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Culture Paraguay

Musique

Un des piliers de la richesse culturelle du Paraguay est sa musique folklorique. Les instruments principaux sont la guitare et encore plus la harpe. On peut même dire que la harpe est au Paraguay ce que le tango est à l’Argentine. Elle est l’instrument national. Cette harpe est une version altérée de la harpe classique qui a été introduite au Paraguay par les jésuites missionnaires au cours du XVIe siècle. Cet instrument a tout de suite séduit les indigènes.
Similaire en apparence à la harpe européenne, cette harpe diatonique, à cinq octaves et trente-six cordes, ne possède pas de pédale à pied. On peut également trouver des harpes à soixante-quatorze cordes agencées sur deux rangs. Faite de cèdre ou de pin, elle est plus légère que la plupart des harpes et sa boîte à résonance est plus large à la base que celle des autres harpes. Les interprètes et compositeurs les plus renommés sont José Asunción Flores (compositeur de l’hymne national) et Félix Pérez Cardozo (qui popularisa la musique paraguayenne dans les années 1940-1950).
La musique au Paraguay joue un rôle important dans toutes les fêtes et manifestations religieuses. Les polkas (qui n’ont rien à voir avec les polkas européennes) jouées rapidement à la guitare et à la harpe font danser la population dans chaque fête. On entend aussi des guaranias, musiques douces, romantiques et tristes jouées en général par un trio (conjunto) composé d’un harpiste et de deux guitaristes. L’orchestre typique paraguayen est généralement composé, outre le trio de base, de quelques violonistes, d’un contrebassiste et d’un bandonéoniste.

Littérature

Le Paraguay compte pléthore d’hommes de lettres qui sont malheureusement peu célèbres hors de l’espace sud-américain et qui ont très peu été traduits.
Les romanciers les plus célèbres sont sans nul doute Augusto Roa Bastos (Le Feu et la Lèpre, 1959 ; Moi, le suprême, 1974), un maître du régionalisme, et Gabriel Casaccia (La Limace, 1953 ; Los Exiliados, 1965). Ces deux hommes ont vécu des expériences similaires au Paraguay. Ils ont tous deux participé à la guerre du Cacho contre la Bolivie (1932-35), épisode qui influença profondément leur production littéraire. Puis, après le coup d’État du général Alfredo Stroessner en 1954, ils s’exilent en Argentine. Tandis que Casaccia y reste jusqu’à la fin de la dictature en 1989, Roa Bastos fuit vers l’Europe en 1976 lors de la junte militaire du général Videla. Il s’installe en France, devient professeur à l’université de Toulouse et ne retournera dans son pays natal qu’en 1996. Les deux auteurs introduisirent dans leurs œuvres les souffrances du Paraguay, sa décomposition morale, politique et économique, le sort tragique et la lutte de son peuple contre l’oppression.
Elvio Romero (Días roturados, 1948), quant à lui, apparaît comme le poète national. Après sa participation au soulèvement populaire de 1944 et à la guerre civile de 1947, il est lui aussi contraint de s’exiler au Brésil, puis en Argentine. C’est un des champions de la culture guarani, de même que le dramaturge Julio Correa (Sandia yvyguy, 1933), pionnier de l’écriture théâtrale en langue guarani. La vingtaine de pièces de Correa reprend les grands thèmes de l’histoire nationale (Indépendance, guerre de la Triple Alliance, guerre du Chaco), ainsi que la confrontation entre le monde rural et les milieux urbains. L’auteur de théâtre est le seul des grands auteurs paraguayens à n’avoir pas quitté le pays malgré les persécutions subies pendant la dictature.

Maison de Gabriel Casaccia

Pour ceux qui souhaitent agrémenter leur périple d’un arrêt littéraire, il est possible de visiter la maison familiale de Gabriel Casaccia dans la petite ville d’Aregua, à une heure d’Asunción au bord du lac Ypacarai. Si vous pensez que l’endroit est vide, tapez à la porte ou au volet, la personne qui entretient la maison vous ouvrira et vous fera faire le tour du propriétaire. C’est une demeure typique construite autour d’un patio central verdoyant ; elle est remplie de meubles anciens, d’objets de collection et de photos de la famille de l’écrivain. La visite est rapide, mais cet endroit, récemment classé patrimoine historique, vaut le coup d’œil.

Médias

Le Paraguay dispose de trois organes d’information efficaces : la presse, la radio et la télévision. Les éditions, les canaux et les chaînes ne sont pas très nombreux, mais ils ont le méritent de s’inscrire dans la durée.

Presse

Quatre quotidiens se partagent le lectorat paraguayen. Créé en août 1967, ABC Color est aujourd’hui le journal le plus lu dans le pays, étant diffusé à 45 000 exemplaires par jour. Il est connu pour sa ligne éditoriale mordante ce qui lui a valu d’être interdit de parution de 1984 à 1989, par le Général Stroessner qui le jugeait subversif. Vient ensuite le journal indépendant Ultima Hora, célèbre pour sa rubrique culturelle, à égalité avec Diario Noticias, plus orienté vers l’économie et la finance. Ces deux journaux sont tirés à 25 000 copies. Puis, on trouve La Nación, plus conservateur, dont la publication journalière s’élève à 15 000 exemplaires. Il faut aussi signaler Tiempos del Mundo, un hebdomadaire de très bonne qualité qui remporte un certain succès.
Du fait de sa forte communauté germanophone, le Paraguay compte également deux journaux en langue allemande : l’hedomadaire Aktuelle Rundschau et le bi-mensuel Neues für Alle. Tous deux sont distribués dans tout le pays.

Radio

Le groupe Radio Holding rassemble les quatre stations Radio Ñanduti (1 020 AM), FM Concert (107.7 FM), Rock & Pop (95.5 FM) et Radio Mburucuyá (980 AM), lesquelles comptent parmi les plus écoutées du Paraguay. Radio Primero de Marzo (780 AM), ainsi que Radio Cardinal (92.3 FM) remportent également un grand succès auprès des auditeurs locaux. Les stations d’Asunción, Radio Venus (105.1 FM) et Canal 100 (100.1 FM), s’adressent à un public plus jeune.

Télévision

Même si le Paraguay est un peu noyé sous les chaînes câblées, les talk-shows et les telenovelas venus du Brésil et d’Argentine, le pays possède néanmoins trois chaînes de télévision qui lui sont propres.
La première, créée en 1968, est Canal 9, également connue sous le nom de Sistema Nacional de Television ou TV Cerro Cora (selon les époques). Cette chaîne de divertissement diffuse des films et des séries, ainsi que des magazines d’information et des émissions de débat. Son programme le plus célèbre est « La Mañana de Cada Día », présenté par Mario Ferreiro et Yolanda Park, un équivalent paraguayen de « Télématin » diffusé tous les jours de la semaine de 6 h à 8 h 30.
La deuxième chaîne, Canal 13, dite El Trece ou RPC, a été fondée en février 1981. En plus de diffuser les programmes traditionnels, elle s’est orientée vers la retransmission d’événements sportifs et culturels. L’émission « Dia a Dia », co-présentée par Oscar Acosta et Maria Teresa Lopez, est un des symboles de la chaîne.
Telefuturo
(Canal 4), créée en 1997, est la dernière-née des chaînes paraguayennes. C’est là que la journaliste-vedette du paysage audiovisuel, Menchi Barriocanal, a élu domicile et présente son talk-show « Siempre Menchi ». Telefuturo propose des informations, des émissions de divertissement, des actualités sportives, des séries et des téléfilms. Il faut souligner que cette chaîne innovante produit même une petite série comique très regardée, « Telecomio » avec Clara Franco, tandis que ses concurrentes ne font que de la rediffusion de produits étrangers.

Artisanat

- La fabrication de dentelles ñandutí aux couleurs très vives est une des traditions de la communauté indienne du Paraguay. Elle a débuté dans la ville d’Itaugua, près d’Asunción. Le mot guarani ñandutí signifie « toile d’araignée ». Les pièces réalisées constituent essentiellement du linge de maison et des vêtements. On se met même à confectionner des robes de mariée avec ces broderies extrêmement délicates. Les motifs représentés sont variés et empruntés aux éléments de la vie locale : fleurs de goyave et de jasmin, marguerites, palmiers, petits oiseaux, perroquets, abeilles, paniers, éventails, épis de maïs, lanternes...
- Le Paraguay est également réputé pour ses bijoux en filigrane qu’ils soient en or ou en argent. Le meilleur endroit pour les trouver est la ville de Luque, à la périphérie d’Asunción et accessible par les nombreux bus en direction de l’aéroport, dont la rue principale regorge de joailleries. Les échoppes sont riches de pièces très fines et on peut également y trouver de superbes pots à maté en corne et en argent.





 




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