Prenez une bonne vieille montagne au nord, chahutée par une plus jeune au sud. Ajoutez-y la rencontre entre deux tempéraments opposés, celui du Massif central et celui du Bassin aquitain. Tracez des rivières qui dégringolent des hauteurs pour rejoindre doucement l'océan. Vous approchez là les secrets d'une région aux paysages qui oscillent entre ambiances de moyenne montagne et de plaines, qui se fragmentent en une infinité de pays.
Sous la poussée des Pyrénées, le socle du Massif central s'est donc soulevé et fracturé en plateaux cristallins - le Ségala - et autres petits massifs. Dans l'Aveyron principalement, c'est un jeu incessant de plaines agricoles, encore bocagères, ondulantes et interrompues par de profondes vallées dans lesquelles on s'enfonce par des routes en corniche. À l'extrémité nord du département s'étend le plateau de l'Aubrac, balayés par la bise hivernale. Au sud du Tarn pointent deux vaisseaux : la Montagne Noire et les monts de Lacaune.
Le causse du Quercy dans le Lot (au nord-ouest) et les Grands Causses dans l'Aveyron (à l'est) sont plus rudes encore. C'était ici le royaume des drailles, ces chemins de cailloux. Dans le Lot prédominent les garrigues désertes. Avec un sous-sol calcaire troué par des armées de rongeurs qui auraient délaissé leur bout de gruyère, l'eau ne reste pas en surface. Elle explore et façonne les grottes, les igues, les gouffres, les galeries souterraines pour ressurgir au sein de canyons profonds.
Et puis, bien sûr, il y a Padirac, le plus grand gouffre d'Europe. Un monde englouti qui dispose sous le causse de 50 km de nefs, puits, galeries, lac et rivière.
Enfin, à l'ouest de la région s'étendent de douces collines (Quercy Blanc, Gaillacois, Castrais) qui annoncent la plaine toulousaine. Vignes sur les coteaux, céréales dans les vallons, bovins et volailles, les fermes s'en donnent à cœur joie et les marchés bourdonnent.
Montagne jeune et vigoureuse, la chaîne des Pyrénées, au sud de la région, ferme l'horizon. Les vallées pyrénéennes, orientées nord-sud, constituent chacune un univers à part, entre des forêts sombres et des hauts pâturages. Autant de sources, de rus, de rivières qui ne tarderont pas à se rejoindre pour aller fertiliser toute une région, avant de poursuivre leur course vers l'océan.
Même si l'Ariège figure parmi l'un des départements les moins peuplés de France, les Pyrénées restent une montagne vivante, avec ses châteaux forts, ses villes d'eaux et ses troupeaux paisibles en estive. Dans l'Ariège, on a recensé cinq grottes où les Magdaléniens du pays de Foix festoyaient il y a 5 000 ans.
En guise de traits d'union entre cette grande barrière et les coteaux et plaines du Nord, les collines pré-pyrénéennes offrent des paysages de transition, tout en rondeurs, tout en douceurs.
Au centre de la région, la plaine toulousaine est irriguée par la Garonne. Des coteaux à perte de vue. Au sud-est, les coteaux du Lauragais. À l'ouest, le Gers, pays de l'armagnac, des palmipèdes et du foie gras... en deux mots, de la bonne chère ! Tout au nord, changement de décor. Les sols deviennent blanchâtres et calcaires, le paysage beaucoup plus sec. Quelques rivières ont entaillé des gorges bordées de parois abruptes (gorges de l'Aveyron). Voilà donc le Causse du Quercy, modeste préambule aux Grands Causses du Lot et de l'Aveyron.
La région est riche d'entités naturelles et de paysages étonnamment variés, souvent remarquables : pelouses sèches pâturées des Grands Causses dans l'Aveyron et dans le Lot, nombreuses vallées et gorges ou encore massifs forestiers des contreforts de la Montagne Noire, lacs d'altitude, joyaux des Pyrénées, nombreuses vallées et gorges, les coteaux doucement vallonnés du Gers... La biodiversité y est très élevée.
Mais au-delà de ces données et dans cette région de forte tradition rurale, il ne faut pas perdre de vue que les équilibres naturels restent fragiles et que la région est confrontée à des problèmes d'environnement sérieux.
Certaines parties du territoire régional (causses du Quercy, Haut-Languedoc, massif des Pyrénées...) connaissent une forte déprise agricole et ont du mal à contenir l'enfrichement (nombreux terrains en friche). Si les cours d'eau dévalant les pentes des premiers contreforts du Massif central sont d'excellente qualité, les choses se compliquent en aval... Villes et industries en partagent largement la responsabilité avec l'agriculture.
Par ailleurs, de nombreuses villes de la région sont très gourmandes et ne cessent de grignoter toujours un peu plus d'espace. Depuis une dizaine d’années, Toulouse accueille un peu plus de 6 000 nouveaux habitants par an. L’agglomération connaît d’ailleurs l’un des booms démographiques les plus importants de France. C’est un paramètre majeur à prendre en compte en matière d’aménagement du territoire, de politique foncière, de lutte contre les inondations, de préservation des espaces naturels et des terres agricoles.
Et pui, malgré sa forte ruralité, la région n'est pas épargnée par les activités hautement dangereuses pour l'environnement. L'explosion de l'usine AZF (spécialisée dans la fabrication d'engrais à partir de nitrate d'ammonium), le 21 septembre 2001, a provoqué la plus importante catastrophe industrielle enregistrée en France depuis la Seconde Guerre mondiale.
Enfin, autre sujet épineux en matière environnementale : les transports. En moyenne, près de 20 000 camions par jour franchissent les Pyrénées ! Vieux serpent de mer qui date des années 1990, le projet de creusement d’un tunnel au niveau de la partie centrale du massif pyrénéen a été relancé en 2010. Il s’agit de favoriser le ferroutage. Mais les discussions promettent d’être âpres et longues. Le bout du tunnel n’est pas pour demain...
Imaginez 240 km d'une route liquide sous un frais tunnel de platanes, paressant parmi les vergers et les vignes, traversant des cités 3 étoiles, enjambant les fleuves d'un jet d'aqueduc et se haussant du col par des accolades d'écluses (jusqu'à 8 à la fois) aux ovales gracieux...
Tout le canal du Midi témoigne de l'art du Grand Siècle. Pourtant, lorsque Pierre-Paul de Riquet, un obscur percepteur de Béziers, vint présenter le projet, c'est tout juste si Colbert ne le traita pas de farfelu. Mais le roi, lui, dit oui. Pendant 14 ans, 12 000 hommes creusèrent, captant les ruisseaux de la Montagne noire, bichonnant des ouvrages colossaux. Les descendants de Riquet mirent 40 années à rembourser les créanciers. Et pourtant, ils s'étaient bien enrichis !
Dès l'ouverture, en 1681, ce fut la ruée. La première liaison Atlantique-Méditerranée transforma la région. De Toulouse à Sète, on ne voyageait plus qu'en bateau. Relais, chapelles et maisons closes s'agglutinèrent le long du canal.
Le canal du Midi et le canal de la Garonne sont longés par une piste cyclable ombragée par de vénérables platanes.
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