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![]() Un peu d’histoire New YorkL'histoire de New York est un résumé des grandes dates de l'histoire des États-Unis. Les originesÀ l'origine, évidemment, les Indiens occupaient la place. Les premiers habitants
étaient les Algonquins, et l'endroit s'appelait « Mannahatta ». Ceux-ci commencèrent
par se faire envahir par les Iroquois. Après cette guerre tribale, les Iroquois
se rassemblèrent sous un arbre pour tenir le grand conseil d'Onondaga, au cours
duquel ils décidèrent de créer 6 nations indiennes devant soumettre par la force
toutes les tribus rétives à leur pouvoir. De la Nouvelle Amsterdam à la Nouvelle YorkEn 1626, la Compagnie hollandaise des Indes occidentales acheta l'actuelle île de Manhattan pour 60 florins (l'équivalent de 24 US$) aux Indiens locaux pour fonder une ville. En 1647, la Nouvelle Amsterdam comptait environ 300 âmes. Pendant cette période, plusieurs dynasties de propriétaires terriens hollandais tenaient sous leur emprise les terres du nord de la ville. En septembre 1664, les Anglais s'emparèrent de la ville (qui ne comptait que 17 rues) et Charles II en fit aussitôt cadeau à son frère James, duc d'York. De facto, la Nouvelle Amsterdam devenait la Nouvelle York, plus connue sous le nom de New York. L'autorité des quelques familles hollandaises fut à peine affectée par le transfert de la colonie de la Hollande à l’Angleterre, ou même par l'indépendance américaine le 4 juillet 1776. Ce n'est qu'après la construction du canal Érié en 1825, reliant la ville de New York aux Grands Lacs, que l'intérieur de l'État commença à se développer économiquement. Grâce à cette croissance industrielle et agricole, les capitalistes de Wall Street firent fortune. À la fin du XVIIe siècle, la ville de New York comptait près de 20 000 personnes. En 1775, on en recensait plus de 60 000. Les sombres années d'esclavageEn 1626, les Hollandais ramenèrent 11 hommes d'Afrique. Moins de 40 ans après, les Anglais adoptent l'horrible trafic. Comme ils n'avaient que 600 esclaves pour commencer, ils ont ouvert près d'une dizaine de marchés à Wall Street. En 1740, près de 21 % des New-Yorkais sont esclaves. En 1817, la ville et l'État de New York abolissent l'esclavage, mais ce commerce persiste (les États du Sud étaient de bons clients). Même libres, les Noirs n'avaient pas la vie facile : les blackbirders continuaient à les kidnapper dans les rues de New York pour les vendre dans le Sud. Les nouveaux immigrés blancs (principalement des Irlandais peu qualifiés) les ont toujours considérés comme des concurrents sur le marché du travail. Le 13 juillet 1863, cette tension raciale s'est traduite par les émeutes les plus sanglantes de l'histoire de l'Amérique : les draft riots, déclenchées par l'appel de conscrits pour la guerre civile, durèrent 3 jours et causèrent la mort de 105 personnes. Au cœur de la lutteAprès la déclaration d'Indépendance et durant la guerre qui suivit, New York fut au centre de toutes les convoitises, en raison d'intérêts stratégiques et commerciaux évidents. George Washington, après avoir chassé les Anglais de Boston, fondit sur New York. En décembre 1783, le drapeau aux 13 étoiles flottait sur Battery Park. De 1784 à 1790, New York assura le rôle de capitale des jeunes États-Unis. En 1789, George Washington y fut investi président. Et la ville continua de plus belle son extension. En 1811, sa croissance était devenue tellement rapide que le conseil municipal décida d'un plan en damier. Les rues seraient orientées d'est en ouest et les avenues du nord au sud. Broadway fait exception à la règle et traverse Manhattan en biais du nord-ouest au sud-est. Broadway est en fait un ancien sentier indien qui, comme l'avenue aujourd'hui, allait jusqu'à la banlieue de Yonkers. Le 1er janvier 1898, 40 différentes municipalités, des villages fermiers du Queens et Staten Island à la ville-champignon de Brooklyn, se sont jointes à Manhattan et au Bronx pour devenir la première ville mégalopole : New York City. Avec cette unification, la population monta en flèche pour atteindre 3,5 millions d'habitants, faisant de New York la ville la plus peuplée des États-Unis et, à l'époque, la deuxième du monde après Londres. La ville des superlatifs
C'est au XIXe siècle que New York devint la ville de tous les superlatifs : la plus active, la plus riche de toutes, etc. ; son port fut le plus grand du monde de 1820 à 1960. De grands projets immobiliers virent le jour, comme la construction du pont de Brooklyn, achevé en 1883. Puis vinrent les gratte-ciel, si caractéristiques de New York. Les sociétés, qui avaient presque toutes leur siège à New York (70 % en 1900), furent les principaux promoteurs de buildings, la hauteur de leurs immeubles faisant sentir à tous leur puissance. Pour les construire, les promoteurs trouvèrent une main-d'œuvre en nombre avec les immigrants. Les immigrantsLes tout premiers immigrants arrivèrent en 1624 : 23 juifs séfarades exilés du Brésil. Fuyant la misère, la famine, les persécutions politiques, raciales ou religieuses, ils furent 12 millions en un peu plus de 30 ans, de 1892 à 1925, à faire le voyage jusqu'aux pieds de la statue de la Liberté. Irlandais, Allemands, Italiens, Juifs d'Europe centrale, tous venaient chercher en Amérique une vie meilleure. Depuis la fin de la guerre froide, beaucoup de Russes vivent à New York. Tout cela n'est pas sans poser des problèmes de racisme et d'intégration. Ces différences ont fait l'affaire des journaux qui virent là une manne formidable pour assurer leur développement. Ainsi, à la fin du XIXe siècle, New York comptait 146 quotidiens en une demi-douzaine de langues différentes. La « loi sèche »Après la Première Guerre mondiale, une autre bataille allait ronger l'Amérique : celle contre l'alcool. En 1919, la prohibition (la « loi sèche »), votée par le Congrès, interdit à quiconque de consommer de l'alcool sur le territoire américain. New York devint la tête de pont d'un gigantesque réseau de contrebande où les gangs dirigés par Al Capone et Lucky Luciano s'affrontaient pour l'argent de l'alcool clandestin. C'est à New York que l'on retrouva les premiers cadavres mafieux. Dix ans après, on dénombrait pas moins de 32 000 speakeasy (bars clandestins) dans la ville. La criseDurant l'été 1929, l'indice de référence de la Bourse monta de 110 points. Tout le monde achetait, sûr de revendre plus cher rapidement. Ce qui fit dire à certains experts qu’une crise économique grave risquait de survenir. Le 24 octobre 1929, ce fut le Jeudi noir : les cours s'écroulèrent et les ventes se succédèrent à un rythme hallucinant durant 22 jours. Le krach était total : à la mi-novembre, le marché avait baissé de plus de 40 %. Les actions Chrysler, en 1932, avaient perdu 96 % de leur valeur. La crise devint économique puis sociale. Le gouverneur de New York commença alors à organiser des secours efficaces. Le chômage se développait tous les jours jusqu'à toucher bientôt la moitié de la population active. La production industrielle s'effondra. La misère était partout. Évidemment, une telle crise ne pouvait manquer de favoriser la corruption et le crime. En 1933, les New-Yorkais en eurent assez et élurent Fiorello La Guardia, qui était bien décidé à nettoyer tout cela. En 12 ans, il purgea le personnel municipal corrompu, les flics ripoux et démantela le syndicat du crime. Il lança aussi un vaste programme de construction duquel naquirent l'Empire State Building et le Rockefeller Center. Au début de la Seconde Guerre mondiale, New York devint la capitale intellectuelle du monde occidental, envahie par les génies qui vinrent s'y réfugier : Einstein, Dalí, Thomas Mann, Stravinski, Brecht, etc. Un difficile après-guerreL'après-guerre fut prospère du point de vue économique, mais ce fut le seul point positif. Socialement, même si New York fit beaucoup pour les nécessiteux, elle se heurta au problème des émeutes noires qui éclatèrent à Harlem ; l'arrivée des Portoricains n'arrangea rien aux querelles de clans. Deux autres problèmes rongèrent la ville dans les années 1950 : le logement et l'insalubrité. New York était une ville très sale, et des millions de rats hantaient les égouts. Une ville en pleine banquerouteNew York fut confrontée à une véritable calamité : la dégradation rapide des logements favorisant la spéculation immobilière. Peu à peu, les classes aisées désertèrent le centre-ville, entraînant la fermeture de nombreux commerces. L'insécurité augmenta et de graves émeutes noires éclatèrent durant les années 1960. Résultat : en octobre 1975, avec 13 milliards de dollars de dettes, New York échappe de peu à la faillite. Le gouvernement de l'État, les banques et les syndicats s'associèrent pour éviter le chaos. Les finances furent redressées en moins d'un an. En août 1977, une panne de courant de 25 h déclencha une vague de vandalisme et de pillages sans précédent. Edward Koch fut élu pour assainir la ville. En 1989, il fut remplacé par David Dinkins, le premier maire noir. En août 1991, la mort d'un enfant noir dans un accident de voiture causé par un juif orthodoxe provoque trois jours d'émeutes assez sanglantes dans ce quartier mixte de Brooklyn. Un étudiant orthodoxe est tué d'un coup de poignard en représailles. Le coupable, un Noir de 22 ans, a été condamné à 19 ans de prison. La cote de popularité du maire en prit un sacré coup et beaucoup critiquèrent son manque de réaction. La communauté juive orthodoxe de Crown Heights fit un procès à la mairie de New York pour ne pas avoir mis fin à ces émeutes qui enfreignaient leurs droits constitutionnels. En 1998, la ville a payé 1,1 million de dollars en dommages et intérêts aux juifs de Crown Heights. En novembre 1993, après 30 ans d'absence, les conservateurs ont repris la mairie ; jusqu'au début de novembre 2001, Rudolph Giuliani, qui se voulait incorruptible, « dirigea » New York. La renaissance de New YorkRudolph Giuliani a littéralement nettoyé New York. Il a réduit le climat d'insécurité
en appliquant la « tolérance zéro » en matière de vandalisme. Le crime en tout
genre a diminué de moitié, les rues sont devenues plus propres et près de 320
000 emplois ont été créés. Durant son premier mandat, Giuliani a aussi remis
les caisses de la mairie à flot : de - 2,3 milliards de dollars en 1993, la
balance est passée à + 2 milliards en 1998. 11 septembre 2001 : l'acte de guerreBeaucoup pensent que le 11 septembre 2001 a marqué d'une pierre noire l'entrée dans le XXIe siècle. Ce matin-là, quatre avions commerciaux américains sont détournés par des terroristes kamikazes et transformés en bombes volantes. Trois appareils atteignent leur cible : deux avions s'écrasent sur les Twin Towers, symbole de Manhattan et de la puissance économique américaine, et le troisième sur le Pentagone à Washington, symbole de sa puissance militaire. C'est la plus grosse attaque terroriste jamais commise contre un État. Le bilan est tragique et les pertes humaines sont les plus lourdes que les États-Unis aient connues depuis la guerre du Vietnam : près de 3 000 morts et autant de blessés. Pour la première fois depuis près de deux siècles hormis Pearl Harbor, les États-Unis sont victimes d'un acte de guerre sur leur propre sol. Oussama Ben Laden, milliardaire intégriste musulman, est désigné comme le principal suspect. Les conséquences économiques de ces événements sont sévères. La zone proche des attaques a été paralysée pendant de nombreuses semaines et ses cours immobiliers ont chuté. Les assurances enregistrent les plus grosses pertes de leur histoire, les compagnies aériennes sont en proie à une crise financière sans précédent. Les attaques portent le coup de grâce à une croissance déjà moribonde en entamant la confiance de tous les agents économiques : les investissements et la consommation en souffrent alors que les licenciements se multiplient. New York a été blessée, amputée de son emblème, paralysée pendant près d'une semaine, mais elle a fait face. Les New-Yorkais se sont mobilisés pour aider les secouristes et faire des dons de sang, de médicaments, de vêtements. Rudolph Giuliani a mis en place une cellule de crise pour aider les pompiers, secourir des victimes, soutenir les habitants... Il a fini son mandat avec une cote de popularité record. L'après-11 SeptembrePlus que jamais, la Grosse Pomme veut croquer la vie à pleines dents,
bien décidée à ne jamais vivre dans le spectre du 11 septembre.
Sur le site de Ground Zero, la station de métro a rouvert et l’on
s’affaire désormais à la construction du nouveau complexe,
qui sera surplombé d’une tour encore plus haute que les Twins,
la Freedom Tower. Le projet architectural rend hommage aux victimes, tout en
étant ambitieux et résolument tourné vers l'avenir. C'est tout le symbole d'une
Amérique blessée mais volontariste. La reconstruction est aussi économique.
Le 11 septembre 2001 avait précipité une récession déjà en embuscade. L'industrie
bancaire avait particulièrement réduit ses effectifs. Les finances de la ville
qui étaient en état de crise aiguë à l'arrivée de
Michael Bloomberg, ont commencé à se redresser. Contrairement
aux prédictions, on n'a pas assisté à un départ massif
des entreprises. Symboliquement, la chaîne de télévision MTV s'est déjà engagée
à installer ses locaux dans le nouveau complexe de Ground Zero. |
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