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La terre et les hommes Midi-Pyrénées

Paysages et ressources

Une vieille montagne, au nord, chahutée par une jeune, au sud. Les rivières qui en dégringolent se rejoignent pour fertiliser le bassin central, qui les conduit doucement vers l'océan. À la merci d'influences diverses, la région se fragmente en une infinité de pays, dont l'homme a exploité les particularismes au cours des siècles.
Au nord, la poussée des Pyrénées a soulevé le vieux socle du Massif central, qui s'est fracturé en plateaux - le Ségala - et petits massifs. Autant de bouts du monde, fermés par des gorges étroites, où le climat répartit les vignes (montagne Noire), les champs de seigle et les châtaigneraies (Aveyron, Tarn).
Les Causses qui les prolongent, au sud et à l'ouest, sont plus rudes encore. C'était ici le royaume des drailles, ces chemins de cailloux où passaient les troupeaux. Dans le Lot prédominent les garrigues désertes. Avec un sous-sol calcaire troué par les rongeurs, l'eau ne reste pas en surface. Elle explore et façonne les grottes et les galeries souterraines pour resurgir au sein de canyons profonds (Lot, Célé, Aveyron, Tarn...).
Enfin, à l'ouest de la région s'étendent de douces collines (Quercy blanc, Gaillacois, Castrais) qui annoncent la plaine toulousaine. Vignes sur les coteaux, blé dans la vallée, maïs, tournesols, bovins et volailles, les petites fermes s'en donnent à cœur joie et les marchés bourdonnent.

Les vallées pyrénéennes, orientées nord-sud, constituent un monde à part qui escalade abruptement la barrière, entre des forêts sombres et des prés à brebis, vers quelque cirque ruisselant de cascades au milieu d'inaccessibles éperons. Autant de sources et de rivières qui ne tarderont pas à se rejoindre pour aller fertiliser toute une région avant de poursuivre leur course vers l'océan.
Même si l'Ariège figure parmi les départements les moins peuplés de France, les Pyrénées restent une montagne vivante, avec ses châteaux-forts, ses villes d'eau et ses troupeaux paisibles.
En guise de traits d'union entre cette grande barrière et les coteaux et plaines du Nord, les collines pré-pyrénéennes offrent des paysages de transition tout en rondeurs. Elles nourrissent mal leur homme, mais elles suffisent aux bêtes. À l'ouest, le Gers des palmipèdes et du foie gras. Au nord, les sols deviennent calcaires, le paysage se fait plus sec. Quelques rivières ont entaillé les gorges de l'Aveyron. Voilà le causse du Quercy, modeste préambules aux grands causses du Lot et de l'Aveyron.
Au centre de la région s'étend la plaine toulousaine, irriguée par la Garonne, entourée par des coteaux à perte de vue.

« L'eau-toroute » du Roi-Soleil

Le plus grandiose monument du Midi se trouve-t-il à Toulouse, à Sète, à Carcassonne ou à Béziers ? Réponse : partout ! Imaginez 240 km d'une route liquide sous un frais tunnel de platanes, paressant parmi les vergers et les vignes, traversant des cités 3 étoiles, enjambant les fleuves d'un jet d'aqueduc et se haussant du col par des accolades d'écluses (jusqu'à 8 à la fois) aux ovales gracieux...
Tout le canal du Midi témoigne de l'art du Grand Siècle. Pourtant, lorsque Pierre-Paul de Riquet, un obscur percepteur de Béziers, vint présenter le projet, c'est tout juste si Colbert ne le traita pas de farfelu. Mais le roi, lui, dit oui. Pendant 14 ans, 12 000 hommes creusèrent, captant les ruisseaux de la Montagne noire, bichonnant des ouvrages colossaux. Les descendants de Riquet mirent 40 années à rembourser les créanciers. Et pourtant, ils s'étaient bien enrichis !
Dès l'ouverture, en 1681, ce fut la ruée. La première liaison Atlantique-Méditerranée transforma la région. De Toulouse à Sète, on ne voyageait plus qu'en bateau. Relais, chapelles et maisons closes s'agglutinèrent le long du canal.

SOS ours

Ce sujet délicat, hyper-sensible, ravit les uns et fâche les autres. La population d'ours n'a fait que régresser durant les siècles précédents, à cause principalement de la chasse et des empoisonnements. Plus de 150 ours étaient présents dans les Pyrénées au début du XXe siècle. On en dénombrait plus de 70 dans les années 1950 et seulement 5 ou 6 en 1995 ! La population est remontée à une quizaine d'individus fin 2005, après le premier lâchers de 3 spéciments en 1996-1997. En 2006, 5 autres ours prélevés en Slovénie ont été relâchés.
L'opinion pyrénéenne est globalement favorable à cette présence, mais il est vrai que, pour les éleveurs de brebis, vivre avec l'ours n'est pas si simple. Des solutions pour protéger les troupeaux existent : les fameux « chiens patous » qui éloignent les prédateurs. Certains éleveurs les utilisent, d'autres souhaiteraient le faire mais sont menacés par de virulents opposants.

Vos chances d'en apercevoir sont minces, car l'ours a généralement peur de l'homme. Si vous en croisez un, ne vous en approchez pas et observez-le de loin.

Pour en savoir plus : www.ours.ecologie.gouv.fr.

Le Parc national des Pyrénées

Superficie de 457 km², dont la plus grande partie est située dans les Hautes-Pyrénées. Quatre vallées pour le département (Aure, Luz-Gavarnie, Cauterets et Arrens, qui forment la Bigorre) et deux autres dans les Pyrénées-Atlantiques (Ossau et Aspe, dans le Béarn).

Marqué tout du long par des balises rouge et blanc avec une tête d'isard, on y trouve des animaux devenus rares en France, notamment le gypaète barbu, endémique des Pyrénées, le percnoptère d'Égypte, l'aigle royal, le desman, ou rat-trompette à cause de la forme de son museau (il est endémique mais presque impossible à photographier !) ; et puis des animaux en plus grand nombre, mais tout aussi intéressants, comme le vautour fauve (les plus nombreux, près de 150 couples), le grand tétras (coq sauvage difficile à photographier car nocturne, sauf pendant la saison des amours en mai), les isards (près de 5 000, cousins pyrénéens du chamois) et d'innombrables colonies de marmottes. Sans oublier, à une échelle plus microscopique, les euproctes, ces espèces de tritons. Et on en passe !

En revanche, on a peu de chance d'apercevoir un ours, et ils sont plutôt dans le Béarn.

Côté botanique, nombreuses fleurs, bien sûr (au moins 400 espèces propres à la chaîne pyrénéenne). Les plus célèbres : la ramonde, la drosera (carnivore), la fritillaire, le lis, le saxifrage à longues feuilles, le chardon bleu, etc. Meilleures périodes : juin et juillet, à la fonte des neiges, et août en haute montagne.

Les possibilités de balades et randonnées sont nombreuses dans ce pays de montagnes et d'eau. Des lacs par centaines et des « gaves » (rivières ou torrents) sans doute par milliers, où l'on pêche encore la truite et l'écrevisse sauvages et où l'on pratique toujours la pêche à la mouche.
Au moins 350 km de sentiers balisés, plus le GR 10 et la Haute Randonnée pyrénéenne (réservée aux marcheurs expérimentés). Une vingtaine de refuges et de nombreux gîtes d'étape à la périphérie. Promenades avec gardes-moniteurs ou accompagnateurs en montagne. Se renseigner dans les nombreuses Maisons du Parc et dans les offices du tourisme.

Enfin, réglementation obligatoire à respecter pour les randonneurs : pas de feu, ne pas cueillir les fleurs, ne pas laisser d'ordures, pas de chien, pas de chasse, pas de VTT, ne pas déranger les animaux (surtout en période de pariade, nidification, mise bas), etc. Seul le bivouac de nuit avec petite tente est toléré à au moins 1h de marche de tout accès motorisé et de 19 h à 9 h.

Internet : www.parc-pyrenees.com





 

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