Langue régionale
Les patois du pays d'Ouest gardent un bon fumet de terroir. Bien que parlés au sud de la Loire, ils découlent des dialectes du Nord, dont le Poitou fut la voie de pénétration.
De Vendée jusqu'en Gironde, mille nuances ponctuent l'éventail des terroirs. On peut toutefois regrouper toutes ces langues dialectales au sein d'une même famille, appelée le poitevin-saintongeais, ou encore le « parlanjhe ».
Habitation charentaise
En Poitou-Charentes, il n'est point d'excentricité, point
d'ostentation, point de démonstration inutile. Les influences venues de
proches ou de plus lointains horizons sont nettement visibles. La
région ne fut-elle pas une terre de transition entre la langue d'oc du
sud de la France et la langue d'oïl parlée au Nord ?
L'habitation
rurale traditionnelle obéit à une grande sobriété. Les volumes et les
plans s'organisent dans la plus grande simplicité. Avec des toits à
faible pente recouverts de tuiles romanes, l'influence méridionale est
omniprésente, à l'exception toutefois de certaines zones, comme au nord
de Poitiers où l'ardoise évoque déjà l'Anjou et la Touraine. Les
maisons charentaises et poitevines sont souvent étroites avec des murs
constitués de moellons calcaires ; avec une grange ou une étable
accolées, elles forment un ensemble de bâtiments qui s'étirent.
Dans
la région des vignobles, les maisons de maître, élégantes mais toujours
sobres, sont nombreuses . Au contact du Bordelais, ces demeures gagnent
en prestige. En bord de mer, les maisons sont petites comme pour donner
moins de prise aux vents du large. Les murs blanchis à la chaux sont
ponctués par le vert, le bleu des volets et des hampes de roses
trémières.
Le Marais poitevin recèle également une multitude de «
cabanes » isolées que l'on découvre parfois soudainement en glissant le
long d'un canal. Là encore, murs blancs et volets de couleurs vives
séduisent.
Enfin, les habitations en Gâtine et dans le
Confolentais offrent une impression de robustesse avec des murs de
granit et de schiste.
Bastions et forteresses
De Ré à Oléron en passant par l'île d'Aix et sur toute la côte de Chapus à Fouras, 12 places fortes furent édifiées du Moyen Âge au XIXe siècle.
Il y eut d'abord le château fort de Fouras, bâti au XIe siècle par les ducs d'Aquitaine pour contrer les Normands et défendre l'entrée de la Charente. Puis, au XIIe siècle, la haute tour de Broue, perdue dans les marais à quelques kilomètres de Brouage et aujourd'hui en ruine.
C'est sous Louis XIV et ses maîtres d'œuvre, Vauban et Montalembert, que les forts se multiplièrent. Il s'agissait de parer aux assauts des Anglais, Espagnols et autres Hollandais qui avaient alors la maîtrise des mers - sans oublier les pirates. Les arsenaux de Brouage puis Rochefort devaient impérativement être protégés.
C'est principalement à Vauban que l'on doit le système de fortification en étoile, défense exemplaire dont seront pourvus Ré, Oléron, l'île d'Aix et l'île Madame, quelques points côtiers (fort Lupin, fort Chapus), ainsi que l'îlot d'Enet. Cette protection imparable reste un modèle d'architecture militaire. N'oublions pas le célèbre fort Boyard, au large d'Oléron, dont la construction périlleuse fut confiée aux bagnards.
Figures
- Aliénor d'Aquitaine : née en 1122, la fille du comte de Poitou fait encore parler d'elle... On lui doit d'être à l'origine, entre autres, de la guerre de Cent Ans. Si seulement Aliénor s’était contentée, après sa répudiation, de quitter le roi de France (Louis VII) pour le roi d’Angleterre (Henri II Plantagenêt), on en aurait fait une banale histoire de couple. Mais elle apportait ses territoires dans la corbeille de mariage : l’Aquitaine et le Poitou !
- Agrippa d'Aubigné : né près de Pons en 1552, il parlait déjà couramment le grec et le latin à l’âge de 9 ans. Voilà ce qui forma le poète. Mais traumatisé par la vision de têtes coupées à la suite d’une insurrection, il se fit homme de guerre pour combattre les catholiques, avec un tel acharnement qu’il fut condamné à mort quatre fois de suite ! Sa bravoure lui permit de devenir le compagnon d’armes d’Henri IV, auquel il ne pardonna jamais d’avoir changé de foi pour devenir roi.
- Françoise d'Aubigné : née en 1635 à Niort, petite-fille d'Agrippa, la gentille Françoise fut chargée de l'éducation des enfants de Louis XIV et Madame de Montespan. Bientôt elle ne s'occupa plus uniquement des enfants... mais du roi en personne. Ce dernier fit d'elle la marquise de Maintenon, supplantant ainsi sa rivale.
- Pierre Loti : aussi célèbre pour ses romans d'aventure que pour ses excentricités, dont sa maison (que vous ne manquerez pas de visiter à Rochefort) n'est pas la moindre, Julien Viaud (de son vrai nom) a passé sa vie à fuir sa Charente-Maritime natale pour mieux y retourner.
- François Mitterrand : né et enterré à Jarnac, Tonton, homme patient selon la tradition charentaise, était un authentique enfant du pays. C'était aussi le digne héritier des personnalités régionales : philosophe inspiré tel La Rochefoucauld, intrigant à la manière de Madame de Maintenon, lettré à l'égal de Guez de Balzac, laïc comme Combes, orientaliste à la façon de Fromentin, et autant partisan de l'Europe que Monnet... Mais il régna deux fois moins longtemps que François Ier.
- Alfred de Vigny : un bien curieux garçon, militaire mais poète, ancien « mousquetaire rouge » à l'aspect souffreteux, météore littéraire lancé par Victor Hugo, qui se retira sur ses terres, dégoûté du show-biz de l'époque.