Jeux traditionnels
Jusqu'aux confins du département, il existe 100 jeux traditionnels, 100 exercices coutumiers. On peut les classer en deux grandes catégories : les jeux où l'on fait donner les animaux et ceux où l'on fait donner les hommes. Et ces jeux sont liés ici au tempérament et à l'histoire des gens, voire au paysage.
À l'origine, on trouve souvent deux réalités qui ont marqué le pays : la guerre et la solidarité. D'abord la guerre. Le combat de coqs en est tout le symbole, celui de l'embryon archaïque de la guerre : le duel.
Le tir à l'arc, lui, tient son origine des guerres, du Moyen Âge belliqueux, là où l'archer faisait partie de l'élite. Il en va de même pour l'origine du tir à l'arbalète et du fer de javelot.
Ensuite, la solidarité. Les archers et arbalétriers se regroupent dans des associations qui descendent, au travers des confréries d'hier, des guildes du Moyen Âge. Corporatisme de la mémoire plus que de l'intérêt, premières hélices de l'ADN du syndicalisme.
Les jeux où l'on fait donner les animaux
- Les combats de coqs : devenus une tradition ancrée dans les
Flandres sous Napoléon III. Une première loi les interdit tout à fait en 1963.
Mais la fédération des coqueleux se battit bec et ongles et obtint,
par une loi de 1964, des dérogations pour les localités où cette pratique était
coutumière. Aussi, on peut encore voir l'organisateur d'un combat de coqs monter
un ring aux proportions des guerriers emplumés. Les ergots sont remplacés par
des dards d'acier. L'affaire commence. Et se termine par la mort d'un des
coqs.
- Les pigeons voyageurs : tradition moins violente donc. Les coulonneux
(éleveurs de coulons - « pigeon » en ch'ti) sont le plus souvent des
mineurs à la retraite, les derniers ouvriers du textile, des dockers ou des
petits fonctionnaires. C'est un jeu traditionnel des petites classes laborieuses.
On lâche les oiseaux depuis loin, jusqu'à huit cents ou mille kilomètres. Le premier pigeon arrivé à la maison gagne le prix, parfois important.
- On citera en passant le concours de pinsons dans la catégorie
des jeux d'animaux. C'est à celui qui alignera dans le moins de temps le plus
de trilles.
- Les concours de chiens ratiers. Cœurs sensibles s'abstenir. On introduit
dans une cage, où trottent éperdument trois rats, un chien. Le chien tue les
rats. Chrono. Puis rebelote avec trois autres rats et un autre chien. Rechrono.
Et ainsi de suite. Le gagnant est le tueur le plus rapide.
Les jeux de lancer
- Le jeu de bouchons : il s'agit d'abattre des bouchons (aujourd'hui
en bois) avec des palets de métal. Grande adresse requise. Une variante consiste à mettre des pièces de monnaie sur le bouchon.
- La bourle : de grosses « boules » de bois aplaties, qui ressemblent un peu à des roues et qu'on lance sur une piste incurvée. C'est un peu comme la pétanque, en moins simple.
- Le jeu de javelot : c'est le jeu de fléchettes en plus grand.
Les flèches font soixante centimètres et la cible est un mannequin de paille.
- Le jeu de billon : là, il s'agit de balancer un rond de bois
de quatre kilos et d'un mètre de diamètre à neuf mètres, le plus près possible
du but, en l'occurrence un poteau.
- Comme jeux de lancer, on citera encore la crosse (qui est l'ancêtre
du golf) et les quilles (ancêtres du bowling).
Les jeux de tir
4 000 personnes continuent de tirer régulièrement à l'arc et à l'arbalète à travers toute la région.
- Le tir à la perche : en haut de la perche se trouve le papegai, du nom d'un petit oiseau gros comme un roitelet. Le meilleur archer est sacré « roy » pour une année, une coutume qui remonte au Moyen Âge.
- Le tir à l'arbalète : pratique encore plus ancienne que le tir à la perche. À voir absolument, pour la beauté des instruments et l'adresse des tireurs.