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La terre et les hommes Pays de la Loire

Géographie

Perche, Maine, Anjou... Leurs noms fleurent bon la campagne. Si l'industrie fait vibrer quelques villes - Nantes, Angers, Le Mans... -, les Pays de la Loire ressemblent à une vaste plaine par endroits bosselée de bocages, et que jaunissent à peine, au nord et au sud, les chicots du vieux Massif armoricain. À première vue morne, cette uniformité cache un maillage étroit de petits pays singularisés par l'histoire et les traditions.
En les enrôlant aujourd'hui sous son nom jusqu'à la porte océane de son estuaire, la Loire a fait triompher la cohérence géographique sur les atavismes de l'histoire. Le plus long fleuve de France, en effet, fut longtemps la frontière mythique qui séparait ses deux moitiés - France du gothique contre France du soleil. Si le Val (Maine-et-Loire et Loire-Atlantique) garde sa cohérence, les deux ensembles qui lui font cortège (Sarthe et Mayenne au nord, Vendée au sud) appartiennent à des mondes opposés.

Le Maine, au nord, est-il vraiment ligérien ? Il y a là des bocages à fromages, des buttes forestières, des ruisseaux à truites, de nobles gentilhommières et toute une ruralité opulente que dément à peine le discret activisme des villes (assurances et industrie automobile au Mans, électronique et agroalimentaire à Laval).
De l'Anjou au Pays nantais, la Loire sinue dans une buée d'or, pendant que de gros bourgs hissent leurs toits d'ardoise entre le maillage des vignobles de légende. Après le Saumurois des ceps et des tournesols vient l'Anjou proprement dit, dont les paysages suaves sonnent comme une arrière-pensée de la Touraine. Bientôt, les plaines maraîchères succèdent aux vergers opulents, tandis que le souffle tiède de l'océan remplit de fleurs les jardins. Les usines se multiplient pour former le poumon industriel de la région, dont le plus beau fleuron est le port de Nantes - Saint-Nazaire, quatrième de France.
Ligérienne de fait, la Loire-Atlantique reste bretonne par tradition. Les noms de lieux portent souvent le sceau de la blanche hermine. C'est la côte, notamment celle de Guérande, qui bretonne avec le plus d'entrain. L'influence se poursuit jusque dans l'île d'Yeu de la Vendée voisine : son âpreté suggère qu'elle a dérivé, un jour, depuis le golfe du Morbihan...

Environnement

La région est née sous le signe de l'eau : tous les départements portent le nom de la Loire ou de ses affluents (navigables pour la plupart !), quand ils ne font pas référence à l'océan Atlantique.
Classée partiellement au Patrimoine mondial naturel de l'Unesco en 2000, la Loire abrite une faune ultra-riche, et l'immense courant d'air océanique qu'elle draine jusque dans les terres confère à la région un microclimat « océanique », assez unique en Europe. Saules, frênes taillés en « têtard », pins méditerranéens et même palmiers se sont acclimatés.
Parmi les autres zones humides figurent les marais de la Brière, le lac de Grand-Lieu (l'un des plus grands lacs d'eau douce de France) et le Marais poitevin.
Du Marais poitevin aux Alpes mancelles en passant par les bocages (enfin... ce qu'il en reste !), il fallait bien trois parcs naturels régionaux pour mettre de l'ordre dans cette très grande diversité de milieux naturels et de paysages.
Revers de la médaille, la région bat les records d'attractivité (Nantes en tête du peloton national). La proportion des milieux naturels diminue au profit de l'urbanisation, du tourisme et de l'agriculture intensive, sans compter les risques accrus d'inondations. Seuls 15 % du territoire sont couverts de forêts (deux fois moins que la moyenne nationale).

La Loire

Incohérente unité

La Loire est un fleuve encore partiellement sauvage et l'un des plus capricieux. Du Puy-en-Velay jusqu'à Nantes, ce sont 1 000 km de course de fond. Avec un tel périple, la Loire ne pouvait être qu'un fleuve à métamorphoses. Avec l'Anjou, elle entre dans les grandes largeurs et finit par occuper 5 kilomètres (voire huit) du Val, lorsqu'aucun goulet ne vient l'étrangler.
Tributaire des climats du Massif central, la Loire des débits ordinaires accuse d'incroyables amplitudes.

Un fleuve indomptable

En 1856, les levées de terre se trouvèrent épaulées par quelque 85 retenues d'eau qui devaient remédier tant aux crues de printemps qu'à la sécheresse estivale. Mais le danger demeure. C'est pourquoi, dans les années 1980, les élus locaux ont soumis au gouvernement un projet de régulation du fleuve au moyen de quatre nouveaux barrages.
Mais voilà : pendant que les riverains se réjouissent, les écolos de tous les pays s'unissent pour crier au scandale. Regroupés dans l'association SOS Loire vivante, ces croisés de la nature naturelle dénoncent le génocide d'une faune ultra-riche... Pour eux, la solution idéale consisterait à détecter les crues à temps pour évacuer les populations.
Le barrage des Verts s'est montré efficace, et le fleuve reprend des couleurs, couronné par le classement d'un tronçon au patrimoine de l'Unesco.



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