Cuisine
« De toutes les provinces, la Picardie est
peut-être celle qui a le plus conservé les vieilles recettes de ses mets populaires »,
disait Austin de Croze, écrivain et gastronome du XIXe siècle.
La gastronomie picarde est en effet enracinée dans le terroir. Cette cuisine
familiale, façonnée par un mélange de produits de la mer et de la terre, donne
naissance à une cuisine régionale riche et traditionnelle.
Les fruits de mer et les poissons
De ses kilomètres de côtes, la Somme approvisionne marchés
et restaurateurs de soles, crevettes, coquilles Saint-Jacques et de ses fameuses
coques. L’anguille pêchée dans l’eau de mer ou dans l’eau douce est également
un plat qu’on retrouve partout dans la région. Elle se déguste tour à tour fumée,
fraîche, en terrine, ou en matelote.
Les viandes
- L’agneau de pré-salé, élevé dans des pâturages recouverts par
la mer six à huit fois par an, est aussi apprécié pour sa saveur singulière
d’iode et de sel.
- La viande de porc est très présente dans l’alimentation picarde.
L’abattage du porc à la fin de l’automne est une tradition encore vivace. Pendant
une journée de grande ripaille mieux connue sous le nom de « tripée »
ou « boudinée », le « porcheu » ou boucher prépare le boudin
et découpe la bête.
- Le bœuf est une viande que l’on trouve dans le traditionnel
pot-au-feu.
Les légumes
La Picardie est un jardin potager inouï, avec les hortillonnages d’Amiens et
de Péronne : des parcelles de terre très fertiles, quadrillées par des
canaux, sont depuis longtemps un haut lieu du maraîchage.
La région est aussi le berceau de Parmentier qui a répandu la pomme de terre
rapportée des Amériques, pour remplacer les céréales en période de disette.
Elle y est donc consommée dans de nombreux plats. On la retrouve dans la recette
du potage de légumes communément nommé « soupe des hortillons », du
nom des hortillonnages d’Amiens.
Bien qu’en réfection depuis les inondations de 2001, le marché des hortillonnages
reste incontournable. Tous les samedis matin, comme le veut la tradition, le
port d’Amont est pris d’assaut par les commerçants. Et une fois par an, s’y
déroule une grande foire où bateleurs et producteurs en costumes d’époque font
revivre cette tradition moyenâgeuse.
Ses plats typiques
Parmi les plats traditionnels, le pâté de canard d’Amiens créé par un
certain Degaud en 1640 rivalise avec la ficelle picarde, une crêpe
garnie d’une tranche de jambon, d’une sauce aux champignons et de fromage râpé.
On y retrouve aussi les fameuses flamiches ou tartes aux poireaux.
L’andouillette d’Amiens, qui n’a pas grand-chose à voir avec l’andouillette
traditionnelle, prend la forme de boulettes de porc haché avec de la mie de
pain, de l’œuf, des oignons et de l’ail.
Le seul fromage régional est le rollot. Il s’apparente au munster. On
le trouve sous la forme d’un rond ou d’un cœur.
Pour finir sur une note sucrée, les macarons d’Amiens s’imposent. Ils
seraient les prédécesseurs des darioles, tartes aux amandes que mentionne
Rabelais dans ses écrits. Le gâteau battu sorte de brioche très riche
en jaunes d’œufs, est également un incontournable de la cuisine picarde.
Boissons
- Le cidre est la boisson traditionnelle de la région ; même si
en Thiérache on préfère la bière. Originalité du cru : le cidre poiré.
- Avec ses 2 000 ha de vignes de champagne, l’Aisne propose
un panel de vin à bulles qui va du brut au sec en passant par le demi-sec et
le rosé.
- La grénette, alcool à base de feuilles de chêne se boit toujours dans
les campagnes, de même que le flipe, breuvage qui mélange eau-de-vie
de pomme, du sucre ou du miel.
- L’hydromel est un alcool de miel.