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Pays de la LoireLa terre et les hommesPerche, Maine, Anjou... Leurs noms fleurent bon la campagne, féconde et douce, des vieux livres d'histoire. Si l'industrie fait vibrer quelques villes - Nantes, Angers, Le Mans... - les Pays de la Loire ressemblent à ce qu'en montre la carte : une vaste plaine, par endroits bosselée de bocages. À première vue morne, cette uniformité cache un maillage étroit de petits pays singularisés par l'histoire et les traditions. En les enrôlant aujourd'hui sous son nom jusqu'à la porte océane de son estuaire, la Loire a fait triompher la cohérence géographique sur les atavismes de l'histoire. Le plus long fleuve de France, en effet, fut longtemps la frontière mystique qui séparait ses deux moitiés - France du gothique contre France du soleil. Le Maine, au nord : il y a là des bocages à fromages, des buttes forestières, des ruisseaux à truites, de nobles gentilhommières et toute une ruralité opulente que dément à peine le discret activisme des villes (assurances et industrie automobile au Mans, électronique et métallurgie à Laval). De l'Anjou au pays Nantais, la Loire sinue dans une buée d'or, pendant que de gros bourgs hissent leurs toits d'ardoise entre le maillage des vignobles de légende. Après le Saumurois des ceps et des tournesols vient l'Anjou proprement dit, dont les paysages suaves sonnent comme une arrière-pensée de la Touraine. Bientôt, les plaines maraîchères succèdent aux vergers opulents, tandis que le souffle tiède de l'Océan remplit de fleurs les jardins. Les usines se multiplient pour former le poumon industriel de la région, dont le plus beau fleuron est le port de Nantes-Saint-Nazaire, 4e de France, et qui occupe 60 km de l'estuaire. Ligérienne de fait, la Loire-Atlantique reste bretonne par tradition. Sans surprise, c'est la côte, notamment celle de Guérande, qui bretonne avec le plus d'entrain. L'influence se poursuit dans les îles - Aix et Yeu - de la Vendée voisine. La Loire : une Gargamelle lunatique La Loire est un fleuve encore partiellement sauvage et l'un des plus capricieux. Du Puy-en-Velay jusqu'à Nantes, ce sont mille kilomètres de course de fond. Avec un tel périple, la Loire ne pouvait être qu'un fleuve à métamorphoses, fait de bric et de broc. Avec l'Anjou, elle entre dans les grandes largeurs, roule des hanches et finit par occuper 5 kilomètres (voire 8) du Val, lorsqu'aucun goulet ne vient l'étrangler. Jadis, il fallait lutter contre les vents d'ouest en remontant le fleuve, éviter les bancs de sable pendant la descente en draguant les hauts fonds au râteau. Assurés grâce aux péages imposés par les seigneurs riverains, l'entretien et le balisage du chenal furent bientôt à la charge des marchands qui fréquentaient la Loire, puis des Ponts et Chaussées. De petits bateaux ouvraient la route aux convois de chalands et les coches d'eau évitaient aux gens de condition l'inconfort des carrosses. En 1856, les levées de terre se trouvèrent épaulées par quelque 85 retenues d'eau qui devaient remédier tant aux crues de printemps qu'à la sécheresse estivale. Mais le danger demeure, c'est pourquoi les élus locaux ont soumis au gouvernement un projet de régulation du fleuve au moyen de quatre nouveaux barrages. Des petits trous Le tuffeau de la Loire et de ses affluents est un calcaire bien pratique. On en fait des pierres à bâtir, toutes blanches. Et quand la carrière s'épuise, on vient y creuser son trou, le troglodyte. Humide et sombre, mais pas cher... Été comme hiver, il y fait 14 °C, et s'il manque un meuble, on le taille dans le rocher. Jusqu'au XVIe siècle, on s'entasse dans la même paroi, toutes classes confondues, sur plusieurs niveaux reliés par des ruelles ou des escaliers. Ces villages abondent en Anjou (Dénezé-sous-Doué, Louresse-Rochemenier). Mais le XVIIe siècle a changé les normes du confort : on laisse ces « caves demeurantes » aux pauvres. Les villageois du XIXe siècle ne s'en serviront plus que comme atelier, chai ou appentis. Les marais Les côtes planes cultivent le vague. Terre et eau s'y brassent et s'y mêlent. Sur tous les modes : estran, îlots, vasières, marais, bassins... Au Moyen Âge, les sauniers cultivaient le précieux sel, qu'on expédiait jusqu'au cercle arctique. Tout comme les vasières de la côte, les marais salants ont été asséchés pour engendrer, par poldérisation, de nouvelles campagnes. |
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