Paris sera-t-il toujours Paris ?
Bienvenue dans la plus belle ville du monde !
À chaque époque ses rêves, sa vision de la « ville lumière ». Certes, en deux
millénaires, Paris n'a cessé de se transformer. Mais depuis plus de 40 ans,
notamment avec la disparition des Halles, l'aménagement de la rive gauche autour
de la Bibliothèque nationale de France de Tolbiac et l'édification d'un opéra
à la Bastille, c'est la structure sociale de Paris qu'on a éventrée, la substance
très intime de la ville qu'on a honteusement charcutée, dénaturée.
Au XIXe siècle, les travaux d'Haussmann n'avaient touché qu'à la
topographie. À partir de 1960, c'est au peuple, au menu peuple parisien qu'on
s'en est pris. Avec l'augmentation des loyers, le mal est fait et bien fait.
Le populo a été définitivement exproprié et refoulé dans les banlieues, « rouges
» ou non.
Mais Paris demeure un site d'exception. Un site qui, en des siècles et des siècles,
en a vu de toutes les couleurs et qui, mauvaise humeur de notre part ou pas,
en verra encore des vertes et des pas mûres dans les siècles à venir. C'est
ce qu'on appelle l'Histoire. Mais peut-on comprendre Paris si l'on ignore son
passé ? Sans ambages, notre réponse est non. Ce passé de Paris, l'idée qu'on
en a, constituent pour l'essentiel le charme de notre ville, maintenant.
Selon que vous serez, ici ou là dans Paris, disposé à ressentir la force incommensurable
d'impressions, de sensations que peuvent vous apporter ses rêves en nombre infini,
ses immeubles, ses bistrots, votre âme se colorera différemment...
Paris est un immense théâtre dont tous les Parisiens sont les acteurs. Le spectacle
est dans la rue et s'il n'y est pas à l'instant, il suffit d'humer l'atmosphère,
de fouiner à droite et à gauche pour le voir advenir et vous ravir... Ça, c'est
Paris !
Environnement
Un brin de nature dans un monde de brutes : c'est un peu ça, l'environnement
à Paris. Ce sont quelques grands parcs, quelques beaux jardins, quelques frais
bassins. Mais c'est aussi une eau qu'il ne fait pas toujours bon boire, un air
qu'il ne fait pas souvent bon respirer, des soirées survoltées qu'il ne fait
pas toujours bon fréquenter. Une tour Eiffel bien dressée, des berges bien « classées »,
des sites redessinés ; Paris sait se faire envier et le décor est bel et
bien planté. Pourtant, le rideau lui, est toujours baissé.
Paris serait la moins polluée des grandes métropoles, loin derrière Athènes,
Los Angeles ou encore Mexico. Certes, mais peut-on s'en vanter ? D’accord,
Paris ne se résume pas à un périphérique surchargé, des tonnerres de klaxons
réguliers ou des halls de gare qui vomissent leur lot quotidien de passagers
stressés. Mais difficile d'y échapper quand elle vous poursuit, vous envahit,
vous pollue la vie. Pollution de l'air, pollution de l'eau, pollution sonore...
la liste est longue pour les habitants de la capitale.
Service et hospitalité
L'hospitalité française est souvent décriée à l'étranger. Pourquoi ? Parce
que la plupart des touristes n'ont qu'une image parisienne de notre pays. Dommage.
Car nos régions souvent savent recevoir, savent sourire, dire bonjour, dire
au revoir, tout simplement. Mais que doit penser le provincial, « l'étranger »,
quand il monte à la capitale ? Accueil inexistant, service arrogant, carafe
d'eau qui nous joue l'Arlésienne, erreurs dans les additions... On en passe.
Ami de province, ami de plus loin encore, si l'on peut pardonner les prix très
« parisiens » (les loyers sont très élevés), on ne saurait composer
avec l'absence de gentillesse, la rudesse et la froideur érigées en mode de
vie dans certains établissements. Vu le nombre de cafés qui ferment chaque année,
il faut croire qu'à force, ces carences ont fini par gêner les Parisiens, pourtant
blindés !