En préambule
N'oubliez jamais une donnée géographique importante : il y a autant de kilomètres entre Oslo et le cap Nord qu'entre ce même Oslo et Monaco !
Les distances sont énormes. Dites-vous donc qu'il faudra choisir entre le Sud et le Nord et que, si, en plus de Bergen et des fjords, votre but est d'aller vous griser de la magie du soleil de minuit, il faudra peut-être envisager un moyen de transport plus rapide que la voie terrestre, à moins d'avoir tout le temps, bien sûr !
Croyez-nous, 4 500 bornes aller-retour en voiture, en bus ou à vélo, c'est long, très long...
Le train (NSB)
Internet : www.nsb.no.
Les trains norvégiens sont bien chauffés. Sièges inclinables et pivotants pour dormir. Les couchettes ne sont pas trop chères et offrent tout le confort possible, bien que sur les lignes secondaires on dispose de moins de place qu'auparavant. Le matin vers 8 h, au wagon-restaurant, petit déjeuner avec café, pain, beurre. Réservations obligatoires sur 90 % du réseau, surtout en été. Il faut demander au contrôleur où se trouve votre place réservée.
Demandez l'horaire des trains dans n'importe quelle gare. Très complet, il couvre tout le pays. On peut aussi le télécharger avant de partir. Les tarifs de chemin de fer sont dégressifs : ainsi pour 40 km, vous paierez deux fois plus cher qu'en France, mais pour 1 000 km, le tarif sera inférieur au prix français.
Réductions de 33 % pour les étudiants, 50 % pour les 67 ans et plus et pour la personne qui les accompagne. Le billet est gratuit pour les enfants jusqu'à 3 ans, et à - 50 % jusqu'à 15 ans inclus. Si vous vous y prenez à l'avance, demandez à bénéficier d'un Minipris (on peut les sélectionner en faisant sa réservation sur le site). Un Oslo-Bodø revient ainsi certains jours à 200 Nok (26 €) ! C'est moins cher que le bus, et de loin.
L'achat des cartes Scanrail (Deutsche Bahn France : tél. : 01-44-58-95-50 ; Internet : www.scanrail.com ou www.dbfrance.fr), Inter-Rail et Eurodomino (SNCF) permet de voyager gratuitement durant une période donnée et selon certaines conditions.
L'Euro Norway Yourth Pass donne trois à huit journées de voyage sur une période d'un mois dans un pays donné (de 138 à 268 €). Scanrail fonctionne un peu sur le même principe : on achète soit cinq, huit ou dix journées valables pendant deux mois, soit un pass de trois semaines. Tarif jeune, respectivement : 165, 199, 222 et 258 €. L'Inter-Rail coûte 195 € pour une validité de seize jours, mais on peut aussi acheter une carte Inter-Rail valable un mois sur toute l'Europe à 385 €.
La compagnie de bus Norway Bussekspress et ses filiales offrent une réduction de 50 % aux détenteurs des cartes Inter-Rail et Scanrail.
Le bus
Après Fauske et Bodø, plus de train, donc pas moyen d'y couper pour aller plus au nord. Dans le sud du pays, les bus sont assez nombreux et relient des villes que le train ne dessert pas. Pas mal de compagnies privées sont en concurrence sur les lignes les plus chargées : celles-ci affichent donc logiquement les tarifs les plus attrayants. Ailleurs, c'est un peu une compagnie par secteur géographique. Attention, les bus roulent très peu le samedi et moins le dimanche qu'en semaine.
- Nor-Way Bussekspress assure la liaison avec le chemin de fer à partir de Fauske via Narvik et Alta jusqu'au cap Nord. Réduction de 50 % pour les étudiants. Internet : www.nor-way.no.
- FFR dessert tout le Finnmark avec une réelle efficacité compte tenu des distances et du faible nombre d'habitants. Tél. : 177 ou 77-02-04-10. Internet : www.ffr.no.
L'avion
Avant toute chose : n'hésitez pas à acheter vos billets sur Internet, les tarifs sont plus intéressants qu'au comptoir. Certaines compagnies proposent des prix très avantageux en été. Par exemple, prix unique (vraiment pas cher) entre deux villes du Sud et deux villes du Nord au choix. Pour les pressés, c'est très rentable. Renseignez-vous à l'office du tourisme de Norvège à Paris ou dans les agences sur place.
La compagnie norvégienne intérieure, la Braathens, qui appartient au groupe SAS, propose parfois de mai à septembre un Norway pass composé d'un ou plusieurs coupons, uniquement sur des vols Braathens. Attention, pas de modifications possibles. La ville frontière entre Nord et Sud est Trondheim.
La compagnie Widerøe appartient elle aussi au groupe SAS et utilise le même système de réservations en ligne. Elle propose de fin juin à fin août un forfait baptisé Explore Norway qui permet de voyager deux semaines de manière illimitée sur ses lignes pour à peine plus qu'un vol simple ! À partir de 345 € pour une zone (il y en a trois) et 512 € pour toute la Norvège. Les villes « frontières » sont Trondheim et Tromsø. À acheter de préférence avant le départ, mais c'est aussi possible sur place.
Les possesseurs de la carte InterRail peuvent par exemple monter en train et bateau (ou bus) jusqu'au Nord, puis revenir en avion. Une bonne formule, plus économique qu'on ne croit.
Prendre des billets en stand-by peut être également un moyen pratique et avantageux de se déplacer en Norvège (et plus particulièrement dans le Nord), hors saison touristique.
Les compagnies aériennes intérieures
- SAS-Braathens : les 2 compagnies se sont mariées et couvrent désormais l'international et le national, ce qui simplifie les connexions et les tarifs jumelés. Les tarifs Happy, valables seulement sur certains vols, sont jusqu'à 3 fois moins chers que les Full Flex ! Contacter à Paris SAS, service de réservations : tél. : 0825-325-335 (0,15 €/mn). Internet : www.flysas.fr.
- Norwegian.no : Tél. : (47) 21-49-00-15 ou 81-52-18-15 en Norvège. Internet : www.norwegian.no. Tarifs à partir de 60 € pour traverser toute la Norvège lorsqu'on réserve longtemps à l'avance. Site très pratique pour les réservations en ligne.
- Widerøe : Tél.
: (47) 81-00-12-00. Internet : www.wideroe.no. La compagnie du Nord par excellence, qui dessert même des aérodromes microscopiques. Pratique à l'occasion mais rarement bon marché.
Le bateau
En tout cas, des bateaux, vous en prendrez souvent, notamment les bacs qui traversent les fjords. C'est assez cher, surtout si vous avez une voiture et encore plus si vous tractez une remorque. Seul le passage du chauffeur est (généralement) compris, les passagers paient en plus. Bien entendu, vue superbe sur les fjords. L'organisation de l'embarquement se révèle efficace. Sur les axes importants, il y a constamment des rotations de ferries depuis tôt le matin jusque tard le soir.
Les compagnies maritimes
La brochure Indicateur des transports, distribuée par l'office du tourisme de Norvège, répertorie toutes les liaisons maritimes à l'intérieur du pays.
- Les navires Express côtier (Hutigruten) relient tous les jours Bergen à Kirkenes (tout là-haut, à la frontière russe) en longeant la côte et en desservant 34 ports. Formule intéressante (mais très chère) pour monter ou redescendre du cap Nord.
La flotte de Hurtigruten est composée de quatorze bateaux dont onze circulent continuellement. Neuf d'entre eux ont une cinquantaine de places chacun pour les voitures et les motos. Mieux vaut réserver longtemps, très longtemps à l'avance. Onze nuits à bord pour l'aller-retour (et moitié moins pour l'aller...). Escale dans les 34 ports dans chaque sens. Dans les plus grandes villes, le bateau s'arrête entre 30 mn et 3h30, ce qui laisse (parfois) le temps de faire des courses et de visiter la ville.
Le bureau Hurtigruten à Paris délivre une brochure détaillée, aussi disponible à l'office du tourisme de Norvège. Pour plus d'infos : 2, rue de la Roquette, passage du Cheval-Blanc - cour de Mai, 75011 Paris. Tél. : 01-58-30-86-86. Internet : www.hurtigruten.fr.
L'Express côtier prend le relais du chemin de fer lorsqu'il n'y a plus de lignes de train dans le Nord. Il fonctionne toute l'année, et d'août à fin mai les plus de 67 ans peuvent profiter d'importantes réductions. Le tarif aller Bergen-Kirkenes est de 790 € en demi-pension pour 7 j./6 nuits en été, mais il baisse substantiellement en hiver. Les offres promotionnelles changent chaque année.
- Il existe un Express-boat qui relie Stavanger à Bergen et offre 50 % de réduction aux possesseurs de la carte Inter-Rail et 25 % à ceux qui ont la Scanrail.
- Les ferries : pas de réduction pour les possesseurs de la carte InterRail, ni pour les étudiants.
La route
La vitesse est limitée, les routes forcément étroites et sinueuses, et souvent les véhicules lents, camions ou caravanes, provoquent des ralentissements. Ajoutez à cela les attentes de ferries et le temps que vous passerez à mitrailler les paysages, et cela expliquera que vous soyez souvent en retard pour le repas du soir à l'étape. Limitez vos ambitions à 300-400 km par jour, ce ne sera déjà pas mal, et dites-vous qu'il vous sera impossible de voir tous les fjords en huit jours.
La route qui va jusqu'au cap Nord est entièrement goudronnée et en excellent état. Attention, certaines routes de montagne sont fermées l'hiver (qui dure de novembre à mai). En dehors des grands axes, les routes sont parfois un peu moins bonnes, mais des efforts sont entrepris pour les améliorer. Dans le Nord, il est fréquent de rencontrer des vaches, des moutons et des chèvres, et, plus au nord encore, des rennes et des élans.
Patience, car le réseau routier ne permet pas toujours de doubler. Grâce aux revenus du pétrole, la Norvège peut se permettre d'investir massivement dans les infrastructures routières.
Le prix de l'essence connaît des variations de prix étonnantes. Statoilet Fina pratiquent souvent les tarifs les plus avantageux. Le GPL est assez rare. Le litre d'essence sans plomb se situait autour de 12 Nok (1,50 €) à la fin 2007 et le diesel à peine moins cher à environ 11,50 Nok (1,40 €).
À noter : la plupart des stations-service possèdent un minimarché (cher mais pratique en dépannage), des w.-c. et un point d'eau.
- Bon à savoir : il n'est pas toujours possible de payer les tunnels, péages et accès aux villes par carte de paiement. Toujours se munir de liquide avant de prendre la route.
- Danger : attention aux élans la nuit. Ne riez pas, ils sont responsables de pas mal d'accidents. En plus, il semblerait qu'il existe des élans « saouls » ! Certaines de ces bêtes à bois se gavent, à la fin de l'automne, de fruits fermentés tombés au sol.
Le respect du code de la route
Pour votre
salut et celui de votre portefeuille, on vous recommande chaudement de
vous conformer aux règles du code de la route et aux limitations de
vitesse.
- Taux d'alcoolémie maximal autorisé : 0,2
g/l (et ici, on l'applique vraiment, tolérance zéro). Conduire ivre
peut valoir le retrait du permis pour un an et même la prison. Résultat
spectaculaire le vendredi et le samedi soir : les dizaines de
Norvégiens et Norvégiennes saouls font sagement la file aux stations de
taxis à 3 h, heure de fermeture des boîtes.
- Limitations de vitesse : sur
les quelques tronçons autoroutiers, la vitesse est limitée à 90 km/h.
Dans les villes, 30 km/h, et aux abords des agglomérations (il suffit
de trois maisons au bord d'un fjord) : 50 km/h ou 60 km/h. Rien de plus
normal. Mais sur tout le reste du réseau routier, c'est-à-dire 95 % des
voies de communication, la vitesse est limitée à 80 km/h, quelles que
soient les conditions climatiques et la praticabilité du réseau.
Attention, les amendes sont très onéreuses : 144 € pour un dépassement
de 10 km/h et 240 € pour 20 km/h.
Les péages
Il faut s'acquitter d'un droit d'entrée pour pénétrer dans les villes du Sud : le prix n'est pas exorbitant, mais lorsqu'on cherche son chemin en banlieue, on peut se retrouver plusieurs fois devant le même poste de péage et être obligé de payer à chaque fois !
Méfiance aussi avec les routes (toll roads) et tunnels à péage : ceux qui viennent d'être construits n'affichent pas toujours leurs tarifs en amont. Devoir payer 150 Nok (18 €) à la sortie d'un tunnel de 5 km, sans possibilité de faire demi-tour, vous fait facilement monter la moutarde au nez ! Les règlements par carte de paiement ne sont pas toujours possibles. Certains tunnels sont gratuits la nuit.
La plupart des ponts et tunnels deviennent gratuits une fois le coût de leur construction amorti.
Le stop
C'est possible ! L'attente est souvent longue. Non que les automobilistes soient
insensibles aux charmes des routards et de leurs sacs à dos, mais encore faut-il
que des voitures passent.
Un des meilleurs plan consiste à se poster à la sortie des bacs et des ferries. Vers le nord, pour aller au cap Nord, c'est plus compliqué : beaucoup de voitures sont déjà pleines.
Le vélo
Bon courage à nos amis cyclistes, car la Norvège est loin d'être un plat pays. Cela dit, ils sont nombreux à braver les éléments et à pédaler jusqu'au cap Nord. On peut le relier depuis Trondheim sur une vraie piste cyclable de 1 400 km de long, séparée de la route par une barrière de sécurité !
De nombreux tunnels à péage sont gratuits pour les vélos. Mais certains sont interdits et parfois le détour n'est pas possible. Cela compliquera la vie de ceux qui envisagent ce moyen de transport sur de longues distances.
Il est obligatoire d'être habillé de façon bien voyante pour la traversée des tunnels (bandes réfléchissantes). Le transport des vélos est gratuit sur les ferries et l'Express côtier. Les bus des régions rurales les embarquent volontiers, ainsi que les trains, sauf les express (mais tarif pas très élevé). Le casque est obligatoire.
- Stiftelsen sykkelturisme i Norge : PO Box 3132, Fylkeshuset, N-3706 Skien. Tél. : 35-52-99-55. Internet : www.bike-norway.com.
Une adresse utile pour les cyclotouristes.
À pied
Les Norvégiens marchent très sportivement et les sorties de petite randonnée pédestre sont plutôt proposées par des clubs locaux. L'office du tourisme de Norvège à Paris distribue également une brochure en français bien faite, Vacances actives en Norvège, pour vous aider dans la préparation de votre voyage.
Sinon, la randonnée en montagne reste le privilège du DNT (Den
Norske Turisforening ; voir adresse ci-dessous). Cette association norvégienne organise toute l'année de nombreuses sorties en montagne.
Il est naturellement aussi possible de monter soi-même sa randonnée, par exemple entre deux hytter. Les hytter, des gîtes-refuges confortables, sont loués tout équipés, ce qui permet de randonner léger.
Certains parcs ont des sentiers balisés par le DNT. Sur les autres chemins, le balisage est marqué d'un « T » peint en rouge. Bien entendu, l'équipement du randonneur sera celui du montagnard.
- Den Norske Turisforening : Storgata 3 à Oslo. Adresse postale : PO Box 7 Sentrum, N-0101 Oslo. Tél.
: 22-82-28-22. Internet : www.turistforeningen.no.
- Direction de la protection de la nature (Direktoratet for
Naturforvaltning) : Tungasletta 2, N-7485 Trondheim. Tél. : 73-58-05-00. Internet : www.naturforvaltning.no.
- Documentation : Mountain Hiking in Norway, brochure très
complète en anglais, disponible sur commande à L'Astrolabe : 46, rue de
Provence, 75009 Paris. Tél. : 01-42-85-42-95. M. : Chaussée-d'Antin.
Ski de
fond, grandes courses, randonnées nordiques en Pays nordiques, par A. et
S. Mouraret, éd. La Cadole, 74, rue Albert-Perdreaux, 78140 Vélizy.
Des cartes et topoguides pour randonnées et balades à skis sont également disponibles à la librairie Ulysse : 26, rue Saint-Louis-en-l'Île, 75004 Paris. Tél. : 01-43-25-17.35.
Pour aller plus loin
Pour faire le tour du monde en bateau norvégien, achetez le Norges Handels
Og Sjøfartsidende, journal donnant la Skiplisten, c'est-à-dire, pour
tous les bateaux norvégiens, leur destination, leur port d'attache, le nom du
capitaine et la date de départ.