L'histoire de New York est un résumé des grandes dates de l'histoire des États-Unis.
New York précolombien
et premiers peuplements européens
À l'origine, les Indiens occupent la place. Les premiers habitants sont probablement les Lenape, une tribu de langue algonquienne.
Quelques décennies après Colomb, en 1524, François Ier missionne le Florentin Verrazano pour explorer les côtes, dans le but de trouver un passage vers l'Ouest.
Durant son périple, Verrazano ne découvre pas la route vers l'Ouest, mais recense clairement la baie de New York qu'il baptise « Nouvelle Angoulême ». Toutefois, c'est l'Anglais Henry Hudson qui débarque le premier dans la baie.
Plus tard, le marchand d'Amsterdam Adriaan Block fonde un comptoir permanent sur l'île de Manhattan (1624).
De La Nouvelle-Amsterdam à La Nouvelle-York
Dès lors, les premiers colons affluent, et le comptoir se transforme en un village qu'ils baptisent La Nouvelle-Amsterdam. La naissance de New York se fait pacifiquement : en 1626, Peter Minuit, gouverneur de la colonie, achète l'île de Manhattan aux Indiens.
Très vite, ils vont demander plus aux colons, et ceux-ci vont devoir les payer avec de l'alcool et des armes à feu en quantité. En 1643, de premiers affrontements éclatent. Ceux-ci deviennent ensuite si fréquents qu'en 1653, Peter Stuyvesant est obligé de faire construire une palissade (« Wall ») protectrice sur ce qui correspond aujourd'hui à Wall Street.
La palissade sert aussi de protection contre les Anglais, dont la continuité territoriale des colonies est entravée par la petite colonie néerlandaise.
En septembre 1664, les Anglais s'emparent de la ville.
La prospérité économique
et les années sombres de l'esclavage
New York se situe à un point de passage obligé des marchands qui désirent commercer avec l'Amérique du Nord. Ses principaux revenus sont l'import-export avec l'Angleterre et les Antilles, et le négoce.
En 1817, la ville et l'État de New York abolissent l'esclavage. Mais malgré cette abolition, le commerce persiste (jusqu'en 1865 aux États-Unis).
La guerre d'indépendance des États-Unis
Après la Déclaration d'indépendance et durant la guerre qui suivit, New York fut au centre de toutes les convoitises, en raison d'intérêts stratégiques et commerciaux. Les combats firent de nombreuses victimes.
De 1784 à 1790, New York assure provisoirement le rôle de capitale des jeunes États-Unis.
L'urbanisation : du port à la ville
La ville continua son extension. En 1811, le Common Council, l'équivalent de notre conseil municipal, décide d'un plan en damier. Seul Broadway, un ancien sentier indien qui rejoignait la banlieue de Yonkers, fait exception à la règle.
Ce n'est qu'après la construction du canal Érié en 1825 que l'intérieur de l'État commença à se développer économiquement. C'est grâce à cette croissance industrielle et agricole que les capitalistes de Wall Street firent fortune.
Le 1er janvier 1898, 40 municipalités se sont jointes à Manhattan et au Bronx pour devenir la première ville mégalopole : New York City. New York devient la ville la plus peuplée des États-Unis et la deuxième du monde après Londres.
Les premiers parcs urbains apparaissent dès 1860 : Central Park, puis Riverside Park dans Manhattan et Prospect Park à Brooklyn. Après de terribles incendies en 1835 et 1845, la ville se dote d'un corps de sapeurs-pompiers professionnels.
La villedes superlatifs
C'est au XIXe siècle que New York devient la ville de tous les superlatifs : la plus active, la plus riche de toutes, etc. ; son port est le plus grand du monde de 1820 à 1960.
Tout l'argent de cette prospérité est investi. De grands projets immobiliers voient le jour : pont de Brooklyn, gratte-ciel...
La prohibition ou « loi sèche »
Après la Première Guerre mondiale, une nouvelle bataille ronge l'Amérique : celle de la lutte contre l'alcool. En 1919, la prohibition, votée par le Congrès, interdit de consommer de l'alcool sur le territoire américain.
New York devient la tête de pont d'un gigantesque réseau de contrebande.
La crise de 1929
Durant l'été 1929, l'indice de référence de la Bourse monte de 110 points. De boursière, la crise devint économique puis sociale. Une telle crise ne pouvait manquer de favoriser la corruption, la magouille et le crime.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, New York devint la capitale intellectuelle du monde occidental.
Un difficile après-guerre
L'après-guerre fut prospère du point de vue économique. Socialement, New York se heurta au problème des émeutes noires qui éclatèrent à Harlem. Deux autres problèmes rongèrent la ville dans les années 1950 : le logement et l'insalubrité.
Une ville en pleine banqueroute
New York fut confrontée à la dégradation rapide des logements favorisant la spéculation immobilière. Les classes aisées désertèrent le centre-ville, entraînant la fermeture de nombreux commerces. L'insécurité augmenta et de graves émeutes noires éclatèrent durant les années 1960. Résultat : en octobre 1975, New York échappe de peu à la faillite.
La renaissance de New York
Comme il l'avait promis dans sa campagne électorale, Rudolph Giuliani a « nettoyé » New York. Il a réduit le climat d'insécurité en appliquant la « tolérance zéro » en matière de vandalisme. Il s'est ensuite attaqué aux infractions plus sérieuses.
Les crimes en tout genre ont diminué de moitié, les rues sont devenues plus propres et près de 320 000 emplois ont été créés. Sa première tâche avouée a été de se débarrasser de la mainmise de la mafia sur plusieurs industries.
Le 11 septembre 2001 à New York
Le 11 septembre 2001 a marqué d'une pierre noire l'entrée dans le XXIe siècle. C'est la plus grosse attaque terroriste jamais commise contre un État.
Les conséquences économiques de ces événements ont été sévères. La zone proche des attaques a été paralysée pendant de nombreuses semaines, et les cours immobiliers y ont chuté. Les assurances ont enregistré les plus grosses pertes de leur histoire, les compagnies aériennes ont vécu une crise financière sans précédent depuis une trentaine d'années, et le coût de la reconstruction est élevé. L'impact psychologique est au moins aussi important.
L'après-11 Septembre : New York veut rebondir
Puisant dans son exceptionnel réservoir d'énergie, la ville a su réagir aux incroyables défis. Sur le site du World Trade Center, on s'affaire désormais à la construction du nouveau complexe, qui sera surplombé d'une tour encore plus haute que les Twins.
La ville a retrouvé son dynamisme : la fréquentation touristique est repartie de plus belle.
La reconstruction est aussi économique. New York a gardé la tête haute et balayé la crise. Les scènes de joie observées le jour de la victoire historique de Barack Obama en novembre 2008 ont marqué les esprits.
2011 : le come-back de New York
La nouvelle de la mort de Ben Laden en mai 2011, a provoqué une explosion de joie dans tous les États-Unis, et particulièrement à New York. Une foule en liesse a immédiatement investi Ground Zero (où la reconstruction du World Trade Center se poursuit), pour célébrer cette « revanche ».
New York a retrouvé toute sa vitalité et son énergie créatrice. Les signes de reprise se multiplient, et la crise financière appartient désormais au passé.
L'industrie touristique est pour beaucoup dans cette renaissance.
Une vague écolo, encouragée par le maire Michael Bloomberg, déferle sur la ville. Petit à petit, la Big Apple se mue en Green Apple, une ville plus zen où l'on prend le temps de vivre, de respirer.