- Superficie : 13 812 km2, soit un tout petit peu plus que la région Île-de-France. Le pays est divisé en 21 opstini (municipalités).
- Population : le dernier recensement, en 2003, faisait état de 620 000 habitants. On en compte sans doute aujourd’hui 650 000.
- Ethnies : la principale composante ethnique est officiellement constituée par les Monténégrins (environ 43 %), suivis des Serbes (32 %) - la répartition entre les deux variant cependant largement selon les époques en fonction de l’attachement des uns à l’indépendance et des autres au fédéralisme. La minorité musulmane se définit principalement en trois catégories selon l’appartenance ethnique ou le degré d’islamisation : « Bosniaques » (8 %), Albanais (5 %) et « Musulmans » (4 %) proprement dits, qui refusent l’assimilation aux Bosniaques. Croates et Roms complètent le tableau. Les Serbes sont majoritaires au Nord, les Musulmans nombreux dans la même région (le Sandjak), ainsi qu’à l’approche du Kosovo et de l’Albanie (près d’Ulcinj et du lac de Skadar).
- Statut : république indépendante depuis le 3 juin 2006.
- Capitale : Podgorica (ex-Titograd), est la capitale administrative et, de loin, la principale ville du pays (152 000 habitants). Cetinje, l’ancienne capitale du royaume, a partiellement retrouvé son statut culturel et politique depuis l’installation du nouveau président.
- Régime : « démocratie sociale et écologique », selon les termes mêmes de la récente constitution.
- Chef de l’État : Filip Vujanovic, élu pour un quinquennat renouvelable en mai 2003 avant même l’accession à l’indépendance. Il s’est fait le chantre du divorce « de velours » avec la Serbie.
- Premier ministre : Zeljko Sturanovic, depuis le 10 novembre 2006, issu du parti démocratique des socialistes (ex-communiste), formation principale de la coalition de centre-gauche au pouvoir.
- Monnaie : l’euro, utilisé unilatéralement depuis 2002, sans accord formel avec l’Union. Désolé de décevoir les collectionneurs : le pays n’émet donc pas ses propres pièces !
Économie
Industrialisé sous l’ère titiste, le Monténégro a souffert de l’éclatement du bloc de l’Est et de la Yougoslavie, perdant dans les années 1990 une part importante de ses partenaires économiques et de ses ressources touristiques. En 1993, les sanctions imposées par les Nations Unies, dans le sillage de la guerre au Kosovo, ont mené les deux tiers de la population monténégrine sous le seuil de pauvreté. L’inflation atteignit 3 000 000 % en janvier 1994 ! Après l’accession au pouvoir de Milo Djukanovic en 1997, le Monténégro commença à se séparer économiquement et politiquement de la Serbie, adoptant d’abord le mark comme monnaie (1999), puis l’euro en 2002. Les privatisations se sont accentuées, particulièrement dans le domaine des grandes fonderies d’aluminium, permettant l’enrichissement de certains. Le quotidien d’une grande part de la population reste pourtant problématique. Le chômage est endémique (environ 30 à 35 %) et un tiers des Monténégrins ne gagne pas plus de 1 € par jour. Le tourisme renaissant dessine heureusement une alternative pour les années à venir.