Les premiers habitants de ce qui devait devenir notre bonne vieille capitale
furent les Parisii. On ne sait trop quand ils s'y installèrent, mais
on est sûr qu'au moins 100 ans av. J.-C., peut-être 250 ans, l'île de la Cité,
Lucotetia (qui deviendra Lutetia, la Lutèce des Romains) était habitée
par cette modeste peuplade de la Gaule celtique.
L'île n'est reliée alors que
par deux vétustes ponts de bois. En trois siècles, les Romains y apportent leur
savoir-faire. Ils construisent des marchés, des temples, des ponts plus solides
et des rues bien droites, tracées selon un quadrillage conforme aux règles de
l'urbanisme militaire en vigueur dans les camps romains. Avec, au centre, le
cardo, un axe nord-sud, représenté par la route venant d'Orléans - notre
rue Saint-Jacques - et un axe ouest-est, le decumanus, vraisemblablement
notre rue Cujas. La ville s'étend principalement sur la rive gauche, jusqu'à
la montagne Sainte-Geneviève.
C'est au Ve siècle que Geneviève s'illustre en galvanisant les habitants de Paris face aux Huns. Attila partit exercer ses talents ailleurs. Tout de même ! Sanctifiée depuis, Geneviève, on l'oublie souvent, est la sainte patronne de Paris. Le nom de « Paris » remplace celui de « Lutèce » à la fin du IVe siècle.
Au VIe siècle, Clovis, après avoir démoli à Soissons le dernier représentant de l'autorité romaine et la tête du guerrier qui avait brisé son vase, décide d'établir sa capitale. En 508, il choisit Paris.
Les Carolingiens ayant lâchement laissé les pirates normands piller et brûler la ville, il faut attendre la fin du IXe siècle et voir Eudes se faire couronner à Paris (dont il était le comte) pour que celle-là soit enfin consacrée capitale de la France - une petite capitale, repliée dans la Cité.
L'activité marchande des bateliers de la Seine va donner à la ville son essor.
Leur corporation serait à l'origine du blason de Paris avec son navire et sa
devise : Fluctuat nec mergitur (« Il est battu par les flots mais ne
sombre pas »).
À la fin du XIIe siècle, le nouveau roi, Philippe
Auguste, décide de renforcer les défenses de la ville. Grande nouveauté, ce
rempart de pierre flanqué de tours rondes va également englober la rive gauche.
C'est là que, lassés de l'influence épiscopale sur l'enseignement, les étudiants
décident de s'installer. C'est le premier signe d'indépendance des Parisiens.
En 1370, afin de s'adapter à la superficie toujours grandissante de la ville
et de remplacer l'enceinte de Philippe Auguste, qui tombait en ruine, Charles
V en fait construire une nouvelle dont le tracé correspond à celui de nos «
Grands Boulevards » qui relient aujourd'hui la Bastille à la Madeleine.
Dès
lors, et pendant les quatre siècles suivants, l'urbanisation de Paris se fera
de façon planifiée. Henri IV réunit le Louvre au palais des Tuileries, achève
le Pont-Neuf, trace les plans de la place Royale (l'actuelle place des Vosges)
et de la place Dauphine, et aménage le Marais.
À la fin du XVIIe siècle, malgré l'absence de Louis XIV,
éloigné de Paris par crainte de la Fronde, les premières grandes places royales
font leur apparition et deviennent sous Louis XV le centre de nouvelles perspectives.
La place des Victoires, la place Vendôme et la place Louis-XV, devenue place
de la Concorde, après s'être appelée aussi place de la Révolution en 1792 et
encore place Louis-XVI en 1826, en souvenir de son exécution ici même, le 21
janvier 1793.
Les fermiers généraux décident la construction d'une nouvelle enceinte, imposant
ainsi au trafic commercial un péage à l'entrée de la capitale (l'octroi). Cette
enceinte, datant de la fin du XVIIIe siècle, est la dernière construction
importante avant la Révolution. Son tracé correspond à nos boulevards passant
par Denfert, Nation, Belleville, Stalingrad, Barbès-Rochechouart, Anvers, Pigalle,
place Blanche, place de Clichy, etc.
Napoléon, quelques temps plus tard, apporte
à la capitale les arcs de triomphe, la colonne de la place Vendôme, la Madeleine,
la Bourse et quelques ponts supplémentaires sur la Seine.
S'il y a un personnage
dont le nom devrait rester à jamais gravé dans la mémoire des Parisiens, c'est
bien Haussmann. Ses projets d'assainissement sont de double nature. D'une part,
la création de jardins, égouts et réservoirs pour l'approvisionnement en eau
de la capitale, ouvrages tout à fait louables, et, d'autre part, la démolition
des vieux quartiers parisiens trop souvent favorables aux foyers révolutionnaires.
De vieilles rues étroites sont détruites et de grandes artères font leur apparition,
facilitant l'action de la police et de l'artillerie contre les barricades. Entre
autres, les boulevards Saint-Michel, Saint-Germain, Sébastopol, Voltaire, Diderot
et Malesherbes, ainsi que ceux de Strasbourg, de Magenta, de l'Hôpital et le
boulevard Haussmann qui, ouvert en 1857 entre
le faubourg Saint-Honoré et la rue de Miromesnil, n'aboutira à Richelieu-Drouot
qu'en 1927.
Du fait d'opérations immobilières hasardeuses et de dettes gigantesques, le baron Haussmann fut brutalement démis de ses fonctions. De nombreux travaux ne furent jamais achevés (la rue de Rennes n'atteignit heureusement jamais la Seine). La moitié des rues resta en chantier... pendant 20 ans !
Paris devient la Ville Lumière. De la Révolution au Second Empire, en 60 ans, sa population triple, passant, en gros, de 500 000 à 1,5 million d'habitants. C'est dans les 50 années suivantes que Paris acquiert son image de « capitale de la fête et des plaisirs ». La plupart des music-halls, des théâtres, des salles de spectacle sont construits de 1860 à 1910. Paris devient la capitale des arts. On vient de Russie ou d'Argentine faire la fête à Paris...
À l'initiative de Thiers, une nouvelle enceinte fortifiée, se fondant quasiment avec les limites actuelles de la ville, protège partiellement Paris pendant son siège en 1871. Elle est rasée à la fin de la Première Guerre mondiale pour laisser la place aux boulevards extérieurs, appelés encore boulevards des Maréchaux.
Après l'armistice de 1918, une étonnante fusion sociale, unique au monde, caractérise la capitale. « Paname » est le nouveau petit nom de Paris. Paname, c'est tout un état d'esprit empreint d'accordéon, de bal musette et du monde interlope, filles et maquereaux qui gravitent autour.
Entre les deux guerres, Paris se fond avec sa banlieue, et le Front populaire fait surgir des logements sociaux aux portes de la capitale. Le réseau du métro s'étoffe.
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