Quelques dates importantes
- Vers - 500 : une grande nation gauloise, les Volques, prend
ses quartiers dans la région.
- Vers - 300 : l'une de leurs tribus, les Tectosages, s'établit
à Toulouse. Bonnes terres, bonne position : ils s'enrichissent.
- Ier siècle av. J.-C. : la romanisation fait mouche.
Tolosa (Toulouse) et Lugdunum Convenarium (Saint-Bertrand-de-Comminges)
prospèrent en troquant les blés de la région contre du vin italien.
- Ier siècle apr. J.-C. : le vin n'est plus italien,
mais de Gaillac et de Millau. Toutes les villes gauloises se sont romanisées
: Cahors, Auch, Eauze, Albi...
- IIIe siècle : Toulouse occupe la 3e place en Gaule. On n'oublie pas d'y persécuter les chrétiens
: l'évêque saint Saturnin meurt attaché à la queue d'un taureau.
- IVe siècle : ici aussi, l'anarchie menace : le centre
de gravité se déplace vers les campagnes, où les villae des riches propriétaires
préludent à la splendeur des futurs châteaux.
- 406 : invasion des Vandales, les bien nommés. La légende veut
qu'ils aient épargné Toulouse à cause des mérites de son pasteur, saint Exupère.
- Vers 420 : snobant saint Exupère, les Wisigoths s'emparent de
Toulouse. Chance : ce sont les plus civilisés de tous les barbares. Et résistants
: Théodoric (Dietrich) arrête même Attila. Le royaume wisigothique englobe bientôt
l'Espagne et le Languedoc. Toulouse, qui a rang de capitale, vit un petit siècle
d'or.
- 507 : Clovis annexe la région. Les Toulousains ne sont pas contents.
- VIe siècle : des montagnards basques, les Vascons,
investissent une plaine qu'ils nommeront « Gascogne ».
- 721 : le comté franc d'Aquitaine s'est rendu indépendant. Il
défend Toulouse contre l'Arabe Azama.
- 767 : Pépin le Bref, général franc, reprend Toulouse au successeur
d'Eudes.
- 778 : Charlemagne, fils de Pépin, échoue dans sa conquête de
l'Espagne. En repassant les Pyrénées à Roncevaux, une bonne partie de l'armée
se fait étriper dans une embuscade. On accuse les Sarrasins, mais ce sont les
Gascons. Le Languedoc et le pays toulousain serviront de base aux chrétiens
d'Espagne en lutte contre les Arabes.
- 844 et 874 : les Normands assiègent Toulouse.
- XIe siècle : la région se divise en comtés : Foix,
Rouergue, Carcassonne et Toulouse, dont les comtes étendent bientôt leur influence
sur tout le Midi.
- 1099 : les Méridionaux sont à la pointe de la première croisade.
Le comte de Toulouse refuse le trône de Jérusalem, mais se taille un comté au
Liban.
- 1177 : Toulouse et Barcelone se disputent le Midi. Un des alliés
de ce dernier, le vicomte de Carcassonne, est aussi protecteur des cathares.
Le comte de Toulouse croit habile de dénoncer l'hérésie au pape. Mauvais calcul...
- 1208 : un écuyer du comte de Toulouse assassine le légat du
pape. C'est le début de la croisade. Les armées du Nord descendent exterminer
les albigeois. Le comte de Toulouse va-t-il leur prêter main forte ou bien secourir
ses vassaux ? Il atermoie. Il y perdra ses États, qui reviendront dans l'escarcelle
de Saint Louis, et peu à peu, la France que l'on connaît prend corps.
- 1229 : les grands moyens sont mis en œuvre pour combattre l'hérésie
albigeoise, avec la création de l'université de Toulouse, parrainée par l'ordre
des dominicains, prompts à défendre l'orthodoxie. Ils y excellèrent, jusqu'à
l'excès.
- XIIe-XIIIe siècles : multiplication des
bastides, castelnaux et sauvetés.
- Début du XIVe siècle : guerre de Cent Ans, pestes,
brigandages... Toulouse perd la moitié de sa population.
- 1420 : Toulouse et le Languedoc sont les derniers fidèles du
dauphin Charles. Jeanne d'Arc leur donnera raison.
- 1444 : naissance du Parlement de Toulouse. Il juge, administre
et répartit l'impôt.
- 1562 : la Réforme s'est enracinée à Castres, à Montauban et
dans l'Ariège. L'expulsion des protestants de Toulouse donne le signal des guerres
de Religion : 40 années de dévastations.
- XVIe siècle : le pastel albigeois enrichit Toulouse.
Il sera détrôné par une autre teinture, l'indigo des colonies.
- 1629 : comme le roi enlève au Parlement le droit de répartir
les impôts, le Languedoc se soulève. Chef des émeutiers, le duc de Montmorency
est décapité à Toulouse. Désormais, la région se tiendra tranquille, d'autant
qu'à Alès Richelieu a signé l'édit de grâce qui met fin au cycle infernal des
guerres de Religion.
- Révolution : la région opte pour la Convention, sans excès.
- XIXe-XXe siècles : désenclavé, le Midi
toulousain succombe à la concurrence. Il perd le quart de sa population.
- 1920 : barrages hydrauliques dans les Pyrénées.
- 1942-1945 : Résistance française fait transiter ceux qui veulent rallier Londres à travers les Pyrénées ; certains juifs ont ainsi quitté le territoire.
- 21 septembre 2001 : explosion de l'usine chimique AZF à Toulouse. 30 morts et 2500 blessés.
Bastides : la psychose sécuritaire
Pas facile de cultiver son jardin entre le roi de France et le roi d'Angleterre,
en pleine guerre de Cent Ans. Du grand au petit seigneur, temporel ou ecclésiastique,
chacun s'employa donc à fonder de nouveaux villages, plus sûrs parce que fortifiés.
Aux XIe et XIIe siècles, les abbayes créèrent des centres
de peuplement et de défrichement appelés « sauvetés » et protégés des guerres
par la Paix de Dieu (interdiction de se battre le dimanche et les jours fériés).
Les bastides, elles, procédèrent d'une urbanisation systématique. Dans tout
le Sud-Ouest, elles sont quelque 500 à avoir été édifiées aux XIIIe
et XIVe siècles.
Pour y attirer les manants, les seigneurs les paraient
de noms magiques : Barcelone, Cologne, Pavie, Florence, comme on dirait aujourd'hui
Beausoleil ou Mimosa-Plage. Lesdits manants s'y voyaient comblés d'avantages
tels que le statut d'homme libre ou, comme le prescrivit Henri IV à Réalmont,
l'exemption d'impôts hormis « la langue de toute vache abattue, un pied pour
chaque porc préparé, un pain sur 25 cuits au four communal ».
Ce mouvement rejaillit
sur les grandes villes, où les hobereaux durent se montrer plus accommodants
en accordant des privilèges aux bourgeois. Curieux villages, en tout cas, que
ces castelnaux, bastides et autres sauvetés. Ici, point de château, c'est le
bourg tout entier qui serre ses maisons de poupée dans les remparts, selon un
plan gracieusement géométrique qui fait la joie des aviateurs.