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Culture Monténégro

Orthodoxie

Une Église schismatique

Ciment de l’identité monténégrine, la foi orthodoxe s’est installée dans les montagnes des Crna Gora à la fin du XIIe siècle. L’Église d’Orient, de rite byzantin, avait alors déjà rompu avec l’Église romaine à la suite d’une série de conflits théologiques échelonnés du IXe au XIe siècle. Ses croyances demeurant cependant très proches de l’Église romaine, elle fut déclarée schismatique et non hérétique.

L'Église orthodoxe (du grec orthos et doxa, signifiant « opinion juste »), incarnée par divers courants, s’organise en communautés nationales autocéphales sous l’égide de patriarches. La plus grande est l’Église de Russie.

Une gouvernance théocratique

Replié sur sa foi pour mieux résister aux envahisseurs ottomans, le Monténégro a connu une longue période de gouvernement théocratique des plus originaux… En 1516, le prince Djuradj abdique en faveur de l’archevêque Vavil. Dès lors, le pays est dirigé par le vladika, prince-évêque et chef de l’Église orthodoxe monténégrine (historiquement autocéphale et canonique), dont la charge se transmet... d’oncle à neveu ! Le plus célèbre d’entre eux, Petar I Petrovic Njegos (1782-1830), libère l’essentiel du pays de l’emprise turque au prix de nombreuses et sanglantes batailles.

En 1852, le francophile Danilo II abandonne l’habit, se marie et prend le titre de prince. Influence française ? Le Monténégro devient une principauté séculaire, reconnue comme État indépendant en 1878 après la victoire de la Russie et de ses alliés slaves sur les Turcs.

L’Église orthodoxe monténégrine

En 1920, le Monténégro est rattaché au royaume de Yougoslavie et l’Église orthodoxe du Monténégro, autocéphale et canonique, est supprimée. L'Église orthodoxe monténégrine est réinstituée en 1993, au moment de l’éclatement de la Yougoslavie. Son autocéphalie n'est pas reconnue par les autres Églises orthodoxes.

Suite à la proclamation d’indépendance du Monténégro le 3 juin 2006, un conflit a éclaté avec l’Église orthodoxe serbe, pour laquelle le Monténégro n’est que l’une de ses métropoles. En d’autres termes, l’Église orthodoxe serbe refuse la séparation que le monde politique a fini par entériner.

Le nombre de prêtres de l'Église monténégrine est encore très faible et le monastère de Cetinje, symbole national, reste sous l’emprise des Serbes...

Le Sandjak

Un territoire musulman

Le terme désignait une subdivision de province à l’époque de la tutelle ottomane. Il est aujourd’hui généralement utilisé pour parler du sandjak de Novi Pazar, une région étendue à la fois sur le nord du Monténégro et le sud de la Serbie, où vit une importante population musulmane (60 %).

Cette entité territoriale a été formée à la fin du XIXe siècle, à une époque où les grandes puissances, souhaitant éviter que la Serbie et le Monténégro possèdent des frontières communes, en laissèrent la gestion aux Turcs. Le Sandjak devint une sorte de refuge pour tous les musulmans persécutés des Balkans. Mais, pour ne rien simplifier, il s’étend en partie sur le territoire de la première principauté médiévale serbe… et compte certains de ses plus grands et plus beaux monastères.

Bref, la situation n’y est guère différente de celle du Kosovo voisin, si ce n’est que les musulmans du Sandjak ne sont pas ethniquement albanais, mais slaves.

Tensions inter-religieuses et sociales

Pont naturel entre la Bosnie et le Kosovo, le Sandjak a miraculeusement échappé à la guerre civile, mais les relations entre orthodoxes et musulmans n’y sont pas pour autant excellentes… Chacun campe prudemment dans son coin. Quelques tentatives de purification ethnique ont même été observées à l’époque de la guerre et les guérilleros de l’UCK, l’Armée de libération du Kosovo, y ont longtemps campé.

Côté monténégrin, la situation a longtemps été plus calme, car Milo Đukanović, le premier homme fort du Monténégro dans les années 1990, a toujours joué la carte multiethnique. Mais le glissement s’est peu à peu opéré et les revendications islamistes y ont aussi progressé, avec des incidents relevés jusqu’à Ulcinj, sur le littoral.

Le Sandjak entretient parallèlement une réputation de nid de criminalité, où ont d’abord prospéré des ateliers de contrefaçon de jeans, puis, une fois cette manne envolée à la suite de l’ouverture des marchés aux importations chinoises, des mafias en tous genres. Voitures volées en provenance de l’Ouest, drogue arrivant de l’Est, trafic de cigarettes et d’être humains, la liste est longue et peu reluisante. Les chefs mafieux de Novi Pazar se sont même fait une spécialité peu commune : « assureurs » de cargaisons d’héroïne !




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