Mausolée Gour Emir à Samarcande - Ouzbékistan
Mausolée Gour Emir à Samarcande - Ouzbékistan © maxime - stock.adobe.com

Traditions et coutumes Ouzbékistan

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Symboles nationaux

Le symbole national de l’Ouzbékistan est le houmo, un oiseau divin qui puise ses origines dans les légendes iraniennes. 

Né vers 1330 à  Kech, 80 km au sud de Samarcande, Tamerlan (Amir Temour) est évidemment la figure légendaire nationale, escorté de quelques savants du cru comme Al-Birouni - qui démontra, bien avant Copernic la rotation de la terre autour du soleil - ou Al-Khwarizmi - qui nous a donné jusqu’au nom de l’algèbre. Des statues, des rues, des squares, des musées portent son nom à travers tout le pays et ont remplacé les incontournables avenues Karl-Marx ou Lénine des temps socialistes. 
 

Drapeau national

Le drapeau ouzbek est composé de trois bandes horizontales : bleue, blanche et verte, séparées de deux liserés rouges. Dans le coin gauche, sur la bande bleue, figurent un croissant de lune et douze étoiles pour les douze mois de l’année de l’indépendance. Le bleu rappelle la couleur de la bannière de Tamerlan. Le blanc symbolise la pureté et la paix, et la bande verte est la couleur de l’islam. 

La République indépendante du Karakalpakstan a ses propres couleurs : bandes horizontales bleue-jaune-verte, séparées par deux liserés, blanc-rouge et rouge-blanc, cinq étoiles et un croissant blancs. 

Modes de vie

Religion

Marqué par le rayonnement de Boukhara, “Rome de l’Islam” (où est né, entre autres, le célèbre Sahih Al-Boukhari, compilateur de 7000 propos prêtés à Mahomet - les hadiths, pas des plus libéraux), l'Ouzbékistan est un pays musulman, séparé du reste du monde sunnite par la vaste parenthèse chiite de la Perse et de l'actuel Iran. Naguère à peine toléré (150 mosquées) au nom de l’athéisme et de la lutte contre le régime obscurantiste des émirs, l’Islam prend sa revanche sur la période communiste, soutenu en cela par l’Arabie saoudite et la Turquie, mais aussi des oligarques locaux qui aimeraient en faire une religion d’Etat, précieuse pour contrôler la population.

Cet islam particulier tolère parfois des traditions religieuses et culturelles plus anciennes, réminiscences du zoroastrisme ou du chamanisme lié à la vie nomade.

Place des femmes

Si l'ère soviétique et ses crémations de voiles a permis quelques progrès au statut des femmes, la tendance serait plutôt à un retour aux valeurs musulmanes et aux mœurs de la steppe, où la place des femmes est au foyer. Le voile est de retour, même s’il n’est pas vraiment source de ségrégation ni de jugement entre celles qui le portent et ceux qui l'imposent, et les autres. On est même étonné que les gardiennes du très rigoriste Centre Al-Boukhari (le saint Paul de l’Islam) soient les cheveux au vent. 

On sort parfois en couple, plus souvent en famille complète, mais les relations sociales restent très marquées par la séparation des sexes. 

Homosexualité

L'homosexualité est condamnée par le Coran (sourate 7, versets 80-81) et les hadiths invitent à la punir de mort. L'époque des émirs a appliqué ces règles. Les bolcheviks les ont abolies... pour que Staline les rétablisse en 1934. 

Le code pénal de 2001 a confirmé le maintien hors la loi de l'homosexualité masculine (qui encourt toujours 3 ans de prison, le lesbianisme, lui, n'étant pas pénalisé). 

Dans les faits, c'est avant tout le manque de discrétion ou la prostitution qui sont punis - voire les écrits LGBT. Même si Tachkent ou Samarcande ont leurs lieux discrets, même si beaucoup d'Ouzbeks laissent transparaître leurs attirances, le pays n'est en rien gay friendly, et être gay est en général mal vu. 

Dans les zones touristiques, les autorités ferment les yeux sur la vie intime des étrangers, sous condition (au même titre que les hétéros) qu'ils restent "pudiques". Se tenir la main ou par les épaules est anodin, s'embrasser goulûment ou toucher des parties intimes en public peut valoir des ennuis quel que soit le sexe des protagonistes. Cela dit, l'Ouzbek est respectueux et timide, et devant toute attitude voyante... il fait souvent mine de n'avoir rien vu. 

S'il est banal pour deux hommes de demander une chambre pour deux, le réceptionniste peut se montrer mal à l'aise pour un lit double - mais il se conformera sans barguigner à ce qui est écrit sur le formulaire Booking ou Airbnb. Mieux vaut donc le mentionner noir sur blanc à l'avance dans les "souhaits particuliers" qu'exiger à grand bruit d'un employé qu'il bafoue la législation. 

Accueil

La tradition d’accueil et d’hospitalité est une constante en Asie centrale qui est plus prégnante encore à  la campagne que dans les villes. Il n’est pas rare pour un touriste de se faire inviter chez l’habitant pendant plusieurs jours de suite.

Dans l’ensemble, la pratique islamique en Ouzbékistan est encore tolérante. Dans les grandes villes, en dépit des panneaux poursuivant jusqu’au short au-dessus du genou ou les manches courtes, il n’est pas rare de voir un mannequin avec décolleté et nombril à l’air entrer sans encombre dans une madrasa. Seules quelques mosquées provinciales sont fermées aux femmes, et les non-musulmans seront gentiment invités à sortir à l’heure des prières. 

Lorsque l'on compte visiter plusieurs mosquées dans la journée, prévoir des chaussures s’ôtant facilement, un pantalon et des manches longues, un foulard pour se couvrir tête et épaules pour une femme. En cas d’oubli, le wakif (l'administration cléricale) prête châles et pagnes à l’entrée, pour masquer manches courtes, shorts et robes rases. Les religieux restent débonnaires, voire prévenants, mais les esclaffements sur “papa qui porte une jupe” sont malvenus. 

Les Ouzbeks sont plutôt sensibles à l’âge et au handicap. Il ne faut pas s’offenser qu’ils avancent une chaise ou cèdent leur place à qui a passé les 50 ans, encore moins refuser un cadeau lorsqu’on est affecté d’une infirmité quelconque - reflet d’une pitié d’un autre âge. Plans inclinés pour chaises roulantes et maquettes pour aveugles apparaissent timidement en zones Unesco. Métros et passages souterrains sont menus depuis des décennies de plans inclinés... initialement pour les poussettes.

De l’époque soviétique, il est resté une rustauderie bourrue qui cache une générosité gentiment ironique. “Otkouda vy ?” - “D’où venez-vous ?” est la question qui jalonnera vos rencontres. Parler anglais peut vous désigner comme le pigeon "américain", alors que quelques mots de russe décuplent un capital de sympathie déjà fort : “Frantsiya ? Mbapé ! Alann Delonn !” ou des réminiscences de gloires plus ancienne : “De Gaulle ! Louis dé Founès ! Gérard Philipe !"

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