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Un peu d’histoire Nord-Pas-de-Calais

Chronologie

- IIIe siècle : invasion des Francs, Germains et Alamans. Gros mélange avec les Gallo-Romains, d'où naîtront les Flamands et les Picards.
- VIe siècle : Clovis, le roitelet belge de langue allemande, se fait baptiser. Apparition de la frontière linguistique. Le Nord est rattaché à la Neustrie. Naissances de nombreuses abbayes avec la culture monastique.
- XIe et XIIe siècles : début du textile.
- 1191 : traité d'Arras. Philippe Auguste rattache l'Artois à sa couronne.
- 1214 : Philippe Auguste bat les Anglais, les Allemands et les Flamands à Bouvines.
- 1300 : les Flamands remettent ça avec le même résultat et, en 1314, l'autre Philippe, dit le Bel, annexe la Flandre.
- XVe siècle : les Nords retournent à la Bourgogne. C'est le siècle des grands mécènes flamands et bourguignons.
- 1529 : paix des Dames à Cambrai. La Couronne renonce à la Flandre et à l'Artois.
- XVIIe siècle : âge d'or des villes. On édifie une Bourse à Lille et sur la Grand-Place d'Arras.
- 1635 : début de la guerre de Trente Ans en Artois.
- 1659 : traité des Pyrénées. On rend l'Artois à la France.
- XVIIIe siècle : fort essor des industries textiles.
- 1701-1714 : guerre de Succession d'Espagne...dans le Nord.
- 1792 : guerre de la Révolution. Siège des Autrichiens à Lille.
- 1810 : première fabrique de sucre de betterave à Arras
- 1870 : guerre franco-allemande.
- 1877 : création de l'Université catholique à Lille. Tous les éléments de la lutte des classes sont enfin réunis.
- 1906 : explosion d'une mine à Cournières - 1 099 morts. Polémique sur les opérations de sauvetage. Grèves.
- 1915 : offensive française en Artois. Quelque 100 000 morts au plateau de Notre-Dame-de-Lorette.
- 1918 : les rescapés de Verdun arrêtent l'offensive allemande à Doullens. Foch prend le commandement et gagne la guerre. Arras, Cambrai, Lens, Armentières et Bailleul sont aux trois quarts rayés de la carte.
- 1929-1932 : grande crise sociale. Classes contre classes.
- 1940 : bataille de Dunkerque. Embarquement anglais. Dunkerque ressemble à un champ labouré. Premières actions de résistance qui engendreront la grève de 1941.
- 1941 : grande grève patriotique (comme on dit ici) des mineurs. C'est à ce jour encore la plus grande grève qu'il y ait eu dans un pays occupé par une armée étrangère. Parution de journaux clandestins qui existent toujours (La Voix du Nord, Liberté...).
- 1947-1948 : grève des mineurs. Le gouvernement envoie l'armée et les chars. Départ des communistes du gouvernement, scission de la CGT et création de Force ouvrière.
- 1960 : période de reconstruction.
- 1963 : grande grève des mineurs.
- 1983 : inauguration du métro de Lille.
- 1987 : fermeture du dernier chantier naval.
- 1990 : fermeture du dernier puits de mine à Oignies. Fin de 270 ans d'histoire minière.
- 1991 : inauguration du TGV Paris-Lille.
- 1994 : inauguration du tunnel sous la Manche.
- 2004 : Lille est « Capitale européenne de la culture ». En juin, elle obtient le label « Ville d'art et d'histoire ».
- 2005 : inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco des beffrois du Nord et du Pas-de-Calais, des géants et des carnavals à géants.
- 2008 : sortie aussi triomphale qu'inattendue du film Bienvenue chez les Ch'tis.
- 2010-2012 : travaux puis ouverture du Louvre-Lens, qui accueillera, si tout va bien, en 2013 les collections que le musée national parisien ne peut exposer faute de place.

Lutte des classes

Quoi qu'elle ait créé comme avatar, la lutte des classes a marqué à jamais la conscience et l'âme ici, dans le Nord-Pas-de-Calais.
Comme partout, avec l'essor de la révolution industrielle de la région, le fossé entre la classe laborieuse et la classe possédante n'a fait que s'agrandir. Car, avec l'essor du textile, du charbon et de l'acier, c'est une « orgie productive ». Une infime minorité (les grandes familles) s'enrichit, une autre minorité est à l'aise, et la grande majorité (le peuple) vit dans des conditions juste en dessous du pitoyable.
L'Église du Nord se divise sur l'affaire. Malgré une timide doctrine sociale du temps de Léon XIII, l'Église soutient le paternalisme patronal, pousse à la natalité (vivier futur de la productivité), fait créer les allocs.
Et puis vient l'heure du Front populaire, et enfin de la première semaine de vacances.
Il reste aujourd'hui, de tout ce passé, une implantation communiste dans le Pas-de-Calais et dans le Valenciennois et, surtout, une forte implantation socialiste dans le reste des pays du Nord. Avec, ici et là, de grandes traces de la mémoire gaulliste.

Les fortifications de Vauban

Le visiteur attentif aura sûrement remarqué que l'occident du département du Nord est plat, à l'exception des monts des Flandres.
Louis XIV s'aperçut assez vite qu'il y avait là une forte lacune défensive. Il fit appel au génie de Vauban.
Alors Vauban, ingénieur, architecte, stratège et visionnaire, tira une ligne imaginaire qui allait de Dunkerque à Mons. De la mer aux premiers obstacles naturels des Ardennes. Il fortifia Dunkerque, Furnes, Bergues, Ypres, Menin et jusqu'à Mons en passant par Tournai, Condé, Valenciennes, Le Quesnoy et Maubeuge. Pour plus de sécurité, il ébaucha dans l'intérieur une seconde ligne de force : de Gravelines à Avesnes en passant par Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys, Béthune, Arras, Douai, Bouchain, Cambrai et Landrecies. Et tout ça forme un quadrilatère géographique, le pré carré.