Charentaises
Cette invention digne du génie français est née à Angoulême au temps de Louis
XIV. On la doit au sens de l'économie des Charentais. La ville s'étant
spécialisée dans la confection de manteaux en feutre pour la marine
royale, ses habitants récupéraient les chutes pour s'en faire des
chaussons.
Les « silencieuses », comme on les appelle à l'époque,
font un tabac à la Cour. Perfectionnées par les cordonniers de la
région, les charentaises ont continué à se porter au fil des siècles.
Aujourd'hui, elles se vendent dans le monde entier.
Langue régionale
Les patois du pays d'Ouest gardent un bon fumet de terroir. Bien que parlés au sud de la Loire, ils découlent des dialectes du Nord, dont le Poitou fut la voie de pénétration.
De Vendée jusqu'en Gironde, mille nuances ponctuent l'éventail des terroirs. On peut toutefois regrouper toutes ces langues dialectales au sein d'une même famille, appelée le poitevin-saintongeais, ou encore le « parlanjhe ».
Patrimoine architectural
Une terre romane
En sillonnant les chemins du Poitou, de l'Angoumois et de la Saintonge, en traversant les bourgs de ces anciennes provinces du duché d'Aquitaine, les églises romanes se dévoilent. Les formes rigoureuses du roman s'épanouissent dans une floraison monumentale d'absides, de colonnes et de coupoles en craie blonde...
À partir du XIe siècle, la région devient une terre de prédilection pour la diffusion de l'art roman. Ces édifices témoignent de l'émulation et du dynamisme culturel qui marquèrent deux siècles d'histoire.
D'une manière générale, les églises de l'Angoumois et de la Saintonge obéissent à des schémas plus simples que celles du Poitou.
Un habitat sobre, aux influences multiples
En Poitou-Charentes, il n'est point d'excentricité, point
d'ostentation. Les influences venues de
proches ou de plus lointains horizons sont visibles. La
région ne fut-elle pas une terre de transition entre la langue d'oc du
sud de la France et la langue d'oïl parlée au Nord ?
L'habitation
rurale traditionnelle obéit à une grande sobriété. Les volumes et les
plans s'organisent dans la plus grande simplicité. Avec des toits à
faible pente recouverts de tuiles romanes, l'influence méridionale est
omniprésente, à l'exception toutefois de certaines zones, comme au nord
de Poitiers où l'ardoise évoque déjà l'Anjou et la Touraine. Les
maisons charentaises et poitevines sont souvent étroites, avec des murs
constitués de moellons calcaires ; avec une grange ou une étable
accolée, elles forment un ensemble de bâtiments qui s'étirent parfois.
Dans
la région des vignobles, les maisons de maître, élégantes mais toujours
sobres, sont nombreuses. Au contact du Bordelais, ces demeures gagnent
en prestige. En bord de mer, les maisons sont petites comme pour donner
moins de prise aux vents du large. Les murs blanchis à la chaux sont
ponctués par le vert, le bleu des volets et des hampes de roses
trémières.
Le Marais poitevin recèle également une multitude de «
cabanes » isolées que l'on découvre parfois soudainement en glissant le
long d'un canal. Là encore, murs blancs et volets de couleurs vives
séduisent.
Enfin, les habitations en Gâtine et dans le
Confolentais offrent une impression de robustesse avec des murs de
granit et de schiste.
Places fortes
De Ré à Oléron en passant par l'île d'Aix et par toute la côte du Chapus à Fouras, pas moins de 12 places fortes furent édifiées du Moyen Âge au XIXe siècle.
Il y eut d'abord le château fort de Fouras, bâti au XIe siècle par les ducs d'Aquitaine pour contrer les Normands et défendre l'entrée de la Charente. Puis, au XIIe siècle, la haute tour de Broue, perdue dans les marais à quelques kilomètres de Brouage, et aujourd'hui en ruine.
Mais c'est sous Louis XIV et ses maîtres d'œuvre, Vauban et Montalembert, que les forts se multiplièrent. Il s'agissait de parer aux assauts des Anglais, Espagnols et autres Hollandais qui avaient alors la maîtrise des mers - sans oublier les pirates.
C'est principalement à Vauban que l'on doit le système de fortification en étoile, défense exemplaire dont seront dotés Ré, Oléron, l'île d'Aix et l'île Madame, quelques points côtiers (fort Lupin, fort Chapus), ainsi que l'îlot d'Enet. N'oublions pas le célèbre fort Boyard, au large d'Oléron.
Malgré quelques revers, ce système défensif s'est montré efficace.