2012.
Le change
Éviter de changer à la frontière, les taux sont déplorables. La plupart des grandes banques possèdent un bureau de change. Le Čedok à Prague l'assure également. Les commissions prélevées par les établissements varient de 1 à... 10 %. Évitez les Exact Change et autres Čekobanka, dont la commission est élevée. Renseignez-vous bien au préalable. Certains bureaux affichent 0 % de commission, mais petit piège : il y a alors un montant minimum à changer. D'autres affichent des taux intéressants à la vente, et non à l'achat. Demandez toujours combien vous allez obtenir avant d'effectuer le change.
ATTENTION : les banques ont eu la bonne idée de s'aligner quasiment sur le marché noir, ce qui a rendu cette pratique complètement inutile et même stupide. Refusez donc les sollicitations des nombreux changeurs à la sauvette.
Voici les coups d'arnaque les plus courants :
- vous refiler des vieux billets qui ne sont plus acceptés nulle part. Sur un billet, on doit lire « Korun Českých » et non plus « Československých ». Il faut dire que cela devient très rare ;
- le take the money and run classique. Ne jamais donner son argent le premier évidemment, on risque de le voir filer sans contrepartie ;
- le plus classique : la fausse alerte des policiers. Alors que vous comptez tranquillement les couronnes, le changeur crie « Police, police, vite donnez-moi votre argent ! ». Le réflexe traditionnel est effectivement de s'exécuter aussitôt, alors que l'on n'a pas fini de compter. Résultat des courses : il manque toujours un ou deux billets importants dans la liasse du changeur.
Budget
Dire que la République tchèque n'est globalement pas un pays cher est une évidence. Cependant, à Prague en particulier, il faut nuancer le propos. On pourra toujours se débrouiller pour se nourrir à bas prix, mais pour le logement, en revanche, il faut s'attendre à de fâcheuses surprises. Les hôtels sont chers par rapport au niveau de vie de la population. Ils affichent des prix similaires à ceux de l'Europe de l'Ouest. Prix majorés pour les touristes étrangers à tous les coups et majoré encore au change de 15 % au moins depuis la bonne santé de la couronne par rapport à l'euro.
Un certain nombre d'hôtels pratiquent des prix de haute saison (de mi-mars à octobre) et de basse saison (de novembre à mi-mars, sauf fêtes de fin d'année). Nous indiquons les prix de haute saison.
Hébergement
- Bon marché : de 350 à 450 Kc (14 à 18 €) par personne. Il s'agit de logement en AJ, écoles transformées en dortoirs, chambres d'étudiants en cité U ou camping. Dans certains de ces hébergements vous pourrez trouver aussi des chambres pour deux de 900 à 1 200 Kc (36 à 48 €).
- Prix modérés : de 1 200 à 2 300 Kc (48 à 92 €) pour deux. Petits hôtels ou pensions modestes, souvent situés hors du centre historique. C'est dans cette gamme de prix que se situent généralement les appartements à louer ou les chambres chez l'habitant. Plus on s'éloigne du centre, plus le prix est modique.
- Prix moyens : de 2 300 à 3 500 Kc (92 à 140 €) pour deux. Hôtels corrects, proposant des chambres avec douche et toilettes.
- Plus chic : de 3 500 à 4 500 Kc (140 à 187 €) pour deux. Tout confort, avec TV, téléphone, sanitaires. C'est hors de prix, mais c'est comme ça. Si le confort est là, la déco en revanche peut se révéler parfaitement ringarde ou triste à mourir.
- Beaucoup plus chic : au-delà de 5 000 Kc (200 €) pour deux. La plupart du temps, ce sont des adresses de charme. La réservation est indispensable.
Restauration
Dans les pivnice ou les hospoda, on déjeune d'un goulasch (guláš) pour environ 120 Kc (4,80 €). Il n'est pas rare que le plat du jour tourne autour de 100 Kc (4 €). Les vinárna peuvent proposer des plats plus élaborés ou des petits menus touristiques entre 250 et 380 Kc (10 et 15,50 €), tandis que les restaurace vous offriront un repas complet entre 450 et 850 Kc (18 et 34 €), voire plus pour les établissements de luxe qui ont bien vite accordé leurs tarifs au porte-monnaie des touristes étrangers.
On peut donc tabler sur un budget nourriture de 300 Kc (12 €) par jour en se serrant la ceinture et en ne sortant pas du rituel guláš-knedlíky, ou bien élargir son champ culinaire et compter entre 750 et 1 200 Kc (30 et 48 €) par jour et par personne.
En résumé :
- Bon marché : moins de 150 Kc (6 €).
- Prix modérés : de 150 à 300 Kc (6 à 12 €).
- Prix moyens : de 300 à 500 Kc (12 à 20 €).
- Chic : plus de 500 Kc (20 €).
Visites
Aujourd'hui, l'accès à la plupart des monuments est payant. Les prix sont très variables en fonction du lieu et du type de visite. Généralement peu onéreuses, de 30 à 100 Kc (1,20 à 4 €), certaines entrées risquent pourtant de grever quelque peu votre budget. Les étudiants avec carte internationale (mais pas toujours) et les enfants bénéficient d'un tarif réduit (en général de 50 %). Parfois, il existe aussi un tarif famille en plus du tarif groupe.
Dans les lieux où la visite guidée est obligatoire, les visites qui s'effectuent en langue tchèque sont moins chères que celles en langues étrangères (allemand, anglais et français - plus rare...).
Pourboire
On arrondit naturellement la somme de la note du resto ou celle du taxi (quand celui-ci ne vous a pas arnaqué). La coutume veut qu'au moment de payer l'addition, on dise au serveur ce qu'il convient qu'il conserve comme pourboire plutôt que de le lui laisser sur la table après qu'il a rendu la monnaie. Pour cela, on annonce la somme totale qu'on veut laisser, pourboire inclus.
Note : dans les quartiers touristiques de Prague surtout, un pourboire de 10 à 15 % est souvent retenu d'office. Parfois, il est ajouté à la main sur la note et, dans ce cas, vous êtes en droit de le refuser s'il vous paraît abusif. Il peut aussi arriver qu'on ne vous rende pas la monnaie s'il s'agit de 1 ou 2 Kc. Ne vous formalisez pas mais là encore, vous pouvez exiger le dû exact (si le resto ne vous a pas satisfait).
Achats
- Marionnettes : à Prague on en trouve partout. En bois, en plâtre,
en terre cuite ou en céramique, elles sont proposées à tous les prix. Les marionnettes
les plus fameuses représentent des sorcières, des golems ou tout simplement
des personnages en costume traditionnel. Le pont Charles est évidemment le lieu
favori des jeunes vendeurs-artisans.
- Jouets en bois : de nombreuses boutiques se sont spécialisées
dans ce genre d'articles. Pas mal faits mais assez chers.
- Porcelaine : certains services colorés et pleins d'élégance
s'achètent à prix étonnants dans des grandes boutiques.
- Cristaux de Bohême : d'une qualité unique au monde mais ne vous
laissez pas abuser, tous ne sont pas de premier choix. Et même si le cristal
est d'une rare pureté, assez souvent le style et les formes des réalisations
se révèlent plutôt kitsch.
- Grenat : pierre semi-précieuse dont la Bohême est la seule région en Europe à posséder des gisements. Sa couleur originale, entre marron et bordeaux, ainsi que son reflet particulier à la lumière expliquent son succès.
- Chapeaux et casquettes : vous trouverez des stands de chapkas
russes et surtout de casquettes de l'armée russe vendues comme authentiques
; sachez que vous achetez la plupart du temps de bonnes copies.
- Fer forgé : on peut voir des forgerons travailler sur place. Leurs pièces sont bien faites et souventpas chères du tout.
- Œufs de Noël : et non de Pâques... A la période de Noë, les Tchèques peignent des oeufs qu'ils accrochent aux arbres.