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Culture Mexique

Civilisations précolombiennes

Le Mexique garde dans ses terres l’une des plus denses et des plus magnifiques concentrations de civilisations. À lui seul, il peut justifier de passer toute une vie à admirer et étudier les connaissances des Mayas, l’esthétisme des Olmèques, l’esprit sportif des Toltèques ou l’organisation militaire des Aztèques.

Les Olmèques

La civilisation olmèque est née sur la côte du golfe du Mexique, dans une région qui comprend les États actuels de Veracruz et de Tabasco (à partir de 1500 avant notre ère). Elle va influencer toutes les civilisations qui vont suivre, notamment la culture maya, et créer l’unité culturelle du monde préhispanique.
La ville de Lorenzo se développe d’abord, puis c’est la grande cité de La Venta (près de Villahermosa) qui prend le dessus, s’épanouissant entre 1200 et 600, voire 400 av. J.-C.

Les civilisations dites classiques

La civilisation de Teotihuacán (50 km au nord de Mexico) apparut vers le Ier s av. J.-C., lorsque de nombreux villages de la région, qui avaient en commun la langue et les rites, commencèrent à bâtir des édifices religieux. Ce sont eux qui répandirent le culte de Quetzalcóatl (« le Serpent à plumes ») dans presque toute la Méso-Amérique.
L’hypothèse la plus vraisemblable est que cette civilisation aurait plié au VIIIe s de notre ère sous la poussée de barbares venus du nord : les Chichimèques, qui eux-mêmes se virent bousculés entre les Xe et XIe s par les Toltèques, dont le centre guerrier se trouvait à Tula.
Plus au sud, dans la région d’Oaxaca, le peuple zapotèque – dont l’apogée se situe entre les IVe et VIIIe s – était composé d’agriculteurs sédentaires, adeptes d’une religion centrée sur le culte de la mort, comme en témoignent les vestiges de leur art, notamment à Monte Albán. Ils furent chassés par les Mixtèques (XIe s), qui durent finalement se soumettre eux-mêmes aux Aztèques (XVe s).

L’Empire maya

Mythologie

À son apogée (600-900 apr. J.-C.), cette brillante civilisation s’étendait sur presque tout le territoire actuel du Yucatán, du Chiapas, du Guatemala et du Honduras.
Cette civilisation de cités (Chichén Itzá, Palenque, Bonampak, Tikal... et des centaines d’autres villes) correspond à un ensemble relativement homogène. On en connaît les aspects essentiels grâce au Popol Vuh, un poème épique et symbolique écrit en langue quiché.

Aspects de la civilisation

L’apogée de leur savoir et de leur art correspond aux VIIe, VIIIe et IXe s. Les Mayas possédaient une littérature assez riche (brûlée par les Espagnols). L’invention du zéro (comme les Arabes) permit de faire avancer mathématiques et astronomie et leur donnèrent une maîtrise du temps qui permettait non seulement d’écrire l’histoire, mais aussi et surtout, de prédire l’avenir grâce à l’observation astronomique.
Les Mayas naviguaient tout au long du Yucatán et des côtes de l’Amérique centrale, établissant ainsi des relations commerciales entre les différentes cités-États.

Déclin, renouveau et fin

Vers le Xe s, des envahisseurs venus du nord, les Toltèques, occupèrent le Yucatán et donnèrent un second souffle à la civilisation maya. Ce nouvel empire, basé à Chichén Itzá, est à l’origine d’une nouvelle culture mixte toltèque-maya.
Vers 1200, commença une période de divisions et de révoltes de la part des Mayas. Elles aboutirent à la chute de Chichén Itzá et à l’effondrement, en 1441, de la cité de Mayapán, alors le siège de la ligue qui dominait le nouvel empire.

Les Aztèques

Essor de la civilisation aztèque

La mythologie leur attribue de la fondation de Mexico-Tenochtitlán en 1325. Les Aztèques ne sont en réalité que l’une des nombreuses tribus barbares venues du nord pour s’installer dans la vallée au cours du XIIe s (comme les Chichimèques). Ils étaient même les derniers arrivants...
Au début du XVe s, les Aztèques profitèrent de conflits entre les autres villes de la vallée pour fonder une triple alliance en s’alliant aux rois des cités-États de Texcoco et de Tacuba.
Très vite, ils prirent les rênes de cette ligue tricéphale, le souverain aztèque intervenant de plus en plus dans les affaires dynastiques et politiques de ses deux alliés. La civilisation aztèque prend fin avec la conquête espagnole et la chute de Tenochtitlán en 1521.

De la pêche à la guerre

Synthèse des cultures toltèques et classiques (Teotihuacán), la civilisation aztèque s’en distingue par une évolution particulière : son caractère guerrier omniprésent. L’Empire aztèque n’était pas vraiment centralisé, mais plutôt structuré comme une confédération de cités et de provinces répondant à un pouvoir militaire.

Les sacrifices

Pour les Aztèques, la création du monde et de l’homme n’est pas un don mais le fruit d’un sacrifice des dieux. L’homme se voit donc dans l’obligation de rétribuer ce don de la création par une adoration constante. La manière de s’élever à la hauteur de l’effort divin, c’est de lui offrir son propre sang.
C’est pour cette raison que les sacrifices humains sont essentiels, puisque l’homme n’existerait pas sans les dieux. Les sacrifices humains qui, avec l’accroissement de l’empire, prirent de plus en plus d’importance dans la vie sociale et religieuse des Aztèques.
À l’origine, la guerre avait des visées expansionnistes, mais très vite elle devint essentiellement religieuse, destinée à faire des prisonniers... pour les sacrifices humains.

Tenochtitlan, la Venise des Amériques

À l’arrivée des Espagnols, Mexico-Tenochtitlán comptait au moins 300 000 habitants (plus de 500 000 selon Jacques Soustelle). C’était probablement la plus grande cité du monde, devant Constantinople ou Paris. Excellents ingénieurs et bâtisseurs, les Aztèques avaient réussi à créer une ville flottante qui éblouit les Espagnols par sa grandeur et sa beauté.

Le panthéon des dieux

De nombreux dieux régissaient la vie quotidienne des Aztèques jusque dans ses moindres détails. Ce polythéisme religieux, fruit d’une synthèse de toutes les croyances antérieures, est extraordinairement complexe.
Deux dieux jouent un rôle extrêmement important pour les peuples de Méso-Amérique et, bien sûr, pour les Aztèques. Il s’agit de Quetzalcóatl (dieu de la Vie et de l’Air, créateur de l’humanité) et Huitzilopochtli (dieu du Soleil et de la Guerre). Il faut y ajouter Tezcatlipoca (le méchant de l’histoire).

Une société cloisonnée et disciplinée

La société aztèque était ainsi parfaitement organisée en castes.
L’agriculture tenait, bien sûr, une place extrêmement importante. Les Aztèques avaient compris et développé le principe de la fertilisation de la terre.
Au sein de la société, les artisans formaient une classe nombreuse et à part.
Pour cette ville lacustre, la soumission des provinces de l’empire était une nécessité vitale puisqu’elle permettait non seulement de récupérer des butins de guerre et de lever des tributs, mais aussi et surtout d’assurer la sécurité des routes commerciales.
La corporation des marchands, les pochtecas, disposait d’un statut particulier et jouissait d’importants privilèges.

Architecture

Architecture précolombienne

La structure de base du monde précolombien est la pyramide.
Les pyramides mexicaines n’ont rien à voir avec celles de l’Égypte ancienne. Elles n’ont pas de vocation funéraire mais sont destinées à se rapprocher des dieux et/ou à démontrer la grandeur du souverain. Construites au cœur de ce qu’on appelle le centre cérémoniel, ce sont avant tout des bases sur lesquelles étaient dressés des temples.
Au sommet de la pyramide, on trouvait également des autels et des sculptures représentant les dieux.
Ce sont les Mayas qui édifièrent les plus grandes pyramides : le temple IV de Tikal (Guatemala) domine la forêt tropicale de ses 65 m (72 m à l’origine) !
L’architecture était avant tout une représentation de la cosmogonie. À La Venta, les Olmèques avaient déjà défini un plan nord-sud, de sorte que les portes des édifices s’ouvraient à l’est et à l’ouest, dans l’axe du soleil. Ce principe a été repris par toutes les civilisations ultérieures.

Architecture coloniale

Les Espagnols ont naturellement exporté au Mexique les styles architecturaux prévalant en métropole. En Espagne, le XVIe s a d’abord été marqué par le gothique avant d’être rapidement influencé par la Renaissance italienne. C’est alors que se développa le style plateresque, un style décoratif rappelant le travail de l’orfèvrerie – d’où son nom, plata signifiant « argent ».
Au début du XVIIe s, en réaction à une recherche de plus en plus austère (style de Herrera), le baroque fit son apparition.. D’abord plutôt sage, le baroque explosa au XVIIIe s sous la forme du rococo. Celui-ci connut son apogée avec l’architecte espagnol Churriguera (1665-1725) qui laissera d’ailleurs son nom pour décrire l’ultrabaroque, le style churrigueresque. De nombreuses façades d’églises mexicaines, extrêmement chargées d’ornements, sont de style churrigueresque, comme à Mexico, Taxco, Zacatecas, Querétaro, Guanajuato, Puebla, Oaxaca, San Cristóbal...
On n’oubliera pas non plus que l’Espagne fut occupée par les Arabes dont l’influence se fait sentir jusqu’au Mexique. C’est le style mudéjar. L’utilisation des azulejos, ces fameux carreaux de faïence peints, en est une manifestation.
Enfin, il y a l’influence propre des Indiens que les colons, faute de main-d’œuvre, utilisèrent comme artisans, surtout au début de la Conquête. Ces derniers ont utilisé leurs propres références cosmogoniques pour la décoration des églises. Et il n’est donc pas rare de voir des angelots avec des traits indigènes ou des guirlandes de fruits... mais tropicaux !

Cinéma

Le Mexique, source d'inspiration pour Hollywood

Avec ses révolutions, ses bandits de grand chemin et ses généraux idéalistes et barbares mal rasés, le Mexique passionna très tôt les metteurs en scène de Hollywood. Dès 1912, ils franchirent le río Grande avec Raoul Walsh et son projet de film La Vie de Villa, qui donna naissance à l'extraordinaire épopée des westerns mexicains. Pancho Villa, et ses hordes de bandits avec sombreros et cartouchières en bandoulière, chevauchant sans répit les sierras et les déserts aux immenses cactus, devint le héros principal de ces « West movies » des tropiques. Le mythe dépassa vite le personnage).
Son rival, Emiliano Zapata, n'inspira quant à lui que Kazan en 1952 (Viva Zapata). Un nouveau Zapata, du réalisateur mexicain Alfonso Arau, est sorti en 2004, mais, trop romanesque, le film fit un flop.
Bizarrement, l'épopée de Cortés, sans doute trop éloignée des poncifs nord-américains, n'intéressa pratiquement personne. Cependant, l'excellent Aguirre ou la colère de Dieu (1972), de Werner Herzog, ou 1492 avec Gérard Depardieu donnent une certaine idée des rêves des conquistadors et des souffrances des populations locales.
Le Mexique servit également de toile de fond à plusieurs chefs-d'œuvre internationaux : Los Olvidados, de Buñuel (1950), qui retrace la vie des enfants pauvres des faubourgs de Mexico ; l'inoubliable Nuit de l'Iguane (1963), de John Huston, qui mit fin définitivement à la tranquillité du lieu de tournage, le petit village de pêcheurs de Puerto Vallarta ; Au-dessous du volcan (1983), du même metteur en scène. Le plus récent, Traffic, de Steven Soderbergh, oscar du meilleur réalisateur en 2001, met le doigt sur la corruption et les difficultés du démantèlement des cartels de la drogue.

Le timide renouveau du ciné mexicain

Alors que le Mexique contrôlait autrefois le marché du cinéma latino-américain, même devant les États-Unis, le cinéma mexicain, après cet âge d'or, est devenu une industrie en voie d'extinction. Depuis le milieu des années 1990, on assiste cependant à un renouveau du cinéma mexicain. La production reste faible (à peine une quinzaine de films par an), mais la qualité, elle, est au rendez-vous, avec des films qui portent un regard aiguisé et sans concession sur la société mexicaine moderne, ses tabous et ses contradictions.
Après des années de censure ou d'autocensure, les cinéastes mexicains s'en donnent désormais à cœur joie, dénonçant tous les abus de pouvoir : la corruption du monde politique, l'hypocrisie de l'Église (et ses collusions d'intérêt avec les narcotrafiquants).
En 2000, la nouvelle vague mexicaine commence à recevoir ses premiers galons : le film d'Alejandro González Iñárritu, Amores Perros (Amours chiennes) remporte le prix de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.
Mais Iñárritu, et d'autres artistes mexicains (l'actrice Salma Hayek par exemple), ne travaillent plus au Mexique et ont émigré à Hollywood, où se trouvent les financements et les opportunités.

Médias

Presse

Outre la presse régionale, on trouve quelques grands quotidiens de référence à diffusion nationale. Ouvertement à gauche et proche des zapatistes, La Jornada symbolise peut-être le mieux la liberté de ton acquise depuis 1994. Plus modéré, le quotidien de centre droit Reforma est une référence en matière de couverture de l'actualité internationale.
On citera El Universal, le quotidien le plus lu (300 000 exemplaires), sérieux et complet, sans véritable affiliation politique, ainsi que l'Excélsior, longtemps proche du PRI.
Dans la presse hebdomadaire, Proceso tient toujours le haut du pavé grâce à un journalisme d'enquête et à la qualité de ses reportages. Créé en 1976, cet hebdo est le vétéran de la presse d'opposition, mais il a du mal à rajeunir son image.

Télévision

Deux géants se partagent le petit écran : TV Azteca et (surtout !) le groupe Televisa. Ce dernier était détenteur du monopole sur la TV, sous le contrôle de l'État, jusqu'au début des années 1990. Il compte toujours quatre chaînes nationales, dont celle qui dispose de la plus grande audience, la célèbre Canal 2. Géant de l'audimat, Televisa est aussi un géant de la production dans de nombreux domaines.
Et surtout au programme de la petite lucarne : telenovelas, telenovelas et telenovelas ! Ces feuilletons mettent en scène des héros qui doivent surmonter d'innombrables obstacles pour survivre aux coups du destin, le tout se terminant par un (inévitable) happy end. Ils tiennent en haleine le pays entier, toutes classes confondues. Un véritable phénomène de société quand on sait qu'en moyenne une telenovela compte... 160 épisodes ! La concurrence avec Televisa a conduit TV Azteca à diffuser des telenovelas à caractère plus social. Cette nouvelle génération aborde des thèmes plus actuels comme la corruption des milieux politiques, la violence urbaine, l'homosexualité, les droits de la femme...
L'information est l'autre champ de bataille de la concurrence. La ligne éditoriale des journaux télévisés, après avoir été soumise durant des années à la loi de l'autocensure (voire à la censure politique), obéit dorénavant à la recherche de l'audimat. Autrement dit, le ton est passé de celui de la propagande à celui de la presse à sensation ! Heureusement, il existe quelques bonnes chaînes à caractère culturel, comme la Canal 22 et l'excellente Canal 11. La TV par câble est très répandue. Dans les hôtels, vous aurez donc accès à de nombreuses chaînes américaines (dont CNN, en anglais ou en espagnol).

Liberté de la presse

Avec des attentats, assassinats et disparitions, entre 2000 et 2007, le Mexique est devenu le pays du continent américain le plus dangereux pour la presse... devant la Colombie ! Trafiquants de drogue, policiers dévoyés souvent couverts par les autorités locales et autres paramilitaires, comme la sinistre bande des « Zetas », représentent une menace permanente pour les professionnels des médias un peu trop curieux d'affaires de narcotrafic et de corruption. De nouveaux drames ont endeuillé la presse en 2008.



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